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L'ancien député du Meretz Yair Golan et le rpésident de Hadash-Taal Ayman Odeh prennent la parole à la conférence de J Street à Washington DC, le 4 décembre 2022. (Crédit : J Street)
L'ancien député du Meretz Yair Golan et le rpésident de Hadash-Taal Ayman Odeh prennent la parole à la conférence de J Street à Washington DC, le 4 décembre 2022. (Crédit : J Street)
Interview

À J Street, Yair Golan et Ayman Odeh défendent leur vision

L’ex-député Meretz dit vouloir rassembler autour de la séparation nécessaire d’avec les Palestiniens, les Juifs en tête ; le chef de Hadash-Taal estime que cette formule a échoué

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

WASHINGTON — Après avoir été mis K.O lors des élections du mois dernier où son parti du Meretz a chuté en-deçà du seuil électoral, Yair Golan était en droit d’être impatient de prendre la parole à la conférence organisée par J Street. Lors de l’événement organisé à Washington par le groupe de lobby pacifiste qui consacre ses activités au Moyen-Orient, nul doute qu’il a trouvé un public plus sensible à ses mises en garde émises face au contrôle continu exercé par Israël sur les Palestiniens que cela n’a été le cas devant les électeurs israéliens.

C’est sûr, Golan a été applaudi par l’auditoire d’environ mille personnes quand il s’est exprimé sur l’importance, pour l’État juif, de prendre les initiatives nécessaires pour mettre un terme au conflit palestinien et qu’il a évoqué la question iranienne. Mais son message central portant sur le besoin, pour Israël, de se « séparer » des Palestiniens – un besoin défini à travers le prisme sécuritaire – est tombé à plat, et les délégués de J Street ont gardé le silence, immobiles sur leurs sièges respectifs, pendant presque toute l’intervention de l’ancien vice-chef d’état-major qui a duré douze minutes.

Et leur réaction à une affirmation faite par Golan pendant un entretien accordé en marge de la conférence aurait été très certainement similaire – Golan a estimé que le débat sur l’annexion ou sur le retrait de la Cisjordanie par l’État juif concernait avant tout les citoyens juifs d’Israël, pas les citoyens arabes, et que les Israéliens étaient donc les seuls à même de prendre une décision sur le sujet.

Le chef de l’alliance Hadash-Taal, Ayman Odeh, est monté à la tribune après l’ex-député Meretz et il a présenté une approche différente.

Odeh a évoqué les dangers posés par la coalition de la ligne dure qui est actuellement finalisée par le Premier ministre désigné Benjamin Netanyahu. Il a néanmoins affirmé que l’antidote à l’extrême-droite était le partenariat établi entre Juifs et Arabes – un partenariat incarné par son parti, a-t-il estimé.

« C’est le partenariat qui changera le visage de notre politique et qui changera aussi nos destinées », a indiqué le chef de la faction à majorité arabe dans les nombreuses déclarations qui ont entraîné les applaudissements enthousiastes de l’assistance.

Le leader de Hadash, Ayman Odeh, à gauche, et le chef de Taal, Ahmad Tibi, lors d’une réunion de faction de la Liste arabe unie à la Knesset, le 30 mai 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Les deux politiciens peuvent être en accord sur leur souhait de mettre en place la solution à deux États et tous deux sont censés représenter la gauche israélienne mais tandis que Golan maintient que le renouveau de ce camp politique moribond nécessitera l’adoption d’une approche plus pragmatique – qui comprendra des appels du pied plus importants aux Juifs centristes – Odeh estime, pour sa part, qu’une résurrection devra reposer sur le respect des valeurs et que la gauche échouera si ces dernières sont compromises, d’une manière ou d’une autre.

« Une séparation lente »

En examinant les élections du 1er novembre, il s’avère que l’approche d’Odeh s’est avérée être la plus efficace : son parti a remporté cinq sièges à la Knesset, devenant, selon lui, « le plus gros bloc progressiste de la Knesset ».

Mais ces cinq sièges représentent au final moins de 5 % de l’électorat israélien, et Odeh a reconnu dans une interview à la conférence de Washington, que malgré son message de longue date en faveur d’un partenariat Juif-Arabe, la campagne de Hadash-Taal s’est largement concentrée sur l’électorat arabe, la faction craignant de perdre sa base et de ne pas parvenir à franchir le seuil électoral.

Golan, de son côté, a affirmé que l’origine de l’échec du Meretz était que ses membres avaient accordé leur préférence à « la vieille garde » à travers la victoire, lors des Primaires, de Zehava Galon. La politicienne avait ainsi pris la tête de la formation de gauche au mois d’août dernier.

