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Les partis arabes dénoncent une campagne « raciste », Netanyahu évoque des élections « faussé » par une ingérence étrangère

Le Likud évoque une possible ingérence qatarie sans nommer l’émirat ; Gadi Eisenkot refuse tout retard dans la prestation de serment de la Knesset et Isaac Herzog appelle à ne pas "salir la réputation de toute une communauté"

Montage photo (de gauche à droite) : Mansour Abbas, chef du parti Raam, s’exprimant à Sakhnin ; Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar, s’exprimant à Tel Aviv ; le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’exprimant à Jérusalem après la publication des résultats des sondages à la sortie des urnes, le soir des élections, le 27 octobre 2026. (Crédits : Michael Giladi/Flash90 ; Jack Guez/AFP ; Ohad Zwigenberg/AP Photo)
Montage photo (de gauche à droite) : Mansour Abbas, chef du parti Raam, s’exprimant à Sakhnin ; Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar, s’exprimant à Tel Aviv ; le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’exprimant à Jérusalem après la publication des résultats des sondages à la sortie des urnes, le soir des élections, le 27 octobre 2026. (Crédits : Michael Giladi/Flash90 ; Jack Guez/AFP ; Ohad Zwigenberg/AP Photo)

Jeudi, le principal candidat de l’opposition, Gadi Eisenkot, ainsi que plusieurs dirigeants de partis dirigés par des Arabes, ont vivement critiqué le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour avoir affirmé qu’un prétendu complot d’ingérence étrangère avait « volé » les élections de mardi. Dans le même temps, les alliés du Premier ministre se mobilisaient pour exiger l’interrogatoire et l’arrestation de responsables politiques arabes.

Le Qatar, qui serait au cœur de ce complot présumé, a également dénoncé cette accusation, la qualifiant de « ridicule et dangereuse », et l’associant à d’autres allégations concernant des relations illicites entre cet émirat du Golfe et Israël, qu’il rejette également.

Eisenkot a également établi un lien entre ces allégations et le « Qatargate », le scandale entourant les accusations selon lesquelles des conseillers du Premier ministre auraient également effectué des missions de relations publiques rémunérées pour le compte du Qatar.

Auparavant, la commission centrale électorale (CCE) avait demandé à l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet d’enquêter sur les soupçons d’influence étrangère. Le président de la CCE, Noam Sohlberg, a écrit qu’il « ne pouvait attester du bien-fondé de ces soupçons », mais qu’il existait « une obligation de les examiner de manière approfondie ».

Après la divulgation de la lettre de la CCE, Netanyahu a partagé sur le réseau social X un communiqué de son parti, le Likud, affirmant que « l’affaire Raamgate est un véritable séisme », nommant ainsi le scandale présumé d’après le parti arabe traditionaliste dirigé par Mansour Abbas, qui a remporté 7 des 120 sièges de la Knesset, selon les résultats électoraux quasi définitifs.

Le communiqué poursuivait : « Ils ont volé l’élection en Israël ! » Il qualifiait ces allégations de « bouleversement sans précédent » et de « coup porté à la démocratie dont l’objectif est d’amener à une domination étrangère de la Knesset, à l’islamisation d’Israël, à la chute du gouvernement de droite et à l’affaiblissement de l’armée ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’adressant à ses partisans lors du rassemblement organisé le soir des élections, après l’annonce des premiers sondages à la sortie des urnes, à Jérusalem, tôt le 28 octobre 2026. (Crédit : Jewel Samad/AFP)

« Nous exigeons que le Shin Bet et la police agissent immédiatement et par tous les moyens disponibles pour enquêter sur ces crimes », indiquait le communiqué. Il ne mentionnait toutefois pas le Qatar, malgré de nombreuses informations selon lesquelles l’émirat du Golfe serait à l’origine du complot.

Jeudi à midi, les détails concernant ces allégations restaient partiels et non confirmés. L’enquête a été ouverte avant même que le pays ne se rende aux urnes mardi, selon la presse israélienne.

Ni les partisans de Netanyahu ni ses adversaires sionistes n’ont obtenu la majorité lors de ces élections, au cours desquelles les partis dirigés par des Arabes ont remporté un nombre record de sièges. Abordant les répercussions politiques du scrutin, le communiqué du Likud exhortait les adversaires juifs de Netanyahu à ne pas former de gouvernement avec des partis arabes en raison de ces allégations.

Un tel gouvernement, s’il venait à voir le jour, évincerait Netanyahu, qui n’a cessé de diaboliser la perspective d’un partenariat arabo-juif tout au long de la campagne.

