Elor Azaria : Le bureau de Herzog confirme avoir reçu une demande d’effacement du casier judiciaire
Tsahal affirme s'opposer à la demande de l'auteur de la fusillade de Hébron, visant à réduire la durée de sa peine : "Il n'a manifesté aucun remords"
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Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le bureau du président Isaac Herzog a confirmé mardi matin avoir reçu une demande d’effacement du casier judiciaire de l’ancien soldat Elor Azaria, accompagnée d’un avis favorable du ministre de la Défense, Israel Katz.
« Elor Azaria a déposé une demande visant à réduire la durée de son inscription au casier judiciaire. Conformément à la procédure habituelle, cette demande a été transmise aux instances de la défense afin d’obtenir l’avis des responsables concernés, notamment celui du ministre de la Défense et de Tsahal », a indiqué le bureau de Herzog.
Le bureau du président a précisé qu’il n’a reçu pour l’instant que l’avis de Katz. Ce dernier avait auparavant déclaré qu’il demandait à Herzog de gracier Azaria et d’effacer son casier judiciaire avant l’échéance prévue.
Pour donner suite à cette demande, le bureau du président a besoin des avis du chef d’état-major de l’armée, le lieutenant-général Eyal Zamir, du procureur général militaire, le général de division Itaï Ofir, et du chef du Directorat des Ressources humaines, le général de division Dado Bar Kalifa.
« Le bureau du président attend les avis restants nécessaires pour donner suite à cette demande. Après avoir reçu tous les avis, le président examinera la demande de manière responsable et avec tout le sérieux qui s’impose », a-t-il ajouté.
Cette initiative de Katz intervient à l’approche des primaires du Likud et des prochaines élections législatives.
Gadi Eisenkot, dont le parti Yashar est l’un des principaux rivaux du Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu, était chef d’état-major au moment de la fusillade de Hébron et avait soutenu la décision de Tsahal de juger Azaria.
« Il est déraisonnable qu’après une décennie, un soldat exceptionnel, condamné pour une infraction commise dans le cadre de son service opérationnel, continue de payer un prix aussi lourd », a estimé Katz dans un communiqué.
Il a jugé que la condamnation d’Azaria « envoyait un message négatif à nos fils et à nos filles qui sont envoyés au danger et servent dans des unités de combat et des lieux dangereux ».
« Il était possible de permettre à Elor de se réinsérer et de commencer une nouvelle vie. »
L’armée israélienne a aussitôt déclaré ne pas soutenir la demande d’Azaria, condamné pour avoir tué en 2016 un terroriste palestinien déjà hors d’état de nuire qui gisait au sol, visant à réduire la durée de son casier judiciaire, affirmant qu’il n’avait jamais exprimé aucun remords pour ses actes.
Dans une lettre adressée au cabinet du ministre de la Défense et signée par l’adjoint de Zamir, le colonel Alon Laniado, Zamir et Bar Kalifa ont fait savoir que « cette demande ne devait pas être acceptée ».
« Conformément à la loi, la règle générale veut qu’un casier judiciaire accompagne la personne condamnée pendant les délais prescrits, tandis que l’octroi d’une grâce constitue l’exception, qui ne doit être accordée que dans des circonstances exceptionnelles et graves », indique la lettre.
La lettre précise que la position de Zamir et de Bar Kalifa sur la question s’appuyait sur l’avis du procureur général adjoint de l’armée, « chargé des demandes de ce type et s’appuyant sur plusieurs considérations, notamment le fait que le demandeur s’était abstenu d’exprimer des remords et d’assumer la responsabilité de ses actes, même près d’une décennie après sa condamnation par le tribunal militaire, l’absence de circonstances nouvelles justifiant une révision des décisions antérieures du président, ainsi que l’absence de circonstances personnelles concrètes revêtant une importance significative ».
Azaria a purgé neuf mois d’une peine de 18 mois de prison pour avoir tué Abdel-Fattah al-Sharif, un Palestinien qui avait poignardé un soldat israélien et qui avait déjà été abattu et maîtrisé 11 minutes plus tôt, le 24 mars 2016, dans la ville de Hébron, en Cisjordanie. Azaria a toujours affirmé avoir agi correctement ce jour-là.
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