2 hommes arabes tués lors d’incidents distincts, la police peine à endiguer la violence
Les meurtres d'Ibrahim Abu Zayid à Rahat et de Taj Nofi à Yafia portent à 77 le nombre d'homicides commis cette année parmi les Arabes israéliens
Deux hommes ont été abattus dans des incidents distincts survenus dans la soirée de samedi et dimanche dans les villes arabes de Yafia et Rahat. Ces meurtres portent à 77 le nombre de personnes issues de cette communauté victimes d’homicides cette année, selon une organisation de surveillance.
La police a annoncé avoir ouvert des enquêtes sur ces deux crimes, et être à la recherche de suspects. Aucune arrestation n’a toutefois encore été signalée.
À leur arrivée sur les lieux, dimanche matin, dans la ville bédouine de Rahat, dans le sud du pays, les secours ont trouvé un homme grièvement blessé, qu’ils ont identifié comme un habitant de Lod âgé d’une cinquantaine d’années. Ils l’ont immédiatement transporté à l’hôpital Soroka de Beer Sheva, où le personnel médical a constaté son décès, ont indiqué les premiers intervenants.
Selon l’organisation de surveillance de la coexistence Abraham Initiatives, la victime s’appelait Ibrahim Abu Zayid al-Turi. Il était âgé de 54 ans.
Moins de 12 heures auparavant, la police et les secours avaient été appelés pour une fusillade visant un homme de 30 ans dans la ville de Yafia, près de Nazareth, dans le nord d’Israël. Selon les premiers intervenants, l’homme avait été déclaré mort sur place.
Il a ensuite été identifié comme étant Taj Nofi, 30 ans, résidant à Haïfa.
Selon l’organisation Abraham Initiatives, le décompte de 77 Arabes tués en Israël cette année, dont trois abattus par la police, représente une hausse de 28 % par rapport au décompte de 60 Arabes tués au cours de la même période en 2025 — l’année la plus meurtrière jamais enregistrée pour la communauté des Arabes israéliens, avec 252 morts.
Le bilan de cette année inclut 75 personnes de nationalité israélienne et deux détenteurs de permis de séjour, a précisé Abraham Initiatives.
En Israël, nombreux sont ceux qui accusent le ministre de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, de laisser la criminalité proliférer au sein de la communauté arabe israélienne. Selon eux, la supervision de la police par ce politicien d’extrême droite a contribué à aggraver la négligence dont souffrent les villes arabes de la part des forces de l’ordre.
Ben Gvir a pris ses fonctions de ministre vers la fin de l’année 2022. En 2023, pour sa première année complète au pouvoir, les homicides dans la société arabe ont grimpé à plus de 240 — soit plus du double des chiffres recensés en 2022, qui était jusqu’alors l’année la plus meurtrière jamais enregistrée.
Sous la direction de Ben Gvir, lui reprochent ses détracteurs, la police n’a pas fait grand-chose pour mettre fin à l’emprise du crime organisé sur les villes arabes, préférant se concentrer sur la lutte contre le terrorisme ou la criminalité qui touche les quartiers juifs. Des membres de la communauté ont dénoncé la recrudescence des violences par arme à feu liées aux activités des gangs, qui attisent encore les rivalités existantes entre les familles.
La violence a jeté un voile sombre sur la communauté. Des passants innocents se retrouvent régulièrement pris au milieu de fusillades meurtrières. Dans de nombreuses villes arabes, les commerçants ferment désormais leurs portes au coucher du soleil, et les parents se disent effrayés à l’idée de laisser leurs enfants sortir de chez eux.