« Maintenant qu’il est établi que des acteurs étrangers ont tenté de prendre le contrôle de la Knesset, il est évident qu’aucun parti sioniste ne peut s’associer à Raam ou à la Liste arabe unie, remplacer le président de la Knesset grâce à des votes achetés avec de l’argent, ni former un gouvernement qui serait dangereux pour Israël », a-t-il déclaré.

Un stratagème qui serait de moindre ampleur que ne le laissent entendre les médias

Les allégations concernant un programme d’achat de voix financé par des fonds qataris sont survenues dans le cadre d’une campagne plus large du Likud visant à contester les résultats électoraux dans les communautés arabes après que le bloc de Netanyahu a perdu sa majorité parlementaire.

Les médias israéliens avaient déjà rapporté avant le scrutin que le Likud prévoyait de contester les résultats dans les localités arabes et de prétendre que l’élection avait été « volée » si Netanyahu ne l’emportait pas, le parti ayant préparé à l’avance un certain nombre de plaintes et d’allégations de fraude.

Jeudi, une source au sein de la police israélienne a déclaré aux médias israéliens qu’il n’existait « aucune preuve à l’appui de ces allégations, qu’elle soit issue d’une enquête ou du renseignement ». Toutefois, le chef de la police Danny Levy a ensuite souligné dans un communiqué que « toute plainte reçue… fera l’objet d’un examen et d’une enquête approfondis et impartiaux ».

Parallèlement, des responsables anonymes ont déclaré à Ynet et à la chaîne publique Kan que l’ingérence électorale présumée du Qatar était bien moins importante que ne le laissaient entendre les informations parues dans la presse.

« C’est une affaire bien moins importante qu’on ne le laisse entendre. Ce n’est pas quelque chose qui ne s’est jamais produit par le passé ; c’est simplement qu’ici, cela a franchi un certain seuil de preuves qui nécessite une enquête », a déclaré à Ynet cette source qualifiée de « non politique ».

Des sources anonymes, informées des détails de l’enquête menée par le Shin Bet sur la présumée fraude électorale, ont déclaré à Kan que les soupçons faisant l’objet de l’enquête étaient d’une portée relativement limitée.

Un électeur déposant son bulletin de vote servant de bureau de vote lors des élections législatives israéliennes, dans une école à Tel Aviv, le 27 octobre 2026. (Crédit : David Goldman/AP)

Plus tôt dans la journée de jeudi, Dean Livne, directeur général de la CCE, a affirmé à Kan qu’il n’y avait « aucun fondement aux allégations de fraude électorale ».

« Nous avons reçu une liste d’allégations, et non de preuves, de la part du Likud et d’autres partis. Certaines sont fondées, d’autres peut-être pas », a-t-il déclaré.

Le jour du scrutin, trois membres de Raam ont été arrêtés dans le sud du pays pour corruption présumée. Quatre autres ont été arrêtés jeudi matin, soupçonnés d’être impliqués dans le même réseau de corruption présumé, ce que le parti a nié. On ignore si ces arrestations sont liées aux soupçons plus généraux révélés jeudi.

Mardi, le chef du Shin Bet David Zini avait déclaré que le scrutin s’était « bien déroulé jusqu’à présent », ajoutant que « le taux de participation est élevé, et nous pouvons affirmer en toute confiance aux citoyens d’Israël que les élections sont surveillées et menées de manière appropriée et exemplaire ».

Peu après la fermeture des bureaux de vote, le Likud a affirmé que l’élection avait été « volée par les partis arabes », faisant écho aux déclarations de Netanyahu faites pendant le scrutin. Le parti a également exigé une « enquête approfondie » sur les allégations de fraude ou d’ingérence étrangère, invoquant « l’utilisation d’un logiciel illégal de mobilisation des électeurs » et évoquant les arrestations dans le sud.

Ben Gvir appelle à l’arrestation des dirigeants des partis arabes

Soutenant le Premier ministre, le ministre des Finances Bezalel Smotrich, président du parti ultra-nationaliste HaTzionout HaDatit, a écrit que « le soupçon selon lequel les élections auraient été faussées par des fonds islamistes étrangers constitue un test pour l’État d’Israël ».

« Les dirigeants des partis arabes doivent être interrogés par le Shin Bet dès aujourd’hui. L’État d’Israël ne sera pas vendu à l’islam radical grâce à des fonds destinés au terrorisme », a-t-il ajouté.

Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, s’adressant à ses partisans au siège électoral de son parti, HaTzionout HaDatit, à Jérusalem, après la publication des résultats des sondages à la sortie des urnes dans la nuit électorale, tôt le 28 octobre 2026. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, chef du parti d’extrême-droite Otzma Yehudit, a appelé le Shin Bet à « ordonner, dès ce matin, l’arrestation des dirigeants des partis arabes soupçonnés d’être impliqués dans des financements qataris, ainsi que de tous les autres suspects dans cette affaire, y compris des figures des Frères musulmans et de leurs ramifications, dans la mesure où il existe un fondement juridique à leur arrestation ».

Les partenaires ultra-orthodoxes du Premier ministre ont également publié des condamnations, fustigeant l’opposition qui, lors de sa campagne, avait promis de mettre fin aux exemptions généralisées du service militaire pour les hommes haredim, et l’accusant de les avoir qualifiés « d’alliance des réfractaires à la conscription », alors qu’elle aurait elle-même bénéficié de votes achetés.

« Vous l’avez qualifiée ‘d’alliance de ceux qui servent’ ? Apparemment, vous avez oublié de demander à qui ils servent », a déclaré le député Yaakov Asher, chef du parti Yahadout HaTorah. Le parti ultra-orthodoxe séfarade Shas a également affirmé que le bloc d’opposition était « entaché de graves soupçons d’achat de voix avec l’argent d’États ennemis qui soutiennent le Hamas ».

Aucun des deux partis n’a fourni de preuves à l’appui de ces accusations.

Herzog : ces allégations doivent faire l’objet d’une « enquête approfondie », mais « nous devons éviter de salir toute une communauté »

Depuis la résidence présidentielle, le président Isaac Herzog a déclaré s’être entretenu avec Sohlberg et Zini, et a affirmé que cette affaire devait faire l’objet d’une « enquête approfondie », tout en mettant en garde contre toute tentative de « discréditer » la communauté arabe dans son ensemble.

« Je suis l’évolution de l’enquête sur les soupçons rapportés ce matin de très près », a-t-il ajouté.

« L’intégrité des élections est une valeur primordiale dans une démocratie. Les preuves et les soupçons doivent faire l’objet d’une enquête approfondie, et les contrevenants doivent être poursuivis et sanctionnés avec toute la rigueur de la loi. »

Le président Isaac Herzog s’exprimant, à la résidence présidentielle, à Jérusalem, le 29 octobre 2026. (Crédit : Haïm Zach/Bureau de la presse gouvernementale)

« Mais même dans un moment comme celui-ci, nous devons éviter de jeter le discrédit sur toute une communauté qui a cherché à exercer son droit de vote et à prendre part activement à la démocratie », a-t-il ajouté. Le président a réitéré son appel aux responsables politiques afin qu’ils abordent les négociations de coalition à venir avec un esprit « ouvert » et se demandent uniquement « ce qui est dans le meilleur intérêt du pays ».

« Encore une campagne de désinformation » : le Qatar dément les allégations « ridicules et dangereuses » du Premier ministre et de ses alliés

Dans un communiqué publié jeudi après-midi par le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar, l’émirat a nié toute ingérence dans les élections israéliennes, qualifiant ces accusations de « ridicules et dangereuses » et « d’énième campagne de désinformation visant à entraîner le Qatar dans les querelles politiques israéliennes ».

« Nous démentons catégoriquement les allégations selon lesquelles le Qatar se serait ingéré dans les élections israéliennes ou aurait financé des activités visant à influencer leur résultat », a écrit Majed Al Ansari sur le réseau social X.

« Nous rejetons les accusations portées par certains responsables politiques israéliens et leurs contacts dans les médias. »

Faisant allusion au « Qatargate », Ansari a déclaré que les responsables politiques israéliens « accusent le Qatar d’avoir acheté Benjamin Netanyahu, la gauche politique israélienne et maintenant, dans cette dernière campagne, le vote arabe. Si l’on en croyait ces allégations, le Qatar serait apparemment propriétaire de tout Israël ».

Il a qualifié ces allégations de « tout aussi ridicules que dangereuses » et a déclaré que ce scandale « révèle une obsession excessive pour notre pays chez certaines personnalités politiques et médiatiques israéliennes ».

« Le Qatar ne devrait pas servir de bouc émissaire pour les échecs politiques de certains responsables politiques israéliens », a-t-il ajouté.

