Sami Abou Shahadeh se retire de la course électorale
Le chef du parti Balad a déclaré que "quitter la campagne a été la décision politique la plus difficile de toute ma carrière"
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Sami Abou Shahadeh, le chef de la faction nationaliste arabe Balad, a indiqué, dans la journée de vendredi, que son retrait des élections à la Knesset du 27 octobre a été « la décision la plus difficile de ma carrière politique ».
Abou Shahadeh, dont la faction faisait partie de la liste de la Liste arabe unie – qui est constituée des factions à majorité arabe – a démissionné jeudi après que la Cour suprême l’a exhorté à se retirer, avertissant qu’une majorité de juges était favorable à la décision qui avait été antérieurement prise par la Commission centrale électorale (CEC) d’interdire à l’ancien député de se présenter.
Le vote de la Commission centrale électorale, qui avait recueilli le soutien des deux camps politiques, avait porté sur un article publié par Abou Shahadeh au lendemain du pogrom commis par le Hamas, le 7 octobre 2023, avec un texte qui, selon la procureure-générale, venait soutenir la lutte armée contre Israël.
Abou Shahadeh a exprimé ses regrets d’avoir écrit cet article et il a nié être favorable à la lutte armée contre l’État.
L’ancien chef de l’armée israélienne, Gadi Eisenkot, principal rival du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a taquiné le Likud de ce dernier, laissant entendre que le maintien de la candidature d’Abou Shahadeh aurait constitué un contrepoids utile pour le Premier ministre. Auparavant, le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir – qui a personnellement plaidé devant le tribunal en faveur de la disqualification d’Abou Shahadeh – s’était réjoui de ce retrait, le considérant comme une victoire remportée par son parti d’extrême droite, Otzma Yehudit.
A l’issue de l’audience qui a eu lieu jeudi devant la Cour suprême, le Balad a annoncé le retrait d’Abou Shahadeh, invoquant « la responsabilité politique à l’égard de notre peuple et de la liste arabe unie ».
Dans une déclaration en arabe qui était adressée « à notre communauté et à notre peuple », Abou Shahadeh a déclaré sur Facebook que sa décision de se retirer faisait suite à « l’injustice et aux graves persécutions politiques » dont il a été victime, dans le cadre d’une tentative plus large dont l’objectif est de réprimer le vote arabe.
« J’ai pris cette décision, et cela a été, sans aucun doute, la décision la plus difficile de ma carrière politique », a écrit Abou Shahadeh. Il a ajouté que cette décision ne constituait en rien un recul par rapport à ses positionnements, mais qu’elle témoignait plutôt de son « sentiment de responsabilité à l’égard de notre peuple, de notre communauté et de l’avenir de notre action politique ».
La Liste arabe unie a également déclaré dans un communiqué émis vendredi que « la décision prise hier par Sami Abou Shahadeh et Balad n’a pas été facile, mais elle a été prise par sens des responsabilités envers notre projet politique ».
Le communiqué a ajouté que « se rendre massivement aux urnes » était la seule riposte possible face « au fascisme, à la suprématie juive et au racisme, auxquels se sont ralliés ‘l’opposition’ et la Cour suprême (de la suprématie) ». Une phrase qui a fait allusion à une déclaration vidéo qui avait été diffusée par Netanyahu le jour des élections de 2015, dans laquelle il avait averti que « les électeurs arabes se rendaient en masse aux urnes », une formule devenue tristement célèbre parmi les détracteurs du Premier ministre.
Eisenkot, dont le parti centriste Yashar arrive en tête de la majorité des sondages, a adressé au Likud des condoléances ironiques suite au retrait d’Abou Shahadeh.
« Au nom de l’ensemble du parti Yashar, je tiens à présenter mes condoléances au Likud et à Netanyahu pour l’exclusion d’un véritable partenaire de l’alliance Mahal-Balad », a commenté Eisenkot, faisant référence au Likud par le code alphabétique qui désigne le parti sur les bulletins de vote.
En annexe à la publication d’Eisenkot sur le réseau social X figurait une vidéo datant de 2021 dans laquelle Abou Shahadeh déclarait à la chaîne de la Knesset que la Liste arabe unie et le Likud, tous deux dans l’opposition à l’époque, coordonnaient leurs actions contre le gouvernement, ce qui avait brièvement chassé Netanyahu du pouvoir cette année-là.
Ben Gvir, qui a personnellement plaidé la cause contre Abou Shahadeh devant la Cour, s’est réjoui du retrait du chef du Balad, mais il a vivement critiqué la Cour pour ne pas avoir rendu de décision sur cette affaire jeudi soir.
Dans une déclaration vidéo, Ben Gvir s’est engagé à chasser de la Knesset tous les « ennemis d’Israël ». Il avait déjà utilisé cette expression pour désigner l’ensemble des partis arabes.
Le lendemain, Ben Gvir a publié un message de « vœux de fête » à l’occasion du dernier jour de Souccot — au-dessus d’une banderole sur laquelle on pouvait lire : « Abou Shahadeh, exclu de la Knesset grâce au ministre Ben Gvir ».
la Communauté du Times of Israël !







