Derniers jours d’une campagne marquée par les coups (très) bas et l’IA
Cette campagne est la première en Israël depuis la généralisation de l'intelligence artificielle, et les candidats aux élections du 27 octobre en abusent tous allègrement
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À quelques jours d’élections législatives serrées, les premières en Israël depuis le traumatisme du 7-Octobre, les candidats en campagne mettent leurs dernières forces dans la bataille et tous les coups sont permis, même les plus bas, souvent à grand renfort de l’intelligence artificielle (IA).
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a fêté ses 77 ans cette semaine. Ses partisans lui ont offert un gâteau à son effigie, tandis que son principal rival, Gadi Eisenkot, lui a offert une vidéo générée par IA.
Au son d’une mélodie d’anniversaire, on y voit un terroriste du Hamas dans un tunnel de Gaza, tout sourire, tenant un cupcake avec une bougie allumée.
« Qu’est-ce qu’on peut souhaiter à la personne qui nous protège depuis 20 ans ? », demande-t-il d’un ton suave, alors que Netanyahu est accusé par de nombreux Israéliens d’avoir délibérément laissé le groupe terroriste palestinien prospérer, ce qu’il nie farouchement.
Apparaît ensuite le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei, l’air taquin : « Bravo Bibi, quel héros, tu es super ! Encore un tour sans victoire [contre l’Iran] et je t’offre une bombe en cadeau », lance-t-il en utilisant le surnom du Premier ministre, qui a encore très récemment appelé à « renverser » le pouvoir iranien.
La campagne est la première dans le pays depuis la généralisation de l’IA, et les candidats aux élections du 27 octobre en abusent tous allègrement.
La palme du mauvais goût revient peut-être au camp du Premier ministre lui-même qui, en juillet, avait publié sur son compte X une vidéo d’un jeune homme ressemblant fort au fils d’Eisenkot, tué pendant la guerre à Gaza, courant les bras ouverts dans un champ de fleurs vers le candidat centriste.
Au dernier moment, ce dernier le dépassait pour prendre dans ses bras le chef du parti Raam, Mansour Abbas.
Face au scandale, l’équipe de Netanyahu avait juré que le jeune homme au tee-shirt siglé « Unité d’Israël » ne représentait pas le fils défunt d’Eisenkot. Le candidat centriste avait lui-même fait part de son « profond mépris pour Netanyahu et son entourage ».
Ces derniers mois, le camp du Premier ministre n’a cessé de multiplier les montages IA pour jouer sur les peurs de l’opinion publique envers une coalition de l’opposition incluant les partis arabes israéliens, et l’hostilité généralisée envers les Palestiniens.
Partout dans le pays, sur les panneaux électoraux, s’affiche son principal slogan de campagne : « La droite ou la Palestine ».
Qu’importe qu’Eisenkot écarte publiquement toute éventuelle alliance avec les partis arabes, et qu’il s’oppose, comme Netanyahu, à la création d’un État palestinien, projet largement rejeté en Israël depuis le 7-Octobre.
« Eux ou nous »
D’autres candidats, de centre et de gauche, ont aussi fait les frais de vidéos IA du Premier ministre où l’on peut les voir retirer leurs masques pour laisser apparaître les visages de candidats arabes israéliens.
Des clips générés par IA montrent encore des Arabes debout sur ce qui semble être un Parlement en ruines.
Aucun parti n’est épargné, ce qui révèle le niveau de polarisation de la société israélienne.
Laly Derai, dont le fils a été tué durant la guerre à Gaza en 2024, se présente pour le nouveau parti d’Ofer Winter, Amkha Yisrael, opposé aux exemptions au service militaire dont bénéficient les ultra-orthodoxes.
Cela lui a valu une campagne de haine et de harcèlement constant, explique-t-elle à l’AFP. Des affiches l’accusant de « mettre le pays en danger » sont apparues sur les murs de l’implantation où elle habite en Cisjordanie et son téléphone ne cesse de sonner. On lui a dit qu’elle trahissait la mémoire de son fils.
Les victimes du 7-Octobre ne sont pas non plus intouchables, alors que plusieurs survivants ou proches de victimes se présentent aux élections.
Mardi dernier, le Likud, le parti de Netanyahu, publiait sur sa page Facebook un montage photo de deux candidates, toutes deux anciennes mères d’otages retenus à Gaza.
À droite, Talik Gvili, candidate du Likud et mère du sergent-chef Ran Gvili tué et dont le corps avait été pris en otage le 7-Octobre et dont le corps avait été pris en otage, y apparaît impeccable dans sa veste de tailleur blanche, coiffée et maquillée, devant un pupitre et le drapeau d’Israël bleu et blanc.
À gauche, l’ancienne bibiste Einav Zangauker, farouche opposante dont le fils a passé deux ans en captivité, est dépeinte en folle furieuse, le visage crispé dans un cri et la main levée, sur un fond rouge.
« C’est eux ou nous », est-il écrit en dessous du montage.
la Communauté du Times of Israël !







