Netanyahu a convaincu un parti ultra-orthodoxe, dont le chef est soupçonné d’agressions sexuelles sur des jeunes filles, de se retirer
Selon N12, le Likud préparerait des recours contre les résultats des bureaux de vote arabes
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Le parti Achi (« Mon frère ») a annoncé vendredi qu’il se retirait de la course électorale à seulement quatre jours du scrutin, alors que le Premier ministre Benjamin Netanyahu et ses partenaires font pression sur les petites formations de droite et religieuses pour qu’elles se retirent de la course.
Achi a été fondé en juin en tant que parti national par des disciples du défunt rabbin Yoram Abergel, originaire de la ville de Netivot, dans le sud du pays. Son chef spirituel est le fils d’Abergel, Haïm Yosef Abergel, à la tête du réseau de yeshivot du défunt rabbin, qui a été arrêté en août dernier, soupçonné d’agressions sexuelles sur des jeunes filles.
À l’approche des dernières élections municipales de 2024, le jeune Abergel avait rompu avec le parti ultra-orthodoxe séfarade Shas – allié de Netanyahu et adoptant une position intransigeante contre la conscription – en raison de son soutien au service militaire et aux études laïques.
Le site d’information Ynet a publié la vidéo d’une conversation téléphonique entre Abergel et Netanyahu, dans laquelle le Premier ministre le félicite de « se soucier véritablement de notre peuple » et fait allusion à l’accord conclu entre eux.
« Ceux qui étudient la Torah étudieront, et tous les autres s’enrôleront. C’est exactement ce dont nous avons convenu », peut-on entendre Netanyahu déclarer, en référence à la question très controversée des dérogations au service militaire obligatoire pour les Haredim étudiant en yeshiva.
Le parti du Likud a publié un communiqué indiquant avoir conclu un accord avec le parti Achi visant à nommer un représentant de cette formation au poste de vice-ministre au sein du gouvernement « afin de faire avancer nos principes communs ».
נתניהו לרב אברג׳ל: הסיכום בנינו – מי שלומד ילמד וכל האחרים יתגייסו pic.twitter.com/LnokEPgoAD
— אבי מוסקוב Avi moskoff (@AviMoskov) October 23, 2026
Aucun sondage ne prévoyait que le parti Achi franchirait le seuil électoral.
Netanyahu a également exercé de fortes pressions sur le parti Amkha Yisrael (« Ton peuple, Israël ») d’Ofer Winter et HaTzibur HaHaredi (« Le public haredi ») de Moti Leitner pour qu’ils se retirent de la course, craignant que les voix destinées au bloc de droite ne soient perdues si ces partis n’entrent pas à la Knesset.
Ces partis ont catégoriquement refusé de céder à ces appels au retrait, et aucun des deux ne devrait entrer à la Knesset selon les derniers sondages publiés avant le scrutin de mardi.
Bureaux de vote arabes
Vendredi également, la télévision israélienne a rapporté que le Likud se préparait déjà à contester les résultats des bureaux de vote situés dans les villes et villages arabes, et ce, avant même le début du scrutin.
Selon le journal télévisé de la chaîne N12, le Likud aurait déjà rédigé plusieurs plaintes et allégations de fraude concernant des bureaux de vote dans des communautés arabes.
Le parti se préparerait apparemment à contester la présence de femmes se présentant aux urnes entièrement voilées, ainsi que les allégations selon lesquelles certains bureaux de vote auraient instauré des horaires de vote séparés pour les hommes et les femmes. N12 a précisé que ces questions étaient déjà régies par les règlements de la commission centrale électorale (CCE).
Ce reportage fait suite à l’annonce, la semaine dernière, du Likud et du parti ultra-nationaliste HaTzionout HaDatit du ministre des Finances, Bezalel Smotrich. Ces deux partis s’étaient engagés à envoyer près de 2 000 militants dans les bureaux de vote des communautés arabes le jour du scrutin, invoquant des allégations non fondées de fraude de la part d’électeurs et de personnel électoral.
Ces militants s’ajouteront aux observateurs officiels que chaque parti est autorisé à envoyer dans les bureaux de vote. Les militants supplémentaires du Likud et de HaTzionout HaDatit n’auront donc aucune fonction officielle ni aucun moyen d’exercer un contrôle, ce qui soulève des questions quant à l’objectif de leur présence et suscite des craintes d’intimidation des électeurs.
En juin, lorsque des députés du Likud avaient proposé d’installer des caméras dans les bureaux de vote pour lutter contre la fraude, le directeur général de la CCE, Dean Livne, avait déclaré que les mesures de sécurité existantes étaient suffisantes.
« Il n’y a pas de fraude en Israël. Si elle existe, elle est marginale », avait déclaré Livne à l’époque.
En 2019, le Likud avait déployé des caméras dans les bureaux de vote des communautés arabes, s’attirant des accusations de tentative de dissuasion de la participation électorale et d’intimidation des électeurs. Le jour du scrutin en 2015, Netanyahu avait diffusé une vidéo dans laquelle il exhortait ses partisans à aller voter, car « les Arabes se rendent aux urnes en masse ».
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