Yair Lapid, chef de file sortant de l’opposition et numéro deux du parti BeYachad, a indiqué que le bloc anti-Netanyahu avait « remporté » les élections mardi – même s’il n’a pas obtenu de victoire écrasante – et il a demandé au public de faire preuve de patience alors que les négociations commencent pour tenter de former un gouvernement en l’absence d’une majorité claire.
Le bloc anti-Netanyahu a obtenu au total 67 sièges sur les 120 fauteuils que compte la Knesset, ce qui constituerait une majorité confortable si trois des quatre partis dirigés par des Juifs – Yashar, BeYachad et Yisrael Beytenu – n’avaient pas exclu de former une coalition avec la Liste arabe unie, à majorité arabe, et avec le Raam.
Le bloc de Netanyahu a obtenu 53 sièges, et son parti, le Likud, est le plus important au parlement avec 27 sièges – mais lui non plus ne dispose pas d’une voie claire vers une majorité de 61 sièges.
Dans un message qui a été posté sur le réseau social X, Lapid a reconnu que les adversaires de Netanyahu « voulaient une victoire claire et immédiate, le genre de victoire qui permet de dormir sur ses deux oreilles. Mais ce n’est pas ce que nous avons obtenu ».
Il a toutefois affirmé que le bloc de l’opposition a tout de même remporté plusieurs victoires.
« Netanyahu a obtenu 53 sièges. Un effondrement. Et même au sein de ce faible total, 13 de ces sièges appartiennent à des partis qui se considèrent comme antisionistes », a-t-il écrit, faisant référence aux partis ultra-orthodoxes Yahadout HaTorah et Shas, qui ont remporté respectivement sept et six sièges.
« Il lui reste 40 [sièges] », a estimé Lapid. « C’est tout ce qu’il a. Quoi qu’il fasse, il n’a aucun moyen de former un gouvernement ».
« Nous avons donc gagné », a-t-il continué. « Ce n’est pas un K.O. ; c’est une victoire aux points. Mais les points comptent aussi. Une victoire, c’est une victoire. »
Le chef de l’opposition sortant a dit que son bloc, dirigé par le président de Yashar, Gadi Eisenkot, fera tout ce qui est en son pouvoir pour tenter de former un gouvernement, mais il a précisé que ce sera « difficile » et que le succès n’est pas garanti.
« Je dois donc vous demander quelque chose de difficile à demander aux Israéliens : de la patience. »
La formation d’un gouvernement, a-t-il poursuivi, est « l’exact opposé » du processus de campagne électorale : « Cela se passe dans de petites salles, lentement, loin des caméras ».
« Je sais que les êtres humains détestent l’incertitude, mais imaginez à quel point vous détesteriez découvrir dans un mois que, pour le simple plaisir d’un gros titre ou d’une fuite, nous n’avons pas su travailler intelligemment, discrètement ou avec précision ».
Ainsi, a-t-il indiqué, « si vous voulez savoir s’il se passe quelque chose derrière le silence que vous entendez actuellement, la réponse est oui ».