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  • De gauche à droite : Anne Hathaway joue le rôle d’Esther Graff et Anthony Hopkins le rôle du grand-père Aaron Rabinowitz dans « Armageddon Time » du réalisateur James Gray. (Avec l’aimable autorisation d’Anne Joyce/Focus Features)
    De gauche à droite : Anne Hathaway joue le rôle d’Esther Graff et Anthony Hopkins le rôle du grand-père Aaron Rabinowitz dans « Armageddon Time » du réalisateur James Gray. (Avec l’aimable autorisation d’Anne Joyce/Focus Features)
  • De gauche à droite : Michael Banks Repeta joue le rôle de Paul Graff et Jaylin Webb interprète le rôle de Johnny Crocker dans 'Armageddon Time' du réalisateur James Gray (Avec l’aimable autorisation d’Anne Joyce/Focus Features)
    De gauche à droite : Michael Banks Repeta joue le rôle de Paul Graff et Jaylin Webb interprète le rôle de Johnny Crocker dans 'Armageddon Time' du réalisateur James Gray (Avec l’aimable autorisation d’Anne Joyce/Focus Features)
  • Le réalisateur James Gray sur le plateau d’Armageddon Time (Avec l’aimable autorisation d’Anne Joyce/Focus Features)
    Le réalisateur James Gray sur le plateau d’Armageddon Time (Avec l’aimable autorisation d’Anne Joyce/Focus Features)
  • De gauche à droite : Michael Banks Repeta joue le rôle de Paul Graff et Anne Hathaway celui d'Esther Graff dans 'Armageddon Time' du réalisateur James Gray (Avec l’aimable autorisation d’Anne Joyce/Focus Features)
    De gauche à droite : Michael Banks Repeta joue le rôle de Paul Graff et Anne Hathaway celui d'Esther Graff dans 'Armageddon Time' du réalisateur James Gray (Avec l’aimable autorisation d’Anne Joyce/Focus Features)
  • De gauche à droite : Anne Hathaway joue le rôle d’Esther Graff et Jeremy Strong le rôle d’Irving Graff dans « Armageddon Time » du réalisateur James Gray. (Avec l’aimable autorisation d’Anne Joyce/Focus Features)
    De gauche à droite : Anne Hathaway joue le rôle d’Esther Graff et Jeremy Strong le rôle d’Irving Graff dans « Armageddon Time » du réalisateur James Gray. (Avec l’aimable autorisation d’Anne Joyce/Focus Features)
  • De gauche à droite : Darius Khondji, directeur de la photographie, et James Gray, directeur du tournage d’Armageddon Time (Avec l’aimable autorisation d’Anne Joyce/Focus Features)
    De gauche à droite : Darius Khondji, directeur de la photographie, et James Gray, directeur du tournage d’Armageddon Time (Avec l’aimable autorisation d’Anne Joyce/Focus Features)
Interview

« Armageddon Time », James Gray se confie sur son enfance dans la classe ouvrière juive de New York

Sur les écrans en France ce mercredi, le film déroule une fiction pleine d’anecdotes qui raviront les Juifs américains d’une certaine génération

NEW YORK — James Gray réalise des films remarquables sans pour autant faire trop de bruit depuis plus de 20 ans.

Tous sont inspirés de son histoire personnelle (même « Ad Astra », qui se déroule pourtant dans l’espace), mais avec « Armageddon Time », il réalise son premier film à proprement parler autobiographique.

Il se déroule dans le Queens, à New York, où il a grandi dans une famille juive de la classe ouvrière.

Le merveilleux – bien que très jeune acteur – Michael Banks Repeta y interprète une version de James (nommé Paul), âgé de 12 ans.

L’intrigue est centrée sur un incident presque vrai qui hante Gray depuis.

À l’école publique, il se lie d’amitié avec un jeune garçon afro-américain (interprété par Jaylin Webb) issu d’un milieu extrêmement défavorisé.

Paul, naturellement indépendant, commence à avoir des problèmes, et ses parents (incarnés par Jeremy Strong et Anne Hathaway) decident de l’envoyer dans une école privée, financée par les parents réfugiés de Hathaway (Anthony Hopkins et Tovah Feldshuh).

