Green Now appelle à un contrôle israélien des eaux usées pour protéger une source d’eau essentielle
Dans son rapport, Barak Verker affirme que l'AP est "trop faible, inefficace et corrompue" pour empêcher les eaux usées de contaminer l'aquifère de montagne, essentiel à l’eau potable
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Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Une organisation environnementale israélienne basée en Cisjordanie a publié lundi un rapport appelant à une révision radicale de la gestion de l’eau dans cette région afin de préserver l’aquifère montagneux, l’une des réserves d’eau les plus stratégiques d’Israël.
Ce rapport fait suite à la fermeture spectaculaire de cinq des six stations de dessalement au début du mois, due à une prolifération d’algues marines. Les autorités chargées de l’eau ont alors dû se démener pour trouver d’autres sources d’eau potable.
Lundi, une seule station, située au centre de Hadera, était pleinement opérationnelle.
Ce rapport de 112 pages, intitulé « Murky Waters » (« Eaux troubles »), a été publié par Green Now, une association dirigée par Barak Verker, résident d’implantation et militant écologiste.
Verker a cité des chiffres provenant de la branche de l’armée israélienne en Cisjordanie, de l’Administration civile et de l’Autorité israélienne de l’eau, montrant que la Cisjordanie produit environ 124 millions de m³ d’eaux usées par an.
Les Palestiniens sont à l’origine d’environ 100 millions de m³ de ce total.
Si environ 35 % des foyers palestiniens sont raccordés au réseau d’assainissement, la plupart ne sont pas reliés à des stations d’épuration, ce qui fait qu’environ 80 % de leurs eaux usées restent brutes et s’infiltrent dans les nappes phréatiques ou contaminent les cours d’eau.
Une pollution supplémentaire provient des scieries de pierre, des moulins à huile d’olive et des eaux usées non traitées issues des camps militaires de Tsahal.
Les résidents d’implantation produisent les 24 millions de m³ restants. Bien que ces eaux soient pour la plupart traitées, certaines stations d’épuration des implantations souffrent d’un mauvais entretien ou d’obstacles bureaucratiques, a rapporté Verker.
Estimant les dommages environnementaux et sanitaires à 127 millions de shekels par an, Verker fait valoir que l’aquifère devrait fournir en moyenne 600 millions de m³ d’eau douce par an – soit environ un tiers de la consommation actuelle d’Israël.
Il impute à la gouvernance faible et inefficace de l’AP l’incapacité à construire des infrastructures de traitement des eaux usées.
« Après tout, depuis sa création, elle a bénéficié d’un soutien international très généreux », a-t-il écrit, en citant les données de l’OCDE qui classent l’AP parmi les premiers territoires au monde en matière d’aide étrangère par habitant.
Dans le même temps, Verker critique la gouvernance israélienne pour son « anarchie bureaucratique interne », affirmant que des organismes tels que l’Autorité de l’eau, le ministère de l’Environnement et le ministère de la Défense se retranchent dans leurs prérogatives respectives sans assumer de responsabilité globale.
Il appelle l’Autorité israélienne de l’eau à prendre les rênes des deux côtés de la Ligne verte, en privilégiant la planification au niveau des bassins versants plutôt que les frontières politiques.
Tout en notant une évolution positive vers des solutions techniques unilatérales de la part de l’Autorité de l’eau et de l’Administration civile, il a averti que les plans directeurs actuels ne traitent toujours pas la question des eaux usées palestiniennes internes et manquent de budgets et de calendriers.
Gidon Bromberg, directeur pour Israël d’EcoPeace, une organisation de gauche favorable à la coopération transfrontalière, a averti que des mesures unilatérales israéliennes enfreindraient les accords existants qui exigent que chaque partie traite ses propres eaux usées.
« D’un point de vue pratique, cela signifierait qu’Israël prendrait le contrôle total de toutes les villes et localités palestiniennes », a-t-il déclaré, se demandant si les contribuables israéliens devraient reprendre à leur charge le coût des infrastructures d’assainissement palestiniennes ou, à l’inverse, si l’AP devrait reprendre à son compte les systèmes de traitement défaillants dans les implantations telles qu’Ariel et le Gush Etzion.
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