Eisenkot promet une loi sur la conscription et une enquête sur le 7-Octobre, malgré les faibles chances de coalition
Golan rencontre Eisenkot, Lapid et Mansour Abbas pour former une coalition ; pour le chef du Raam, un gouvernement minoritaire est peu probable ; Liberman garde ses distances avec ses partenaires de l’opposition
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Gadi Eisenkot, le premier candidat de l’opposition, s’est engagé jeudi à faire avancer ses principales promesses de campagne dès la prestation de serment de la prochaine Knesset, alors même que ses perspectives de former une coalition gouvernementale restent incertaines.
Eisenkot a annoncé que son parti centriste, Yashar, travaillait déjà à l’élaboration de projets de loi visant à instaurer un service militaire et national universel, mettre en place une commission d’enquête nationale sur le pogrom du 7-Octobre, réformer le mécanisme budgétaire de l’État et accorder la priorité aux Israéliens qui effectuent leur service.
Ces mesures, a-t-il précisé, seraient soumises au vote après la prestation de serment de la nouvelle Knesset, le 10 novembre, en coordination avec ses partenaires politiques.
Les partis opposés à Netanyahu ont remporté 67 sièges à la Knesset, qui en compte 120. Ils pourraient ainsi disposer de suffisamment de voix pour faire adopter des lois avant même que la composition du prochain gouvernement ne soit définie.
Les opposants à Netanyahu se répartissent entre les partis dirigés par des Juifs, qui détiennent 48 sièges, et les partis dirigés par des Arabes, qui ont obtenu un nombre record de 19 sièges. Les partisans de Netanyahu disposeront de 53 sièges, soit moins que la majorité de 61 sièges requise à la Knesset, qui en compte 120.
Plusieurs dirigeants de partis d’opposition à majorité juive se sont réunis jeudi pour débattre de la voie à suivre. La plupart ont toutefois exclu toute alliance avec des partis arabes au sein d’une coalition, ce qui rend la formation d’un tel gouvernement peu probable. Mansour Abbas, président du parti Raam à majorité arabe, a également reconnu le peu de chances de voir se former un gouvernement minoritaire, mené par Eisenkot et soutenu par des députés arabes.
Par ailleurs, la mise en œuvre des mesures proposées par Eisenkot, auxquelles le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’oppose fermement, témoignerait également de la détermination du chef de Yashar à rester fidèle à son engagement répété de ne pas rejoindre un gouvernement d’union nationale aux côtés du Premier ministre.
Eisenkot a souligné qu’« aucune manipulation » ne pourrait changer le fait que l’opinion publique israélienne a voté contre « le gouvernement du 7-Octobre et les réfractaires au service militaire ». Prenant acte du fait qu’Israël faisait face à « une situation politique complexe », il a appelé les citoyens à faire preuve de « sang-froid et de retenue ».
« Restez patients ; nous avons de l’espoir. Nous y arriverons. Je vous en donne ma parole », a-t-il affirmé.
Les leaders de l’opposition tiennent des négociations post-électorales
Malgré les difficultés qui semblent se dresser sur la voie de la formation d’un gouvernement, plusieurs chefs de file de l’opposition se sont rencontrés séparément jeudi afin d’évoquer les pistes à explorer pour former une coalition. Des entretiens à l’issue desquels ils n’ont toutefois fait aucune annonce précise.
Eisenkot a rencontré l’ancien Premier ministre et président de BeYahad, Naftali Bennett, au domicile de ce dernier à Raanana. Les deux hommes ont abordé les moyens de « mettre en place au plus vite un meilleur gouvernement en Israël », selon leur communiqué commun.
Pour sa part Yair Golan, président du parti de gauche HaDemocratim, a rencontré le chef de l’opposition Yair Lapid, numéro deux du parti BeYahad.
« Je suis déterminé à tout mettre en œuvre, à ne négliger aucune piste et à agir avec nos partenaires afin de sortir Israël de l’impasse », a écrit Golan sur X. « Nous continuerons à travailler main dans la main. Nous ne renoncerons pas à cette ouverture au changement. »
יוצא מפגישה טובה עם חברי, יאיר לפיד.