S’il n’est pas parvenu à pleinement séduire les publics à l’étranger ou en Israël, Golan a toutefois insisté sur le fait qu’il était « le seul » à pouvoir réorganiser la gauche juive israélienne, une gauche suffisamment forte pour prétendre revenir au pouvoir. Il a dit supposer que le prochain gouvernement de Netanyahu continuerait la politique de longue date d’annexion « de facto » ou d’annexion « lente » en Cisjordanie et il a ajouté que la stratégie qui devra être prônée par ceux qui espèrent pouvoir remplacer un jour la future coalition de droite devra être une stratégie de « séparation lente » d’avec les Palestiniens afin de pouvoir préserver l’identité juive et démocratique d’Israël, ainsi que la sécurité du pays.

Vue de l’implantation de Kiryat Arba, près de Hébron, en Cisjordanie, le 24 février 2022. (Crédit : Gershon Elinson/Flash90)

Mais Odeh a déclaré dans son discours prononcé pendant la conférence de J Street que « quand on évoque ‘la sécurité d’Israël’, je ne crois pas que la sécurité de mes enfants soit considérée comme entrant dans l’équation », expliquant dans la foulée qu’il ne faisait pas la différence entre les Palestiniens vivant au sein de l’État juif et ceux qui résident en Cisjordanie et à Gaza.

Et si « une gauche uniquement juive est condamnée à l’échec… la puissance politique construite sur le partenariat entre les Palestiniens arabes et les Juifs ne peut plus être marginalisée ou ignorée », a-t-il continué. « C’est ce partenariat qui sera le remède à la suprématie. Et c’est ce partenariat qui changera le visage de notre politique et le cours de nos destinées ».

Un cadre de référence partagé

Malgré leurs approches différentes, le discours d’Odeh a abordé une thématique très similaire à celle qui avait en premier lieu placé Golan sur la carte politique, avant même qu’il ne termine son service au sein de l’armée.

Dans un discours prononcé en 2016 lors d’une cérémonie militaire marquant la Journée de commémoration de la Shoah, Yom HaShoah, celui qui était alors vice-chef d’état-major avait averti qu’il avait identifié une tendance croissante à l’insensibilité et à l’indifférence à l’égard de ceux qui se trouvaient en marge en Israël – une tendance similaire à ce qui avait pu se produire en Europe avant la Shoah.

« S’il y a quelque chose qui m’effraie dans la mémoire de la Shoah, c’est d’identifier les mécanismes terrifiants qui étaient arrivés en Europe… il y a 70, 80 et 90 ans, et de trouver des éléments me laissant penser qu’ils existent ici, aujourd’hui, en 2016 », avait déclaré Golan.

Ce discours à la formulation forte, rare chez un responsable militaire, avait suscité l’indignation chez les politiciens de droite et Golan avait émis ultérieurement un communiqué établissant clairement qu’il ne comparait pas Israël aux nazis.

Yair Golan, alors vice-chef d’état-major, le 5 mai 2016. (Crédit : Gefen Reznik/unité des porte-paroles de l’armée israélienne)

Dans son propre discours, dimanche, Odeh s’est rappelé avoir rencontré feu Zeev Sternhell, scientifique et intellectuel de gauche. A cette occasion, le leader arabe israélien avait souligné les nombreuses réussites de la minorité arabe d’Israël malgré la discrimination dont elle était victime.

Sternhell avait alors sorti un livre qui mettait en exergue les succès qui avaient été enregistrés par la communauté juive d’Allemagne, dans les années 1930. « Il m’a regardé et il m’a dit quelque chose que je n’oublierai jamais et qui m’a hanté pendant ces dernières semaines et ces derniers mois. ‘Ne vous y trompez pas. Sans démocratie, ce n’est pas l’échec mais plutôt la réussite d’une minorité qui est susceptible d’entraîner une tournure meurtrière des événements’, » s’est souvenu Odeh.

Le député de Hadash-Taal s’est montré encore plus prudent que Golan, établissant clairement dans la foulée que « je ne compare pas ce qui se passe actuellement en Israël aux crimes commis par les nazis ».

« Et pourtant, il y a là aussi quelque chose de très clair : l’occupation n’est pas un accident de l’Histoire, pas plus que [le futur ministre de la Sécurité nationale] Itamar Ben Gvir et son mouvement suprémaciste violent n’arrivent de nulle part. Et je crains que nous ne soyons déjà en train de connaître un nouveau coup de théâtre meurtrier », a-t-il continué.

Malgré les circonstances actuelles, Odeh a déclaré que le parti à majorité arabe qu’il dirige « se joint aux Juifs qui partagent notre engagement en faveur de la démocratie authentique, de la fin de l’occupation et d’un avenir de justice sociale et de paix ».

Odeh a déclaré qu’il œuvrerait dans les années à venir à l’établissement « d’un vaste forum Juif-Arabe », hors de la sphère politique, qui sera constitué au moins de 50 000 Arabes et de 50 000 Juifs « attachés à l’idée d’un futur partagé et égalitaire ». Il a indiqué espérer pouvoir ensuite reproduire le même mouvement à la Knesset, au niveau politique.