Cela peut ne pas sembler être un cadre propice à dérouler une histoire pleine de dilemmes moraux, et c’est précisément en cela que James Gray est un pur génie. (Voir ses autres films si vous ne l’avez pas déjà fait, en particulier « The Immigrant », « The Lost City of Z » ou « The Yards ».)

Dans le bruissement, en arrière-plan d’ « Armageddon Time », auquel tout le monde n’est peut-être pas sensible, pullulent les témoignages de la place que la culture américaine laisse aux Juifs : certes, ils sont victimes d’antisémitisme mais ils ont également le privilège d’être blancs.

Les parents de Paul font en sorte de s’inventer un avenir en tant qu’Américains de première génération, manifestement inconscients de leurs propres accès de racisme.

C’est un point très fort et très réel que Gray démontre avec succès.

En plus des moments dramatiques, ce film fourmille de mille et un petits détails qui réjouiront les Juifs de la génération X et les New-Yorkais, dans les manières, les accessoires et les répliques.

Le titre est inspiré de la version de The Clash de la chanson « Armagideon Time », et aussi de l’étrange réponse que le candidat Reagan avait à l’époque donnée à un radiodiffuseur chrétien. (« Quelle merde ! » s’écrie le père devant la télé.)

Les germes du climat politique actuel sont perceptibles dans les journaux d’information mais pas seulement, comme par exemple lorsque le jeune Paul se retrouve dans cette école privée, aux côtés de membres de la famille Trump. (Ceci est vrai.)

Le réalisateur de ‘Armageddon Time’, James Gray, lors de la présentation du film au Lincoln Center au Festival du film de New York, le 12 octobre 2022. (Crédit : Marion Curtis/ StarPix)

J’ai eu le grand privilège de m’entretenir avec le très aimable James Gray au Mandarin Oriental Hotel de Manhattan, la veille de la projection de « Armageddon Time » au Festival du film de New York.

Cet entretien a été légèrement remanié pour des raisons de clarté.

The Times of Israel : J’écoute The Clash sans arrêt. Je les ai toujours considérés comme un groupe new-yorkais, alors qu’ils sont anglais.

James Gray : Eh bien, ils sont souvent venus ici, et une grande partie de leur inspiration leur vient de New York.

« The Magnificent Seven » sur l’album « Sandinista! » est leur version du rap, entendu pour la première fois dans la rue, à Times Square, avec des jeunes du Bronx. C’est ainsi que la culture de rue new-yorkaise s’est fait une place dans une culture plus vaste encore. Je pense qu’ils étaient plus populaires ici que partout ailleurs à l’époque.

Le seul groupe blanc capable de jouer du reggae, pour moi.

« Armagideon Time » a été écrit par Willie Williams en 1977. Je voulais utiliser cette version pour le film, mais c’est dans une tonalité majeure. [Gray démontre ensuite en chantant le riff de guitare et en imitant Williams, oubliant que je l’enregistre et que je peux le faire chanter.]

Les Clash en ont fait une tonalité mineure, avec la voix de Joe Strummer [Gray chante un peu] qui exprime une certaine obscurité, un danger. La basse fait « boom, boom, boom-be-boom, boom-be-boom » et joue, encore et encore, comme un f… de p… sans fioritures. C’était courageux. Ils ont réussi à en faire quelque chose de réussi. C’est de l’appropriation culturelle, mais tout est appropriation culturelle en fin de compte.

Je suis content que nous parlions de choix et de détails, parce que pour quelqu’un comme moi, qui est certes un peu plus jeune que vous, mais qui a grandi dans un milieu similaire, ce film est incroyable. Pour nos lecteurs du monde entier, pouvez-vous leur expliquer le symbole d’une boîte de chez Entenmann sur la table de la cuisine ?

Vous êtes la première personne à me poser des questions là-dessus.

Sur Queens Blvd., il y avait le magasin Entenmann’s Thrift Shop. Mon père y allait et remplissait le break avec des gâteaux et des beignets qu’il mettait dans le congélateur. Il adorait ces beignets au chocolat. Ils avaient quelque chose de spécial pour lui. Il les mangeait avec cette boisson appelée Postum : je ne sais même pas ce que c’est.

