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Le ministre des Affaires étrangères, Ed Miliband, s'adressant à la Chambre des communes pour annoncer l'interdiction de toute relation commerciale avec les implantations de Cisjordanie, le 8 septembre 2026. (Crédit : Chambre des communes)
Le ministre des Affaires étrangères, Ed Miliband, s'adressant à la Chambre des communes pour annoncer l'interdiction de toute relation commerciale avec les implantations de Cisjordanie, le 8 septembre 2026. (Crédit : Chambre des communes)

Discours intégral : Miliband juge toute l’occupation israélienne « illicite »

Le chef de la diplomatie britannique évoque ses origines juives, exprime sa « honte », dénonce un « nettoyage ethnique » et sanctionne les implantations

Voici le texte intégral du discours prononcé le 8 septembre 2026 par le ministre britannique des Affaires étrangères Ed Miliband. Il y dénonce l’occupation israélienne, accuse des résidents d’implantations « terroristes » de se livrer à un « nettoyage ethnique » avec la complaisance du gouvernement israélien, et annonce une vaste série de sanctions britanniques contre les implantations ainsi qu’un élargissement de l’embargo sur les armes.

Madame la Vice-présidente, avec votre permission, je souhaite faire une déclaration sur Israël et la Palestine.

Je prends aujourd’hui la parole en tant que Juif britannique fier de l’être, et profondément reconnaissant envers l’État d’Israël, qui a offert un foyer à ma grand-mère après qu’elle eut perdu son mari, mon grand-père, ainsi que 60 autres membres de sa famille, assassinés par les nazis.

Je me souviens des visites que je lui rendais à Tel Aviv dans les années 1970, de la vie qu’elle avait pu y reconstruire et du refuge qu’Israël lui avait offert. Certains de mes souvenirs d’enfance les plus heureux restent ceux des oranges que je cueillais dans le kibboutz où vivaient mes cousins.

Madame la Vice-présidente, cette histoire personnelle, qui est aussi celle de milliers de Juifs britanniques, explique en partie pourquoi je tiens à dire clairement à tous ceux qui, ici ou ailleurs dans le monde, contestent le droit d’Israël à exister en tant que patrie du peuple juif : vous avez tort. Et nous vous dénoncerons chaque fois que vous vous livrerez à cette tentative d’effacement d’Israël.

Madame la Vice-présidente, je sais ce que le traumatisme provoqué par l’atrocité terroriste commise par le Hamas le 7-Octobre a représenté, et représente encore aujourd’hui, pour les Israéliens et pour les Juifs du monde entier. Ce fut un acte meurtrier, perpétré par une organisation terroriste meurtrière dans le but de massacrer et de semer la terreur au sein de toute une population.

Le 7-Octobre a mis en évidence la gravité des menaces auxquelles Israël est confronté. Israël a pleinement le droit de se défendre. Nous ne devons pas seulement condamner ces menaces, mais aussi agir contre ceux qui les mettent à exécution.

L’Iran continue de menacer Israël et les Juifs du monde entier.

Nous avons déjà inscrit le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien sur la liste des organisations désignées, et nous allons aujourd’hui prendre de nouvelles mesures contre les groupes agissant pour le compte de l’Iran. Je peux donc également annoncer que nous sanctionnons Al-Qard Al-Hassan, la branche financière du Hezbollah libanais.

L’Iran ne doit jamais posséder l’arme nucléaire. C’est pourquoi, cette semaine encore, nous agissons avec nos alliés pour saisir le Conseil de sécurité de l’ONU des violations commises par l’Iran en matière nucléaire. Et je peux annoncer aujourd’hui que nous rétablissons également d’importantes sanctions économiques contre l’Iran, en coordination avec l’Union européenne et les États-Unis.

Madame la Vice-présidente, lutter contre ces menaces fait partie des objectifs principaux en matière de sécurité nationale que nous partageons avec Israël et sur lesquels notre coopération se poursuivra.

Je sais aussi que de nombreux membres de la communauté juive vivent aujourd’hui dans la peur, face à la montée de l’antisémitisme, y compris ici au Royaume-Uni.

