Armée iranienne : la guerre pourrait durer plus longtemps que la précédente, Trump n’en fixera pas la durée
Malgré les menaces, les responsables iraniens poursuivent leurs pourparlers à Doha pour une 3e journée ; le département d'État affirme que "la porte reste ouverte aux négociations"
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L’Iran a déclaré dimanche qu’une nouvelle guerre contre les États-Unis ou Israël pourrait durer plus longtemps que le dernier conflit, et a averti que le président américain Donald Trump ne serait pas en mesure d’en dicter la fin.
Une déclaration qui a été faite au lendemain d’un entretien téléphonique qui aurait eu lieu entre Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu au sujet de la reprise des frappes contre la République islamique d’Iran. Selon certaines informations, les États-Unis auraient averti leurs alliés du Golfe de se préparer à un éventuel nouveau conflit qui pourrait débuter dès le 4 novembre, au lendemain des élections de mi-mandat américaines.
« Une éventuelle guerre future pourrait durer plus longtemps que le conflit précédent, et le président américain ne serait pas en mesure d’en dicter le calendrier ni les conditions de sa conclusion », a déclaré Mohammad Akraminia, porte-parole de l’armée iranienne, selon la télévision d’État iranienne.
Au plus fort de la guerre, qui a débuté le 28 février par des frappes américano-israéliennes contre l’Iran et a duré plusieurs mois, Téhéran a riposté par des milliers d’attaques de missiles et de drones dans toute la région. Des groupes terroristes alignés sur la République islamique se sont joints aux combats depuis le Liban et le Yémen. Le conflit s’est alors étendu à l’ensemble de la région.
Les propos d’Akraminia font suite à un message qui a été publié samedi et qui a été attribué au nouveau guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, qui indiquait que si les États-Unis et Israël attaquaient, les frappes de représailles de l’Iran ne connaîtraient aucune limite géographique.
Cette déclaration a été reprise par le porte-parole du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime iranien, Hossein Mohebbi, qui a déclaré dimanche : « Dans un conflit avec les États-Unis, il n’y a pas de limites géographiques ; un vaste théâtre d’opérations a été défini pour infliger des dommages à l’ennemi. »
Pour sa part, Trump a déclaré samedi que les États-Unis souhaitaient détruire « une ou deux » cibles supplémentaires en Iran, notamment le complexe de mont Kolang. Ce site, signalé par les services de renseignement occidentaux comme susceptible d’être utilisé pour stocker des matières nucléaires, n’a pas encore été frappé par les États-Unis depuis le début de la guerre.
La délégation iranienne toujours à Doha pour les négociations
Ces avertissements ont été lancés alors que les négociateurs iraniens se trouvaient dimanche à Doha pour une troisième journée consécutive de pourparlers avec les médiateurs qataris, dans le but de parvenir à un accord visant à mettre fin à la guerre, a déclaré à Reuters un responsable au fait des discussions.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que l’objectif de ces pourparlers « en cours et qui progressent » était de poursuivre les consultations avec les médiateurs qataris, ajoutant que Téhéran était prêt à recourir « tant à la défense qu’à la diplomatie ».
S’adressant aux médias d’État, Araghchi a indiqué que les discussions sur une « proposition de deux jours » se poursuivaient, mais qu’aucune conclusion définitive n’avait encore été atteinte.
La chaîne qatarie Al Jazeera a cité Araghchi, qui, lors d’une interview samedi, a déclaré que les négociateurs iraniens et qataris avaient élaboré une proposition visant à rouvrir le détroit d’Ormuz dans les deux jours suivant un éventuel accord avec Washington.
L’Iran a maintes fois déclaré qu’il riposterait à toute nouvelle attaque en frappant des cibles américaines et israéliennes, alors que cette guerre, qui dure depuis huit mois, continue de perturber l’approvisionnement mondial en pétrole et de s’étendre à l’ensemble du Moyen-Orient.
« Nous faisons de notre mieux dans ce processus et nous espérons que l’autre partie fera preuve de rationalité afin de privilégier la diplomatie plutôt que d’autres voies », a déclaré Araghchi à propos des discussions avec les responsables qataris.
Samedi, le chef de la sécurité iranienne, Mohsen Rezaei, a révélé avoir reçu une lettre du vice-président américain JD Vance, qu’il a qualifiée de changement positif dans le « ton » adopté par la partie américaine, tout en précisant qu’il n’y avait pas encore répondu.
Il a indiqué que Téhéran avait précédemment fait savoir à Washington que, si ses conditions n’étaient pas remplies, « ni le détroit d’Ormuz ne serait rouvert, ni aucune négociation n’aurait lieu ».
Ces conditions comprennent le déblocage des avoirs iraniens à l’étranger, la fin du blocus naval américain des ports iraniens qui dure depuis des mois, la levée des sanctions de longue date et la fin de la guerre sur tous les fronts.
Depuis le début de la guerre, l’Iran revendique le contrôle du détroit d’Ormuz, un corridor énergétique mondial vital, et a à plusieurs reprises pris pour cible des navires tentant de le traverser sans son autorisation. Les États-Unis ont imposé un contre-blocus naval sur les ports iraniens.
De son côté, Washington a fait savoir qu’il était prêt à poursuivre sérieusement les pourparlers.
Donald Blome, responsable du département d’État américain et secrétaire d’État adjoint chargé des affaires du Proche-Orient, a déclaré dimanche que « la main de la négociation a été tendue, et ces canaux sont restés ouverts et actifs ».
« Dans le même temps, nous sommes également prêts à prendre une autre direction », a-t-il ajouté, s’exprimant lors du Manama Dialogue, un forum sur la sécurité organisé à Bahreïn.
« Nous ne pouvons tout simplement pas permettre à l’Iran de prendre cette région et l’économie mondiale en otage », a affirmé Blome.
Samedi, le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a déclaré que Trump n’avait pas encore décidé s’il allait lancer de nouvelles frappes contre l’Iran, mais qu’il préférerait résoudre le conflit par la voie diplomatique.
Les pays du Golfe « se préparent au pire »
Anwar Gargash, conseiller diplomatique du président des Émirats arabes unis, a déclaré dimanche que son pays espérait que ces échanges déboucheraient sur une avancée décisive, tout en se préparant au pire.
« Nous espérons qu’il y aura une avancée diplomatique », a-t-il indiqué lors de la conférence à Manama.
« Il n’est pas dans l’intérêt de la région de connaître un nouveau cycle de tensions… Mais je pense que nous sommes également prêts à affronter le pire, comme nous l’avons déjà montré. »
À Téhéran, certains habitants ont fait part d’un sentiment d’impuissance alors que les menaces d’une reprise des combats s’intensifient.
« Les informations qui nous parviennent sont vraiment inquiétantes. Cependant, même si, en tant que simple citoyen, je m’immerge dans ces reportages, je ne peux en réalité rien y faire », a déclaré à l’AFP Mohadese, un inspecteur sanitaire de 27 ans.
D’autres, comme Ebrahim, un vendeur de 48 ans, ne voyaient aucune raison de s’inquiéter.
« Nous ne craignons pas une nouvelle guerre ; nous sommes en guerre depuis 48 ans, nous sommes toujours en guerre », a-t-il déclaré dans le centre-ville de Téhéran.
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