Près de trois ans après l’attaque la plus meurtrière de l’histoire d’Israël, qui a plongé le pays dans une guerre dévastatrice sur plusieurs fronts, les Israéliens s’apprêtent à voter lors d’une élection largement considérée comme l’une des plus décisives de l’histoire du pays, dont les enjeux dépassent largement l’avenir politique du Premier ministre Benjamin Netanyahu ou de ses adversaires.
Le scrutin du 27 octobre, le premier depuis le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, se tient dans un contexte de profondes divisions concernant la responsabilité des défaillances ayant permis cette attaque, le fardeau du service militaire, l’indépendance des institutions démocratiques et du pouvoir judiciaire israéliens, ainsi que la capacité du pays à préserver sa prospérité économique et ses alliances internationales, alors que la polarisation interne s’accentue et que l’isolement mondial ne cesse de croître.
Pour les détracteurs de la coalition Netanyahu (droite, religieux et extrême-droite), ce scrutin représente une dernière chance de mettre un terme à ce qu’ils considèrent comme la transformation d’Israël, passant d’une démocratie libérale tournée vers l’Occident à un État de plus en plus autoritaire, dominé par la religion et isolé sur la scène internationale, dans lequel les freins et contrepoids démocratiques, l’indépendance judiciaire et l’État de droit sont progressivement érodés. Parallèlement, Netanyahu et ses alliés défendent leur bilan et affirment que leurs politiques sont nécessaires pour protéger la sécurité d’Israël, renforcer son caractère juif et redonner le pouvoir aux représentants élus par le peuple.
Le Premier ministre a réussi à maintenir sa coalition intacte pendant une législature complète de quatre ans, un exploit qu’aucun gouvernement israélien n’avait accompli depuis des décennies, malgré les défaillances catastrophiques en matière de sécurité durant son mandat, la guerre prolongée sur plusieurs fronts, son procès en cours pour corruption, les manifestations de masse contre la campagne du gouvernement à l’encontre du pouvoir judiciaire, ainsi que les crises politiques à répétition.
L’ancien chef d’état-major de l’armée israélienne, Gadi Eisenkot, dont le parti Yashar, récemment formé, a dépassé le Likud dans de nombreux sondages, s’est imposé comme le principal candidat de l’opposition au poste de Premier ministre. De récents sondages comparatifs placent également Eisenkot devant Netanyahu en tant que Premier ministre préféré des électeurs, avec, dans certains cas, près de 10 points de pourcentage d’avance.
Contrairement à 2022, lorsque les alliés de droite et religieux de Netanyahu avaient réussi à former une majorité gouvernementale, les partis opposés à la poursuite de son mandat disposent désormais d’un avantage parlementaire substantiel dans la plupart des sondages.
Même les quatre principaux partis sionistes d’opposition – Yashar d’Eisenkot, Beyahad de Naftali Bennett, Yisrael Beytenu d’Avigdor Liberman et HaDemocratim de Yaïr Golan – devancent collectivement, mais de justesse, le bloc de Netanyahu. Toutefois, leur capacité à former une majorité gouvernementale pourrait dépendre de l’intégration de partis arabes, ce que la plupart des partis sionistes d’opposition ont exclu.
Aucun des deux camps ne devrait donc remporter à lui seul les 61 sièges nécessaires pour former un gouvernement majoritaire. La complexité du système électoral israélien signifie par ailleurs que Netanyahu pourrait rester au pouvoir même si ses adversaires remportaient un nombre de sièges nettement supérieur.
Le sort de plusieurs petits partis pourrait s’avérer décisif. Le parti de droite Amkha Yisrael (« Ton peuple, Israël ») de l’ancien général de Tsahal Ofer Winter, qui s’est engagé à soutenir Netanyahu, et le parti HaMilouimnikim (« Les Réservistes ») de Yoaz Hendel, qui est resté évasif quant à ses préférences de coalition, oscillent autour ou en dessous du seuil électoral de 3,25 %. Leur entrée à la Knesset pourrait modifier l’équilibre entre les blocs, tandis que leur échec à franchir ce seuil pourrait profiter à leurs rivaux.
Les enjeux
Contrairement aux élections précédentes, qui étaient en grande partie des référendums sur Netanyahu, et malgré une campagne dominée par les calculs de coalition et les sondages, ce scrutin va bien au-delà de la simple question de savoir qui formera le prochain gouvernement.
