La Liste arabe unie prête à offrir un filet de sécurité à toute coalition anti-Netanyahu
Le parti conditionne son soutien à une feuille de route vers un État palestinien et à un budget pour lutter contre la criminalité dans le secteur arabe
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Le chef de file de la Liste arabe unie, Youssef Jabareen, a déclaré samedi que son parti était prêt à offrir au bloc d’opposition de la Knesset un filet de sécurité électoral afin de remplacer le gouvernement dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Jabareen, qui dirige la faction Hadash de la Liste arabe unie, a déclaré dans un message vidéo que son parti « utiliserait tous les moyens » à sa disposition pour détrôner le Premier ministre. Il a ajouté qu’il exigerait certaines conditions en contrepartie, notamment un plan budgétaire de lutte contre la criminalité dans les communautés arabes et une feuille de route vers la création d’un État palestinien.
Cette déclaration, publiée en arabe et traduite par les médias israéliens, est intervenue à peine deux semaines avant les élections législatives du 27 octobre. Elle laisse entendre que la Liste arabe unie pourrait s’abstenir lors du vote, voire voter en faveur d’une coalition – ce qu’elle a rarement fait -, afin de donner au bloc anti-Netanyahu une majorité parlementaire. Les sondages montrent depuis des mois que ni les partisans ni les opposants du Premier ministre ne parviendront à obtenir une majorité absolue de 61 sièges à la Knesset sans le soutien des partis arabes.
En soutenant une coalition de l’extérieur sans y adhérer, la Liste arabe unie pourrait ouvrir la voie à un gouvernement minoritaire composé de partis sionistes anti-Netanyahu.
Mais l’engagement de Jabareen pourrait susciter la polémique. La plupart des grands partis anti-Netanyahu ont exclu de s’appuyer sur des formations arabes pour former une coalition, et la plupart d’entre eux s’opposent à un État palestinien. Dans des spots publicitaires offensifs, Netanyahu a affirmé que ses adversaires incluraient des partis arabes dans leur gouvernement.
Parallèlement, samedi soir, Netanyahu a continué à échanger des piques avec l’ancien général Ofer Winter, son prétendu partenaire. À l’autre extrémité de l’échiquier politique, le parti de gauche HaDemocratim a averti avoir identifié une campagne de fausses vidéos générées par l’intelligence artificielle (IA) montrant d’anciens otages du Hamas soutenir le parti. On ignore toutefois qui est responsable de ces vidéos et quel en était l’objectif.
Benny Gantz, chef du parti Kakhol Lavan, a, quant à lui, déclaré qu’il resterait dans la course, malgré des sondages indiquant systématiquement que son parti était loin d’atteindre le seuil électoral nécessaire pour entrer à la Knesset.
Jabareen : « Aucune limite » à ce que nous pouvons faire pour remplacer Netanyahu
Jabareen a déclaré que la Liste arabe unie serait prête à entamer des négociations avec l’opposition afin de parvenir à un accord sur la formation d’un gouvernement visant à évincer Netanyahu.
« Après les élections, nous imposerons nos conditions à toute constellation politique en Israël », a-t-il indiqué dans un communiqué.
« Nous disposons d’une totale liberté d’action, sans aucune limite, pour remplacer le gouvernement Netanyahu, et nous utiliserons tous les moyens à notre disposition. »
Jabareen a précisé que la Liste arabe unie soutiendrait l’opposition par le biais d’un « filet de sécurité » – ce qui signifie qu’elle faciliterait la formation d’un gouvernement minoritaire en lui apportant son soutien sans pour autant rejoindre la coalition.
Il a toutefois précisé que son parti ne donnerait pas à une éventuelle coalition « un chèque en blanc », mais qu’il s’attendrait en revanche à ce que certaines conditions soient remplies en échange de son soutien.
Les conditions posées par Jabareen pour un tel accord pourraient toutefois s’avérer irréalisables. Elles comprennent notamment un plan structuré et doté d’un budget visant à réduire la criminalité violente dans les municipalités arabes. Il a également exigé l’arrêt des démolitions de logements, une mesure punitive appliquée aux résidences des terroristes condamnés et de leurs familles. Il a par ailleurs déclaré que la coalition devrait s’engager sur la voie diplomatique en vue de la création d’un État palestinien.
« Ces élections ne sont pas des élections comme les autres », a déclaré Jabareen dans sa vidéo, résumant les principaux enjeux auxquels sont confrontés les électeurs arabes comme étant « le fascisme, le racisme, les préjudices persistants et une escalade sans précédent ».
« Ce sont des élections décisives pour notre pays, le seul que nous ayons », a-t-il ajouté.
La grande majorité des partis politiques israéliens, tous bords confondus, s’opposent à la création d’un État palestinien. Les membres de droite et de centre-droit du bloc d’opposition ont également exclu d’accueillir des partis arabes au sein de leur coalition, ce qui constitue un obstacle supplémentaire au projet de Jabareen.
La plupart des discussions concernant l’intégration de partis dirigés par des Arabes dans un gouvernement d’opposition ont porté sur Raam, le parti historiquement islamiste qui avait rejoint le gouvernement en 2021-2022 pour détrôner brièvement Netanyahu. Mais cette perspective s’est également avérée controversée.
Netanyahu n’a cessé d’attaquer son principal rival, Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar, en affirmant que ce dernier ne pourrait former un gouvernement qu’en s’appuyant sur des partis arabes.
