Le Likud et HaTzionout HaDatit prévoient 2 000 militants dans les bureaux de vote arabes
La Liste arabe unie dénonce une "campagne raciste" fondée sur des accusations de fraude non étayées ; Eisenkot promet de mettre fin au pouvoir du Hamas à Gaza en 18 mois
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Le Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu et HaTzionout HaDatit du ministre des Finances, Bezalel Smotrich, ont annoncé jeudi qu’ils enverraient près de 2 000 militants des centaines de bureaux de vote situés dans des communautés arabes lors des élections du 27 octobre. Les deux partis justifient cette initiative invoquant des accusations non étayées de fraude électorale, tant lors du vote que du dépouillement.
Ces militants viendront s’ajouter aux observateurs officiels que chaque liste électorale peut envoyer dans les bureaux de vote. Ils n’auront donc aucune fonction officielle ni aucun pouvoir de contrôle sur le déroulement du scrutin, ce qui soulève des questions sur les raisons de leur présence et fait craindre des tentatives d’intimidation des électeurs.
Les deux partis y évoquent une « longue série d’incidents de fraude lors des campagnes électorales précédentes » et précisent que les militants seront affectés aux bureaux de vote selon une « cartographie spéciale » des risques de fraude.
Ils seront également formés pour intervenir en cas de violation des procédures de vote ou d’irrégularités lors du dépouillement.
Ces accusations ne sont toutefois étayées par aucune preuve de fraude électorale généralisée en Israël.
Un porte-parole du parti HaTzionout HaDatit n’a pas répondu dans l’immédiat aux demandes de précisions sur le rôle des militants dans les bureaux de vote, ni sur la manière dont cette cartographie a été réalisée et comment le risque de fraude a été déterminé.
Youssef Jabareen, chef de la Liste arabe unie, a accusé Smotrich et Ben Gvir de « chercher à intimider la population arabe à coups de mensonges et de campagnes racistes ».
En juin, lorsque des députés du Likud avaient proposé d’installer des caméras dans les bureaux de vote pour lutter contre la fraude, le directeur général de la commission centrale électorale (CCE), Dean Livne, avait estimé que les dispositifs de contrôle existants étaient suffisants.
« Il n’y a pas de fraude en Israël. Si elle existe, elle est marginale », avait-il déclaré.
Le Likud a, à plusieurs reprises, fait de la participation électorale des Arabes un enjeu électoral.
En 2015, Netanyahu avait averti que les électeurs arabes « se rendaient aux urnes en masse ». En 2019, le parti avait déployé des caméras dans les bureaux de vote des communautés arabes, une mesure que ses détracteurs avaient qualifiée de tentative visant à freiner la participation et à intimider les électeurs.
La participation électorale est généralement plus faible au sein de la population arabe que dans l’ensemble de la population israélienne. Lors des dernières élections, en novembre 2022, environ 53 % des électeurs arabes avaient voté, contre près de 70 % de l’ensemble des électeurs.
Cette dernière campagne intervient alors que le bloc dirigé par le Likud ne semble pas en mesure d’obtenir une majorité parlementaire à la Knesset, ce qui rend la participation des électeurs arabes potentiellement décisive.
Selon les derniers sondages, la Liste arabe unie et Raam, les deux partis à majorité arabe, qui ont signé un accord de partage des voix excédentaires, devraient remporter ensemble environ 14 des 120 sièges de la Knesset. Ces résultats pourraient leur donner un rôle déterminant dans le rapport de force entre le bloc de Netanyahu et ses adversaires sionistes.
Raam, parti traditionaliste qui présente pour la première fois un candidat sioniste, souhaite participer à un gouvernement avec l’opposition sioniste. De son côté, la Liste arabe unie, plus fermement antisioniste, a déclaré qu’elle était prête à offrir un « filet de sécurité » conditionnel à un éventuel gouvernement minoritaire anti-Netanyahu.
Netanyahu s’en est vivement pris à Eisenkot, lui reprochant de dépendre du soutien des partis arabes pour gouverner, comme le laissent entendre les sondages.
