L’ex-gouverneur de la Banque d’Israël fustige les propos de Netanyahu sur les sanctions
"Nous voulons dynamiser l'économie et attirer des investisseurs, mais que leur disons-nous ? 'Investissez chez nous, alors que nous allons faire l’objet de sanctions et que notre système est instable'", souligne Jacob Frenkel
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L’ancien gouverneur de la Banque centrale d’Israël, Jacob Frenkel, a estimé dimanche que l’avertissement du Premier ministre Benjamin Netanyahu, selon lequel Israël pourrait faire l’objet de sanctions bancaires de grande ampleur, constituait une « catastrophe » pour les consommateurs israéliens et l’économie locale.
« La peur et l’incertitude paralysent l’économie », a déclaré Frenkel à la chaîne N12.
« Nous voulons dynamiser l’économie et attirer des investisseurs, mais que leur disons-nous ? ‘Investissez chez nous, alors que nous allons faire l’objet de sanctions et que notre système est instable.’ »
Vendredi, Netanyahu a déclaré qu’Israël devait se préparer à d’éventuelles sanctions internationales visant son système bancaire, et qu’il pourrait recourir aux cryptomonnaies et à la technologie blockchain pour les contourner.
« Lorsque j’ai entendu ces propos, j’ai été choqué et je me suis demandé : où étaient passés les travaux préparatoires et les consultations qui ont conduit à une telle conclusion ? », a ajouté Frenkel.
« Je ne connais pas un seul professionnel sérieux qui soutiendrait cette approche. »
Frenkel a averti que d’éventuelles sanctions contre le système financier pourraient affecter les transactions transfrontalières, notamment les transferts de fonds vers le pays effectués par des investisseurs du secteur technologique, ainsi que l’utilisation des cartes de crédit par les consommateurs israéliens pour effectuer des achats en ligne sur Amazon ou d’autres plateformes mondiales de commerce électronique.
« Il n’y a pas d’astuce. Si vous quittez le système international de compensation financière, vous devenez un paria », a déclaré Frenkel.
« Cela signifie que tout le monde prendra ses distances avec vous, et il serait très difficile de changer cette image une fois que vous vous serez déclaré paria. »
« Chaque citoyen en souffrira si nous sommes coupés du monde », a déclaré Frenkel.
Vendredi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré qu’Israël devait se préparer à un durcissement des sanctions internationales et recourir aux cryptomonnaies pour les contourner. Ces propos portaient sur la situation économique du pays, quatre jours avant les élections à la Knesset.
« Il faut comprendre qu’il pourrait y avoir des sanctions bancaires », a-t-il déclaré lors d’une interview accordée à la Dixième chaîne consacrée à l’économie.
« Il faut préparer une économie capable de les contourner… et j’y travaille également. »
Lorsque l’intervieweur a évoqué les cryptomonnaies comme solution possible, Netanyahu a répondu par l’affirmative.
Interrogé sur la blockchain – un système numérique décentralisé qui ne dépend pas des autorités gouvernementales centrales -, Netanyahu a indiqué qu’il s’agissait d’une autre option et qu’il avait demandé à ses conseillers d’élaborer un plan pour son utilisation.
Les cryptomonnaies peuvent affaiblir l’efficacité des sanctions financières en créant des canaux de paiement alternatifs, mais ce n’est pas une solution infaillible, car les transactions sur de nombreux réseaux blockchain peuvent toujours être tracées.
Les déclarations de Netanyahu font suite à l’annonce, par le Royaume-Uni et onze autres pays occidentaux, de sanctions visant les produits provenant des implantations de Cisjordanie. Cette décision fait suite à une vague d’attaques perpétrées par des résidents d’implantation contre des Palestiniens, ainsi qu’à un programme massif de construction d’implantations approuvé par le gouvernement Netanyahu.
Bien que les sanctions menées par le Royaume-Uni visent spécifiquement les implantations, les économistes et les acteurs du monde des affaires interrogés par le Times of Israel le mois dernier ont néanmoins averti que les répercussions économiques pourraient s’étendre au territoire israélien proprement dit.
Les propos tenus vendredi par Netanyahu faisaient écho à ceux qu’il avait tenus l’an dernier, lorsqu’il avait déclaré qu’Israël était confronté à un isolement croissant sur la scène internationale et qu’il devrait devenir une « super-Sparte » plus autonome dans les années à venir.
Mais après que ces remarques eurent suscité un tollé, il avait tenté de faire marche arrière et s’était empressé de souligner le soutien dont Israël bénéficie toujours de la part de l’Inde et des pays d’Amérique latine.
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