Une sorte de substitut de café.

Oui, je sais bien, je voulais dire que je n’en avais jamais bu. Et vous ?

Euhhhh, non.

Je suis sûr que c’est à peine buvable. Ça doit être ignoble. Mais il prenait son beignet au chocolat de chez Entenmann et le trempait dedans : c’était son petit-déjeuner.

Ceux au chocolat, pas avec les granulés. Ceux-là, on les appelait les crottes de lapins.

Non, jamais les crottes de lapins, ceux avec glaçage chocolat et intérieur jaune. L’aliment de base de la famille.

Illustration : Ant, des célèbres Harlem Globetrotters, célèbre la Journée nationale du beignet avec Entenmann’s à Times Square à New York, le vendredi 2 juin 2017. (Photo de Diane Bondareff/Invision pour Entenmann’s/AP Images)

A propos du réalisme de votre film, parlons de la scène du dîner, avec la grand-tante qui essaie de parler sérieusement de la Shoah et les enfants qui jouent…

Dans ce film, je dois dire que mon comportement est souvent épouvantable. Je ne dis pas que j’aurais mérité des baffes, mais je méritais quelque chose.

Ce que j’aime, c’est la fantaisie et la drôlerie du personnage de la mère (Anne Hathaway). Ce gamin sait qu’il n’aura pas vraiment d’ennuis en agissant de manière irrespectueuse à table.

C’est exactement ça, et même après quand les choses deviennent un peu plus sérieuses, et que mon père me frappe dans la salle de bain… Elle n’était pas « contre », pas vraiment… Mais, elle… Eh bien, elle était comme je la montre dans le film, devant la porte, en train de me dire « c’est nécessaire ».

Mon propos est de montrer la bêtise des deux parents. Ils ne savent tout simplement pas quoi faire. J’ai trois enfants, et je suis sûr que je fais des tonnes d’erreurs, mais ce ne sont pas ces erreurs. Je n’ai jamais frappé mes enfants. On ne résout rien en frappant quelqu’un.

Et c’est le rôle d’un enfant de tester les limites et de voir ce qu’il peut faire.

Oui, donc je ne pense pas que c’était un manque d’amour. C’était de la bêtise.

Cela fait écho à ce qui, pour moi, est la question centrale de ce film, à savoir « Avant de condamner quelqu’un, mettez-vous à sa place. » Ce sont des Juifs américains de première génération dont les parents ont été directement touchés par la Shoah : ils voient l’assimilation comme un rêve, avec tout le discours sur l’idée de « trouver sa place ». Ils veulent faire tout ce qu’il faut pour donner à leurs enfants une bonne vie, quitte à ce que cela soit au prix de transgressions morales, dont l’une est le point culminant de votre film. Entre « trouver sa place » et « la vie n’est pas juste », vous montrez qu’il faut profiter des choses. Cela m’a beaucoup parlé.

Notre intention, avec ce film, était de faire le contraire d’un film moralisateur. Surtout pas un film « ligue de vertu ». J’ai parfois eu un comportement exécrable. Le comportement de mes parents était, parfois, indigne. Même mon grand-père, qui dans mon esprit était une figure divine, a contribué dans sa mesure à un monde inégalitaire. Il a abandonné le système. Il a dit à mes parents à plusieurs reprises, dans mon dos, de me retirer de l’école publique, où je voulais pourtant rester. Maintenant, je comprends pourquoi il l’a fait. Et, à certains égards, il avait raison. Mais il l’a fait parce qu’il avait abandonné.

Il l’a fait parce que le monde n’est pas juste. Et le personnage paternel à la fin le sait.

Je trouve cette scène à la fin, avec le père, terrifiante.

Mais beaucoup m’ont dit : « Ce n’est pas grave, il dit que la vie n’est pas juste, nous le savons tous », et je sais bien que ce n’est pas un scoop. Mais qu’un père dise à son fils d’abandonner, c’est ça qui est horrible.

C’est une pilule difficile à avaler pour certains, peut-être, parce que nous le savons mieux que quiconque.