Eisenkot et les autres dirigeants de l’opposition sioniste, à l’exception de Yair Golan, à la tête du parti de gauche HaDemocratim, ont promis de ne former de gouvernement ni avec la Liste arabe unie ni avec Raam. Ce dernier parti avait pourtant participé au gouvernement de 2021-2022, qui avait temporairement évincé Netanyahu du pouvoir.
Avigdor Liberman, président d’Yisrael Beytenu et ancien ministre des Finances du gouvernement Bennett-Lapid (2021-2022), a réaffirmé jeudi son opposition à tout gouvernement minoritaire ainsi qu’à toute coalition qui comprendrait des partis arabes, des partis ultra-orthodoxes ou Benjamin Netanyahu.
« Notre position est claire et sans équivoque. Nous formerons une coalition uniquement composée de partis sionistes », a écrit Liberman sur X. « Sans Raam, sans la Liste arabe unie, sans le Shas et sans Yahadout HaTorah. »
« Sans Netanyahu, le Likud pourrait être un partenaire de poids », a-t-il ajouté.
« Mais avec lui, quoi qu’il arrive, il est hors de question que nous siégions avec lui », a-t-il insisté.
« Je suis convaincu que nous obtiendrons une majorité solide aux prochaines élections, malgré les sondages », a déclaré Liberman.
Réaffirmant son opposition à « tout gouvernement minoritaire, même de transition », Liberman a assuré connaître plusieurs députés du Likud conscients que Netanyahu les avait réduits au rang de « sous-traitants » des partis ultra-orthodoxes. Selon lui, ils seraient prêts à rejoindre le bloc de l’opposition sioniste.
Liberman avait déjà rejeté la possibilité d’un gouvernement minoritaire lorsque Eisenkot, en tête des sondages, avait avancé cette idée.
Eisenkot affirme que le Hamas restera au pouvoir tant que Netanyahu dirigera Israël
Gadi Eisenkot, ancien chef d’état-major de Tsahal, s’est exprimé jeudi depuis la frontière avec Gaza, accusant Netanyahu de ne pas avoir atteint les objectifs de guerre d’Israël, trois ans après le pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023.
Malgré les années de guerre, le Hamas contrôle toujours environ un tiers de la bande de Gaza et conserve des capacités militaires, tandis qu’Israël en contrôle plus de 60 %, selon les chiffres communiqués par Tsahal en juin.
« Tant que Benjamin Netanyahu sera au pouvoir, le Hamas le restera aussi », a déclaré Eisenkot, reprochant au Premier ministre d’avoir dilapidé la légitimité sans précédent dont Israël bénéficiait, tant sur le plan national qu’international, pour mener des opérations militaires, tout en laissant le Hamas se maintenir au pouvoir et reconstituer ses forces.
« Dans les 18 mois suivant mon entrée en fonction au poste de Premier ministre, le Hamas ne gouvernera plus la bande de Gaza. Nous ferons en sorte que sa branche militaire soit détruite », a promis Eisenkot.
Selon lui, cet objectif pourrait être atteint soit par la voie militaire, soit dans le cadre du plan du président américain Donald Trump visant à démilitariser et reconstruire Gaza. Accepté par le gouvernement Netanyahu, ce plan est toutefois dans l’impasse depuis plusieurs mois, en raison de désaccords et de l’imminence du scrutin.
Le Likud a réagi en reprochant une nouvelle fois à Eisenkot de dépendre du soutien des partis arabes pour gouverner.
« Comment comptez-vous vaincre le Hamas sans obtenir l’autorisation de vos partenaires Mansour et Tibi ? », a lancé le Likud, en référence à Mansour Abbas, chef de Raam, et à Ahmad Tibi, l’un des principaux responsables de la Liste arabe unie.
« Depuis 17 ans, Netanyahu et le Likud trompent les citoyens israéliens et renforcent le Hamas. Si vous aviez consacré un peu plus de temps à faire votre travail et un peu moins à préparer vos éléments de langage, le 7-Octobre aurait peut-être pu être évité », a répliqué Yashar.
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