אני נחוש לעשות כל מאמץ, להפוך כל אבן ולפעול עם כל שותפינו כדי להציל את ישראל.
נמשיך לעבוד בתיאום. לא נוותר על ההזדמנות לשינוי.
נעשה ונצליח ???????? pic.twitter.com/jQLZgv69Iz
— Yair Golan – יאיר גולן (@YairGolan1) October 29, 2026
Quelques heures après avoir rencontré Lapid, Golan s’est entretenu avec Eisenkot.
« Nous avons tous deux consacré de longues années à la sécurité d’Israël. Nous comprenons tous deux parfaitement l’ampleur de la responsabilité qui nous incombe désormais. L’avenir d’Israël est en jeu », a affirmé Golan sur X. « Ensemble, nous sommes engagés sur cette voie et sommes bien déterminés à garantir un avenir meilleur à Israël. »
מוקדם יותר היום נפגשתי עם חברי גדי איזנקוט.
שנינו הקדשנו שנים ארוכות לביטחון ישראל, ושנינו מבינים היטב את גודל האחריות המוטלת עלינו כעת. הצלת ישראל מונחת על הכף.
אנחנו שותפים לדרך ולמחויבות להבטיח לישראל עתיד טוב יותר.
אני נחוש לעשות כל מה שנדרש, באומץ ובאחריות, כדי לממש את… pic.twitter.com/CwIVAIrzQr
— Yair Golan – יאיר גולן (@YairGolan1) October 29, 2026
Golan a également été reçu par Mansour Abbas. Golan est le seul membre du bloc anti-Netanyahu, mené par des Juifs, à avoir ouvertement soutenu la formation d’une coalition avec le Raam. Les autres membres du bloc s’opposent à l’idée de s’appuyer sur ce parti arabe pour former un gouvernement.
Selon Abbas, cependant, les chances de voir se former un gouvernement minoritaire dirigé par Eisenkot, avec le soutien extérieur des partis arabes, sont minces, voire nulles, a rapporté la chaîne N12 dans la soirée de jeudi.
Abbas aurait tenu ces mêmes propos devant les membres de son parti lors d’une réunion.
היום נפגשתי עם יו״ר רע״ם, מנסור עבאס, כדי לקדם במהירות ממשלת שינוי ולממש את רצון הבוחר הישראלי.
זו שעת מעשה. האחריות שלנו היא לא להחמיץ את ההזדמנות לשינוי והצלת ישראל. pic.twitter.com/WGv4g5hNYw
— Yair Golan – יאיר גולן (@YairGolan1) October 29, 2026
Ni « Bibi » ni « Tibi » : Liberman exclut tout gouvernement avec Netanyahu ou les partis arabes
Le président d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a réaffirmé dans la matinée de jeudi son refus de rejoindre un gouvernement dans lequel siègeraient Netanyahu ou le plus grand parti dirigé par des Arabes, la Liste arabe unie.
« Ce que nous avons annoncé avant les élections est encore plus vrai après celles-ci. Nous ne siégerons ni avec Bibi ni avec Tibi », a-t-il dit aux militants de son parti, ajoutant qu’il préférerait « attendre que les choses se calment avant d’envisager la suite ».
La chaîne N12 avait précédemment rapporté que Liberman avait presque rompu tout contact avec ses partenaires de l’opposition, et qu’il ne répondait ni aux appels d’Eisenkot ni à ceux de Bennett, le dirigeant de BeYahad.
Selon la chaîne, il reste opposé tant à un gouvernement dirigé par Netanyahu qu’à un gouvernement minoritaire soutenu par les partis arabes. Il a en outre dit s’attendre à ce qu’Eisenkot subisse des pressions pour rejoindre un gouvernement d’union nationale avec Netanyahu.
Les dirigeants de l’opposition s’engagent à ce que la Knesset prête serment comme prévu, malgré les accusations de fraude
Eisenkot a par ailleurs accusé Netanyahu d’avoir lancé une campagne visant à discréditer les résultats des élections ; il s’est engagé à ne laisser personne entraver la cérémonie de prestation de serment de la Knesset. Ces commentaires interviennent alors que le Shin Bet a ouvert une enquête sur des allégations d’ingérence étrangère dans les élections, ce qui a poussé le Likud, parti de Netanyahu, à affirmer que l’élection avait été « truquée ».
