Herzog accorde sa grâce au soldat qui a tué en 2016 un Palestinien déjà mis hors d’état de nuire
Le chef d’état-major de Tsahal et d’autres hauts gradés ont fait savoir dans une lettre adressée au ministre de la Défense qu’ils ne soutenaient pas la demande du soldat, lequel n'avait manifesté "aucun remords"
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Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le président Isaac Herzog a accordé samedi sa grâce à Elor Azaria, un ancien soldat qui avait été condamné pour avoir tué, en 2016, un agresseur palestinien déjà mis hors d’état de nuire dans la ville d’Hébron, en Cisjordanie, allant ainsi à l’encontre de la position de l’armée sur cette affaire.
En juillet, Azaria avait déposé une demande qui visait à raccourcir le délai prévu pour l’effacement automatique de son casier judiciaire. Le ministre de la Défense, Israel Katz, avait soutenu cette demande de grâce.
Le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, ainsi que d’autres hauts gradés, avaient fait savoir dans une lettre adressée au ministre de la Défense qu’ils ne soutenaient pas cette demande. Ils n’avaient toutefois jamais fait part de leur positionnement sur cette grâce au président. Azaria avait purgé neuf mois d’une peine de 18 mois de prison pour avoir tué Abdel-Fattah al-Sharif, un Palestinien qui avait poignardé un soldat israélien à Hébron, en Cisjordanie, en 2016. Azaria avait tué al-Sharif alors que celui-ci avait été blessé par balle et maîtrisé 11 minutes plus tôt.
Azaria a néanmoins toujours affirmé qu’il avait agi correctement. Il a par la suite manifesté en soutien aux soldats accusés d’avoir battu des suspects palestiniens.
Dans un communiqué publié samedi dans la soirée, la présidence a indiqué que Herzog avait décidé d’accéder à la demande d’Azaria visant à raccourcir le délai avant l’effacement automatique de son casier judiciaire – un effacement qui, aux termes de la loi, serait intervenu en 2032 sans cette mesure accélérée.
La réduction de la durée d’inscription au casier judiciaire prend effet immédiatement.
« Dans l’esprit de la Journée du Grand Pardon qui approche, et après de nombreuses années passées à vivre avec les conséquences de ses actes, le président Herzog a estimé que les circonstances, le temps écoulé et le regret exprimé par Azaria justifiaient de l’autoriser à entamer un nouveau chapitre de sa vie », peut-on lire dans le communiqué.
Herzog a précisé avoir examiné toutes les circonstances et éléments liés à la demande d’Azaria, notamment « le fait que le délai de prescription du crime commis soit dépassé depuis longtemps, la période considérable qui s’est écoulée depuis l’incident, le fait qu’Azaria ait purgé la peine qui lui avait été infligée, les circonstances personnelles et familiales qui ont évolué au fil des années, ainsi que son souhait explicite de lever les obstacles à l’emploi et d’entamer un nouveau chapitre de sa vie ».
Le communiqué a par ailleurs souligné que « Azaria a clairement affirmé respecter le code éthique de l’armée israélienne et y attacher une grande importance ; aujourd’hui, en tant que père de deux jeunes enfants, il souhaite les éduquer conformément à ces valeurs ».
« Dans sa demande, il a exprimé ses regrets, notamment quant aux graves conséquences de l’incident. Il convient de noter que, dans sa première demande adressée au président [Reuven] Rivlin, il a reconnu que, avec le recul, le coup de feu tiré constituait une erreur opérationnelle et que, s’il avait pu revenir en arrière, il ne l’aurait pas fait », a ajouté le bureau du président.
« Le président Herzog affirme que sa décision ne remet pas en cause ni n’invalide les procédures judiciaires menées dans cette affaire. Elle ne constitue pas non plus une réévaluation du dossier. Le président Herzog estime que le rôle du système judiciaire militaire de l’armée israélienne est essentiel au respect de la loi, du code éthique de l’armée, ainsi qu’au principe et à l’application de la « pureté des armes ». Le président souligne que l’institution de la grâce relève de la compassion, et n’est pas une juridiction d’appel. Dans sa demande, Azaria a lui-même déclaré qu’il n’avait pas l’intention de rouvrir le dossier », a poursuivi le communiqué.
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