Fusion nucléaire : Israël doit agir maintenant pour avoir une place dans la course mondiale – ministère
Selon les responsables, le pays bénéficie actuellement d'un avantage concurrentiel, mais a un besoin urgent de fonds pour rester dans la course
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Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.
Si Israël ne prend pas immédiatement des mesures pour se lancer dans la course internationale à la fusion nucléaire, il passera à côté d’un secteur mondial pesant plusieurs milliards de dollars, ont averti des responsables du ministère de l’Énergie dans une étude stratégique rendue publique jeudi pour consultation.
Rédigé par la division des politiques et l’unité du scientifique en chef du ministère, ce document définit le premier cadre national devant permettre à Israël de se positionner comme un acteur clé dans le secteur mondial émergent de la fusion.
Aujourd’hui, toutes les centrales nucléaires utilisent la fission pour produire de l’électricité, en divisant les atomes d’uranium pour libérer de l’énergie. La fusion nucléaire, quant à elle, produit de l’énergie en fusionnant des atomes d’hydrogène pour former de l’hélium, sans générer de déchets radioactifs à longue durée de vie ni émettre de dioxyde de carbone. Un processus qui serait théoriquement bien plus sûr et efficace que la fission, car il ne comporte aucun risque de fusion du cœur, tout en produisant bien plus d’énergie. Cependant, cette technologie s’est longtemps avérée difficile à maîtriser, et la question a longtemps donné du fil à retordre aux physiciens et aux ingénieurs. Mais des progrès significatifs sont actuellement réalisés.
Alors que la demande mondiale en électricité explose et que les géants de la technologie prônent l’utilisation d’énergies propres pour leurs centres de données, les investissements privés dans la fusion ont dépassé les 14 milliards de dollars depuis 2021. Des centrales commerciales sont attendues dans les années 2030.
Si la commercialisation à l’échelle mondiale se heurte à des obstacles technologiques majeurs, les responsables du ministère affirment qu’Israël dispose d’avantages concurrentiels dans les domaines des lasers à haute puissance, des systèmes de radiofréquence, de l’électronique, des matériaux avancés, de la robotique et de l’intelligence artificielle, ce qui pourrait faire du pays un fournisseur important de pièces détachées.
« La fusion nucléaire peut potentiellement révolutionner la manière dont nous répondons à la demande mondiale en électricité », a expliqué Shahar Dolev, directeur des politiques au ministère. « Nous sommes à l’aube d’une opportunité stratégique extraordinaire, qui nous permettra de nous assurer une place solide dans la chaîne de valeur mondiale de ce secteur. »
Israël dispose déjà d’infrastructures de base, notamment l’Institut pour la fusion nucléaire et le plasma chaud, créé par le ministère de l’Énergie pour réunir les pouvoirs publics, le monde universitaire et le secteur technologique privé, ainsi que des start-ups telles que nT-Tao, qui développe des réacteurs compacts. Néanmoins, l’étude met en évidence des obstacles nationaux de taille : une pénurie de physiciens nucléaires spécialisés, un manque d’infrastructures d’expérimentation, et une absence de cadre réglementaire spécifique.
Pour combler ce retard, le ministère a proposé trois voies de financement. L’option de base prévoit 50 à 100 millions de shekels sur cinq ans pour la recherche et la formation universitaire. Une option intermédiaire propose 0,5 à 1 milliard de shekels afin de créer un centre de recherche dédié et d’ouvrir au secteur privé des installations nationales, notamment l’accélérateur de particules SARAF qui est situé à Soreq, dans le centre-sud d’Israël. Le plan le plus ambitieux, quant à lui, prévoit un programme national de 1 à 2 milliards de shekels sur une décennie, afin de mettre en place un système complet, incluant un réacteur expérimental en collaboration avec des partenaires internationaux.
L’étude met par ailleurs en garde contre le risque que l’inaction du gouvernement dans les prochaines années ne conduise à l’exclusion des entreprises israéliennes, alors que les chaînes d’approvisionnement mondiales et les normes technologiques s’établissent pour les décennies à venir.
la Communauté du Times of Israël !