La semaine dernière, nous avons commémoré l’anniversaire de l’attentat de Heaton Park, au cours duquel des Juifs ont été assassinés dans leur lieu de culte pour la seule raison qu’ils étaient Juifs. Un acte révoltant, auquel ont succédé des attaques antisémites à Golders Green, notamment contre les ambulances de Hatzola.

La vie quotidienne des Juifs en Grande-Bretagne est profondément affectée par le climat que génère une telle haine.

Des policiers armés discutent avec des membres de la communauté près de la synagogue Heaton Park Hebrew Congregation à Crumpsall, au nord de Manchester, le 2 octobre 2025. (Crédit : Paul Currie/AFP)

Dans les années 1980, j’allais à l’école sans aucune crainte.

Aujourd’hui, force est de constater que ce n’est plus le cas pour des milliers d’enfants juifs à travers le Royaume-Uni, dont les écoles doivent désormais faire garder leurs entrées par des agents de sécurité.

Monsieur le Président, aucun enfant ne devrait avoir à aller à l’école dans de telles conditions. Aucun enseignant ne devrait non plus avoir à subir l’antisémitisme. Qu’il se manifeste dans nos écoles, nos universités, sur nos lieux de travail, en ligne ou dans nos rues, l’antisémitisme est un fléau et un mal.

Nous consacrons, à juste titre, 250 millions de livres sterling supplémentaires à la sécurité des communautés. Mais il nous incombe à tous d’en faire davantage.

Dans ce cadre, j’accueillerai en octobre les représentants du J7, qui réunit les pays comptant les plus importantes communautés juives au monde. Nous nous retrouverons au Royaume-Uni pour examiner les moyens de mieux coopérer au-delà de nos frontières afin de lutter contre l’antisémitisme, notamment la haine en ligne.

Des manifestants participent à un rassemblement « d’urgence nationale » à la suite de l’attaque au couteau de Golders Green, organisé par Campaign Against Antisemitism, près de Downing Street, à Londres, le 30 avril 2026. (Crédit : Alberto Pezzali/AP)

Et donc, Madame la Vice-présidente, je suis fier de mon identité juive et mon soutien à l’État d’Israël est inébranlable.

Et il n’y a absolument aucune contradiction entre cela et mon soutien à l’État de Palestine. Bien au contraire.

« Un profond sentiment de honte »

La solution à deux États repose sur la conviction explicite que la seule voie vers la sécurité pour les deux peuples passe par une coexistence pacifique, côte à côte, dans la liberté, la sécurité et l’autodétermination.

Faire pleinement aboutir la solution à deux États est le cap qui guide la politique de ce gouvernement, comme celle des gouvernements britanniques successifs depuis des dizaines d’années.

C’est précisément parce que nous croyons aux droits et aux libertés des peuples israélien et palestinien que beaucoup d’entre nous, moi y compris, éprouvent un profond sentiment de honte face à ce qui s’est déroulé en Palestine sous les yeux de la communauté internationale.

À Gaza, trois années de souffrances et de traumatismes inimaginables, de mort, de destruction et de déshumanisation à une échelle effroyable.

Une tache sur la conscience du monde, et sur celle de notre pays également.

Et en Cisjordanie, la volonté manifeste, pour reprendre les mots du ministre israélien des Finances [Bezalel] Smotrich, je cite, « d’enterrer l’idée d’un État palestinien ».

Le ministre des Finances Bezalel Smotrich assiste à une cérémonie marquant la création de la nouvelle implantation israélienne de Maale Arugot à Gush Etzion, en Cisjordanie, le 2 septembre 2026. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Ainsi, Madame la Vice-présidente, il existe un contraste profondément douloureux entre notre engagement affiché en faveur d’une solution à deux États et la réalité sur le terrain, à Gaza comme en Cisjordanie.

Je rends hommage à mes prédécesseurs, l’actuel ministre de la Santé et le très honorable député de Tottenham, pour les efforts inlassables qu’ils ont consacrés à cette question, ainsi qu’à mon très honorable ami, le député de Lincoln.

Nous devrions toujours être fiers que ce soit un gouvernement travailliste qui ait franchi l’étape historique de reconnaître l’État de Palestine.

