Amichaï Eliyahu critique les journalistes qui « se plaignent » d’un harcèlement

Le ministre du Patrimoine a refusé de condamner jeudi la montée des incitations à la haine contre les journalistes alors que les menaces violentes se multiplient

Le ministre du Patrimoine Amichaï Eliyahu s'exprimant lors d'une manifestation contre l'accord de libération des otages conclu avec le Hamas, à Jérusalem, le 18 janvier 2025. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Le ministre du Patrimoine, Amichaï Eliyahu (Otzma Yehudit), a refusé de condamner jeudi la montée des incitations à la haine contre les journalistes. Il a au contraire critiqué ceux qui en sont victimes, les accusant de « se plaindre ».

Cette déclaration survient le lendemain d’une alerte lancée par les chaînes de télévision, qui ont signalé une forte augmentation des incitations à la haine à l’encontre des journalistes.

Mercredi, des graffitis menaçants ont été peints à la bombe à l’extérieur des bureaux de la Treizième chaîne à Tel Aviv. Il y a une semaine, des militants d’extrême droite ont été filmés en train de harceler Guy Peleg, correspondant de la chaîne N12, à la suite d’une conférence donnée à Tel Aviv.

Peleg, critiqué par la droite pour avoir diffusé l’an dernier des images provenant du centre de détention de Sde Teiman et montrant des soldats qui auraient maltraité un détenu gazaoui, a été pris à partie par l’Israeli TV Channels Forum – un groupe représentant les trois plus grandes chaînes d’information du pays (N12, la Treizième chaîne et la chaîne publique Kan) – qui avait tenté de l’empêcher d’atteindre sa voiture. Il avait dû demander une escorte policière pour pouvoir regagner son véhicule en toute sécurité.

« Je tiens à condamner Guy Peleg et ses jérémiades », a déclaré Eliyahu à la radio Kan lorsqu’on lui a demandé s’il souhaitait condamner les menaces croissantes à l’encontre des personnalités des médias.

« Ils le harcèlent, et alors ? », a-t-il répondu avec dédain, affirmant que Peleg avait lui-même contribué au harcèlement des fonctionnaires et des journalistes de droite.

« Il a terni l’image des soldats de l’armée israélienne et de l’État d’Israël dans le monde entier. »

« Il n’y a pas de protestation sans troubles publics », a-t-il poursuivi, paraphrasant les propos tenus par la procureure générale, Gali Baharav-Miara, au sujet du mouvement de protestation anti-gouvernement, et suggérant que le harcèlement dont est victime le journaliste aguerri de la chaîne N12 devait être considéré comme une protestation publique légitime.

« Il pourrait présenter ses excuses à tout le peuple israélien, et je suppose qu’ils cesseraient alors [de le harceler] », a-t-il suggéré.

Interrogé pour savoir s’il approuvait les menaces proférées à l’encontre de Peleg et des journalistes en général, Eliyahu a semblé répondre par l’affirmative, avertissant que « les médias ne devraient pas se considérer comme des fleurs protégées en Israël ».

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