La responsabilité des événements du 7-Octobre est un enjeu central de cette élection, près de trois ans après l’assaut barbare et sadique du Hamas qui a mis en évidence des défaillances catastrophiques au sein des instances de sécurité et de la direction politique israéliennes. Les partis d’opposition ont fait de la création d’une commission d’enquête nationale indépendante un engagement de campagne majeur, estimant que la population mérite des réponses sur les circonstances ayant permis l’attaque et sur ses responsables. Le gouvernement Netanyahu s’est opposé à la mise en place d’une telle commission – affirmant qu’il faudrait plutôt former une commission composée de membres nommés sur une base politique – tandis que le Premier ministre a refusé d’assumer la responsabilité personnelle des défaillances survenues pourtant sous son mandat.
La guerre a également exacerbé les tensions de longue date concernant la conscription des ultra-orthodoxes. Malgré la pénurie croissante d’effectifs au sein de Tsahal, la dépendance de Netanyahu vis-à-vis des partis haredim, qui s’opposent farouchement à la conscription, a contribué à préserver les exemptions généralisées dont bénéficie la communauté ultra-orthodoxe. Les partis d’opposition se sont engagés à mettre fin à ces exemptions, à réduire les subventions accordées aux étudiants des yeshivot qui se soustraient au service militaire, et à réformer un système scolaire haredi dans lequel de nombreuses écoles n’enseignent pas les matières fondamentales nécessaires pour intégrer le marché du travail.
L’avenir des institutions démocratiques israéliennes est également en jeu, ainsi que, pour beaucoup, l’identité même d’Israël en tant que démocratie. La coalition Netanyahu a mené une refonte judiciaire de grande envergure que les détracteurs qualifient de tentative visant à affaiblir l’indépendance judiciaire et la séparation des pouvoirs, notamment en érodant les pouvoirs du procureur général, en sapant l’autorité de la Haute Cour et en s’en prenant aux juges et autres responsables judiciaires qui remettent en cause les politiques gouvernementales.
Elle a également fait avancer des mesures visant à restreindre l’indépendance des médias, en particulier les organes de presse perçus comme critiques à l’égard du gouvernement. Les partisans de cette réforme affirment qu’elle permettra de freiner un pouvoir judiciaire trop activiste et de permettre au gouvernement de mettre en œuvre la volonté de ses électeurs.
Les partis d’opposition se sont engagés à annuler ces changements controversés, à préserver l’indépendance du pouvoir judiciaire et la liberté de la presse, ainsi qu’à mener des réformes institutionnelles plus larges, notamment l’adoption d’une constitution, la limitation du nombre de mandats du Premier ministre et l’interdiction pour les personnes poursuivies au pénal d’exercer les fonctions de Premier ministre.
Sur le plan de la sécurité, la plupart des partis opposés à Netanyahu ne sont pas moins bellicistes que lui et devraient, selon toute vraisemblance, maintenir le cap en s’opposant à la République islamique d’Iran et en adoptant des positions belliqueuses envers ses proxys, du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah aux Houthis du Yémen, y compris en déployant des troupes à Gaza, au Liban et en Syrie.
Un gouvernement dirigé par Eisenkot ne relancerait en aucun cas les négociations en vue de la création d’un État palestinien. L’électorat israélien s’est considérablement déplacé vers la droite, une tendance qui est antérieure au 7-Octobre mais qui s’est accélérée depuis l’attaque. La prochaine Knesset conservera une importante majorité de droite, quel que soit le gouvernement en place.
Pourtant, l’attitude d’Israël envers les Palestiniens pourrait encore évoluer de manière significative, et un changement de ton pourrait avoir un effet modeste sur les efforts visant à restaurer la position internationale d’Israël. Des membres de la coalition Netanyahu ont ouvertement préconisé le repeuplement juif de Gaza, en facilitant l’évacuation de sa population et en annexant la Cisjordanie, tandis que la violence incontrôlée des résidents d’implantation à l’encontre des Palestiniens a atteint des niveaux sans précédent, tout en étant ignorée et, dans de nombreux cas, soutenue et financée par des ministères.
