Les lézards se coupent la queue depuis 99 millions d’années – étude israélienne
Un étudiant de Tel Aviv a découvert dans l'ambre la preuve que l'autotomie du lézard, qui lui permet de fuir pendant que sa queue s'agite, remontait au Crétacé supérieur
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Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Un minuscule morceau d’ambre du Myanmar, repéré dans les archives du musée d’Histoire naturelle Steinhardt de l’université de Tel Aviv, a permis de découvrir que l’incroyable capacité des lézards à couper leur queue pour échapper au danger existait depuis 99 millions d’années.
Une fois coupée, la queue du lézard peut continuer à bouger pendant près d’une heure, distrayant ainsi le prédateur pendant que le reptile sans queue se met à l’abri.
De précédentes recherches avaient révélé la présence de surfaces de fracture préformées, situées à intervalles réguliers le long de la queue du lézard. Mais c’est la première fois que des scientifiques confirment que l’autotomie du lézard — l’auto-amputation volontaire d’une partie du corps — remonte au Crétacé supérieur, lorsque les dinosaures vivaient encore sur Terre
Pendant longtemps, les chercheurs de Tel Aviv ont cru que le résidu sombre présent dans ce morceau d’ambre de 18 millimètres de long était une brindille ou un morceau d’insecte, jusqu’à ce que le doctorant Dolev Fabrikant le regarde au microscope et aperçoive de minuscules écailles.
Pour examiner l’ambre sans endommager ce spécimen unique, Fabrikant et son directeur de thèse, Leonidas-Romanos Davranoglou de l’École de zoologie de l’université, ont fait appel à Ahmed Nasser, de l’Institut Volcani du ministère de l’Agriculture, afin de réaliser un micro-scanner de pointe.
Les reconstructions radiographiques en 3D qui en ont résulté ont révélé la présence d’un anneau de tissu symétrique parfaitement conservé au niveau du point de détachement, parfait reflet des rosettes musculaires des lézards vivants qui se séparent volontairement de leur queue.
La rupture nette ne présentait aucun des motifs d’écrasement typiques des blessures accidentelles, ce qui confirme la thèse d’une séparation volontaire.
Les résultats de cette étude sont parus dans la revue à comité de lecture Palaeontologia Electronica.
Selon l’un des auteurs de la recherche, Apostolos Christopoulos, de l’université nationale et capodistrienne d’Athènes, bien que le morceau de queue présent dans l’ambre ne permette pas de confirmer l’espèce du lézard — les candidats allant des lézards des murailles aux ancêtres des varans —, la preuve comportementale est sans équivoque.
Que cette créature ait abandonné sa queue pour se libérer de la résine d’arbre ou distraire un prédateur affamé, le fossile confirme que cette brillante tactique de fuite est restée pratiquement inchangée depuis près de 100 millions d’années.
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