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Guerre en Iran : Trump cherche des boucs émissaires et défie Netanyahu

Le président américain hésite à reprendre les frappes et privilégie les négociations, alors que le Premier ministre israélien pousse à l'offensive

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'adresse à ses partisans au siège du Likud à Jérusalem après la publication des premiers résultats des sondages en sortie des urnes lors des élections israéliennes, le 28 octobre 2026. (AP/Ohad Zwigenberg)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'adresse à ses partisans au siège du Likud à Jérusalem après la publication des premiers résultats des sondages en sortie des urnes lors des élections israéliennes, le 28 octobre 2026. (AP/Ohad Zwigenberg)

Selon une information publiée dimanche, le président américain Donald Trump pourrait faire de ses chefs de la Défense et de l’armée des boucs émissaires pour l’état dans lequel se trouve la guerre contre l’Iran, tout en envisageant la reprise des attaques après les élections américaines de mi-mandat, mardi.

Trump se serait accroché avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, au sujet de cette question lors d’un appel téléphonique ce week-end, dernier avatar des désaccords sur l’opportunité ou non d’attaquer.

Le Premier ministre israélien — qui se trouve dans une position précaire après avoir perdu sa majorité à la Knesset lors de l’élection de mardi dernier — aurait insisté pour reprendre les frappes, là où Trump privilégierait les négociations.

La guerre est très impopulaire aux États-Unis et, faute d’issue en vue, elle devrait porter tort au Parti républicain de Trump lors du scrutin pour le Congrès américain, mardi. Le prix du pétrole a augmenté, l’Iran continuant de perturber la navigation dans le détroit d’Ormuz.

Dans ce contexte, selon le magazine The Atlantic, Trump chercherait un bouc émissaire pour le cours de la guerre et consulterait ses conseillers au sujet du Secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, et du général Dan Caine, chef d’État-major des armées américaines. Tous deux sont de fervents partisans de la guerre.

Trump ne décolérerait pas depuis que ses conseillers lui ont assuré, à tort, avant le début de la guerre fin février, qu’elle serait terminée bien avant les élections de mi-mandat.

Citant deux sources anonymes extérieures à l’administration mais proches de Trump, The Atlantic indique que Trump prend en ce moment-même des renseignements sur les performances professionnelles de Hegseth et Caine, sans dire qu’il souhaiterait se séparer de l’un ou de l’autre. Toujours selon The Atlantic, Hegseth est impopulaire à la Maison-Blanche et fait à Trump des points trop optimistes sur les combats.

« Hegseth est doué pour dire au président ce qu’il veut entendre », explique l’un des conseillers extérieurs à The Atlantic.

Le chef d’état-major des armées américaines, le général Dan Caine, à gauche, et le Secrétaire à la Défense Pete Hegseth écoutent le président Donald Trump prendre la parole dans le bureau ovale de la Maison-Blanche, le 30 octobre 2026, à Washington. (AP Photo/Alex Brandon)

Hegseth a par ailleurs limogé le principal planificateur militaire du Pentagone, le lieutenant-général de l’armée de terre Brett Sylvia, semble-t-il sans en informer le cabinet de Caine, en publiant un communiqué le remerciant pour ses dizaines d’années de service, avant de déclarer plus tard que le communiqué précédent « ne reflétait pas de manière appropriée la totalité des circonstances ».

Trump et Netanyahu s’opposent lors d’un appel téléphonique « tendu »

Dans le même temps, Trump continue d’évoquer officiellement une reprise des frappes contre l’Iran à l’issue des élections de mi-mandat. Lors d’un appel téléphonique samedi, il s’est à nouveau affronté à Netanyahu sur l’opportunité de reprendre les attaques, indique Axios.

Au cours d’une conversation que des sources ont décrite comme « tendue » et « directe », Netanyahu a tenté de persuader Trump de reprendre la campagne, Trump souhaitant de son côté accorder davantage de temps aux négociations.

Dimanche soir, Trump a confirmé avoir eu un « très bon entretien » avec Netanyahu, sans en dire plus sur le contenu de leur échange, si ce n’est confirmer que l’Iran a été l’un de leurs sujets de discussion. Les informations antérieures n’indiquaient aucun désaccord entre les deux dirigeants lors de cet appel.

La veille, s’adressant aux journalistes, Trump avait déclaré que les négociations avec l’Iran « se passaient bien », mais que la République islamique n’était « pas très fiable ».

