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Au salon de Jérusalem, vif intérêt de ressortissants étrangers pour l’immobilier israélien

Les potentiels clients évoquent des projets d'alyah, des liens familiaux et des inquiétudes croissantes concernant la vie juive aux États-Unis et en Europe au moment d'acheter un bien

Le salon Israel Home Expo à Jérusalem, le 30 septembre 2026. (Zev Stub/Times of Israel)
Le salon Israel Home Expo à Jérusalem, le 30 septembre 2026. (Zev Stub/Times of Israel)

Si le marché immobilier israélien a connu un certain ralentissement, ces dernières années, personne n’en a rien dit aux visiteurs du salon de l’immobilier organisé mercredi à Jérusalem.

L’intérêt pour les logements neufs en Israël a été fort, le temps de cette foire organisée au centre international de congrès de Jérusalem (Binyanei HaUma) à destination des acheteurs étrangers potentiels venus en Israël pour Souccot. Près d’un millier de personnes ont assisté à cet événement gratuit, soit bien davantage que ce à quoi s’attendait Eran Rolls, président du Centre israélien de la construction et organisateur de cette manifestation.

« Avec un tel intérêt de la part des acheteurs étrangers, l’objectif de cet événement n’est pas seulement de les aider à trouver un logement, mais se bâtir un foyer en Israël », explique M. Rolls. « Cela exprime notre sionisme et nos valeurs, et c’est une bonne affaire pour tout le monde. »

Chez les acheteurs israéliens, la demande de logements s’est ralentie ces derniers temps, en partie en raison de l’incertitude du marché depuis que le Hamas a envahi le sud d’Israël le 7 octobre 2023. Les prix ont baissé en moyenne de 1,2 % ces 12 derniers mois, selon le Bureau central des statistiques, après avoir presque doublé au cours de la décennie précédente. Des taux d’intérêt élevés, une offre record de logements neufs invendus et des prix élevés ont également nui au dynamisme des ventes.

La tendance est toutefois inverse chez les acheteurs juifs venus de l’étranger, qui sont nombreux à vouloir s’installer en Israël avec leurs proches du fait de la montée de l’antisémitisme. Le taux de change défavorable — le shekel s’échange actuellement à 3,07 NIS pour un dollar, et est descendu jusqu’à 2,80 NIS en mai dernier — est un obstacle pour certains, mais la demande des acheteurs des États-Unis, de France, du Royaume-Uni et d’autres pays demeure plus forte que jamais, selon des représentants du secteur.

« C’est le moment d’acheter, car dès que la grande vague d’immigrants commencera à arriver, les prix vont augmenter de façon spectaculaire », estime M. Rolls en se faisant l’écho de l’inquiétude perçue lors d’un récent salon immobilier organisé par ses soins aux États-Unis. « Acheter une maison en Israël, cela revient à enraciner votre famille ici. »

Eran Rolls, président du Centre israélien de la construction, lors du salon Israel Home Expo à Jérusalem, le 30 septembre 2026. (Zev Stub/Times of Israel)

Des dizaines de promoteurs immobiliers ont présenté leurs projets phares lors de ce salon, aux côtés de stands où des banques, des caisses de santé et des organisations d’aide aux immigrants ont pu prodiguer leurs conseils aux futurs olim (les nouveaux immigrants). Une entreprise proposait des aménagements italiens sur mesure pour des appartements haut de gamme, tandis qu’une autre faisait la promotion d’un groupe d’achats proposant des appartements à des prix inférieurs à ceux du marché.

Parmi les visiteurs, on trouvait tous les profils d’acheteurs potentiels, à commencer par des curieux qui voulaient voir de quoi il retournait.

« Qu’y a-t-il de mieux à faire pendant Souccot, au moment précis où nous sommes invités à sortir de chez nous pour entrer dans la Souccah et réfléchir à ce qui est important dans la vie », explique le rabbin Avi Berman, directeur général de l’Orthodox Union (OU) en Israël, qui a contribué à la promotion de l’événement. « Tous les Juifs savent que c’est notre avenir, et tout le monde veut acheter un petit bout de cet avenir, que ce soit pour un déménagement futur ou pour un investissement. »

Des visiteurs au salon Israel Home Expo de Jérusalem, le 30 septembre 2026. (Centre israélien de la construction)

Steve Savitsky, venu de Woodmere, dans l’État de New York, est venu avec sa fille et son gendre pour explorer le marché immobilier et voir les membres de sa famille qui vivent déjà en Israël.

