La coprésidente des Socialistes démocrates d’Amérique (DSA) défend le soutien au Hamas
Selon la dirigeante d'extrême gauche, le pogrom du 7-Octobre était « inévitable » et Israël n'a pas de droit à la légitime défense
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Luke Tress est le correspondant du Times of Israel à New York.

Lors d’une récente interview, la coprésidente des Socialistes démocrates d’Amérique (DSA) a pris fait et cause pour les rassemblements de soutien au Hamas et contesté le droit d’Israël à la légitime défense.
Megan Romer, coprésidente nationale des DSA aux États-Unis, a en effet déclaré au New Yorker dans le cadre d’une interview diffusée vendredi dernier qu’elle aurait « probablement » participé à un rassemblement anti-Israël à New York, au lendemain du pogrom commis en Israël par le Hamas le 7 octobre 2023, si elle avait vécu dans cette ville au moment des faits.
« Un jour après le massacre de 1 200 personnes et la prise de plus de 200 otages, vous seriez venue soutenir le Hamas ? », lui a demandé le rédacteur en chef du New Yorker, David Remnick.
« J’estime que le 7-Octobre était inévitable. Si vous mettez des gens dans un camp de concentration à ciel ouvert et que vous les privez de leurs droits, de leur dignité, de nourriture, de la possibilité de vivre en sécurité, vous devez vous attendre à ce qu’un jour, ils ne le supportent plus », a-t-elle affirmé en mettant sur le même plan la Shoah et la situation à Gaza.
Lors des rassemblements du 8 octobre 2023 à New York, des manifestants anti-sionistes ont scandé des slogans favorables au pogrom perpétré par le Hamas, se sont moqués de contre-manifestants juifs et les ont menacés, se sont réjouis de la prise d’otages israéliens et ont appelé à la destruction d’Israël.
Romer partage la présidence des DSA au niveau national, ce qui en fait une figure centrale de ce mouvement d’extrême-gauche en plein essor, lequel fait de l’activisme anti-sioniste son cœur de cible.
Les DSA sont en fait le fief du maire de la ville de New York, Zohran Mamdani ; ces derniers mois, des candidats issus de ce mouvement ont remporté plusieurs primaires législatives.
Dans un premier temps, la branche des DSA de la ville de New York a soutenu le rassemblement consécutif au pogrom du Hamas, avant de se rétracter.
La candidate des DSA Darializa Avila Chevalier, gagnante de la primaire pour le Congrès à New York en juin dernier, a participé à ce rassemblement. Lors de sa campagne, elle a refusé de condamner le Hamas ou le pogron commis le 7-Octobre.
Romer a déclaré au New Yorker que toute défense ou soutien économique apporté à Israël était une « ligne rouge absolue » pour les DSA, et que le mouvement souhaitait une « Palestine libre avec pour capitale Jérusalem », selon elle une « solution à un seul État ».
Romer a indiqué n’avoir jamais entendu parler du sommet de Camp David organisé sous les auspices de l’ancien président américain Bill Clinton, au cours duquel le dirigeant palestinien Yasser Arafat a refusé la proposition de création d’un État palestinien.
Lorsqu’on lui a demandé si elle aurait été « satisfaite » des conditions proposées au sommet de Camp David, Romer a répondu : « Je ne les ai pas en tête »…
Elle a également contesté le droit d’Israël à se défendre, en déclarant : « Les gens, les êtres humains, les peuples ont le droit de vivre en sécurité. Mais si cette sécurité implique de commettre un génocide contre quelqu’un d’autre, alors non, ce n’est pas défendable. » L’accusation de « génocide » largement répandue auprès des activistes anti-Israël n’a jamais été prouvée.
Le New Yorker a également interrogé Romer sur, d’un côté, le soutien à des politiques « pro-LGBTQ » et de l’autre, le Hamas, anti-LGBTQ.
« Je ne dirais pas que le Hamas est pro-LGBTQ. Je ne dirais pas qu’on peut obtenir beaucoup de droits sociaux lorsqu’on est assiégé », a-t-elle répondu…
Romer avait déjà pris la défense du Hamas en 2024, affirmant qu’« aucun socialiste ne devrait » condamner le groupe terroriste.
Read on to learn why we do not, in fact, condemn Hamas and why no socialist should (with a bonus inside: an extremely tidy and easy-to-grasp explanation of dialectical materialism, if you're still struggling with that one) https://t.co/ylWmeaepbg
— Megan Romer (@meganromer) May 24, 2024
L’Anti-Defamation League (ADL) a déclaré que les propos de Romer « mettaient tous les Américains juifs en danger », de par sa justification de la violence contre l’État juif.
« La coprésidente des DSA ne condamne pas et ne condamnera jamais une organisation terroriste étrangère désignée comme telle par les États-Unis, responsable du pire massacre de Juifs depuis la Shoah et dont la charte appelle à la destruction de l’État d’Israël », a déclaré l’ADL dans un communiqué.
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