3 terroristes du Hezbollah soignés dans un hôpital du nord d’Israël – sources

Les terroristes seraient restés ligotés et les yeux bandés, sous la garde de Tsahal, à l'hôpital Ziv, selon des informations recueillies par le Times of Israel

Des personnes blessées lors d'une frappe de missile du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah sur Kiryat Shmona arrivant au centre hospitalier Ziv, à Safed, dans le nord d'Israël, le 23 mars 2026. ( Crédit :David Cohen/Flash90)

Au moins trois terroristes du Hezbollah, capturés lors de la récente vague de combats entre Israël et ce groupe terroriste chiite libanais soutenu par la République islamique, ont été soignés à l’hôpital Ziv de Safed, où ils ont été gardés par l’armée israélienne pendant leur hospitalisation, ont déclaré au Times of Israel deux sources informées.

C’est dans cet hôpital du nord du pays qu’a également été soignée récemment une jeune civile druze syrienne originaire du village de Hader, situé près de la frontière israélo-syrienne, qui était accompagnée de sa mère, selon une autre source également bien informée.

Ces cas – qui n’ont été ni démentis ni confirmés par Tsahal ou par l’hôpital Ziv – soulèvent des questions sur la politique médicale, militaire et humanitaire d’Israël, ainsi qu’une controverse nationale sur la prise en charge des combattants ennemis au sein des hôpitaux civils.

Selon ces sources, les terroristes du Hezbollah ont été soignés à l’hôpital Ziv il y a environ deux semaines. Ils sont restés menottés et les yeux bandés dans une salle qui était surveillée par des soldats israéliens.

Le traitement réservé aux terroristes du Hezbollah dans un hôpital civil constituerait une violation manifeste d’une décision du ministère de la Santé, qui avait été prise peu après le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, selon laquelle les terroristes capturés ne seraient soignés que dans les établissements médicaux de Tsahal ou de l’Administration pénitentiaire israélienne (IPS). Il semble toutefois que cette décision ait vraisemblablement déjà été enfreinte par le passé et qu’elle ait principalement concerné des terroristes du Hamas au lendemain du massacre.

Le bureau du porte-parole de l’armée n’a pas démenti les informations fournies par ces sources.

Le chef du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, le cheikh Naïm Qassem, apparaissant sur un écran lors d’un sermon marquant le premier jour de l’Achoura, devant la tombe de l’ancien chef du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah (à gauche), à Beyrouth, au Liban, le 17 juin 2026. (Crédit : Hussein Malla/AP Photo)

Dans une réponse écrite adressée au Times of Israel, il a indiqué qu’au cours de l’année écoulée, il avait arrêté des individus soupçonnés d’être impliqués dans des activités terroristes visant des civils ou des soldats israéliens, et que les détenus nécessitant des soins avaient été pris en charge par le personnel soignant de Tsahal ou, lorsque cela était médicalement nécessaire, transférés vers des hôpitaux.

Le centre hospitalier Ziv a également refusé de confirmer ces détails au Times of Israel, invoquant le secret médical, la vie privée et des considérations de sécurité, mais il n’a pas nié que de tels patients ont été soignés dans son enceinte. L’hôpital a déclaré qu’il fonctionnait conformément à la loi, aux directives de l’État et à l’éthique médicale, et qu’il prodiguait des soins à toute personne dont l’état de santé nécessitait un traitement et qui lui était confiée.

Le ministère de la Santé n’a pas répondu à une demande de commentaire.

Soignés selon les besoins, surveillés « 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 »

Dans sa réponse, l’armée a déclaré que « dans le cadre des efforts déployés par Tsahal pour maintenir la sécurité », diverses opérations de sécurité avaient été menées au cours de l’année écoulée, avec « notamment l’arrestation d’individus soupçonnés d’être impliqués dans des activités terroristes contre des civils israéliens ou les troupes de Tsahal ».

Ces suspects, a précisé l’armée, sont habituellement emmenés pour « un interrogatoire approfondi, un filtrage et un placement en détention dans un établissement désigné en Israël ». Elle a ajouté que les arrestations sur le terrain et les incarcérations en Israël sont régies par la législation israélienne et par les ordres de Tsahal.

La loi israélienne sur l’emprisonnement des combattants illégaux autorise la mise en détention d’une personne si des motifs raisonnables permettent de croire qu’elle a participé directement ou indirectement à des opérations hostiles contre Israël, ou si elle appartient à une force menant de telles opérations, et si sa libération risquerait de compromettre la sécurité de l’État.