Un gouvernement débarrassé des partis ultra-nationaliste tel que HaTzionout HaDatit ou d’extrême-droite tel qu’Otzma Yehudit intensifierait probablement les efforts visant à endiguer la violence des résidents d’implantation et pourrait freiner l’expansion anarchique de la présence juive en Cisjordanie, tout en se recentrant sur la mise en œuvre du plan du président américain Donald Trump pour la reconstruction de Gaza, que Netanyahu a accepté.
Netanyahu et ses alliés soutiennent qu’un gouvernement dirigé par le bloc d’opposition disposerait d’une expérience relativement limitée en matière de gestion des affaires internationales, notamment vis-à-vis de Trump, et serait susceptible de céder sur les questions de sécurité face à des pressions étrangères.
Ce scrutin n’est qu’un début
Le jour du scrutin ne déterminera pas nécessairement qui dirigera le prochain gouvernement, mais seulement la composition de la prochaine Knesset.
Une fois les votes dépouillés, le président Isaac Herzog consultera les dirigeants des partis élus avant de charger le député qui, selon lui, a les meilleures chances de former un gouvernement, ce qui ne sera pas nécessairement le chef du plus grand parti ou bloc. Ce candidat disposera de 28 jours pour former une coalition, avec une prolongation possible de 14 jours. Si ces efforts échouent, un deuxième chef de parti pourra se voir accorder 28 jours (sans prolongation) pour tenter sa chance. Si cette tentative échoue à son tour, une majorité de 61 députés pourra demander au président de confier cette mission à un député particulier dans un délai supplémentaire de 21 jours.
Un gouvernement doit, en fin de compte, obtenir la majorité des voix à la Knesset pour prendre ses fonctions. Toutefois, un gouvernement minoritaire peut se former avec moins de 61 partisans si, compte tenu des abstentions, il recueille plus de voix pour que contre. Si toutes les tentatives échouent, Israël devra organiser de nouvelles élections et Netanyahu restera Premier ministre par intérim jusqu’à la formation d’un nouveau gouvernement.
Herzog a indiqué qu’il tenait à éviter une répétition de la situation de 2019-2020, lorsque des impasses persistantes avaient conduit la nation aux urnes à trois reprises en 11 mois. Cette situation incite les dirigeants à envisager un gouvernement d’union nationale ou de rotation associant Netanyahu et Eisenkot, si aucun des deux ne parvient à former un bloc à lui seul.
Mais avant que tout cela ne puisse se produire, ce sera aux 7 331 981 électeurs israéliens de décider de l’issue du scrutin pour l’ensemble des 37 partis en lice lors des élections du 27 octobre.
Alors qu’ils se rendront aux urnes pour la première fois depuis quatre ans, les électeurs auront le choix parmi un large éventail de partis : certains leur sont familiers, mais ont un lourd passé ; d’autres sont tout nouveaux, ou du moins se présentent comme tels ; certains sont voués à tomber dans l’oubli dès le 28 octobre ; et d’autres encore espèrent créer la surprise en s’imposant comme des poids lourds ou en jouant le rôle inattendu de faiseurs de rois.
Vous trouverez ci-dessous le guide du Times of Israel sur l’ensemble de ces partis, leurs dirigeants, leurs programmes et leurs perspectives électorales, en mettant l’accent sur les partis qui devraient entrer à la Knesset et sur les petites formations dont le sort pourrait s’avérer décisif.
Likud
Lettres figurant sur le bulletin de vote : מחל
Ce que le parti met en avant : Au pouvoir depuis la fin de l’année 2022 et pendant la quasi-totalité des 17 dernières années, le fleuron de la droite dirigé par Benjamin Netanyahu mise sur son bilan militaire depuis le 7-Octobre, affirmant que les succès militaires des trois dernières années à Gaza, en Cisjordanie, au Liban, en Syrie et en Iran ont placé Israël dans une position historiquement forte.
Le parti, dont la liste et la base électorales sont profondément fidèles à Netanyahu, a vu sa « nécrologie politique » rédigée au lendemain de l’attaque du 7-Octobre. Depuis lors, cependant, le parti, ainsi que son bloc plus large de factions alliées de droite et religieuses, a retrouvé ses repères électoraux.
