Attaques contre une synagogue à Jérusalem : Herzog échange avec les dirigeants
Suite aux actes de vandalisme et d'intimidation ayant mené à l'arrestation de trois mineurs, le président israélien s'est entretenu avec la police pour suivre l'affaire
JTA — Le président Isaac Herzog a appelé les dirigeants de la congrégation réformée Kol HaNeshama de Jérusalem, avant Souccot, pour leur témoigner sa solidarité suite aux attaques contre la synagogue. Il a par ailleurs évoqué l’affaire avec la police israélienne, a fait savoir son cabinet à la Jewish Telegraphic Agency ce dimanche.
Quelques jours plus tôt, la police de Jérusalem avait interpellé trois mineurs soupçonnés d’avoir pris part activement à plusieurs incidents au cours des dernières semaines, notamment des effractions, des dégradations et du harcèlement.
Herzog a fait part de sa « solidarité et de son soutien » à la congrégation et a souligné « l’importance capitale de la liberté de culte pour tous en Israël », selon son cabinet.
Oded Mazor, le rabbin principal de Kol HaNeshama, a déclaré à la JTA que Herzog s’était entretenu vendredi avec lui et la directrice exécutive de la congrégation, Anna Astmaker, et qu’il avait dit à propos de Kol HaNeshama qu’elle était « une institution importante et précieuse à Jérusalem ».
Herzog « a condamné les attaques et le harcèlement subis par la communauté », a souligné le rabbin Mazor, tout en se réjouissant des interpellations.
« Nous l’avons chaleureusement remercié pour son appel, son attention et son estime, et l’avons invité à venir dans notre soukka pendant la fête », a ajouté le rabbin.
En août dernier, des vandales se sont introduits dans la synagogue, ont brisé une fenêtre et arraché un drapeau des Fiertés. Quelques semaines plus tard, lors de Rosh HaShana, des jeunes ont jeté des œufs sur les personnes venues prier, après leur avoir tenu des propos que Debi Shoua Haim, l’une des rabbins de la congrégation, a qualifiés d’ « homophobes et à la limite du harcèlement ».
Au moment de Yom Kippour, la synagogue a été attaquée à trois reprises. Des assiettes et d’autres objets incassables ont été jetés par la fenêtre, un intrus s’est introduit à l’intérieur pour arracher un drapeau des Fiertés et un panneau aux couleurs de l’arc-en-ciel portant l’inscription « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » et le matin de Yom Kippour, deux jeunes sont venus avec un gros chien et ont demandé, en se moquant, à organiser une bar mitzvah pour leur animal.
Dimanche, Herzog a rappelé le rabbin Mazor après s’être entretenu avec le chef de la police de Jérusalem, afin de lui dire que les forces de l’ordre prenaient l’enquête « très au sérieux » et cherchaient à établir dans quelle mesure une tierce personne avait instrumentalisé les adolescents, a indiqué le rabbin.
Le cabinet du président a confirmé ce second appel.
Selon la police, les mineurs sont soupçonnés de dommages matériels et d’ « atteinte aux sentiments religieux » : elle entend demander au tribunal de prolonger leur détention provisoire, a rapporté la Treizième chaîne.
Le rabbin Mazor a fait savoir que la congrégation était tenue informée par la police, mais qu’elle n’avait pas été informée des faits reprochés aux trois mineurs.
Les policiers ont « pris de nos nouvelles », a-t-il ajouté, dans le but de maintenir de bonnes relations avec la communauté.
Le maire de Jérusalem, Moshe Lion, a condamné les attaques et témoigné son soutien à la congrégation lors d’un entretien privé avec le rabbin Mazor avant Yom Kippour, mais ce dernier s’est dit déçu que le maire n’ait pas publiquement pris position.
Le rabbin Mazor a opposé le silence actuel de Lion à ses réactions publiques passées lors de dégradations dans des synagogues orthodoxes de la capitale, jugeant « regrettable » qu’une synagogue réformée soit traitée différemment, et suggérant que cela soit la conséquence de considérations politiques liées à l’influence des partis haredim à Jérusalem.
« Lors de précédents cas de violence et de vandalisme contre des synagogues orthodoxes dans la ville, il s’est déplacé et a pris position. Il sait s’exprimer clairement contre la violence », a déclaré le rabbin Mazor.
« Je suis déçu qu’au cas présent, s’agissant d’une synagogue réformée, les choses soient gérées différemment. »
La communauté a également demandé à Herzog d’inviter le maire à prendre la parole publiquement, a ajouté Mazor.
« Si le dirigeant de la ville ne condamne pas les violences, cela envoie, à Dieu ne plaise, un signal d’acceptation de ces violences », a-t-il affirmé.
Le cabinet de Lion a rejeté l’idée que l’absence actuelle de condamnation officielle soit le fruit de calculs politiques.
Son porte-parole a déclaré que la municipalité avait préféré ne pas attirer davantage l’attention sur la synagogue « afin de ne pas envenimer la situation ».
Lion a contacté le chef du district de Jérusalem, Avshalom Peled, pour demander des effectifs supplémentaires à proximité du lieu de culte, tout en ordonnant à la police municipale d’y renforcer sa présence.
Il a également publié une déclaration, dimanche, condamnant les récentes violences à Jérusalem. « Je condamne fermement toute attaque, d’où qu’elle vienne, contre ce qui est sacré pour autrui, ses activités, ses coutumes et son mode de vie », a-t-il déclaré.
Son cabinet a ajouté que cette déclaration englobait les attaques contre Kol HaNeshama, bien que le nom de la synagogue ne soit pas explicitement mentionné.
La rabbin Shoua Haim s’est joint à l’appel du rabbin Mazor en faveur de déclarations officielles des autorités nationales et locales, ajoutant que « cette incitation à la haine pourrait s’aggraver si nous ne travaillons pas tous ensemble pour y mettre fin ».
La congrégation a invité le président Herzog à un rassemblement de solidarité à Kol HaNeshama mercredi, organisé avec d’autres communautés juives de Jérusalem de diverses tendances. Cet événement a vocation à témoigner des soutiens à la congrégation et de l’opposition à « la violence et au fanatisme », a conclu le rabbin Mazor.
À l’issue de la première attaque, en août dernier, des membres de différentes congrégations, y compris des synagogues orthodoxes, s’étaient joints à Kol HaNeshama pour un office de Kabbalat Shabbat en signe de soutien.