Une actrice israélienne poursuit Francesca Albanese qui l’a comparée aux nazis
Sarai Givaty réclame 500 000 shekels à la rapporteuse de l’ONU, qu’elle accuse d’avoir déformé ses propos sur l’endoctrinement des enfants, l’exposant à des menaces de mort
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Luke Tress est le correspondant du Times of Israel à New York.

L’actrice et mannequin israélienne Sarai Givaty a engagé des poursuites judiciaires contre Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l’ONU pour les Territoires palestiniens, après que celle-ci l’a comparée aux nazis dans une publication sur les réseaux sociaux.
Givaty avait accordé en septembre 2025 une interview en hébreu dans laquelle elle est revenue sur sa réaction au pogrom du 7-Octobre, appelant à combattre l’extrémisme islamiste comme celui de l’extrême droite israélienne.
« Voir pleurer un enfant, où que ce soit dans le monde, me rend triste, vraiment triste. Mais je comprends aussi que si nous n’agissons pas, cet enfant deviendra un terroriste en grandissant », a-t-elle déclaré.
Albanese a partagé cette vidéo le mois dernier, comparant les propos de Sarai Givaty à la persécution nazie.
« ‘Les enfants vont grandir.’ C’était également l’argument avancé par les responsables nazis, lors des procès de Nuremberg, pour justifier le meurtre d’enfants pendant la Shoah », a écrit Albanese dans une publication vue plus de deux millions de fois.
D’autres extraits de l’interview, qu’Albanese n’a pas diffusés, montraient pourtant que Givaty dénonçait plus largement l’endoctrinement des enfants par les idéologies extrémistes des deux camps, sans appeler à la violence.
"The children will grow up".
This was also the argument that Nazi officials gave, during the Nuremberg Trials, to justify why they had killed children during the Holocaust. https://t.co/v0HZYbs0sX
— Francesca Albanese, UN Special Rapporteur oPt (@FranceskAlbs) September 19, 2026
Givaty a notamment expliqué qu’à la suite du 7-Octobre, « j’ai compris qu’il y avait ici un islamisme extrémiste ».
« Nous devons aussi éradiquer nos propres extrémistes, c’est très important. Ce que font Smotrich et Ben Gvir est antisioniste », avait-elle déclaré.
Dans cette interview, lorsqu’elle évoquait les « enfants », Givaty ne désignait pas spécifiquement ceux de Gaza, mais semblait faire référence aux enfants endoctrinés des deux côtés du conflit.
Les propos de l’actrice, relayés par Albanese, ont ensuite été repris par des médias internationaux.
Givaty affirme avoir reçu des menaces de mort et des messages haineux. Elle soutient également que la publication d’Albanese a compromis ses perspectives professionnelles.
« En tant que mère, je suis consternée par cette comparaison mensongère. On peut ne pas partager mes opinions, mais on ne peut ni m’attribuer des propos que je n’ai jamais tenus ni me présenter à des millions de personnes comme quelqu’un qui justifie le meurtre d’enfants », a déclaré Givaty dans un communiqué diffusé par Shurat HaDin, une organisation de défense juridique qui l’accompagne dans sa procédure.
L’actrice réclame 500 000 shekels de dommages et intérêts à Albanese devant le tribunal de première instance de Jérusalem.
Albanese s’est déjà illustrée par des déclarations extrémistes et des propos que de grandes organisations juives jugent antisémites.
En 2025, plusieurs organisations chrétiennes pro-Israël aux États-Unis ont également poursuivi la rapporteuse de l’ONU pour diffamation présumée.
Albanese s’est soustraite aux tentatives de notification de cette plainte et ne semble pas avoir participé directement à la procédure judiciaire.
Elle est par ailleurs interdite d’entrée en Israël.
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