Environ 1500 Arabes israéliens à Nazareth, une ville du nord d’Israël, manifestent contre le contrôle militaire de la Cisjordanie, le 10 octobre 2015. (Crédit : Basel Awidat/Flash90)

De qui est-ce le problème de toute façon ?

Si Golan n’a pas critiqué la référence à l’Allemagne pré-nazie, il a rejeté ce qu’il a estimé être le « refus » d’Odeh de coopérer « avec tous ceux qui ne sont pas favorables à la fin de l’occupation et à l’égalité ».

« En plaçant la barre si haut, quels partenaires potentiels vous reste-t-il ? », s’est-il interrogé lors d’une interview accordée au Times of Israel.

L’ancien député du Meretz a dit lui-même soutenir ces idéaux mais il a affirmé qu’Odeh devait tirer des leçons de l’initiative prise par Mansour Abbas, le patron de la faction arabe Raam, qui a finalement accordé la priorité à l’amélioration des conditions de vie des Arabes israéliens au détriment de la question palestinienne. C’est ce positionnement d’Abbas qui avait été à l’origine de sa rupture avec l’alliance des factions arabes, connue sous le nom de Liste arabe unie, l’année dernière.

« Si Ayman Odeh veut encore évoluer, il devra parler ce type de langage et là, il pourra trouver des partenaires », a poursuivi Golan en évoquant le leader de Hadash-Taal qui, le mois dernier, a remporté le même nombre de sièges que Raam, cette formation qui était devenue la première faction arabe à rejoindre un gouvernement de coalition.

« Il faut penser à ce que dit Mansour Abbas », a insisté Golan. « Il dit : ‘Je veux l’égalité. Si Israël veut la séparation d’avec les Palestiniens, c’est le problème des Juifs, ce n’est pas le mien. Si Israël veut annexer les Palestiniens, c’est aussi leur problème’. Et il a tellement raison ».

Golan a expliqué qu’annexer la Cisjordanie provoquerait l’effondrement de l’AP et entraînerait la demande de l’égalité des droits de la part des millions de Palestiniens qui habitent le territoire. Israël devra alors prendre la décision de leur accorder ces droits – perdant ainsi sa majorité juive – ou de le leur refuser, ce qui débouchera immanquablement sur une rébellion sous forme de « Troisième intifada ».

Le chef du parti Raam, le député Mansour Abbas, s’exprime lors d’une conférence à l’université Reichman à Herzliya, le 17 mai 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

« Et il n’y a aucune chance que des millions de personnes acceptent une vie où elles ne jouissent pas de droits. Nous ne l’accepterions pas alors pourquoi s’attendre à ce qu’elles acceptent ? » a-t-il interrogé.

Odeh, pour sa part, a rejeté l’idée que l’annexion ne serait qu’un problème juif. Il a aussi écarté d’un revers de la main la possibilité que les Arabes israéliens détournent le regard de la situation des Palestiniens qui vivent sous contrôle militaire au profit d’améliorations de leurs conditions de vie à l’intérieur de la Ligne verte.

« Je vais dire à ce grand démocrate qu’est Yair Golan : Et ce Palestinien, Ayman Odeh, qui vit à l’intérieur des frontières de l’État d’Israël ? Est-ce que vous vous contentez de prier qu’il ne représente que seulement 20% de la population et non 60%, afin que nous puissions tous continuer à vivre dans un État juif ? C’est bien là le racisme qui sous-tend une partie de ce qui est considéré comme le centre-gauche en Israël », a accusé Odeh.

Concernant Abbas, Odeh a estimé « qu’il a neutralisé la capacité des citoyens arabes à être une force de paix et de démocratie ». Parce qu’en résultat de la volonté affichée par Raam de rejoindre une coalition dirigée par des camps politiques opposés et en préférant même celles constituées par des partis de droite, le camp de gauche « pro-démocratie » a été affaibli dans son ensemble, a-t-il dit.

Golan a reconnu que le type de discours dont il fait la promotion peut échouer à séduire les électeurs arabes, mais il affirme qu’il ne serait pas réaliste d’attendre des Arabes israéliens qu’ils votent pour une formation Juive-Arabe parce que « les gens votent sur la base de leur identité ».

Odeh, pour sa part, a fait remarquer que sa faction Hadash a été dirigée par un président juif pendant des décennies, et qu’elle est l’une des plus anciennes à la Knesset. Juif israélien, Ofer Cassif est l’un des cinq députés de Hadash-Taal.