Mais le Premier ministre a raison de dire que le gouvernement travailliste n’en a pas fait assez face à ce qui se passe.

Aujourd’hui marque donc le début d’une nouvelle approche. Une approche qui ne se contente pas de dénoncer l’injustice et la souffrance, mais qui passe à l’action.

« Notre différend ne concerne pas le peuple d’Israël »

En adoptant cette position, je tiens à établir une distinction très claire, cruciale pour nous tous dans ce débat : notre différend ne concerne pas le peuple d’Israël, avec lequel le Royaume-Uni entretient des liens inébranlables. Notre différend concerne la conduite de son gouvernement.

Je tiens également à dire avec force aux citoyens britanniques et au monde entier que tenir les Juifs britanniques pour responsables des actions du gouvernement israélien relève de l’antisémitisme, ni plus ni moins.

Ce que nous cherchons aujourd’hui, c’est de sauver la seule voie vers la paix et la sécurité pour les Israéliens et les Palestiniens : la solution à deux États.

Permettez-moi de commencer par la situation en Cisjordanie.

Madame la Vice-présidente, au moment des accords de paix d’Oslo en 1993, environ 270 000 résidents d’implantations vivaient dans les territoires palestiniens occupés. Aujourd’hui, ils sont environ 770 000.

Davantage d’implantations ont été approuvées au cours des quatre dernières années par ce gouvernement israélien qu’au cours des vingt années précédentes.

La construction d’un nouvel avant-poste israélien illégal au-dessus du village d’Aqraba apparaît sur une photo prise depuis ce village, au sud de Naplouse, en Cisjordanie, le 8 septembre 2026. (Crédit : Jaafar Ashtiyeh/AFP)

Il faut présenter de manière explicite ce que cela a impliqué pour les populations palestiniennes.

Des maisons rasées au bulldozer. Des routes et des infrastructures publiques détruites. Des familles chassées de chez elles. Communauté après communauté. Famille après famille. Personne après personne.

Madame la Vice-présidente, depuis 2023, 65 communautés palestiniennes ont été entièrement expulsées. Cela représente au total plus de 4 000 Palestiniens chassés de chez eux en raison des violences des résidents d’implantations et des actions de l’État.

Et en août, une ligne rouge de longue date a été franchie, avec le lancement d’appels d’offres dans la zone E1 pour plus de 1 200 logements.

Je me suis rendu en 2014 dans une communauté située dans la zone concernée par le projet E1. Les communautés bédouines que j’ai rencontrées à Khan al-Ahmar vivaient sur ces terres depuis des générations.

Le projet E1 les expulserait et installerait des implantations directement entre Jérusalem-Est et la Cisjordanie, coupant en deux le cœur de la Palestine.

Il faut être clair sur ce que cela implique : la création sur le terrain d’une réalité destinée à rendre la solution à deux États non viable.

Et au-delà de la politique officielle de l’État, le terrorisme des résidents d’implantations sévit à grande échelle. Selon l’ONU, ils ont mené cette année en moyenne six attaques violentes par jour contre des Palestiniens, un niveau jamais atteint.

Cette photo, prise depuis la zone E1 au nord-est de Jérusalem, montre des véhicules circulant sur une autoroute près de l’implantation de Maale Adumim, en Cisjordanie, le 4 février 2026. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Citons un exemple.

À Al-Mughayyir, à 20 miles au nord de Jérusalem, les colons ont encerclé le village et mené une campagne d’intimidation, en grande partie sous la protection de l’armée israélienne.

Les familles du village se voient de plus en plus privées d’accès à leurs terres et confinées dans des espaces toujours plus restreints, tandis que leurs oliviers sont déracinés et leur bétail volé.

Dans cette même communauté, la semaine dernière encore, deux adolescents ont été abattus lorsque des colons sont entrés dans le village sous escorte de la police et de l’armée. Tous deux sont morts avant d’arriver à l’hôpital. Madame la Vice-présidente, cinq adolescents ont désormais été tués cette année alors qu’ils se rendaient à l’école.

« Un nettoyage ethnique… perpétré par des colons »

Ehud Olmert, l’ancien Premier ministre israélien, a qualifié la situation de « tentative violente et criminelle de nettoyage ethnique des territoires de Cisjordanie ».