Eisenkot a dénoncé toute ingérence étrangère, rappelant néanmoins que l’enquête était encore en cours. Celle-ci se concentrerait, selon certaines sources, sur le Qatar, un État qui accueille depuis longtemps les dirigeants du Hamas.
« Je me suis entretenu tout à l’heure avec le chef du Shin Bet et le président de la Commission centrale électorale. Tous deux m’ont fait part des derniers développements de la situation. Il est trop tôt pour comprendre ce qui s’est passé, si tant est que cela se soit produit. Nous devons laisser les professionnels compétents poursuivre leur enquête, sans ingérence politique », a expliqué Eisenkot.
« Toute ingérence étrangère en Israël est inacceptable et préoccupante, d’autant plus lorsqu’elle implique un État qui finance le terrorisme et soutient l’organisation terroriste du Hamas, un État qui a en outre réussi, ces dernières années, à infiltrer le cabinet du Premier ministre israélien », a-t-il ajouté en faisant allusion à l’affaire du Qatargate, dans le cadre de laquelle plusieurs collaborateurs de Netanyahu ont fait l’objet d’une enquête, soupçonnés d’avoir mené des activités de relations publiques pour le compte du Qatar alors qu’ils étaient employés par le cabinet du Premier ministre.
« Il est essentiel d’enquêter, afin de déterminer s’ils ont tenté d’exercer une influence, et par l’intermédiaire de qui ils ont cherché à le faire », a poursuivi Eisenkot.
« Ce qui est d’ores et déjà clair, c’est que le Likud et Netanyahu se sont lancés dans une campagne orchestrée et organisée qui vise à délégitimer les résultats des élections », a dénoncé Eisenkot. « Leurs déclarations et leurs arguments étaient déjà prêts. S’ils agissent ainsi, c’est parce qu’ils ont perdu. Ils ne disposent pas de la majorité. Mais l’État d’Israël est régi par l’État de droit. Je ne tolérerai pas le moindre écart, même infime, quant-à la cérémonie de prestation de serment de la Knesset, qui se déroulera comme prévu. »
Lapid, quant-à lui, a affirmé avoir été informé des allégations d’ingérence étrangère lors ds élections. Selon lui, celles-ci ne sont pas suffisamment graves pour justifier une contestation des résultats du scrutin de mardi ni un report de la prestation de serment de la nouvelle Knesset.
« Je me suis entretenu aujourd’hui avec les représentants du juge Noam Sohlberg [président de la Commission centrale électorale] à la [Commission centrale électorale], et j’ai rencontré le chef du Shin Bet, David Zini. D’après ce que je sais du dossier et l’avis des autorités chargées du dossier, il n’y a aucun risque ni aucune [raison de] contester les résultats du scrutin, et rien ne s’oppose à la prestation de serment de la Knesset », a écrit Lapid sur le réseau social X.
Abbas, de l’Autorité palestinienne, espère que le nouveau gouvernement relancera les pourparlers de paix
Le chef de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a quant à lui exprimé l’espoir que l’élection d’un nouveau gouvernement israélien permette la reprise des pourparlers de paix, suspendus depuis plus d’une décennie.
« Depuis de nombreuses années déjà, nous tendons la main à la partie israélienne afin de parvenir à la paix avec elle, pour qu’Israël et la Palestine puissent vivre dans la sécurité, la stabilité et la paix », a indiqué Abbas lors d’une rencontre avec le président chypriote Nikos Christodoulides à Nicosie.
« Nous espérons que, dès qu’un nouveau gouvernement israélien aura été formé, nous pourrons ouvrir le dialogue », a ajouté Abbas.
Des pourparlers de paix semblent peu probables, quelle que soit la composition du prochain gouvernement. En effet, le soutien à des négociations visant une solution à deux États a pratiquement disparu de l’agenda politique actuel d’Israël, et la grande majorité des Israéliens juifs s’opposent à la création d’un État palestinien.
Abbas, qui ne s’est pas présenté à des élections depuis plusieurs décennies, est depuis longtemps très critiqué par les Palestiniens.
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