« Nous devons encore nous occuper, je dirais, d’un ou deux endroits, mais nous pouvons faire cela en 10 minutes », a-t-il précisé. « Il faudrait regarder de près le Mont Pickaxe et s’en occuper. »

Le Premier ministre israélien et chef du Likud, Benjamin Netanyahu, au siège électoral du Likud à Binyanei HaUma (Centre de conventions internationales de Jérusalem), à Jérusalem, au lendemain des élections législatives israéliennes, dans la nuit du 28 octobre 2026. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

D’après les renseignements occidentaux, le Mont Pickaxe est un lieu susceptible de servir au stockage de matériel nucléaire qui n’a pas encore été frappé par les États-Unis lors des combats.

Tout au long de la guerre, Trump a officiellement évoqué la reprise des attaques contre l’Iran, y compris le ciblage du Mont Pickaxe, et a menacé à plusieurs reprises d’attaques majeures, avant de faire marche arrière. La semaine passée, il a fait savoir que les États-Unis et Israël pourraient reprendre les frappes, affirmant avant l’élection qu’ils devaient « finir le travail ».

Netanyahu aurait tenté d’obtenir la reprise des frappes avant l’élection, mais Trump, tout comme le chef d’État-major de l’armée israélienne, Eyal Zamir, s’y seraient opposés.

Pour l’heure, estime la chaîne N12 dans une information diffusée dimanche, Trump souhaiterait qu’Israël n’interfère pas dans le travail diplomatique.

Selon cette même source, les médiateurs qataris se sont entretenus avec des responsables iraniens à Doha pendant trois jours consécutifs tout en maintenant un contact direct avec le vice-président américain JD Vance et les envoyés principaux de Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner. Or, souligne la chaîne, le Premier ministre se méfie de ces pourparlers, dont il craint qu’ils ne conduisent à un allègement radical de la pression sur l’Iran.

La Maison-Blanche et le cabinet du Premier ministre ont refusé de commenter cette information.

Les réserves énergétiques mondiales bien entamées, selon un dirigeant du secteur pétrolier aux EAU

Le conflit se poursuit dans le détroit d’Ormuz, que l’Iran fait en sorte de bloquer depuis le début de la guerre, ce à quoi les États-Unis ripostent par le blocus des ports iraniens.

La Marine du Corps des Gardiens de la révolution islamique d’Iran a déclaré que deux pétroliers avaient « sauté » sur des mines alors qu’ils naviguaient sur une « trajectoire non autorisée » dans le détroit, ont indiqué les médias iraniens officiels dimanche.

Le président émirati, le cheikh Mohamed bin Zayed al-Nahyan (au centre), avec autour de lui le ministre de l’Industrie et des Technologies avancées, PDG du groupe ADNOC et président de Masdar, Sultan bin Ahmed al-Jaber (à droite), lors d’une réunion avec le Secrétaire américain à l’Énergie Chris Wright à Abou Dhabi le 10 avril 2025. (Abdulla al Bedwawi/Cour présidentielle des EAU/AFP)

L’Iran impose des restrictions aux navires désireux de traverser le détroit et attaque les bâtiments qui, de son point de vue, les enfreignent, dans le but d’asseoir son contrôle sur cette voie navigable stratégique et faire pression sur les États-Unis.

Lundi, le PDG de la compagnie pétrolière nationale d’Abou Dhabi, ADNOC, a déclaré que le monde avait bien entamé ses réserves de secours en prélevant près d’un milliard de barils de pétrole dans les stocks mondiaux depuis le début de la guerre.

Le coût du transport maritime et de la logistique s’élève désormais à 30 % du prix d’un baril, contre 5 % avant la guerre contre l’Iran, a ajouté Sultan Al Jaber lors de la conférence ADIPEC aux Émirats arabes unis.

Dans certaines régions, les stocks de diesel sont à leur plus bas niveau depuis 35 ans en cette saison : d’autres régions sont confrontées à un déficit d’approvisionnement en GNL de près de 17 milliards de mètres cubes, a-t-il ajouté.

Sur de nombreux marchés, le prix du diesel a atteint des sommets, porté par les difficultés d’approvisionnement du fait de la guerre, avec des risques d’inflation et des répercussions en termes de coût de la vie pour les gouvernements et consommateurs.

« Nous avons besoin de davantage de stocks stratégiques, de réserves plus importantes et d’une capacité de raffinage flexible, et en même temps plus proche des marchés de consommation », a déclaré Al Jaber.

« Il faut construire ces infrastructures avant d’en avoir besoin, et les coupler à des capacités logistiques de pointe. »

Le mois dernier, l’Agence internationale de l’énergie a accepté de mettre plus de 20 millions de barils de diesel en circulation ainsi que tout le pétrole restant d’une libération d’urgence record promise en mars dernier pour stimuler l’offre et calmer l’envolée des prix.

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