La gauche française fête l’échec de Trump et dresse un parallèle avec le RN
Le social-démocrate Raphaël Glucksmann, a vu dans ce raz-de-marée électoral « la victoire de la démocratie et de la décence » et une raison d’y croire
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De « l’espoir » et une « leçon » : la gauche a célébré mercredi le revers cinglant imposé par les démocrates au président américain Donald Trump lors des élections de mi-mandat, en le comparant au Rassemblement national (RN), qui a lui rejeté tout parallèle.
La candidate écologiste à la présidentielle, Marine Tondelier, s’est réjouie d’une « défaite historique » du dirigeant républicain au deuxième mandat « apocalyptique ».
« Mais ce qui vient de se produire aux États-Unis ces dernières années est un avertissement pour la France. Si notre pays porte au pouvoir le RN l’année prochaine, il connaîtra le même destin tragique », a-t-elle écrit sur le réseau social X.
Elle a accusé le parti à la flamme, en tête des sondages, d’être aussi « fasciste », « corrompu », « climatosceptique » et « incompétent » que Trump.
« Les États-Unis ont payé deux fois pour voir. Puisse cette leçon nous servir », a-t-elle dit.
Un de ses concurrents à gauche, le social-démocrate Raphaël Glucksmann, a vu dans ce raz-de-marée électoral « la victoire de la démocratie et de la décence » et une raison d’y croire.
« Il n’y a aucune fatalité en politique et ce sursaut démocrate est un message d’espoir pour tous », a-t-il dit.
Les démocrates ont ravi le contrôle du Congrès, un vote rejet interprété notamment comme une réaction au coût de la vie, tiré vers le haut par les droits de douane et la guerre en Iran.
Le député de gauche François Ruffin a souligné que les démocrates avaient gagné en faisant campagne sur ces questions.
« Quand la gauche reparle salaires, travail, pouvoir d’achat, elle redonne de l’espoir aux classes populaires. Et elle retrouve le chemin des victoires », a dit l’ex-insoumis, lui aussi lancé dans la course vers l’Élysée.
Trump « paie cash »
Au-delà des États-Unis, la gauche veut voir un vent favorable à sa famille politique dans les récents résultats électoraux, notamment la réélection de Luiz Inácio Lula da Silva au Brésil.
« Partout dans le monde, c’est la mobilisation populaire qui permet de faire reculer l’extrême droite », s’est satisfait le coordinateur national de La France insoumise (LFI), Manuel Bompard. « En France aussi, nous le ferons. »
Pour le premier secrétaire du Parti socialiste (PS) Olivier Faure, qui n’a pas été élu candidat de son parti à la présidentielle « quelques jours après l’éclatante victoire de Lula au Brésil, le recul de Netanyahu, voici la vague démocrate aux États-Unis ! ».
Autre ambiance de l’autre côté du spectre politique.
Le président du RN Jordan Bardella, invité sur RTL, a dit ne voir aucun « rapport » entre ces différents scrutins et l’élection présidentielle française.
« Je ne suis pas électeur américain et il faut respecter, quel qu’il soit d’ailleurs, le vote du peuple américain », a-t-il dit.
Mais « ce qui se passe dans les autres pays ne me regarde pas », a insisté celui qui est annoncé à Matignon en cas de victoire du RN en 2027.
Son parti, en quête de dédiabolisation, a tenté de se distancier prudemment de Donald Trump ces dernières années, alors que sa candidate, Marine Le Pen, l’avait publiquement soutenu lors des campagnes de 2016 et 2020.
Dans cette veine, Bardella a estimé que le président américain avait changé de « philosophie » par rapport à son premier mandat, notamment en politique étrangère.
Le vice-président du RN Louis Aliot, chargé des questions internationales pour la campagne, est allé plus loin en admettant tirer « des leçons » de cette « défaite attendue » du président américain.
« Je crois qu’il paie cash l’aventure iranienne aujourd’hui », a-t-il affirmé sur France 2, en référence à la guerre contre l’Iran lancée en février avec Israël.
Aliot, présent à l’investiture de Trump en janvier 2025, a estimé que les électeurs américains, qui l’avaient choisi « pour des considérations purement internes », punissaient désormais son « interventionnisme extérieur ».
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