L’ancien ministre de la Santé et général de brigade à la retraite de Tsahal, Ephraim Sneh, a déclaré : « Il s’agit, tout simplement, de nettoyage ethnique. »

L’ONU définit le nettoyage ethnique comme « une politique délibérée conçue par un groupe ethnique ou religieux visant à chasser, par des moyens violents et destinés à semer la terreur, la population civile d’un autre groupe ethnique ou religieux de certaines zones géographiques ».

Le gouvernement britannique estime qu’un nettoyage ethnique des Palestiniens est en cours dans certaines parties de la Cisjordanie, perpétré par des résidents d’implantations terroristes.

Et, bien trop souvent, le gouvernement israélien ferme les yeux. Pire encore, certains de ses membres ont tenu des propos et pris des mesures visant à favoriser le déplacement forcé des Palestiniens.

Des personnes inspectent des voitures endommagées à la suite d’une attaque qui aurait été perpétrée par des résidents d’implantations extrémistes, dans le village de Jalud, près de Naplouse, en Cisjordanie, le 4 août 2026. (Crédit : Flash90)

Madame la Vice-présidente, je mesure la gravité de ce que je viens de dire. Mais la vérité est que c’est bien le moins que nous devions à ceux qui endurent de telles souffrances. Et cela devrait être le premier pas vers la justice.

Depuis longtemps, le gouvernement britannique affirme, à juste titre, que les implantations sont illégales.

Mais nous sommes restés silencieux sur la légalité de l’occupation dans son ensemble, que la Cour internationale de justice a jugée illicite en 2024.

Position officielle du Royaume-Uni : « L’occupation est illégale »

Aujourd’hui, j’annonce que la position officielle du gouvernement britannique est que l’occupation est illicite.

Cette position tient à la consolidation du contrôle exercé par Israël, à son intention d’étendre sa souveraineté de façon permanente et à sa politique expansionniste menée au moyen d’implantations illégales.

Madame la Vice-présidente, notre position ne se résume pas à reconnaître, tardivement, une réalité.

Le gouvernement estime que l’illicéité de l’occupation doit aussi se traduire dans les relations économiques que nous choisissons d’entretenir avec les territoires occupés.

Je ne crois pas que les Britanniques souhaitent que nous contribuions à soutenir l’occupation en acceptant dans nos magasins et nos supermarchés des produits provenant des implantations.

Je peux donc annoncer aujourd’hui que nous allons interdire l’importation de marchandises provenant des implantations illégales situées dans les territoires occupés.

Des participants assistent à la cérémonie de pose de la première pierre d’une nouvelle implantation nommée Doran, dans la région du mont Hébron, en Cisjordanie, le 16 juin 2026. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Pour mettre en œuvre cette mesure, nous instaurerons, avec mon très honorable ami le ministre des Affaires économiques, un nouveau régime complet de sanctions, assorti des exemptions nécessaires pour motifs religieux.

Et, dans le cadre de ce dispositif, nous irons plus loin encore.

Nous prendrons des mesures contre des entreprises et des personnes qui fournissent des services, notamment dans les domaines de la construction, des infrastructures, du financement ou de l’immobilier, contribuant à l’expansion des implantations.

À ceux qui financent ou facilitent l’implantation illégale, je veux dire ceci : vous vous exposerez à toute la rigueur des sanctions britanniques.

Les implantations sont illégales. Elles ne doivent pas être promues dans notre pays.

Plus tôt cette année, fait honteux, un salon faisant la promotion de terrains situés dans des implantations illégales s’est tenu à quelques kilomètres seulement d’ici. Nous devons faire en sorte que cela ne se reproduise jamais, et nous le ferons. Nous interdirons donc au Royaume-Uni la publicité en faveur des implantations illégales.

« Je m’oppose sans réserve à la campagne BDS »

Le régime de sanctions visera les implantations illégales et l’expansion des implantations, et non Israël.

Nous continuerons à soutenir des échanges commerciaux importants et utiles avec Israël à l’intérieur de la Ligne verte, précisément parce que nous défendons la solution à deux États, ainsi que la sécurité et la prospérité d’Israël.

C’est pourquoi je m’oppose sans réserve à la campagne de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS).