Netanyahu impute aux responsables de la sécurité les échecs qui ont précédé le 7-Octobre. Il a mis en avant les zones tampons contrôlées par Tsahal en Syrie, au Liban et à Gaza, ainsi que les succès d’Israël lors de ses deux cycles de conflit avec l’Iran, comme preuves que le pays ne fait que se renforcer.
Si le Likud reste au pouvoir, il tentera très certainement de faire avancer son programme de refonte du système judiciaire, largement controversé, visant à priver les tribunaux de leur pouvoir. Il continuera également probablement à faire adopter des lois visant à consacrer les exemptions de service militaire pour les étudiants des yeshivot, si son partenariat avec les partis ultra-orthodoxes se poursuit. Le parti n’a pas encore publié de programme complet.
Le parti met également en avant les décennies d’expérience diplomatique de Netanyahu, notamment ses relations globalement cordiales avec le président Trump.
La campagne du Likud s’articule autour de l’argument selon lequel, si ses adversaires l’emportaient, ils mettraient en place un gouvernement dépendant de partis dirigés par des Arabes, ce qui constituerait un risque insoutenable pour la sécurité. Reprenant un slogan qui a fait ses preuves par le passé, le Premier ministre a averti les électeurs que « c’est eux ou nous ».
Dans le même temps, il s’est montré moins explicite que par le passé quant à l’identité de ce « nous ». Selon l’opinion générale, Netanyahu cherchera à s’associer aux partis haredim et d’extrême-droite qui composent actuellement sa coalition ; presque tous les autres s’étant engagés à le boycotter.
Il s’est notamment efforcé de consolider les résultats de HaTzionout HaDatit et de faire chuter Amkha Yisrael, le nouveau parti de droite qu’il considère comme une menace. Il a également cherché à prendre quelque peu ses distances par rapport à ses partenaires haredim, même si cela pourrait n’être qu’une tactique de campagne visant à montrer aux électeurs qu’il n’est pas à la merci de leurs exigences.
Chiffres clés : Netanyahu exerce depuis des années une emprise de fer sur le Likud, et à l’approche de cette élection, son emprise s’est encore renforcée.
Premier ministre ayant exercé le plus longtemps dans l’histoire d’Israël, Netanyahu a occupé ce poste pour la première fois de 1996 à 1999, puis de 2009 à 2021 – soit près de 19 ans sans interruption. Il s’est appuyé sur les partis sionistes religieux, d’extrême-droite et ultra-orthodoxes, ainsi que sur certains partenaires centristes, pour former des gouvernements de droite.
Il a été brièvement évincé en 2021, puis réélu l’année suivante. Aujourd’hui, à près de 77 ans, il est le plus vieux Premier ministre que l’Israël ait jamais connu.
En 2020, il a été mis en examen pour corruption. Premier Premier ministre en exercice à être jugé, il a nié les accusations et les a qualifiées de « chasse aux sorcières ».
Outre le fait d’être le visage omniprésent du parti et son dirigeant depuis près de trois décennies au total, Netanyahu a été autorisé cette année à choisir lui-même 11 des 29 premiers candidats figurant sur la liste du parti.
Presque tous les candidats sont des fidèles de Netanyahu. Cette liste, à prédominance masculine (seules quatre femmes figurent parmi les 35 premiers), comprend des piliers du parti tels que le ministre de l’Énergie Eli Cohen et le président de la Knesset Amir Ohana.
Le ministre de la Justice, Yariv Levin, architecte de la refonte judiciaire, occupe la place suivante sur la liste, suivi de Miri Regev, la ministre des Transports au franc-parler, qui se trouve actuellement dans une situation délicate suite à la tentative de détournement du vol flydubai FZ1073.
La liste comprend également le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, qui s’était autrefois rompu avec Netanyahu pour rejoindre l’opposition, mais qui est désormais revenu dans son giron.
Parmi les nouveaux venus du parti figurent Talik Gvili, mère de Ran Gvili, l’otage du Hamas assassiné dont le corps a été le dernier à être rapatrié de Gaza, et Jacob Bardugo, commentateur de premier plan sur la Quatorzième chaîne et proche de Netanyahu, qui exerce une influence considérable dans les négociations en coulisses.