De gauche à droite : Le chef d’état-major de l’armée israélienne Eyal Zamir, le chef de la police Danny Levy et le chef de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet David Zini assistant à une cérémonie commémorative nationale marquant le 31ᵉ anniversaire de l’assassinat de l’ancien Premier ministre Yitzhak Rabin au cimetière militaire du mont Herzl, à Jérusalem, le 22 octobre 2026. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

« Plutôt que d’essayer de détourner l’attention vers le Qatar, ils feraient mieux de se concentrer sur leurs propres électeurs, d’améliorer la vie quotidienne de la population et de réparer les dégâts qu’ils ont causés dans la région. »

« Mensonges ignobles et accusations sans fondement » : la Liste arabe unie accuse le Premier ministre de tenter de voler l’élection par une campagne de dénigrement « raciste »

La Liste arabe unie a également accusé Netanyahu de proférer des mensonges « racistes » visant à compromettre les résultats électoraux. Elle a appelé les dirigeants de l’opposition à rejeter ce qu’elle a qualifié de campagne d’incitation à la haine contre les électeurs arabes, et à coopérer avec les partis arabes pour renverser son gouvernement.

« Nous en avons assez de nous excuser et d’être contraints de nous défendre contre les mensonges ignobles et les accusations sans fondement de personnalités de droite qui refusent d’accepter les résultats des élections », a déclaré le parti dans un communiqué.

Youssef Jabareen, chef de file de l’alliance politique « Liste arabe unie » (au centre à gauche), et d’autres membres célèbrent les premiers résultats des sondages à la sortie des urnes, diffusés à la télévision au siège de campagne de l’alliance, à Nazareth, le 27 octobre 2026. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

« Ces accusations racistes ne font que démontrer à quel point ils craignent le pouvoir de notre communauté. »

Le parti a accusé des personnalités du Likud d’avoir financé une campagne coordonnée visant à délégitimer la participation politique arabe. Cette campagne a débuté plusieurs mois avant les élections et comprenait notamment des tentatives visant à disqualifier les partis arabes, ainsi que des actes présumés d’intimidation des électeurs dans les bureaux de vote.

« Nous nous sommes rendus aux urnes en nombre sans précédent et nous avons obtenu un résultat historique, tant pour notre communauté que pour l’ensemble du camp démocratique », a-t-il ajouté.

« Aucune campagne de dénigrement n’effacera cette réussite du peuple arabe. »

De gauche à droite : Le chef du parti Balad, Sami Abou Shehadeh, le député Ahmad Tibi et le député Ofer Cassif à la Cour suprême de Jérusalem pour une audience concernant la décision de la commission centrale électorale (CCE) de disqualifier des candidats et des partis de la prochaine élection à la Knesset, le 1ᵉʳ octobre 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le chef du parti Balad, Sami Abou Shehadeh, a publié une condamnation encore plus cinglante, qualifiant la coalition du Premier ministre de « personnes dangereuses qui construisent un récit pour justifier leur refus d’accepter les résultats de l’une des élections les plus décisives que ce pays ait connues au cours des dernières décennies ».

« Dans toute démocratie qui fonctionne, ceux qui perdent une élection assument leurs responsabilités et rentrent chez eux. En Israël, le camp perdant invente une accusation raciste de meurtre rituel et appelle les services de sécurité à recourir à la force pour renverser les résultats électoraux », a-t-il écrit.

Mettant en garde contre les tentatives visant à « voler l’élection ou à entraîner le pays vers de nouvelles élections sur la base d’allégations fausses et scandaleuses », Abou Shehadeh a ajouté : « Vous avez perdu. Rentrez chez vous. »

Le parti d’Abou Shehadeh fait partie de la Liste arabe unie, dirigée par les Arabes, qui a remporté 12 sièges en plus des 7 de Raam. Cependant, il a lui-même été exclu de la course électorale par la CCE et ne siégera pas à la prochaine Knesset. Une disqualification qui s’est appuyée sur le contenu d’un article qu’il avait rédigé et qui semblait justifier le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023. La Cour suprême y a finalement vu un soutien à la lutte armée contre Israël, bien qu’il ait rejeté cette interprétation.

Abbas, de Raam, s’engage à coopérer pleinement à l’enquête : « Il n’y aura rien, car il n’y a rien »

Par ailleurs, le chef de Raam, Mansour Abbas, a nié toute implication dans une prétendue ingérence étrangère et il a accusé Netanyahu d’incitation à la haine contre les citoyens arabes en réponse aux gains électoraux sans précédent remportés par les partis arabes.

« Raam n’a absolument aucun lien avec l’affaire en question ni avec aucune autre affaire de ce type », a-t-il déclaré dans un communiqué, s’engageant à coopérer pleinement avec les forces de l’ordre.

Il a salué la demande de Sohlberg visant à ce que le Shin Bet mène une enquête, affirmant que « la sauvegarde de l’intégrité des élections et le respect de l’État de droit sont des devoirs civiques et démocratiques auxquels nous sommes fermement attachés ».