Des manifestants brandissant des pancartes et des drapeaux lors d’une marche anti-Israël, à Londres, le 16 mai 2026. (Crédit : Thomas Krych/AP)

La législation que j’ai annoncée aujourd’hui entrera en vigueur dans un délai de six à neuf mois. Mais nous prendrons également des mesures plus immédiates.

Aujourd’hui, nous sanctionnons une nouvelle série de résidents d’implantations extrémistes qui ont soutenu ou encouragé des actes de violence contre des communautés palestiniennes.

Je peux également annoncer que nous élargissons le régime mondial de sanctions en matière de droits de l’Homme afin de pouvoir agir plus rapidement pour freiner l’expansion des implantations et, en particulier, tenter d’empêcher le développement de la zone E1.

« Double verrou » contre les ventes d’armes destinées à « l’occupation »

Je veux également aborder la question des ventes d’armes. Nous avons déjà suspendu plus de 30 licences d’exportation portant sur des armes utilisées par Tsahal à Gaza. Cette suspension reste pleinement en vigueur.

Nous refuserons désormais également toute demande de licence concernant l’exportation d’armes ou d’autres biens qui contribuent de manière significative à l’occupation. Cela revient, de fait, à instaurer un double verrou sur les ventes d’armes.

L’interdiction de ces exportations restera donc en vigueur aussi longtemps que durera l’occupation.

Pour faire avancer la solution à deux États, nous avons également besoin d’une gouvernance palestinienne viable et efficace.

J’exhorte donc l’Autorité palestinienne (AP) à accélérer ses réformes, et Israël à débloquer les recettes qu’il retient, car cette rétention paralyse financièrement la fourniture de services essentiels en Cisjordanie.

L’ensemble des mesures que j’ai annoncées adresse un message clair au gouvernement israélien, aux Palestiniens des territoires occupés et au monde entier : nous ne laisserons pas détruire la solution à deux États.

Les troupes israéliennes lors d’une descente dans la ville d’Anata, le 8 septembre 2026. (Crédit : Jamal Awad/Flash90)

J’en viens maintenant à Gaza.

Les horreurs du 7-Octobre ont bouleversé le monde et rappelé de manière terrible les siècles de persécution subis par le peuple juif.

Des hommes, des femmes, des enfants et des bébés ont été tués, mutilés et torturés par les terroristes du Hamas. Des personnes ont été assassinées alors qu’elles tentaient de protéger leur famille. Des jeunes ont été massacrés lors d’un festival de musique. D’autres ont été enlevés chez eux.

Comme l’énonce le plan de paix en 20 points pour Gaza, c’est l’une des nombreuses raisons pour lesquelles le Hamas ne peut jouer aucun rôle dans la future gouvernance de Gaza. Il doit désarmer et démanteler son infrastructure terroriste.

Israël a le droit de ne pas vivre sous la menace d’un terrorisme abject, et l’État d’Israël a le droit de protéger sa population et de défendre son territoire.

Le 7-Octobre « ne peut justifier ce qui s’est passé à Gaza »

Cependant, Madame la Vice-présidente, cela ne saurait justifier ce qui s’est passé à Gaza.

Plus de 70 000 personnes ont été tuées, dont au moins 20 000 enfants. 20 000 enfants.

La grande majorité de la population a désormais été déplacée, soit près de deux millions de personnes, confinées sur à peine un tiers du territoire.

L’aide humanitaire indispensable à la survie et son acheminement ont été régulièrement entravés. Des hôpitaux et des cliniques ont été détruits. Plus de 60 % des habitations sont en ruines.

Des tentes abritant des Palestiniens déplacés sont dressées parmi les habitations détruites lors de la récente guerre entre Israël et le Hamas, à Gaza-City, dans le centre de la bande de Gaza, le 3 septembre 2026. (Crédit : Ali Hassan/Flash90)

Monsieur le Président, le droit international humanitaire impose des règles claires aux États engagés dans un conflit, notamment garantir l’accès à la nourriture et aux fournitures médicales, éviter les déplacements massifs de civils et ne pas prendre les civils pour cible.

Des violations graves et délibérées de ce droit constituent, si elles sont établies, des crimes de guerre.

