Zvi Sokot convoqué par la police au sujet d’une effraction sur une base de Tsahal en 2024
Le député du part HaTzionout HaDatit sera interrogé en novembre au sujet de l'effraction, en soutien aux réservistes de Tsahal accusés de mauvais traitements envers un détenu palestinien
Ce lundi, le député d’extrême droite Zvi Sokot a reçu une convocation de la police pour un interrogatoire par la division des fraudes du district sud au sujet d’une effraction, l’an dernier, sur la base militaire israélienne de Sde Teiman, ont rapporté les médias israéliens.
Il a accepté de se présenter devant les enquêteurs, le 11 novembre prochain, pour y être interrogé sous caution.
Deux autres députés qui font l’objet d’une enquête similaire ont jusqu’à présent refusé d’être interrogés.
Membre du parti HaTzionout HaDatit, Sokot s’était joint au collectif réuni pour manifester devant la base militaire, en juillet 2024, suite à l’interpellation par la police militaire de plusieurs réservistes soupçonnés de mauvais traitements envers un détenu terroriste palestinien, au grand dam de la droite israélienne. Cinq réservistes de Tsahal ont d’ailleurs été inculpés cette année à ce sujet.
Lors de l’effraction, Sokot a été filmé en train de forcer les portes de la base malgré les efforts des militaires pour les en empêcher.
Quelques jours après l’incident, Sokot avait redoublé d’efforts à la Knesset en assurant qu’il n’avait fait que son travail et qu’il pouvait entrer « n’importe où en Israël » pour y exercer son droit de surveillance.
Les députés Nissim Vaturi, membre du Likud, et Amichai Eliyahu, lui membre du parti Otzma Yehudit, ont pénétré dans la base en même temps que Sokot.
En mars de cette année, la procureure générale, Gali Baharav-Miara, et le procureur d’État, Amit Aisman, ont autorisé l’ouverture d’une enquête de police à l’encontre des trois politiciens ayant pris part à cette émeute. Eliyahu et Vaturi ont tous deux fait savoir qu’ils ne défèreraient pas à cette convocation.
Le député du parti Otzma Yehudit, Almog Cohen, avait lui aussi pris part à la manifestation, mais semble-t-il sans pénétrer par effraction dans l’enceinte de la base comme ont pu le faire d’autres députés.
En raison du grand nombre de détenus palestiniens nouvellement incarcérés en raison de la guerre à Gaza, l’armée a ouvert un centre de détention sur la base de Sde Teiman, dans le sud d’Israël, pour y détenir des Gazaouis soupçonnés d’activités terroristes.
Selon plusieurs sources, des détenus y auraient été victimes de mauvais traitements graves et répétés, à commencer par des mesures de contrainte physique extrêmes, des coups, des négligences médicales, des punitions arbitraires, etc.
Ce à quoi a répondu l’armée en ouvrant des enquêtes liées aux incidents survenus dans cet établissement.
Lorsque la police militaire s’était présentée à Sde Teiman, le 29 juillet 2024, pour y interpeler les soldats soupçonnés de « mauvais traitements graves envers un détenu », des émeutes y avaient éclaté, au cours desquelles des politiciens d’extrême droite et des militants avaient pris d’assaut deux installations de Tsahal, exigeant la remise en liberté des soldats.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le ministre de la Défense de l’époque, Yoav Gallant, et le chef d’État-major de Tsahal, le lieutenant-général Herzi Halevi, avaient tous tois condamné cette effraction.
Lors de la guerre entre Israël et le Hamas, Sde Teiman a permis d’incarcérer un millier de détenus originaires de Gaza, soupçonnés d’activités terroristes. La majorité d’entre eux étaient soupçonnés d’avoir pris part au pogrom commis sous la conduite du Hamas en Israël le 7 octobre, au cours duquel les terroristes ont tué plus de 1 200 personnes et fait 251 otages, mais certains avaient été arrêtés lors des opératrions militaires de Tsahal à Gaza.
L’an dernier, un recours avait été déposé auprès de la Cour Suprême pour exiger la fermeture de l’établissement, suite aux accusations. Dans un jugement rendu en septembre 2024, la Cour avait rappelé que les autorité devaient respecter la loi, sans toutefois donner ordre au gouvernement de fermer la prison.
La Cour avait relevé que les conditions de détention à Sde Teiman avaient considérablement changé depuis le dépôt du recours. En effet, le gouvernement avait considérablement réduit le nombre de détenus, passé d’environ 700 à son apogée à quelques dizaines à la fin du mois d’août de la même année.
Le gouvernement avait écrit à la Cour que l’utilisation de moyens de contention avait été limitée et que les prisonniers disposaient de nourriture et de soins médicaux, conformément aux dispositions de la loi.