Trump : Israël « a été d’une grande aide pour l’Arabie saoudite » dans sa lutte contre les Houthis
Selon le président américain, la normalisation des relations entre Jérusalem et Ryad pourrait de nouveau être à l'ordre du jour, et « peut-être plus que jamais »
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Vendredi, le président américain Donald Trump a laissé entendre que l’Arabie saoudite acceptait l’aide d’Israël dans sa lutte contre le groupe rebelle des Houthis au Yémen.
Interrogé par un journaliste sur la pelouse de la Maison Blanche quant à savoir si Ryad devait accueillir favorablement une telle aide, Trump a répondu : « Je pense que oui, je pense qu’ils le feront. Israël a été d’une grande aide pour l’Arabie saoudite, et oui, ils devraient certainement le faire, oui. »
On ignore si Trump faisait référence au fait qu’Israël avait spécifiquement apporté son aide aux Saoudiens dans leur lutte contre les Houthis.
Les Saoudiens font actuellement face à des attaques sans précédent de la part des Houthis. Depuis que la guerre civile a repris de plus belle au Yémen au mois de juillet, les Houthis, proches de l’Iran, ont frappé à plusieurs reprises des cibles saoudiennes, parmi lesquelles des pétroliers en mer Rouge, des installations pétrolières et l’aéroport international de Ryad, où 13 personnes ont été tuées la semaine dernière lors d’une même attaque.
La coalition militaire sous commandement saoudien, qui depuis plus d’une décennie soutient le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale, a fait état vendredi de nouvelles interceptions de missiles et de drones, alors que le royaume subit des attaques incessantes des Houthis.
Israël subit lui-même depuis des années des attaques aux missiles balistiques des Houthis, qu’il a largement réussi à contrer – même si certaines se sont avérées meurtrières. Jérusalem a riposté à plusieurs reprises en frappant des cibles houthies.
Lors d’une interview accordée mardi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, interrogé sur la question de savoir si les Saoudiens avaient sollicité de l’aide, a répondu : « Presque tous les États du Moyen-Orient nous demandent de l’aide. »
Questionné par le journaliste sur la possibilité d’un retour à l’ordre du jour de la normalisation longtemps attendue des relations entre l’Arabie saoudite et Israël par le biais des Accords d’Abraham, cet accord de 2020 conclu sous le premier mandat de Trump qui a permis aux Émirats arabes unis, à Bahreïn et au Maroc de normaliser leurs relations avec l’État juif, le dirigeant américain a répondu : « Oui, je le pense, peut-être plus que jamais. »
Jérusalem et Ryad étaient considérés comme sur le point de parvenir à un accord avant le 7 octobre 2023, date du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas. Toutefois, l’Arabie saoudite n’a cessé d’affirmer ces dernières années que la normalisation de ses relations avec Israël serait subordonnée à l’établissement d’une voie claire vers la création d’un État palestinien.
Et Trump d’ajouter : « L’Arabie saoudite est très heureuse de bénéficier du soutien d’Israël et de notre soutien. »
Q: Do you think Saudi Arabia should accept the help that Israel is offering to fight the Houthis?
TRUMP: Yeah I do, sure. Israel has been very helpful to Saudi Arabia. pic.twitter.com/wFl4ASaiT0
— Aaron Rupar (@atrupar) October 16, 2026
Vendredi également, l’Iran a nié toute implication dans les attaques menées par les Houthis du Yémen, au lendemain des accusations de l’Arabie saoudite selon lesquelles Téhéran aurait encouragé la récente escalade des hostilités de ce groupe contre le royaume.
« La République islamique d’Iran rejette toute allégation selon laquelle l’Iran aurait joué un rôle quelconque dans les opérations yéménites (des Houthis) », a affirmé Esmaeil Baghaei, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, dans un communiqué.