Les dollars de la Diaspora

Pour Golan, les efforts livrés pour reconstruire son camp politique ne seront pas simples. Il a dit ignorer quelle plateforme politique il utiliserait pour faire son come-back, qu’il s’agisse d’Avoda, qui existe déjà, ou d’une nouvelle alliance politique encore à imaginer.

En plus de la réorganisation du cadre politique de la gauche, une restructuration similaire doit aussi avoir lieu au niveau de la société civile, a-t-il ajouté, affirmant qu’il y avait trop d’organisations de gauche, ce qui entraînait un usage non-productif de ressources déjà limitées.

Des partisans du parti Meretz réagissent à l’annonce des résultats des élections israéliennes, à Jérusalem, le 1er novembre 2022. (Crédit : Flash90)

« On n’a pas besoin de plus de dix organisations issues de la société civile en Israël, chacune d’entre elles étant responsable d’un secteur spécifique et responsable d’initier des changements dans le secteur donné », a-t-il indiqué. Ces dix organisations seraient alors amenées à rencontrer des donateurs aux États-Unis qui établiraient des normes pour juger de leur efficacité, et celles qui seraient dans l’incapacité de respecter ces normes ne recevraient plus de financement, a expliqué Golan, retrouvant le ton de l’officier militaire qu’il a été.

« Il faut examiner ces dons avec sérieux et non les présenter comme une solution simple offerte aux donateurs pour qu’ils se donnent bonne conscience » », a dit Golan, qui a déclaré que l’influence des Juifs américains devait s’arrêter aux ressources financières et qu’ils ne devaient pas être impliqués dans la prise de décision.

« Les décisions sont, en fin de compte, prises en Israël, pas aux États-Unis et si vous dites respecter la démocratie, alors vous devez la respecter », a-t-il poursuivi, utilisant un élément de langage que certains critiques progressistes d’Israël rejettent.

Odeh, de son côté, a réfuté cet argument par un autre, très entendu à J Street. « Dire : ‘Je soutiens toutes les politiques qui seront promues par le gouvernement d’Israël’ est un positionnement très problématique. Si le gouvernement israélien fait la promotion de l’occupation, ce n’est pas grave ? Où est l’éthique ? »

Interrogé sur la raison pour laquelle son message résonnait davantage auprès des Juifs américains progressistes qu’auprès du public israélien plus largement, Odeh a avancé l’hypothèse que « c’est dû au fait que les Juifs aux États-Unis sont eux aussi une minorité ».

« Ils ont le même état d’esprit que les autres minorités comme nous, et ils ont davantage tendance à soutenir la démocratie et les droits des minorités », a-t-il dit.

Un prêcheur en quête de convertis

Golan a déploré le manque d’attention de J street à l’égard des « erreurs palestiniennes », comme le rejet des propositions de paix faites par Israël et la prise de contrôle par le Hamas de Gaza, après le retrait de l’État juif – affirmant que ces erreurs ont rendu irréaliste la solution à deux États.

Golan a néanmoins ajouté qu’il croyait encore qu’Israël pourrait prendre des initiatives « de séparation lente » d’avec les Palestiniens dès le lendemain du retour au pouvoir du camp de gauche.

« Aujourd’hui, la réalité sur le terrain est celle d’un processus lent d’annexion. Pourquoi ne pas créer un processus lent de séparation ? », s’est-il interrogé.

Les soldats israéliens se préparent à évacuer les manifestants d’un toit de l’implantation de Kfar Darom, dans la bande de Gaza, août 2005 (Crédit photo: Yossi Zamir / Flash90)

Golan a proposé de commencer par l’évacuation des implantations israéliennes situées au-delà de la barrière de sécurité de Cisjordanie, ce qui permettrait de poser les fondations d’un accord éventuel avec les responsables palestiniens.

Selon lui, une telle initiative ne nécessiterait que l’évacuation d’environ 35 000 à 40 000 résidents d’implantations – un chiffre qui est cependant quatre à cinq fois celui des Israéliens qui avaient quitté la bande de Gaza en 2005. Ces évacuations pourraient s’effectuer de manière graduelle et à travers une série d’incitations. Par ailleurs, les dits « blocs d’implantation » et approximativement un demi-million d’Israéliens pourraient être autorisés à rester au-delà de Ligne verte.

Une formule rejetée par Odeh, qui a affirmé qu’une solution équitable serait basée de manière plus étroite sur les lignes pré-1967 – ce positionnement présenté lors de son discours a été applaudi par les représentants de J Street.

« Je n’ai pas bénéficié de la même standing ovation, ce n’est pas grave », a estimé pour sa part Golan, ajoutant qu’il restait fidèle à sa stratégie.

« Les gens, ici, sont formidables et je veux qu’ils m’accompagnent dans ce que je fais. Mais je suis venu leur parler en tant qu’Israélien, pas en tant qu’Américain qu’ils ont beaucoup plus de facilité à écouter. »

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