Le dernier sondage publié jeudi par Zman Yisrael, la version en hébreu du Times of Israel, montre que le bloc des partis opposés à Netanyahu devance le bloc pro-Netanyahu, mais qu’il est encore loin des 61 sièges minimum nécessaires pour former un gouvernement.
Si les élections avaient lieu aujourd’hui, le sondage révèle que les quatre partis dirigés par des Juifs et opposés à Netanyahu remporteraient 55 sièges, soit six de moins que la majorité, tandis que les partis soutenant Netanyahu en obtiendraient 51.
La Liste arabe unie et Raam remporteraient 14 sièges au total, dont neuf pour l’alliance de partis arabes.
Si l’offre de Jabareen était acceptée et ses conditions remplies, le soutien extérieur de la Liste arabe unie suffirait au bloc anti-Netanyahu pour former un gouvernement minoritaire.
Winter à propos de Netanyahu : « Je ne travaille pour personne »
Le chef du parti de droite « Amkha Yisrael » a de nouveau critiqué Netanyahu lors d’une interview accordée à la chaîne N12.
Winter a déclaré qu’il soutiendrait Netanyahu pour un nouveau mandat, mais il a également critiqué le bilan du Premier ministre et a exigé l’adoption d’une loi instaurant la conscription universelle, une mesure à laquelle les partenaires haredim de Netanyahu s’opposent farouchement.
Winter a déclaré à N12 qu’il ne rejoindrait pas un gouvernement dirigé par Eisenkot, affirmant que cela constituerait un « danger » pour l’État d’Israël.
Il a toutefois ajouté que si Netanyahu s’alliait avec les ultra-orthodoxes plutôt qu’avec lui, il dirait au Premier ministre d’aller « se faire voir ».
« Je le pense vraiment. Je ne travaille pour personne », a-t-il déclaré.
« Nous sommes venus pour faire ce que nous avons à faire. Sinon, nous ne participerons pas. »
En réponse, Netanyahu a comparé Winter à « un deuxième Naftali Bennett », l’ancien Premier ministre et ancien allié de Netanyahu qui s’était rallié à l’opposition pour le renverser.
« Bennett avait lui aussi promis de s’allier à la droite, et il s’est rallié aux Frères musulmans », a déclaré Netanyahu dans une vidéo, faisant référence à Raam.
« Winter n’a cessé de m’attaquer… Vous savez qu’il fera basculer vos voix vers la gauche. »
Netanyahu a attaqué Winter à plusieurs reprises et l’a qualifié de « fausse droite » lors d’une conférence jeudi, selon la Treizième chaîne.
HaDemocratim : nous ne sommes pas à l’origine des fausses vidéos générées par IA mettant en scène d’anciens otages
Plus tard dans la soirée de samedi, HaDemocratim a déclaré dans un communiqué que le parti avait identifié une « campagne d’influence » dans laquelle des vidéos générées par IA montraient des Israéliens qui avaient été pris en otage par le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza exprimant leur soutien au parti.
Le parti a affirmé que ces vidéos n’avaient aucun lien avec sa campagne et a qualifié cette manœuvre de « malhonnête et méprisable », destinée à « nuire aux otages, à la mémoire de leurs proches et au parti HaDemocratim ».
Le communiqué ne précisait toutefois pas qui était soupçonné d’avoir produit ces vidéos ni en quoi celles-ci étaient censées nuire au parti.
« Comme on le sait, le parti HaDemocratim a soutenu la lutte des familles des otages pour leur retour », indiquait le communiqué.
« Nous sommes choqués par les atteintes répétées portées à ces familles. »
Le parti a déclaré avoir informé le géant des réseaux sociaux Meta, l’Unité de cyber-défense C4I et la commission centrale électorale (CCE), et a appelé à l’ouverture d’une enquête.
Gantz : « Je ne me retire pas de la course »
Le chef du parti Kakhol Lavan, Benny Gantz, a insisté sur le fait qu’il continuerait à se présenter aux élections, bien que les sondages montrent systématiquement que son parti a peu de chances de remporter suffisamment de voix pour entrer à la Knesset.
Dans une déclaration vidéo publiée samedi, Gantz a déclaré qu’il continuerait à se présenter « jusqu’au bout » et a rejeté les accusations selon lesquelles les électeurs gaspilleraient leur bulletin de vote.
Il a réitéré le message de sa campagne selon lequel son parti ferait pression en faveur d’un gouvernement d’union nationale réunissant les blocs pro- et anti-Netanyahu.
« Nous sommes sur la voie de la catastrophe. Nous devons nous arrêter et sauver le pays », a-t-il déclaré.
« Je n’appartiens à aucun bloc ; quiconque prétend que je gaspille des voix ment et a peur. »
Il a affirmé qu’il existait un électorat représentant six sièges à la Knesset prêt à voter pour son parti.
Cette déclaration semble contredire celle qu’il avait faite au Times of Israel le mois dernier, dans laquelle il indiquait qu’il se retirerait de la campagne au cours de la dernière semaine si l’issue de l’élection était évidente.
« Soit je franchis le seuil électoral, soit je ne me représenterai pas au cours de la dernière semaine environ », avait-il déclaré en septembre dans le podcast « Lazar Focus » du Times of Israel.
« Ainsi, aucun vote ne sera gaspillé. »
la Communauté du Times of Israël !