« Les forces armées yéménites agissent en fonction de leurs propres intérêts et de leurs propres conclusions. De telles accusations sont totalement infondées pour quiconque comprend les relations qui unissent l’Iran et ses alliés. Téhéran estime néanmoins qu’une escalade des tensions n’est dans l’intérêt d’aucune des parties », a-t-il ajouté.
Le vice-ministre saoudien chargé de la diplomatie publique, le Dr Rayed Krimly, avait déclaré que les Houthis avaient rejeté une proposition de rencontre à Oman dès le début de la dernière série d’hostilités.
Baghaei a toutefois renouvelé son offre de médiation entre les deux parties, soulignant que l’Iran « s’est toujours montré disposé à user de ses bons offices pour contribuer à mettre fin aux hostilités ».
Vendredi, un porte-parole de la coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite a rapporté « l’interception et la destruction de trois drones dans le sud du pays et à Ryad… ainsi que de deux missiles de croisière au-dessus de la mer Rouge ».
Il a ajouté que « ces dernières heures, nous avons intercepté et détruit un missile balistique au-dessus de Yanbu », la ville où se trouve le terminus d’un important oléoduc sur la côte de la mer Rouge.
Les attaques des Houthis se sont multipliées depuis que le groupe a lancé une offensive éclair au Yémen, en septembre, prenant le contrôle de territoires stratégiques détenus par le gouvernement le long de la côte de la mer Rouge, donnant sur un détroit stratégique pour le transport maritime mondial.
La pression exercée sur l’Arabie saoudite, premier exportateur de pétrole au monde, intervient alors que les marchés énergétiques mondiaux sont déjà fortement perturbés par la fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran au début de la guerre au Moyen-Orient, en février.
Le palais ciblé par une attaque
Jeudi, le Conseil de sécurité de l’ONU a « condamné avec la plus grande fermeté les attaques répétées et toujours plus violentes menées par les Houthis contre le Royaume d’Arabie saoudite », ainsi que leurs « attaques et menaces visant le trafic maritime commercial en mer Rouge et dans le détroit de Bab el-Mandeb », porte d’entrée sud du canal de Suez.
Le Conseil de sécurité a également dénoncé les « frappes irresponsables » lancées par le groupe contre l’aéroport de Ryad, qui, selon la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, a été pris pour cible au moins 20 fois depuis le début du mois.
Krimly, du ministère saoudien des Affaires étrangères, a accusé jeudi Téhéran de continuer « à armer, former et soutenir la milice des Houthis, en violation des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU ».
« L’escalade opérée par les Houthis à ce stade du conflit est, selon nous, encouragée par l’Iran », a-t-il déclaré.
Les forces gouvernementales yéménites ont lancé une contre-offensive, avec le soutien aérien de l’Arabie saoudite, dans le but de reprendre les zones détenues par les Houthis. Mais elles n’ont jusqu’à présent pas réussi à renverser la tendance.
Jeudi, le groupe a mené une attaque meurtrière à la roquette contre le palais présidentiel, siège provisoire du gouvernement yéménite situé à Aden, tuant cinq personnes et en blessant seize autres, selon le ministre de la Santé.
Le Premier ministre yéménite, Shaya al-Zindani, a dénoncé cet acte « lâche » sur le réseau social X, qualifiant celui-ci de « suite logique du comportement criminel [des Houthis] ».
Un ministre du gouvernement a précisé sous couvert d’anonymat que Zindani se trouvait sur place au moment des faits, mais qu’il « n’avait aucunement été blessé ».
Le ministre a précisé que les Houthis avaient frappé avec trois missiles un centre de commandement des forces du gouvernement yéménite situé dans le complexe, et avec deux missiles un autre centre de commandement des forces de la coalition saoudienne.
Des médias proches des Houthis ont rapporté qu’ils avaient pris pour cible « le quartier général des opérations militaires, dirigé par des responsables saoudiens, au palais d’Al-Maashiq, à Aden, ainsi que des dépôts d’armes leur appartenant ».
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