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Ben Gvir accuse Levy d’avoir ordonné une répression violente contre les manifestants haredim

Le ministre dépose un recours pour pouvoir intervenir, invoquant les "effusions de sang" survenues lors des manifestations anti-enrôlement ; le chef de la police estime que ces accusations "dépassent toutes les limites"

Montage photo (de gauche à droite) : Itamar Ben Gvir, ministre de la Sécurité nationale, le 22 octobre 2026 ; Daniel Levy, chef de la police israélienne, le 6 septembre 2026. (Crédits : Flash90 ; Yonatan Sindel/Flash90)
Montage photo (de gauche à droite) : Itamar Ben Gvir, ministre de la Sécurité nationale, le 22 octobre 2026 ; Daniel Levy, chef de la police israélienne, le 6 septembre 2026. (Crédits : Flash90 ; Yonatan Sindel/Flash90)

Lundi, le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a accusé le chef de la police israélienne, Daniel Levy, d’avoir ordonné le recours à une « violence excessive » contre des manifestants ultra-orthodoxes afin d’apaiser l’opposition après les élections de la semaine dernière. Il a également déposé un recours auprès de la Haute Cour pour demander l’annulation d’une injonction datant d’avril qui lui interdit d’intervenir dans le recours à la force par la police.

Selon le recours de Ben Gvir, « une citation de Levy affirmant qu’il ‘veut voir du sang’ est parvenue aux oreilles du ministre » au cours des deux dernières semaines. Dans le cadre de cette politique présumée, Levy aurait ordonné aux agents « de recourir davantage aux matraques et aux grenades incapacitantes pour disperser les manifestations » organisées par « des factions haredim extrémistes ».

Réagissant à ces accusations, Levy a déclaré que les allégations du ministre étaient « sans fondement et scandaleuses ».

Dans un communiqué publié par son cabinet, Levy a ajouté que ces accusations « délirantes » « dépassaient toutes les limites, surtout de la part du ministre chargé de la police, qui, au lieu de soutenir ses agents et ses commandants, choisit de les diffamer, de jeter le doute sur leur professionnalisme et de nuire à la confiance du public envers ceux à qui est confiée sa sécurité ».

Mais Ben Gvir a campé sur ses positions, déclarant plus tard dans la journée : « Je maintiens tout ce que j’ai dit. »

Le recours de Ben Gvir accuse également Levy de s’être rendu à l’étranger ces derniers jours sans l’autorisation du ministre, et de ne pas s’être présenté à des réunions de travail à des occasions non précisées.

Le ministre de la sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, et le chef de la police, Danny Levy, au cimetière militaire du mont Herzl, à l’occasion de Yom HaZikaron, le 30 avril 2025. (Crédit : Arie Leib Abrams/Flash90)

Il est urgent de lever l’injonction du tribunal qui lui interdit d’intervenir dans les questions opérationnelles de la police, afin que Ben Gvir puisse « encadrer les moyens de maintien de l’ordre de manière proportionnée et équitable », indique le recours.

« L’urgence de cette demande découle d’une crainte réelle d’un danger manifeste pour la vie humaine et d’un bain de sang, compte tenu des événements survenus au cours des deux dernières semaines. »

Le recours met en avant l’intervention policière contre les manifestants haredim opposés à la conscription à Jérusalem, à Beit Shemesh et au carrefour de Geha, près de Bnei Brak, jeudi et dimanche.

Ben Gvir a également déclaré que, « dans le cadre des récentes mesures prises par le commissaire », Levy avait muté le chef du commissariat Dan, qui englobe Geha et une grande partie de Bnei Brak, à la tête du commissariat d’Ayalon, qui couvre le sud de Tel Aviv et où les manifestations ultra-orthodoxes sont moins fréquentes.

Cet officier, le commandant Elad Klein, entretenait de bonnes relations avec les dirigeants haredim et trouvait le juste équilibre entre « le droit de manifester et le droit à la sécurité publique », selon le recours. Ce dernier affirme également que la mutation de Klein n’avait pas été approuvée par Ben Gvir et était donc illégale.

Ben Gvir « ne peut pas fermer les yeux alors qu’il y a un écart aussi grave par rapport à la politique de gestion des manifestations… surtout par rapport à celles d’autres groupes issus d’un autre bord du spectre politique », indique le recours.

Il cite comme exemple la réaction « trop lente » de la police face aux « manifestants de gauche » qui ont bloqué des routes, notamment l’autoroute Ayalon, le 7 octobre dernier, date du troisième anniversaire du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas.

Sur le réseau social X, Ben Gvir a écrit que Levy « était un commissaire en chef qui a mis en œuvre ma politique jusqu’aux résultats des élections, et il semble désormais qu’il se prépare à soutenir Segalovitz, de Raam ».

Des Haredim bloquant une route et affrontant la police lors d’une manifestation contre l’incarcération d’étudiants en yeshiva qui n’ont pas respecté un ordre de conscription de l’armée, à la périphérie de la ville ultra-orthodoxe de Bnei Brak, le 29 octobre 2026. (Crédit : Flash90)

Yoav Segalovitz, ancien député du parti Yesh Atid et ancien haut responsable de la police, s’est lancé dans une campagne électorale sans précédent en tant que sioniste déclaré, en deuxième position sur la liste électorale du parti arabe Raam de Mansour Abbas.

Jeudi déjà, invoquant « les images grotesques du carrefour de Geha », Ben Gvir avait accusé Levy de « faire de la lèche aux gauchistes », alors qu’il avait « exaucé toutes mes demandes » au cours des 18 derniers mois.

Lors de la manifestation haredi de jeudi entre Bnei Brak et Petah Tikva, les secouristes ont signalé que plusieurs dizaines de manifestants avaient été légèrement ou modérément blessés, et des photos prises sur place montraient que certains présentaient des blessures à la tête.

La police a indiqué que trois agents et une équipe de presse avaient été blessés lors de la manifestation, dont un agent et un journaliste qui ont subi des blessures à la tête après avoir été touchés par des pierres lancées par des manifestants.

Des hommes haredim bloquant une route et affrontant la police lors d’une manifestation contre la conscription militaire, à Jérusalem, le 1ᵉʳ novembre 2026. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Ben Gvir a déjà exprimé son soutien aux policiers ayant recouru à la violence pour disperser des manifestations anti-gouvernement. Il a notamment soutenu la promotion d’un agent qui avait lancé une grenade incapacitante sur des manifestants opposés à la refonte du système judiciaire menée par le gouvernement à Tel Aviv en 2023, et a fait limoger le chef de la police de Tel Aviv pour ne pas avoir adopté une position plus ferme face aux manifestations.

Le recours de Ben Gvir a été déposé par l’avocat Me Zeev Wolf, condamné pour un attentat terroriste commis en 1992 par le mouvement extrémiste juif Kahane Chaï. Cet attentat avait coûté la vie à un Palestinien âgé de 65 ans dans la Vieille Ville de Jérusalem.

En 1997, le président de l’époque, Ezer Weizman, avait gracié Wolf et d’autres terroristes juifs afin de contrebalancer la libération du fondateur du Hamas, Ahmed Yassin, qui avait été libéré de sa détention en Israël dans le cadre d’un accord avec la Jordanie, conclu à la suite de la tentative d’assassinat ratée par Israël de Khaled Meshaal, alors chef du groupe terroriste palestinien, à Amman.

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