On m’a demandé si c’était de la « culpabilité blanche ». Je n’ai aucune culpabilité. J’avais 12 ans, qu’est-ce que je pouvais faire d’autre ? Je n’ai pas de culpabilité. Le regret, c’est autre chose. Un regret, éthique et moral, mais pas de culpabilité.

De gauche à droite : Michael Banks Repeta joue le rôle de Paul Graff et Jaylin Webb interprète le rôle de Johnny Crocker dans ‘Armageddon Time’ du réalisateur James Gray (Avec l’aimable autorisation d’Anne Joyce/Focus Features)

Ce doit être étrange de parler de quelque chose comme d’un film quand c’est si proche de votre vie. Je sais que le film prend des libertés avec la réalité. J’ai lu que vous n’aviez pas réellement volé un ordinateur, que c’était une collection de « Star Trek », ou quelque chose comme ça ?

Oh, vous avez fait des recherches. Eh bien, l’ordinateur faisait partie du plan. L’école avait des ordinateurs Apple II +, et c’était unique, je n’avais jamais vu d’ordinateur auparavant, toute cette scène du film est vraie. Nous avions donc prévu de les voler. Mais à l’époque, Bloomingdale’s avait un magasin à Fresh Meadows, dans le Queens. Cela n’a pas duré longtemps. Au sous-sol se trouvait une librairie, et il y avait des packs « Star Trek » pour 50 $. En 1980, c’était beaucoup d’argent.

Vous pouvez prendre votre téléphone et les acheter sur eBay aujourd’hui.

Je n’ai jamais essayé, je n’y ai jamais pensé. Je me souviens que c’était un paquet bleu et jaune en plastique.

Je suis sûr que vous pouvez encore les trouver.

[James Gray prend son téléphone et commence à chercher.] Oh mon dieu. Oh mon Dieu, le voici ! Jaune et bleu. Et vous savez combien cela coûte ?

Cinquante dollars ?

Cinquante dollars. Pas d’inflation.

Vous allez le faire ?

« Star Trek: Le film. »

Un bon film, mais imparfait. Robert Wise.

J’adore Robert Wise. Je viens de montrer à mes enfants « Run Silent, Run Deep ». Pour revenir à votre question, j’ai décidé de mettre toutes les choses personnelles auxquelles je pensais dans mon film.

De gauche à droite : Anne Hathaway joue le rôle d’Esther Graff et Jeremy Strong le rôle d’Irving Graff dans « Armageddon Time » du réalisateur James Gray. (Avec l’aimable autorisation d’Anne Joyce/Focus Features)

Comme votre père, si merveilleusement interprété par Jeremy Strong, qui utilise l’expression « de la faim ». Beaucoup de gens ne savent peut-être pas ce qu’il veut dire par là.

Jeremy Strong le premier !

Non !

Il me demande : « Qu’est-ce que cela signifie, ‘de la faim’ ? » Je lui réponds : « Le pire ! Pensez-vous que nous devrions le changer ? » Il me demande : « Est-ce que ton père disait vraiment ça ? » Je lui réponds : « Oui, tout le temps ! » Il a donc voulu le garder. Mais vous avez raison, beaucoup de personnes me demandent : « Que signifie ‘ton ami de la faim’ ? » Cela signifie que c’est le pire de tous !

Je crois savoir que votre père est décédé récemment.

Il est décédé deux mois après le début de la post-production, des suites de la COVID.

Savait-il que vous travailliez sur ce film ?

Absolument. Et il… Je suis tellement triste qu’il n’ait pas pu le voir terminé.

Vous avez fait d’autres films sur les relations père/fils, et certains sont un peu durs. Dans ce film, on le voit vous battre dans la salle de bain, mais le film l’humanise. Pensez-vous que les gens vont penser que votre père était un homme juste ?

Je pense qu’ils ne sauront pas quoi penser. Ce qui est exactement ce que je souhaite. Les gens font de leur mieux. Tout comme ma mère. Quand elle me dit : « Vous êtes toute ma vie, toi et ton frère », c’est un fardeau terrible pour un petit garçon. C’est cruel, presque. L’enfer est pavé de bonnes intentions.