Le chef du Raam, Mansour Abbas (à gauche), aux côtés de Yoav Segalovitz sur scène après la publication des résultats des sondages à la sortie des urnes dans la ville de Sakhnin, au nord d’Israël, le 27 octobre 2026. (Crédit : Michael Giladi/Flash90)

Abbas a ensuite évoqué l’affaire du « Qatargate », reprenant le surnom que Netanyahu avait adopté par le passé pour tenter de séduire l’électorat arabe.

« À Yaïr [Netanyahu], qui emploie des agents qataris dans son cabinet, nous adressons un message en réponse à la campagne d’incitation à la haine et de délégitimation qu’il mène contre les citoyens arabes : on ne trouvera rien, car il n’y a rien », a écrit Abbas, reprenant les termes utilisés par le Premier ministre lorsqu’il évoquait son procès pour corruption.

« Mais contrairement à vous, dans notre cas, c’est la vérité et non pas un mensonge de plus. »

Eisenkot : le Premier ministre « a l’habitude de faire face à la réalité par le mensonge » et cherche à saper les élections

Gadi Eisenkot, dont le parti d’opposition Yashar devrait devenir le deuxième plus grand groupe à la Knesset, a accusé le Premier ministre de mener une campagne « illégitime » et « fictive », et a vivement critiqué ce dernier pour ses liens présumés avec le Qatar.

« Israël doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour préserver l’intégrité des élections contre toute tentative d’ingérence, de désinformation ou de manipulation, et enquêter de manière approfondie sur chaque plainte », a déclaré Eisenkot dans un bref communiqué.

« Dans le même temps, il ne faut pas permettre aux acteurs politiques d’exploiter la situation pour influencer la date de la prestation de serment de la 26ᵉ Knesset. »

Peu après, il a publié un communiqué plus long dans lequel il a attaqué Netanyahu pour son hypocrisie, étant donné que plusieurs de ses principaux collaborateurs ont été impliqués dans des scandales liés au Qatar.

Le chef de Yashar, Gadi Eisenkot, au siège électoral du parti à Tel Aviv, après la fermeture des bureaux de vote et la publication des résultats des sondages à la sortie des urnes lors de la soirée électorale en Israël, le 28 octobre 2026. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

« Je félicite Netanyahu d’avoir enfin condamné l’ingérence du Qatar dans l’État d’Israël », a déclaré Eisenkot sur un ton sarcastique.

« L’ingérence étrangère en Israël est une affaire inacceptable et extrêmement grave, surtout lorsqu’elle implique un pays qui finance et soutient l’organisation du Hamas », a déclaré Eisenkot.

« C’est grave lorsque cela se produit au sein du cabinet du Premier ministre, et c’est tout aussi grave si cela se produit au sein du système électoral. »

Eisenkot a ajouté que Netanyahu « s’est habitué à gérer la réalité par le mensonge, la manipulation de l’information et en semant le chaos » et qu’il « a le contrôle d’une opération d’influence illégitime sur l’opinion publique israélienne dont l’objectif est de retarder la publication des résultats électoraux dans les délais prévus et de créer une délégitimation fictive des activités de la 26ᵉ Knesset ».

Il a jugé inacceptable que Netanyahu tente d’utiliser une nouvelle enquête qui n’était pas encore terminée « pour remettre en cause les résultats officiels des élections ».

Il a appelé à une enquête « impartiale, approfondie et immédiate », et il a exigé que ceux qui portent atteinte à l’intégrité des élections soient traités « avec une main de fer ».

« Toute décision relative aux élections doit être prise avec le plus grand respect et en tenant compte du fait que la convocation de la 26ᵉ Knesset doit avoir lieu dans les délais prévus », a souligné Eisenkot.

« La concrétisation de la volonté des électeurs lors d’élections démocratiques est un élément fondamental de la démocratie israélienne et de la résilience nationale. »

Liberman : une allégation « dramatique » qui doit faire l’objet d’une enquête

Le chef d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, dont le parti belliciste fait partie du bloc d’opposition, a qualifié la lettre de Sohlberg adressée au Shin Bet de « développement dramatique et sans précédent » et il a exhorté les autorités chargées de l’application de la loi à « agir rapidement pour faire la lumière sur cette affaire dès que possible ».

Plus tard, dans un deuxième message publié sur X, il a réaffirmé qu’il ne siégerait pas dans un gouvernement avec Netanyahu, la Liste arabe unie ou les partis haredim, « ni directement ni indirectement ».

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