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Iran : un policier tué dans une attaque, 2 hommes exécutés pour des meurtres de policiers

Les forces de sécurité recherchent les assaillants après la mort d'un policier dans le sud-est de l'Iran ; 2 hommes ont été exécutés pour la mort de 4 policiers lors de manifestations anti-régime

Avec le mausolée d'Imamzadeh Saleh en arrière-plan, un membre du Corps des Gardiens de la Révolution islamique montant la garde lors de l'inauguration d'un centre d'entraînement militaire destiné aux volontaires civils, sur la place Tajrish, à Téhéran, en Iran, le 2 novembre 2026. (Crédit : Vahid Salemi/AP)
Avec le mausolée d'Imamzadeh Saleh en arrière-plan, un membre du Corps des Gardiens de la Révolution islamique montant la garde lors de l'inauguration d'un centre d'entraînement militaire destiné aux volontaires civils, sur la place Tajrish, à Téhéran, en Iran, le 2 novembre 2026. (Crédit : Vahid Salemi/AP)

TÉHÉRAN — La police iranienne a déclaré mardi qu’un de ses agents avait été tué lors d’une attaque perpétrée par des assaillants non identifiés dans le sud-est du pays, une région en proie à des troubles, ont rapporté les médias d’État.

« À la suite d’une attaque armée menée par des individus non identifiés contre un agent de la police judiciaire dans le comté de Saravan [province du Sistan-Baloutchistan], le sous-lieutenant Hojat Vafakardeh a obtenu l’honneur du martyre », a déclaré la télévision d’État, citant un communiqué de la police.

« Les efforts déployés par la police et les forces de sécurité pour identifier et arrêter les responsables de cette attaque lâche se poursuivent », ajoute le communiqué.

On ignorait dans l’immédiat qui était à l’origine de cette attaque.

La province du Sistan-Baloutchistan, l’une des plus pauvres d’Iran, est depuis longtemps le théâtre d’affrontements entre les forces de sécurité et des groupes armés, notamment des factions séparatistes.

Cette province, frontalière du Pakistan et de l’Afghanistan, abrite une importante population baloutche, dont la plupart sont des musulmans sunnites dans un Iran à majorité chiite.

Un membre du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, scrutant les environs à l’aide de jumelles, avec le mausolée d’Imamzadeh Saleh en arrière-plan, lors de l’inauguration d’un centre d’entraînement militaire destiné aux volontaires civils sur la place Tajrish, à Téhéran, en Iran, le 2 novembre 2026. (Crédit : Vahid Salemi/AP)

Lundi, l’agence de presse Mehr a rapporté que « des groupes terroristes avaient perpétré une attaque lâche contre un véhicule transportant plusieurs ingénieurs et entrepreneurs » dans la même région.

Lundi également, le quartier général local du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime iranien, a déclaré que ses forces avaient tendu une embuscade à « une équipe terroriste… avant qu’elle ne mène une opération terroriste », tuant l’un de ses membres et en arrêtant plusieurs autres.

Jeudi, le ministère du Renseignement a déclaré que ses forces avaient démantelé « quatre cellules opérationnelles d’un groupe terroriste takfiri », arrêtant 16 personnes. Trois autres personnes ont été placées en détention pour avoir prétendument transmis des informations à des « centres américano-sionistes », a précisé le ministère, sans fournir plus de détails.

À la mi-octobre, deux membres des forces de sécurité iraniennes ont été tués lors d’attaques distinctes menées par des individus armés en tant que terroristes dans la région.

Illustration : Le corps d’un condamné à la pendaison dans la ville de Qazvin, à environ 130 kilomètres à l’ouest de la capitale Téhéran, en Iran, le 26 mai 2011. (Crédit : Agence de presse Mehr, Hamideh Shafieeha/AP)

Par ailleurs, les autorités iraniennes ont pendu mardi deux hommes pour des accusations liées aux manifestations anti-régime de janvier, des organisations de défense des droits de l’Homme accusant les autorités de les avoir soumis à la torture et à un procès inéquitable.

Amirhossein Ebrahimi et Amirhossein Maleki, respectivement âgés de 19 et 20 ans, ont été exécutés après avoir été reconnus coupables d’avoir participé à des événements ayant conduit à la mort de quatre policiers à Ispahan, dans le centre du pays, en début d’année, a indiqué l’ONG Iran Human Rights (IHR).

Selon cette organisation basée en Norvège, ces nouvelles pendaisons portent à 36 le nombre de personnes exécutées ces derniers mois en lien avec les manifestations.

Plusieurs ONG accusent Téhéran de multiplier les exécutions dans le but d’intimider la population et d’empêcher toute répétition des manifestations anti-régime massives de janvier, réprimées dans le sang, dans un contexte de guerre avec les États-Unis.

Les deux hommes ont été pendus pour des « actions brutales et atroces [qui] ont conduit au martyre de quatre policiers », a déclaré le site d’information officiel du pouvoir judiciaire iranien, Mizan Online, qui précise que l’appel des deux condamnés a été rejeté.

Sept autres hommes ont déjà été exécutés dans le cadre de cette affaire et trois autres risquent toujours la pendaison, selon l’IHR.

L’organisation a dénoncé une affaire marquée par « de la torture, des aveux forcés et de graves violations » de la procédure judiciaire, les autorités utilisant selon elle « la mort de quatre agents de sécurité pour justifier ces exécutions, alors qu’aucune des personnes exécutées n’a été inculpée de meurtre ».

« L’ampleur des tortures et des violations de la procédure dans cette affaire est effrayante », a déclaré à l’AFP le directeur de l’IHR, Mahmood Amiry Moghaddam.

Ces exécutions ont également été confirmées par l’ONG HRANA (Human Rights Activists News Agency), basée aux États-Unis. Cette dernière a fait état d’un accès limité au dossier par les accusés et leurs avocats et « d’allégations selon lesquelles des pressions et des actes de torture auraient été exercés au cours de l’enquête ».

Amirhossein Ebrahimi « a été soumis à de sévères tortures physiques et psychologiques durant les interrogatoires, afin d’extorquer des aveux forcés », a affirmé l’ONG Hengaw, basée elle aussi en Norvège.

Selon les ONG, l’Iran est le deuxième pays au monde qui exécute le plus de personnes, après la Chine.

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