« Tout au long de la période de détention, une surveillance médicale est assurée selon les besoins et conformément aux obligations légales, et des examens médicaux réguliers sont effectués », a déclaré l’armée, qui a ajouté que « les détenus nécessitant un traitement médical reçoivent des soins dispensés par du personnel soignant certifié de Tsahal, et sont, dans certains cas, transférés vers des hôpitaux pour y subir un traitement complémentaire lorsque les besoins médicaux l’exigent ».

Les conséquences d’une frappe aérienne israélienne qui a visé le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah dans un immeuble de la banlieue sud de Beyrouth le 14 juin 2026. (Crédit : Ibrahim Amro/AFP)

Dans de tels cas, « des mécanismes de sécurité et de surveillance sont en place 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 afin de garantir que les détenus ne représentent aucun risque pour la sécurité » des civils aux alentours, a précisé Tsahal.

Dans le cas de la civile syrienne, l’armée a indiqué qu’elle « fournissait une assistance médicale vitale aux civils syriens, conformément à une politique qui a été définie au préalable par les instances politiques et qui a été coordonnée avec tous les organismes concernés ».

Tsahal a semblé ainsi faire référence à une politique de longue date, approuvée au niveau politique, qui consiste à offrir une assistance médicale humanitaire aux civils syriens dans des cas exceptionnels. Cette pratique avait débuté pendant la guerre civile syrienne dans le cadre de l’Opération « Bon voisin » – opération qui avait été officiellement suspendue en 2018 – et ele a depuis refait surface sous une forme plus limitée à la suite de récents incidents de violence contre les populations druzes de l’autre côté de la frontière syrienne.

Hader, le village druze situé du côté syrien du Golan dont la jeune femme et sa mère seraient originaires, est suivi de près par la communauté druze d’Israël, forte de 150 000 personnes, qui a exercé des pressions sur les autorités israéliennes pour qu’elles protègent les Druzes syriens présents sur place.

Des civils et des forces de sécurité sur les lieux où un missile tiré par le Hezbollah depuis le Liban a frappé un parking à Safed, causant d’importants dégâts, le 10 avril 2026. (David Cohen/Flash90)

Israël a parfois utilisé l’aide médicale comme un outil d’action humanitaire auprès des pays voisins. Au mois de décembre dernier, le Times of Israel avait révélé qu’Israël travaillait à un projet de construction d’un hôpital sur son territoire destiné à soigner des patients jordaniens, dans le cadre d’un parc industriel israélo-jordanien situé le long de la frontière entre les deux pays.

L’hôpital met l’accent sur « l’éthique médicale »

Le centre hospitalier Ziv de Safed est le principal hôpital desservant une grande partie de la Galilée et de la région du Golan.

Dans sa réponse, l’hôpital a déclaré qu’il « fonctionnait conformément à la loi, aux directives des autorités de l’État et aux principes d’éthique médicale qui s’imposent à tous les établissements médicaux en Israël ».

« L’hôpital dispense des soins médicaux à toute personne qui y est amenée lorsque son état de santé l’exige, indépendamment de son identité, de sa religion, de sa nationalité ou des circonstances de sa blessure », précise la réponse.

L’hôpital a refusé de donner des détails sur les patients qu’il a soignés « pour des raisons de confidentialité médicale, de protection de la vie privée des patients et de sécurité ».

Ziv n’a pas répondu directement aux questions qui ont visé à déterminer si des membres du personnel s’étaient opposés à soigner des terroristes du Hezbollah, si les patients se trouvant à proximité en avaient été informés, ou s’il y avait eu des demandes de transfert de ces patients vers un établissement médical militaire.

Alors qu’il leur était spécifiquement demandé si le personnel médical civil était tenu de soigner des combattants ennemis, Tsahal et l’hôpital Ziv ont répondu que cette question devait être adressée au ministère de la Santé, qui supervise les hôpitaux civils. Le ministère n’avait pas répondu au moment de la mise sous presse.

Un membre du personnel soignant passant devant des sacs mortuaires contenant des personnes tuées lors des violences sectaires dans la ville de Soueïda, à majorité druze, dans le sud de la Syrie, à l’extérieur de l’hôpital national de Soueïda, le 20 juillet 2025. (Crédit : Shadi al-Dubaisi/AFP)

L’Association médicale israélienne (IMA) a toutefois explicitement déclaré que les médecins israéliens soignaient tous les êtres humains indépendamment de leurs actes, et que même les terroristes du Hamas capturés recevaient les soins nécessaires en fonction de leurs besoins médicaux.

Ces politiques ont également une dimension internationale : les responsables israéliens ont parfois mis en avant la manière dont Israël traite les combattants ennemis capturés ou blessés pour prouver qu’il agit conformément aux lois de la guerre, y compris à l’encontre d’organisations terroristes qui prennent délibérément pour cible des civils.

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