Les faits survenus, y compris les actions de Tsahal, ont fait l’objet d’une analyse approfondie par plusieurs organisations, dont la Commission d’enquête internationale indépendante des Nations unies.

Les conclusions de ces rapports constituent des preuves de plus en plus nombreuses indiquant que des crimes de guerre semblent avoir été commis.

Nous soutenons les procédures judiciaires chargées de l’établir.

Concernant la question du génocide, le Royaume-Uni a toujours défendu la nécessité de procédures judiciaires complètes, rigoureuses et équitables pour examiner les accusations, et attend que les juridictions compétentes rendent leurs décisions définitives avant que le gouvernement britannique ne se prononce.

Il en a été ainsi pour tous les génocides depuis l’adoption de la Convention de 1948 sur le génocide, au Rwanda, à Srebrenica, au Cambodge, ainsi que pour les crimes commis contre le peuple yézidi.

Cette ligne restera la nôtre. Il est légitime que cette question ait été portée devant la Cour internationale de justice, et je veux dire clairement que nous soutenons la Cour dans le travail qu’elle mène pour parvenir à sa décision.

Des magistrats à la Cour internationale de justice (CIJ) dans le cadre du recours déposé par l’Afrique du Sud sur un cessez-le-feu à Gaza, à La Haye, le 24 mai 2024. (Crédit : Nick Gammon/AFP)

Il est donc essentiel que les responsabilités dans ce qui s’est passé à Gaza soient établies.

Mais il est encore plus urgent d’agir face à la crise qui se poursuit.

Car, aujourd’hui encore, à Gaza, les morts et les souffrances continuent.

Madame la Vice-présidente, un cessez-le-feu a été déclaré il y a près d’un an. Pourtant, plus de 1 200 Palestiniens ont été tués depuis.

Et la population de Gaza est confrontée à une catastrophe humanitaire qui, je le crains, aurait pu être entièrement évitée et qui résulte des décisions prises par le gouvernement israélien.

La semaine dernière, je me suis entretenu avec des médecins et des travailleurs humanitaires courageux qui ont travaillé à Gaza. Cette conversation a été déchirante.

Ils m’ont parlé d’enfants mourant dans l’attente de soins médicaux, de personnes contraintes de vivre sans abri, à proximité d’eaux usées à ciel ouvert, et d’une insécurité alimentaire généralisée.

Je suis certain que toute l’Assemblée conviendra que cette situation est inadmissible.

Des ouvriers palestiniens réparent un commerce endommagé par la guerre à l’aide de tissu, faute de matériaux de construction disponibles, à Gaza-City, le 6 septembre 2026. (Crédit : Abdel Kareem Hana/AP)

Je m’engage donc à ce que nous continuions à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour apporter à la population de Gaza toute l’aide humanitaire possible.

Les hôpitaux soutenus par le Royaume-Uni à Gaza devraient permettre cette année quelque 800 000 consultations médicales et assurer des services de santé essentiels aux patients.

L’expertise britannique permettra également de soigner plus de 1 000 enfants amputés.

Nous avons récemment accueilli une nouvelle vague d’étudiants de Gaza venus étudier en Grande-Bretagne, et nous en accueillerons d’autres.

Toutefois, à moins qu’Israël ne change de cap, la situation restera dramatique. C’est pourquoi nous prenons de nouvelles mesures, à la fois de notre propre initiative et avec nos partenaires.

L’extension de notre régime mondial de sanctions en matière de droits de l’Homme nous permettra de viser les responsables de violations du droit international humanitaire, à Gaza comme ailleurs dans le monde.

Et lors de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, à la fin du mois, nous exposerons, sans complaisance, ce qui se passe et ce qui doit changer.

Le drapeau des Nations unies flotte au siège de l’ONU sous un ciel d’orage, à New York, le 22 septembre 2022. (Crédit : Ted Shaffrey/AP)

Avec la Jordanie, nous réunirons également des pays du monde entier afin de lancer un appel à l’action en faveur de l’accès aux soins et à l’aide humanitaire.