De gauche à droite : Anne Hathaway joue le rôle d’Esther Graff et Anthony Hopkins le rôle du grand-père Aaron Rabinowitz dans « Armageddon Time » du réalisateur James Gray. (Avec l’aimable autorisation d’Anne Joyce/Focus Features)

Anthony Hopkins est très bon dans ce registre, et c’est drôle parce que vous ne le considérez pas comme « un grand-père juif ». Mais quand il dit « sois un mensch », il est totalement crédible.

D’accord, regardez ceci. [Gray sort à nouveau son téléphone.] C’est mon grand-père. Est-ce exagéré ? Il ressemble à Tony Hopkins. Il est venu d’Ukraine via l’Angleterre à Southampton. Dans le film, on en a fait Liverpool pour pouvoir parler des Beatles. Mais il était de Southampton et c’était un gars de la ville. Et très franchement, j’ai du mal avec le cliché [il imite l’accent du shtetl, penché] « Bonjour, je m’appelle Moishe, et je vends des cornichons, je suis le grand-père. » J’en ai marre. Ça n’a rien à voir avec mon grand-père, qui était un homme délicat, de la ville et sophistiqué.

Cette caricature que vous décrivez, elle est certainement réelle pour certains, mais notre culture est loin d’être monolithique.

C’est vrai, c’est une forme de préjugé profond. Comme Hitler disait que le judaïsme est une race. Le père de mon père était également différent, il venait de Russie, avait d’énormes avant-bras et portait constamment un T-shirt à la maison, comme Robert De Niro. Un énorme contraste.

Dites à nos lecteurs quelque chose d’amusant à propos de Tovah Feldshuh.

Tovah Feldshuh (Crédit : Neshamasheli /CC BY-SA 4.0)

C’est une grande actrice, et ce n’est pas une blague. Elle a eu une compréhension tellement fine de ce personnage. Elle adorait utiliser le plateau.

Nous avions des livres d’art Time-Life, et elle les attrapait et s’asseyait sur le plateau, comme ma grand-mère le faisait.

Elle a dit un moment : « Je veux des lunettes teintées », et j’ai dit : « Oh, ma grand-mère en avait », et elle m’a répondu : « Bien sûr qu’elle en
avait ! » Elle avait tout compris, tout saisi, c’en était presque effrayant.

Nous manquons de temps, mais votre film, comme votre vie, a croisé le chemin de la famille Trump d’une manière très intéressante. Je voudrais vous poser une question un peu originale à ce sujet.

Que voulez-vous savoir ? Je vais vous donner un bref extrait sonore de Trump avant qu’ils ne vous exflitrent.

Dans l’ensemble, les Juifs américains ne soutiennent pas Trump, mais il y a une minorité bruyante qui le fait. Qu’en pensez-vous ?

Écoutez, il y avait aussi des Judenrat en Europe.

Ok, c’est un extrait sonore.

Écoutez, j’ai du mal à croire que quelqu’un puisse regarder Trump et ne pas voir Mussolini. Ou Hitler. Même jusqu’à la clownesque du showbiz. Regardez, avec un peu de distance avec Hitler…

Il ressemblait à Charlie Chaplin !

Oui, une figure comique.

La moustache ? Chaplin le savait et a fait « Le Dictateur » avec.

La gestuelle ? Il s’est entraîné devant le miroir, ce n’est pas arrivé tout seul.

C’est comme l’expression « c’est amusant…amusant jusqu’à ce que quelqu’un se blesse ». Il était donc drôle et maladroit… jusqu’à ce qu’il ne le soit plus.

Je ne peux pas m’expliquer que des Juifs aient une bonne opinion de Trump.

Son antisémitisme est très clair, tout comme son racisme.

Les Juifs à travers l’histoire ont une proximité avec le combat pour les droits civils. [André] Goodman, [Michael] Schwerner et [James] Chaney, c’était quelque chose, non ? [Le trio de militants des droits civiques, assassiné en 1964, est devenu le sujet du film « Mississippi Burning ».]

Selon moi, le fait pour un Juif de regarder cet homme et d’y voir une figure inspirante est une pure trahison.

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