Affaire 4 000 : L’avocat de Netanyahu maintient la pression sur Avichaï Mandelblit
Selon Me Amit Hadad, le parquet a fait pression sur l'ex-procureur général pour qu'il ouvre une enquête sur le Premier ministre et l'a induit en erreur concernant les éléments de preuve
L’ancien procureur général Avichaï Mandelblit a témoigné lundi, pour la deuxième journée consécutive, dans le cadre du procès pour corruption du Premier ministre Benjamin Netanyahu. L’avocat de la défense, Me Amit Hadad, a, quant à lui, poursuivi ses efforts pour tenter de mettre en lumière les irrégularités commises, selon lui, par les procureurs de l’État lors de leur enquête sur le chef du gouvernement.
Au cours de l’audience, Me Hadad a accusé le ministère public d’avoir ouvert une enquête sur Netanyahu sans autorisation, d’avoir induit Mandelblit en erreur concernant les éléments de preuve dans cette affaire et d’avoir exercé des pressions sur lui pour qu’il ouvre cette enquête.
Contrairement à l’audience de dimanche, Netanyahu et les autres hauts responsables du Likud n’étaient pas présents.
Au cours de l’audience de lundi, les tensions entre la défense et le ministère public ont dégénéré en récriminations, alors que Me Hadad insistait sur ses arguments.
À un moment donné, Me Hadad a accusé la procureure Yehudit Tirosh d’avoir délibérément induit Mandelblit en erreur, alléguant que le ministère public avait daté de manière erronée des documents produits au cours de l’enquête afin de dissimuler le fait que l’autorisation n’avait pas encore été accordée.
Tirosh a alors accusé l’avocat de la défense de mener une attaque personnelle à son encontre. Me Hadad a rétorqué : « Je comprends votre détresse ; c’est l’affaire de votre vie », ce à quoi Tirosh a répondu d’une voix forte : « Ma vie, c’est ma famille. Nous, les procureurs, faisons notre travail. Nous ne sommes pas les accusés. »
La juge Rivka Feldman-Friedman a décidé de suspendre l’audience et a convoqué les avocats dans son bureau.
Auparavant, Mandelblit avait déclaré qu’il ne croyait pas que les procureurs du ministère public l’aient délibérément trompé.
« Le ministère public était mon bras droit, et je serais très surpris si tel était le cas. J’ai une confiance totale dans le ministère public, y compris dans les personnes présentes ici », avait-il déclaré, apparemment en référence à Tirosh.
« Puisque cela revient sans cesse, cette hypothèse qui m’est présentée à maintes reprises… selon laquelle le Parquet général aurait caché des informations au procureur général. Je serais très surpris si cela s’avérait vrai. Je n’ai pas connaissance d’une situation où ils m’auraient caché des choses. C’est possible, mais je ne suis toujours pas convaincu. »
L’interrogatoire de Me Hadad a continué de porter sur le comportement du parquet au cours de l’enquête. Il a affirmé que les enquêteurs avaient outrepassé leurs pouvoirs en menant des actions d’enquête à l’encontre de Netanyahu, notamment dans le cadre de l’Affaire 4 000, avant d’avoir reçu l’autorisation explicite de Mandelblit, comme l’exige la loi.
Mandelblit a déclaré que le parquet aurait dû demander cette autorisation, mais a insisté sur le fait que son absence n’invalidait ni l’enquête ni les preuves obtenues.
Dans l’Affaire 4 000, Netanyahu est accusé d’avoir accepté un pot-de-vin sous la forme d’une couverture médiatique favorable de la part du site d’information Walla, en échange de décisions réglementaires avantageuses pour Shaul Elovitz, propriétaire de Walla et actionnaire majoritaire de Bezeq. L’acte d’accusation cite 315 exemples présumés de corruption médiatique, dont beaucoup ont été discrédités lors du témoignage de Netanyahu.
Me Hadad a poursuivi sa ligne d’attaque contre le ministère public, affirmant que des responsables clés du bureau du procureur général avaient exercé des pressions sur Mandelblit à différentes étapes de l’enquête.
« Aucune des décisions que j’ai prises n’était le résultat de pressions », a déclaré Mandelblit sans ambages.
« Toutes les décisions que j’ai prises étaient conformes à mon opinion professionnelle. Les responsables des forces de l’ordre ont formulé des demandes, mais n’ont exercé aucune pression. C’est leur droit et leur devoir d’exprimer leur opinion s’ils estiment qu’une enquête doit être ouverte. »
Me Hadad est également revenu sur les 315 exemples de couverture médiatique prétendument favorable dont aurait bénéficié Netanyahu de la part du site d’information Walla, affirmant que le Premier ministre n’avait été interrogé par les procureurs sur aucun d’entre eux avant le dépôt de l’acte d’accusation.
Mandelblit a déclaré ne pas savoir si l’affirmation de Me Hadad était vraie et s’est montré évasif quant aux détails de la manière dont les allégations de couverture médiatique favorable avaient été vérifiées. Il a toutefois précisé qu’il avait dirigé l’enquête, mais qu’il ne l’avait pas menée lui-même.
L’ancien procureur général devrait témoigner lors de cinq autres audiences, la prochaine session étant prévue dimanche prochain.
Netanyahu est jugé dans le cadre de trois affaires de corruption depuis sa mise en examen en janvier 2020.
Il est accusé de fraude et d’abus de confiance dans les Affaires 1 000 et 2 000 et de corruption, de fraude et d’abus de confiance dans l’Affaire 4 000.
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Netanyahu nie toute malversation et soutient que les accusations portées contre lui ont été fabriquées de toutes pièces dans le cadre d’une tentative de coup d’État politique orchestrée par la police et le parquet.