Le Royaume-Uni joindra aussi sa voix à celle de l’alliance internationale grandissante, conduite par des partenaires arabes de la région, qui appelle à la mise en œuvre intégrale du plan en 20 points porté par les États-Unis, au rejet de l’extrémisme et à une fin durable des cycles de violence.

À mesure que nous mettrons en œuvre les mesures annoncées aujourd’hui, nous continuerons à juger le gouvernement israélien sur ses actes. Nous voulons voir un changement d’approche, à Gaza comme en Cisjordanie.

Madame la Vice-présidente, aujourd’hui, nous refusons de rester spectateurs de nouvelles souffrances et de la destruction de la solution à deux États.

Nous dénonçons ce qui est illicite.

Nous agissons contre l’importation de marchandises provenant des implantations illégales.

Nous agissons contre la publicité pour ces implantations (nous l’interdisons).

Nous agissons contre les services qui contribuent à l’expansion de nouvelles implantations.

Nous agissons contre les violences commises par des résidents d’implantations.

Nous soutenons les efforts visant à établir les responsabilités dans ce qui s’est passé à Gaza.

Et nous nous engageons à mobiliser la communauté internationale pour faire face à la crise humanitaire, actuelle et urgente.

Par-dessus tout, nous affirmons que la Grande-Bretagne ne reste pas silencieuse face à une profonde injustice, et elle n’est pas impuissante.

Les troupes israéliennes mènent une opération dans le camp de réfugiés d’Askar, en Cisjordanie, le 4 septembre 2026. (Crédit : Nasser Ishtayeh/Flash90)

Et aujourd’hui, nous agissons de concert avec d’autres au sein d’une vaste coalition internationale.

Je peux annoncer à la Chambre que la France et le Canada annoncent aujourd’hui, aux côtés de la Grande-Bretagne, qu’ils entendent eux aussi interdire l’importation de marchandises provenant des implantations illégales.

Ils rejoignent ainsi les Pays-Bas, l’Irlande, la Belgique, l’Espagne et la Norvège, qui ont déjà interdit ces marchandises ou sont en passe de le faire.

De nombreux autres pays, dont le Danemark, la Finlande, l’Islande, la Pologne, le Portugal et la Suède, s’engagent aujourd’hui à soutenir de nouvelles mesures.

Madame la Vice-présidente, voilà ce que le Royaume-Uni peut accomplir lorsqu’il prend l’initiative et agit avec d’autres.

Et cela relève directement de notre intérêt national, car s’il est une leçon à tirer des dernières décennies, c’est qu’il n’y aura jamais de stabilité au Moyen-Orient sans solution à deux États.

Il est tout aussi vrai que, si nous ne défendons pas les valeurs que ce pays incarne et pour lesquelles il s’est depuis longtemps battu, nous perdrons notre crédibilité et notre influence dans le monde.

Des manifestants affrontent la police lors d’un rassemblement pro-palestinien et anti-Israël en soutien au groupe Palestine Action, après l’annonce de son interdiction par le gouvernement britannique, à Trafalgar Square, dans le centre de Londres, le 23 juin 2025. (Crédit : Henry Nicholls/AFP)

Madame la Vice-présidente, mes parents sont arrivés ici comme réfugiés juifs et ont trouvé refuge dans un pays attaché à l’État de droit, à la liberté et à l’autodétermination.

Ce sont ces valeurs que ce gouvernement défend aujourd’hui.

Et je crois profondément que l’immense majorité des Britanniques, y compris au sein des communautés liées à la région, est unie dans le désir de voir cesser les souffrances humanitaires et toutes les parties s’engager dans un processus de paix durable.

Et, tout comme nous voulons voir Israéliens et Palestiniens vivre côte à côte, nous devons faire vivre ces mêmes valeurs ici, en Grande-Bretagne.

Les Juifs de Grande-Bretagne, les musulmans de Grande-Bretagne, les personnes de toutes confessions comme celles qui n’en ont aucune, ont le droit de vivre sans préjugés et sans peur.

Madame la Vice-présidente, une Grande-Bretagne qui défend ses valeurs chez elle comme dans le monde.

Une Grande-Bretagne qui s’oppose à l’oppression et à la souffrance partout où elles se manifestent.

Une Grande-Bretagne qui défend ce qui est juste.

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