« J’ai toujours voulu acheter ici, mais j’ai commis l’erreur de ne pas le faire plus tôt », confie M. Savitsky, ex-président de l’Orthodox Union. « Cet événement m’a donné beaucoup de matière à réflexion, même s’il m’a aussi rendu plus confus. »

Steve Savitsky, à droite, accompagné de membres de sa famille au salon Israel Home Expo de Jérusalem, le 30 septembre 2026. (Zev Stub/Times of Israel)

Bien que le taux de change shekel-dollar « ne soit pas celui que nous aimerions », M. Savitsky reste optimiste du fait du stock d’appartements disponibles sur le marché — les chiffres du ministère des Finances font état de 83 000 logements neufs invendus —.

De son point de vue, il y a des affaires à faire. Il évoque également les inquiétudes concernant la vie juive sous la mandature du maire de New York, Zohran Mamdani, fervent critique d’Israël, qui rendent « plus sérieuse » les perspectives d’achat en Israël, même s’il se refuse à parler d’urgence.

« Nous vivons dans une communauté formidable, et je ne pense pas que cela va changer du jour au lendemain », confie-t-il. Néanmoins, ajoute-t-il, « il y a des signes annonciateurs et nous sommes conscients du passé. »

Steve et Eileen Schongold au salon Israel Home Expo à Jérusalem, le 30 septembre 2026. (Zev Stub/Times of Israel)

Nombre de participants sont des Israéliens désireux de se trouver un nouveau logement.

Steve et Eileen Schongold se sont installés en Israël l’année dernière dans la foulée de l’alyah de leur fille et de ses proches. Après avoir loué pendant un an à Netanya, ils sont venus voir ce qu’ils pourraient acheter, en vue de leur alyah prévue l’été prochain.

« Nous sommes dans un coin où beaucoup de personnes parlent anglais, on se sent un peu comme à la maison », explique Steve en précisant que leur fille vit « près, mais pas trop ». À leur âge, il pourrait être difficile d’obtenir un prêt immobilier, précise-t-il, mais le couple étudie toutes les possibilités.

Jeffrey et Fay Schreiber au salon Israel Home Expo de Jérusalem, le 30 septembre 2026. (Zev Stub/Times of Israel)

Jeffrey et Fay Schreiber sont venus au salon voir ce qu’il y a car le plan de rénovation urbaine de leur immeuble, à Jérusalem, est retardé « de plusieurs années de plus », explique Jeffrey. Le couple a acheté son logement actuel il y a de cela 18 ans après avoir immigré depuis Détroit, mais Jeffrey, qui a 73 ans, n’en peut plus des 56 marches qui ne conviennent plus à ses genoux.

À terme, leur immeuble sera rénové et aura un ascenseur, mais le couple ne sait pas trop quoi faire d’ici là, souligne Fay.

« Nous pourrions louer notre appartement, pour nous permettre d’en louer un autre en attendant », envisage-t-elle. « Nous pourrions aussi le vendre. Nous sommes dans l’incertitude. »

Sandi Ryker et Emily Hershtal au salon Israel Home Expo de Jérusalem, le 30 septembre 2026. (Zev Stub/Times of Israel)

Sandi Ryker et Emily Hershtal sont venues au salon pour une autre raison. La cofondatrice et la responsable du développement commercial de My Israel Properties sont en effet venues se renseigner sur les nouveaux programmes immobiliers qu’elles pourraient proposer à leurs clients à l’étranger.

« Nous avons un déplacement au Royaume-Uni après les fêtes, et un autre aux États-Unis et au Canada juste après », explique Mme Ryker. « Plutôt que des grands événements, comme le font certaines agences, nous privilégions des entretiens individuels avec des clients qui envisagent à long terme une alyah mais souhaitent prendre racine dès maintenant. »

Prendre de grandes décisions fait peur à beaucoup de Juifs ces jours-ci, reconnaît Mme Ryker.

« Les gens ont peur de la situation aux États-Unis ou en Angleterre, mais ils ont aussi peur de l’idée de vivre en Israël. Tout est effrayant et inconnu », poursuit-elle.

« Pour l’essentiel, notre idée est de rassurer et de dire : ‘Tout va bien se passer. La vie en Israël est formidable, tout va bien se passer.’ »

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