Tsahal avait repéré Deif et d’autres chefs du Hamas pénétrant dans les tunnels la veille du 7-Octobre
D’autres signes inhabituels observés à Gaza dans la nuit precedant le pogrom, désormais rendus publics, concernaient les puits de lancement de roquettes et les missiles antichars
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Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

À la veille du pogrom perpétré le 7 octobre 2023 par le groupe terroriste palestinien du Hamas, l’armée israélienne avait repéré le chef de la branche militaire du groupe, Mohammed Deif, ainsi que d’autres hauts commandants se dirigeant vers les tunnels, selon des informations issues des enquêtes de Tsahal, dont la publication a désormais été autorisée.
Le déplacement des hauts commandants du Hamas vers les tunnels dans la nuit du 6 au 7 octobre figurait parmi au moins cinq signes avant-coureurs identifiés par Tsahal avant l’attaque, qui témoignaient d’une activité inhabituelle dans la bande de Gaza.
Jusqu’à mercredi, la plupart de ces indices étaient restés classifiés.
Auparavant, le seul signe anormal dont la publication avait été autorisée était l’activation de dizaines de cartes SIM israéliennes détenues par des terroristes du Hamas appartenant à la force d’élite Nukhba du groupe.
Mercredi, les responsables israéliens de la sécurité ont autorisé la publication d’autres signes identifiés à la veille du 7-Octobre, notamment l’entrée de Deif et d’autres hauts commandants du Hamas dans des tunnels, le retrait par des membres du Hamas de bâches recouvrant les puits de tunnels servant au lancement de roquettes, ainsi que divers préparatifs et mouvements au sein du dispositif de missiles antichars du Hamas.
Vers minuit, dans la nuit du 6 au 7 octobre, l’armée a reçu des renseignements indiquant que le centre de commandement souterrain de Deif, destiné à être utilisé par le chef militaire du Hamas en cas d’urgence, avait été mis en service.
À la suite de cette information, l’armée a dépêché vers la bande de Gaza un drone de surveillance qui survolait alors la Cisjordanie, afin de déterminer si Deif lui-même était entré dans le site souterrain ou s’il s’agissait de l’un de ses collaborateurs.
Il a été confirmé par la suite que Deif était bel et bien entré dans le centre de commandement souterrain. Mais sur le moment, ce signe inhabituel demeurait inexpliqué pour les officiers du renseignement. Le drone de l’armée de l’air israélienne, arrivé au-dessus du site aux premières heures du matin, n’a pas pu confirmer la présence de Deif sur place.
Les signes inhabituels observés cette nuit-là ont également conduit l’armée israélienne et l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet à dépêcher à la frontière avec Gaza une unité antiterroriste d’élite, connue sous le nom d’équipe « Tequila », composée d’agents du Shin Bet et de membres de l’unité d’élite Yamam de la police, afin qu’elle se tienne en état d’alerte.
Cette équipe avait été déployée pour mettre en œuvre des moyens opérationnels avancés, sans rapport avec un éventuel scénario d’infiltration terroriste dans le sud d’Israël.
Certains responsables du Shin Bet estimaient également à l’époque que l’activité observée dans le centre de commandement d’urgence pourrait constituer une occasion d’éliminer Deif, à condition que sa présence sur place soit confirmée.
L’enquête militaire sur les défaillances ayant entouré l’attaque a révélé que certaines des cinq anomalies pouvaient également avoir d’autres explications ou n’étaient pas considérées comme des signes suffisamment probants d’une menace.
Par ailleurs, outre ces anomalies, plusieurs autres indices indiquaient que le Hamas poursuivait ses activités habituelles.
Pris isolément, aucun de ces indices ne semblait significatif aux yeux de Tsahal, et certains s’étaient déjà produits à plusieurs reprises par le passé. C’est toutefois leur accumulation qui était inhabituelle. C’est pourquoi, au cours de la nuit, de nombreuses vérifications ont été effectuées par des officiers du renseignement afin de confirmer ou d’infirmer l’existence de plans du Hamas visant à attaquer Israël.
Certaines de ces vérifications ont conduit à écarter certains indices, tandis que d’autres sont restées en suspens. Quoi qu’il en soit, aucun officier n’a interprété ces indices comme annonçant une attaque imminente.
L’enquête a néanmoins révélé que si les hauts responsables avaient eu accès à l’ensemble des renseignements, ils auraient peut-être décidé de relever le niveau d’alerte en prévision d’une attaque ciblée du Hamas, mais pas d’une guerre totale.
Les enquêtes menées par Tsahal sur les défaillances du 7-Octobre ont révélé que la conduite de l’armée, ses décisions et les renseignements dont elle disposait dans la nuit du 6 au 7 octobre reposaient sur des années d’évaluations erronées concernant le Hamas. En conséquence, les responsables du renseignement à tous les niveaux n’ont pas su donner l’alerte sur l’attaque à venir.
Plus de 1 200 personnes, pour la plupart des civils, ont été assassinées en Israël lors du pogrom perpétré par le Hamas le 7-Octobre, tandis que 251 autres ont été enlevées et emmenées en otage dans la bande de Gaza et qu’une grande partie de la région a été dévastée. L’attaque a déclenché la guerre à Gaza, qui s’est poursuivie jusqu’à la conclusion d’un cessez-le-feu en octobre 2025. Celui-ci a été globalement respecté, malgré la persistance des violences.
Deif a dirigé la branche armée du Hamas pendant des années et a échappé à plusieurs tentatives d’assassinat. Il a été tué lors d’une frappe à Khan Younès en juillet 2024.
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