Une synagogue réformée de Jérusalem visée par des jets d’œufs à Rosh HaShana
Des vidéos montrent des jeunes en tenue religieuse juive proférer des insultes à l’encontre de fidèles et leur lancer des œufs ; la police n’a procédé à aucune arrestation
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Des jeunes juifs ont lancé des œufs sur les fidèles de la synagogue réformée Kol HaNeshama, dans le quartier de Baka, à Jérusalem, lors de Rosh HaShana, a rapporté mardi la communauté.
Cette deuxième attaque contre la communauté en un mois n’a fait aucun blessé.
Les agresseurs ont été filmés par les caméras de surveillance de la synagogue, qui ont notamment permis de distinguer leurs visages. Les images ont été remises à la police et une plainte a été déposée.
L’incident s’est produit dimanche, deuxième jour de Rosh HaShana.
Interrogée par la chaîne publique Kan, la femme rabbin Debi Shoua-Haim, de Kol HaNeshama, a expliqué que les jeunes, qui semblaient être des juifs pratiquants au vu de leur tenue, étaient arrivés tôt le matin devant la synagogue. D’abord cordiaux, ils avaient posé quelques questions avant de tenir des propos qui, selon elle, « frisaient le harcèlement sexuel ».
Plusieurs membres de la communauté, hommes et femmes, étaient sortis pour discuter avec eux de Kol HaNeshama.
Elle a précisé que ces jeunes, à en juger par leur tenue, ne semblaient pas fréquenter habituellement la synagogue.
Ils sont ensuite repartis. Les images de vidéosurveillance montrent qu’ils sont entrés dans un immeuble situé en face de la synagogue, avant de revenir avec des œufs qu’ils ont lancés sur les fidèles qui arrivaient pour prier, a expliqué Shoua-Haim.
« Il y a à Jérusalem et en Israël des personnes qui n’acceptent pas le judaïsme égalitaire, qui n’acceptent pas que les hommes et les femmes se côtoient » ni qu’une communauté accueille tout le monde, indépendamment du genre ou de l’orientation sexuelle, a-t-elle déclaré.
Le mois dernier, des agresseurs ont fait irruption dans la synagogue et ont arraché un drapeau de la fierté qui était accroché dans le hall d’entrée.
Shoua-Haim a indiqué que ce type d’attaque, notamment les actes visant les drapeaux arc-en-ciel, se produisait tous les quelques mois et s’était multiplié ces dernières années.
Malgré les images remises à la police, sur lesquelles les visages des agresseurs étaient visibles lors des deux incidents, aucun suspect n’a encore été arrêté, a-t-elle précisé. La municipalité n’a pas non plus réagi.
« Où est la police face aux crimes de haine, aux actes homophobes ? », s’est-elle interrogée.
Shoua-Haim a expliqué qu’à la suite de la précédente attaque, une vingtaine de communautés, dont des congrégations orthodoxes, avaient rédigé une lettre de soutien à Kol HaNeshama, imprimée sur une grande affiche et exposée à l’entrée de la synagogue.
Dans une publication sur sa page Facebook, la communauté Kol HaNeshama a relaté l’incident survenu à Rosh HaShana et exhorté la police à « retrouver rapidement les auteurs ».
« Nous continuons à trouver du réconfort dans le soutien que nous avons reçu des communautés voisines, issues de tous les courants du judaïsme », peut-on lire dans la publication. « Ce soutien montre que même dans l’obscurité, un rayon de lumière peut percer et redonner espoir. »
Le Mouvement israélien pour le judaïsme réformé et progressiste a également réagi sur Facebook.
« Il nous est difficile de commencer l’année ainsi. Nous avons de nouveau été attaqués, et cette fois-ci en pleine période de fête.
« Lors des précédentes attaques, nous avons porté plainte auprès de la police et lui avons remis des images de vidéosurveillance sur lesquelles les agresseurs sont clairement visibles. Pourtant, personne n’a encore été traduit en justice.
« Ce n’est pas une mauvaise plaisanterie. Ce sont des violences commises contre des Juifs en raison de la manière dont ils choisissent de pratiquer leur judaïsme. Et faute de poursuites, la violence ne fait que s’aggraver. »
Cet incident est la troisième attaque visant des communautés réformées en l’espace d’un mois.
Quelques jours après l’arrachage du drapeau à Kol HaNeshama, la synagogue Darchei Noam, située à Ramat Hasharon, dans le centre d’Israël, a été vandalisée.
Les assaillants ont jeté des pierres sur la synagogue et brisé une vitre à l’entrée, avait indiqué Darchei Noam dans un communiqué publié à l’époque, précisant ignorer l’identité des auteurs de cet « acte odieux ».
La police israélienne est placée sous l’autorité du ministre de la Sécurité nationale d’extrême droite, Itamar Ben Gvir. Ses détracteurs l’accusent de restreindre les mesures répressives contre les violences visant les mouvements et les communautés auxquels il s’oppose.
la Communauté du Times of Israël !








