Une famille palestinienne toujours sans aide pour son fils paralysé par une roquette du Hamas le 7-Octobre
Touché par des éclats d'obus à l'âge de 7 ans dans un village de la zone C de Cisjordanie, Kinaan Dadou et ses parents se retrouvent pris entre Israël et l'AP, qui se renvoient la responsabilité de son sort, déplore son père
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Kinaan Dadou, un Palestinien aujourd’hui âgé de 10 ans, a été paralysé par des éclats d’obus provenant d’une attaque à la roquette du groupe terroriste palestinien du Hamas en Cisjordanie, il y a trois ans. Lui et sa famille sont toujours à la recherche d’un traitement. Ils ont déclaré au journal britannique The Guardian qu’ils étaient pris en étau entre Israël et l’Autorité palestinienne (AP).
La roquette qui a atterri devant la maison des Dadou, dans un petit village à l’ouest de Bethléem, faisait partie des plusieurs milliers de roquettes lancées par le Hamas depuis la bande de Gaza le 7 octobre 2023, dans le cadre de l’invasion terroriste à grande échelle contre Israël qui a déclenché la guerre à Gaza.
Un éclat d’obus a touché Kinaan à la tête, alors qu’il avait sept ans, et il s’est effondré, ont raconté ses parents au journal britannique. L’ambulance qu’un soldat israélien avait promis d’appeler n’étant jamais arrivée, les parents de Kinaan ont conduit leur fils à l’hôpital, où le personnel était déjà débordé. Il n’a été examiné par un médecin que plusieurs heures plus tard, alors qu’il souffrait d’une hémorragie cérébrale. Il s’est alors retrouvé complètement paralysé, alimenté et respirant à l’aide de tubes.
Aujourd’hui, trois ans plus tard, ses parents sont toujours à la recherche d’une aide financière et médicale.
« Nous avons frappé à toutes les portes. Que ce soit chez les Arabes ou chez les Israéliens, la réponse est la même. Du côté palestinien, on nous dit : ‘Ce n’est pas notre domaine de compétence’ », a expliqué son père, Alaa Hassan Yakoub Dadou, au journal britannique.
La famille vit à Khirbet Umm Rukhba, hameau situé dans la Zone C de la Cisjordanie, l’une des trois zones définies par les Accords d’Oslo II, signés en 1995 par Israël et l’AP. Alors que la Zone C est sous contrôle israélien total, le ministère de la Santé de l’AP reste l’autorité officielle responsable des soins de santé dans les villages palestiniens, les autorités sanitaires israéliennes étant chargées des soins dans les implantations.
« Quel est notre crime ? Le fait que nous vivions justement au milieu des colonies ? Aucune des deux parties n’assume la responsabilité de notre sort », a déclaré le père. Leur village se trouve juste à côté de l’implantation relativement importante d’Efrat.
« Je le regarde et je lui demande ce qu’il veut, de quoi il a besoin. Mais il ne peut pas répondre, alors je me mets à pleurer. Je pense qu’il souffre », a confié Dadou au média.
Les médicaments de Kinaan coûtent 4 000 shekels par mois, a précisé son père, ce qui dépasse déjà les moyens de sa famille. Ils n’ont guère d’espoir de pouvoir l’emmener chez un spécialiste en Turquie où un traitement plus complet pourrait coûter environ 250 000 dollars.
Si l’AP a effectivement apporté une aide initiale pour les opérations de Kinaan juste après ses blessures, ses parents ont déclaré au Guardian qu’elle ne les avait pas aidés à financer les médicaments ni à obtenir un traitement spécialisé.
« J’emprunte ici et là, mais c’est trop », a déclaré le père de Kinaan. Il a expliqué qu’il travaillait auparavant comme ouvrier en Israël, mais que depuis le début de la guerre à Gaza, les permis de travail pour les Palestiniens ont été pratiquement suspendus.
Pour faire des économies, sa mère, Woroud Dadou, a expliqué qu’elle changeait désormais elle-même le tube respiratoire de son fils, au lieu de faire appel à un professionnel. « J’essaie de garder le tube aussi propre que possible pour qu’il dure plus longtemps, mais parfois, s’il est utilisé trop longtemps, il se met à tousser », a-t-elle déclaré.
Ils ont lancé un appel à l’aide à Israël pour des raisons humanitaires, indique l’article, mais n’ont reçu que peu, voire aucune réponse.
Le Coordinateur des activités gouvernementales dans les Territoires palestiniens (COGAT), l’unité du ministère de la Défense chargée de superviser et de coordonner les questions humanitaires et civiles en Cisjordanie, n’a pas répondu à une demande de renseignements du Guardian concernant leur cas.
Le ministère de la Santé de l’AP n’a pas non plus répondu à une demande de commentaire, a indiqué le média britannique.
« Si c’était un enfant israélien, même un enfant de colon, pensez-vous qu’ils l’auraient laissé dans cet état ? Il aurait été emmené dans les meilleurs hôpitaux. Ils auraient tout fait pour lui », a affirmé Alaa Dadou.
« C’est ce qu’Israël fait pour ses blessés. Il prend soin d’eux », a-t-il ajouté.
« Mais quand il s’agit de nous, en tant que cas humanitaire, c’est comme s’ils disaient : ‘Donnez-lui juste ses médicaments jusqu’à ce qu’il meure.’ »
« Nous sommes réalistes : nous savons qu’il ne sera probablement plus jamais comme avant. Mais nous voulons au moins soulager ses souffrances et apaiser notre culpabilité », a déclaré son père à propos des chances de guérison de Kinaan.
« C’est une autre forme de souffrance pour une mère et un père que de ne pas savoir exactement ce qui fait souffrir leur enfant. C’est un fardeau énorme pour des parents. »
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