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« Soyez notre voix »

Iran : Des condamnés à mort se seraient cousu les lèvres lors d’une grève de la faim

Plus de 1 500 détenus du couloir de la mort observent une grève de la faim depuis deux semaines ; une vidéo les montre scandant : "Soyez notre voix"

Des manifestants brandissant des pancartes se rassemblent près du pont Francis Scott Key lors d'un rassemblement organisé en soutien au peuple iranien et pour condamner l'exécution de prisonniers politiques en Iran, à Washington, DC, le 16 mai 2026. (Crédit: Amid Farahi/AFP)
Des manifestants brandissant des pancartes se rassemblent près du pont Francis Scott Key lors d'un rassemblement organisé en soutien au peuple iranien et pour condamner l'exécution de prisonniers politiques en Iran, à Washington, DC, le 16 mai 2026. (Crédit: Amid Farahi/AFP)

Plus de 1 500 condamnés à mort détenus dans une prison de la région de Téhéran ont entamé une grève de la faim, selon des informations publiées mardi, citant des organisations iraniennes de défense des droits de l’Homme ; plusieurs d’entre eux seraient même allés jusqu’à se coudre les lèvres.

Selon le Guardian, la grève de la faim a débuté il y a deux semaines, lorsque six détenus de la prison de Ghezel Hesar ont été placés à l’isolement en vue de leur exécution.

Une vidéo filmée à l’intérieur de l’établissement montre des dizaines de détenus brandissant des pancartes sur lesquelles on peut lire : « Non aux exécutions ».

D’autres vidéos montrent plusieurs détenus les lèvres cousues, tandis que d’autres scandent : « Soyez notre voix. » Selon le journal, les gardiens n’ont pas réagi à leur mouvement et ont refusé des soins médicaux à plusieurs prisonniers.

« Ce sont des détenus qui ont commis des erreurs simplement pour subvenir à leurs besoins essentiels, et ils regrettent profondément leurs actes. Dans quelle autre partie du monde une première erreur est-elle punie par la mort ? », ont déclaré les détenus dans un communiqué consulté par l’AFP.

Les condamnés à mort doivent être exécutés pour des chefs d’accusation liés à la vague de manifestations antigouvernementales qui ont secoué la République islamique d’Iran au début de l’année, ainsi que pour diverses infractions liées à la drogue, précise le rapport.

Le régime iranien a intensifié le recours aux exécutions ces derniers mois, une source dans le pays attribuant cette escalade à la guerre contre les États-Unis et Israël, qui a débuté fin février.

« Chaque fois que la menace de guerre pesant sur le régime s’atténue, ne serait-ce qu’un peu, le régime devient plus brutal », a déclaré cette source au Guardian.

Selon l’organisation Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, plus de 424 personnes ont été exécutées depuis le début de l’année.

« Rien que l’année dernière, au moins 795 personnes ont été pendues pour des infractions liées à la drogue, sans pratiquement aucune réaction internationale ni véritable campagne nationale ou sur les réseaux sociaux pour tenter de les sauver », a déclaré au quotidien britannique Mahmood Amiry-Moghaddam, directeur de l’IHR.

« En organisant cette manifestation, les prisonniers de Ghezel Hesar prennent un risque extraordinaire », a-t-il ajouté. « Ils savent que les autorités peuvent les exécuter à tout moment, mais ils ont néanmoins choisi de faire entendre leur voix dans l’espoir que la communauté internationale les entende enfin et que le coût politique de ces exécutions augmente. »

Une banderole présentant des photos d’Iraniens qui auraient été tués par les forces de sécurité iraniennes lors des manifestations anti-régime de fin 2025 et du début de 2026, lors d’un rassemblement contre la République islamique à l’hôtel Ergife Palace, à Rome, le 16 juillet 2026. Illustration. (Crédit : AFP)

Mardi, Téhéran a annoncé la pendaison de deux hommes pour des faits liés aux manifestations antigouvernementales qui ont culminé en janvier ; selon les médias, ils auraient été exécutés sur une place publique.

Amnesty International a condamné ces pendaisons, les qualifiant d’« escalade » et estimant qu’elles « font suite à l’exécution arbitraire d’au moins trois autres manifestants la semaine dernière et marquent une nouvelle escalade dans le recours des autorités à la peine de mort pour réprimer la dissidence ».

Selon Amnesty, l’Iran occupe la deuxième place au classement mondial des pays procédant au plus grand nombre d’exécutions, derrière la Chine.

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