« Nous avons affronté une machine », les nouveaux partis refusent d’abandonner
Hendel attend le dépouillement des votes des soldats avant de conclure à l’échec ; Winter accuse Netanyahu d’avoir fait campagne contre son parti plutôt que contre le Hamas
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Malgré les grands espoirs placés mardi dans plusieurs nouveaux partis, aucun d’entre eux n’a finalement réussi à franchir le seuil électoral. Les sondages à la sortie des urnes et les résultats partiels indiquent que ni HaMilouimnikim VeHaKalkalit, ni Amkha Yisrael, ni HaTzibur HaHaredi ne devraient obtenir de sièges à la prochaine Knesset.
HaMilouimnikim semble être le parti qui s’est le plus approché du seuil électoral de 3,25 %, avec environ 2,7 % des voix, contre 1,7 % pour Amkha Yisrael et à peine 0,2 % pour HaTzibur HaHaredi.
Ces nouvelles formations entendaient bousculer les équilibres politiques établis. HaTzibur HaHaredi remettait en cause la position des alliés ultra-orthodoxes du Premier ministre Benjamin Netanyahu, opposés à une plus grande intégration de leur communauté dans la société israélienne. Amkha Yisrael cherchait à s’imposer sur l’échiquier politique à droite, tandis que HaMilouimnikim prônait la formation d’un « large gouvernement sioniste » indépendant des partis haredim comme des partis arabes.
Alors que 72,4 % des urnes avaient été dépouillées à 11 h 02, les résultats partiels publiés par la commission centrale électorale (CCE) attribuaient 54 sièges au bloc pro-Netanyahu et 47 au bloc dirigé par Eisenkot. Les partis arabes obtenaient un nombre record de 19 sièges.
Ces résultats étaient toutefois provisoires et susceptibles d’évoluer à mesure que le dépouillement avançait. Les sondages à la sortie des urnes avaient crédité les deux principaux blocs d’environ 51 sièges chacun, avec un léger avantage pour le Premier ministre et ses alliés, mais sans qu’aucune majorité permettant de former un gouvernement ne se dessine clairement.
Parmi les bulletins restant à dépouiller figuraient ceux des soldats de l’armée israélienne ayant voté dans les bases militaires. Comme dans le reste de la population, la participation des militaires a atteint un niveau record, avec 79,9 % de votants, soit une hausse de 6,2 % par rapport aux élections de 2022.
Yoaz Hendel, de HaMilouimnikim, a affirmé que le sort de son parti ne serait connu qu’une fois ces bulletins dépouillés. S’adressant à ses partisans au quartier général de campagne de sa formation mardi soir, il a déclaré : « Nous ne connaîtrons pas les résultats définitifs ce soir, et probablement pas avant le week-end. »
« Nous n’abandonnerons pas », a-t-il promis, assurant que « les résultats de ces élections détermineront si nous pouvons réussir dès maintenant ou s’il nous faudra attendre les prochaines élections, en étant mieux organisés et mieux préparés ».
Il est très rare que de nouveaux partis, à moins d’être dirigés par des personnalités politiques chevronnées, franchissent le seuil électoral dès leur première tentative. Il est plus fréquent qu’ils y parviennent lors des scrutins suivants.
HaMilouimnikim a fait campagne en faveur de la conscription des hommes ultra-orthodoxes, qui bénéficient actuellement de larges exemptions. Bien que celles-ci aient été invalidées par la Cour suprême, les partis haredim traditionnels, avec le soutien du gouvernement de Netanyahu, ont cherché à les inscrire dans la loi.
HaTzibur HaHaredi, avec 0,2 % des voix, affirme avoir brisé la « barrière de la peur »
HaTzibur HaHaredi entendait remettre en cause la domination des partis ultra-orthodoxes traditionnels, en se prononçant en faveur de la conscription militaire et en présentant des femmes sur sa liste électorale.
Le chef du parti, Moti Leitner, s’est montré optimiste le soir du scrutin, affirmant devant ses partisans que sa formation avait brisé « la barrière de la peur », bien qu’elle soit restée très loin du seuil électoral.
Malgré cet échec, il a assuré que « ce soir marque le début d’un long chemin » pour concrétiser sa vision, ajoutant que « le peuple éternel n’a jamais craint les longues traverses ».
Mardi, jour du scrutin, Leitner a affirmé avoir reçu des centaines de signalements faisant état d’intimidations et de harcèlement dans les bureaux de vote. Des vidéos ont également montré de jeunes ultra-orthodoxes saccageant un stand tenu par des militants du parti et mettant le feu à du matériel de campagne, dans l’implantation de Modiin Illit, en Cisjordanie.
Selon Leitner, des électeurs auraient également été menacés de représailles, après avoir été avertis que leur vote pourrait être identifié si des bulletins de son parti étaient retrouvés dans les urnes.
Des électeurs ont également signalé la disparition de bulletins de vote du parti HaTzibur HaHaredi dans des bureaux de vote de Bnei Brak, bastion ultra-orthodoxe. L’un d’eux a raconté à la chaîne publique israélienne Kan que « ce n’est que lorsque ma femme les a réclamés qu’ils ont commencé à déplacer les bulletins et qu’ils les ont soudainement ‘retrouvés’ ».
Ofer Winter attribue sa défaite à la « machine » de Netanyahu
Ofer Winter, chef du parti Amkha Yisrael, a imputé à Netanyahu l’échec de sa formation à franchir le seuil électoral, dénonçant la campagne menée par le Premier ministre contre son parti. Selon un membre de la formation cité par la presse israélienne, les discours électoraux du camp Netanyahu auraient, en outre, contribué à mobiliser l’électorat arabe, à rebours de l’effet recherché.
« Il y a deux mois, nous nous sommes lancés avec l’ambition de donner à la droite une nouvelle direction, capable d’assumer ses responsabilités », a déclaré Winter à l’annonce des résultats des sondages à la sortie des urnes.
« Nous avons eu à affronter une machine. Si seulement elle avait été déployée contre le Hamas », a déploré cet ancien général, qui a quitté l’armée en décembre 2024, pendant la guerre déclenchée par l’attaque du régime de Gaza contre Israël le 7 octobre 2023.
Cette nouvelle formation, qui comptait notamment parmi ses membres l’influenceur arabe israélien Yoseph Haddad, deuxième sur sa liste électorale, avait résisté aux pressions de Netanyahu pour qu’elle se retire de la course. Elle avait néanmoins annoncé qu’elle soutiendrait ce dernier au poste de Premier ministre, s’exposant ainsi à des critiques pour avoir cherché à jouer sur les deux tableaux.
Selon un membre du parti cité par le site d’information Ynet, Amkha Yisrael « aurait pu l’emporter aujourd’hui, mais la campagne délirante de Netanyahu et [du ministre des Finances d’extrême droite Bezalel] Smotrich, avec leurs discours sur la judaïsation de la Galilée et les Bédouins du Neguev, a poussé les Arabes à se rendre massivement aux urnes, au lieu de les en dissuader ».
La participation des électeurs arabes a effectivement atteint des niveaux records mardi. Certains électeurs ont attribué cette forte mobilisation à la politique du gouvernement, et plus particulièrement à celle de ministres d’extrême droite tels que Smotrich et Itamar Ben Gvir.
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