Allemagne : Un Libanais jugé pour avoir fourni des pièces de drones au Hezbollah
Arrêté en juillet 2024, Fadel Z. est accusé d'avoir fourni des milliers de composants, dont certains ont été utilisés lors de l'attaque d'une maison de retraite à Herzliya en octobre 2024
Un Libanais a comparu mardi devant le tribunal de Celle, en Allemagne, où il est accusé d’être membre du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah et d’avoir acheté des composants de drones qui ont été exportés pour être utilisés dans des attaques contre Israël.
Identifié uniquement sous le nom de Fadel Z. en vertu des lois locales sur la protection de la vie privée, le prévenu a fourni des milliers de pièces, dont certaines ont été utilisées dans deux attentats contre Israël, notamment une attaque menée en 2024 contre une maison de retraite à Herzliya, dans le centre du pays, selon les procureurs.
En raison de son rôle dans la fourniture de pièces utilisées lors de cette attaque, les procureurs l’accusent de complicité de tentative de meurtre. Les accusations retenues contre lui en septembre comprenaient également l’appartenance à une organisation terroriste et la violation d’une interdiction de l’Union européenne concernant la fourniture de pièces détachées pour drones.
Fadel Z. a été arrêté en juillet 2024 dans le cadre d’une vaste opération policière menée à travers l’Europe pour démanteler un réseau présumé de trafic de drones du Hezbollah.
Dans un communiqué publié au moment de son arrestation, le parquet fédéral allemand a déclaré que Fadel Z. était membre du Hezbollah depuis plus de dix ans et qu’il s’occupait initialement des relations publiques du groupe terroriste chiite libanais.
Il a commencé à travailler sur le programme de drones en 2022, d’abord à Barcelone, en Espagne, puis en Allemagne à partir de 2023.
Le Hezbollah « emploie des agents étrangers qui achètent secrètement des composants en Europe et les exportent vers le Liban », ont déclaré les procureurs.
Selon les procureurs, Fadel Z. aurait acheté pour environ 1,4 million d’euros de matériaux et de pièces détachées pour drones jusqu’à son arrestation. Parmi ceux-ci figuraient plus de 2 000 moteurs à essence et électriques, ainsi que plus de 600 hélices. Ces pièces ont été achetées auprès d’entreprises situées en Europe, en Chine et aux États-Unis.
Les procureurs ont déclaré que le Hezbollah disposait « depuis un certain temps d’un programme de drones à grande échelle » et qu’en juin 2024, il avait constitué un arsenal de plus de 10 000 drones.
Fadel Z aurait utilisé des sociétés écrans, dont beaucoup étaient enregistrées à son nom ou à celui de ses contacts, pour payer ses fournisseurs.
Selon les procureurs, Fadel Z. aurait organisé l’envoi de composants au Liban par bateau ou par fret aérien depuis Hambourg ou l’Espagne.
Après le 7 octobre 2023, lorsque le groupe terroriste palestinien du Hamas a mené une invasion dévastatrice dans le sud d’Israël, déclenchant une guerre dans la bande de Gaza, le Hezbollah « a systématiquement tiré des roquettes et des drones chargés d’explosifs sur des cibles militaires et civiles en Israël ».
En septembre, les procureurs ont déclaré que deux moteurs achetés par Fadel Z. avaient été utilisés dans des attaques de drones menées par le Hezbollah contre Israël. L’une d’entre elles a eu lieu le 11 octobre 2024, visant une maison de retraite à Herzliya qui accueille environ 200 résidents. L’attaque, qui s’est produite pendant Yom Kippour, a causé des dommages matériels, mais n’a fait aucune victime.
Selon la BBC, le procès devrait se poursuivre jusqu’en août prochain.
Les attaques de drones du Hezbollah ont visé des communautés civiles et des positions militaires, provoquant l’évacuation massive et prolongée de villes du nord d’Israël et entraînant un état d’alerte élevé dans toute la région. Des dizaines de soldats et de civils ont été tués lors de ces attaques.
En avril 2025, Le Figaro a rapporté qu’un réseau multinational de contrebande du Hezbollah opérant à travers l’Europe avait été démantelé, les autorités ayant intercepté de grandes quantités de composants de drones destinés à être utilisés dans des attaques contre Israël.
Cette opération sophistiquée, qui couvrait l’Espagne, l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni, visait à fournir au groupe terroriste libanais soutenu par la République islamique d’Iran des matériaux capables de produire des centaines, voire des milliers de drones explosifs.
Selon l’article, les autorités ont pris connaissance de l’existence de ce réseau à la mi-2024, lorsque la Guardia Civil espagnole a détecté des achats suspects de composants de drones par des ressortissants libanais opérant par l’intermédiaire de sociétés écrans espagnoles. Ces matériaux, qui comprenaient des systèmes de guidage électroniques, des moteurs, des hélices et des composés chimiques destinés à l’assemblage de drones, étaient destinés au Hezbollah et ont été interceptés avant leur expédition.
La semaine dernière, les procureurs allemands ont déclaré que la police avait arrêté un terroriste présumé appartenant à une cellule du Hamas qui préparait des attentats contre des institutions israéliennes ou juives.
L’homme, identifié comme Borhan El-K., originaire du Liban, a été arrêté alors qu’il entrait en Allemagne depuis la République tchèque, a indiqué le parquet fédéral. Un autre suspect avait été arrêté une semaine plus tôt à Londres à la demande des autorités allemandes.
Le groupe terroriste palestinien du Hamas a nié tout lien avec ce complot présumé.
L’AFP a contribué à cet article.