Sondages : après avoir été à la traîne dans les sondages pendant des mois, le Likud est désormais pratiquement au coude à coude avec le parti d’opposition centriste Yashar d’Eisenkot, qui devrait remporter entre 20 et 23 sièges, ce qui représenterait une baisse significative par rapport à ses 32 sièges actuels. Les sondages montrent toutefois que le bloc qu’il est censé diriger est loin d’obtenir la majorité de 61 sièges à la Knesset, qui en compte 120.
Ce que vous ne saviez peut-être pas : Netanyahu s’est adressé quatre fois au Congrès américain – soit plus que tout autre dirigeant étranger, passé ou présent.
Yashar
Lettres figurant sur le bulletin de vote : דרך
Ce que le parti met en avant :Fondé en 2025 par l’ancien chef d’état-major de l’armée israélienne Gadi Eisenkot, le parti Yashar a d’abord été créé en alliance avec le parti HaMahane HaMamlahti de Benny Gantz, avant qu’Eisenkot ne s’en sépare pour former sa propre faction. À l’heure où nous écrivons ces lignes, il est considéré comme le principal rival de Netanyahu pour le poste de Premier ministre.
Yashar signifie « tout droit » ou « droit, honnête », et une grande partie de l’attrait du parti repose sur la réputation d’Eisenkot d’être franc, direct et digne de confiance, au-delà de ses solides références en matière de sécurité.
Bien qu’il ne dispose pas d’une grande expérience politique, Eisenkot a su se faire l’écho du deuil et des sacrifices endurés par les Israéliens au cours des années de guerre qui ont suivi le 7-Octobre : son cinquième enfant, Gal, 25 ans, a été tué en décembre 2023 alors qu’il combattait à Gaza au sein de l’unité d’élite Maglan. Cette tragédie personnelle a renforcé le sentiment d’identification et de proximité que de nombreux Israéliens éprouvent à son égard.
Le parti se présente comme une alternative large et de grande envergure à Netanyahu, s’engageant à privilégier une gouvernance mesurée plutôt que les idéologies sectorielles. Son programme préconise la mise en place d’une commission d’enquête nationale sur les défaillances liées aux événements du 7-Octobre, un service militaire ou national universel, une constitution écrite s’inspirant en partie de la Déclaration d’indépendance, un pouvoir judiciaire fort et indépendant, le renforcement de l’enseignement public et une fonction publique plus professionnelle. Il promet également une nouvelle doctrine de sécurité nationale, des réformes économiques visant à réduire le coût de la vie, ainsi que des efforts pour reconstruire les communautés durement touchées pendant la guerre.
La liste de Yashar reflète la volonté d’Eisenkot de s’ouvrir au-delà du centre traditionnel. Outre d’anciens responsables politiques du parti Kakhol Lavan, on y trouve d’anciens hauts responsables de la sécurité, des sionistes religieux, des économistes et des personnalités de la société civile.
Le parti a officiellement refusé d’exclure tout partenariat potentiel, mais a adopté une ligne dure contre le maintien de Netanyahu à la tête du pays, tandis qu’Eisenkot a déclaré qu’aucun parti arabe ou ultra-orthodoxe ne remplissait actuellement ses conditions pour rejoindre un gouvernement qu’il dirigerait. Ces conditions comprennent l’acceptation d’Israël en tant qu’État juif et démocratique, le soutien à la Déclaration d’indépendance, l’appui au service national universel, qu’il soit militaire ou civil, et la reconnaissance du Hamas comme une organisation terroriste qui doit être détruite. Yoram Cohen, numéro 2, a indiqué à au moins deux reprises que le parti extrémiste de droite de Bezalel Smotrich, Hatzionout haDatit, était un partenaire potentiel.
Eisenkot est en tête de liste, suivi de l’ancien chef de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet, Yoram Cohen. L’ancienne ministre de l’Énergie, Orit Farkash-Hacohen, occupe la troisième place, la pédagogue Adi Altschuler la quatrième, l’ancien ministre des Affaires religieuses Matan Kahana la cinquième et l’ancienne ministre de la Culture Chili Tropper la sixième. L’ancien directeur du budget au ministère des Finances, Shaul Meridor, occupe la septième place.
Bien que les têtes de liste de Yashar comptent des candidats dotés d’une expérience significative dans la fonction publique, si les sondages actuels se traduisent par plus de 20 sièges, la plupart de ses futurs députés n’auraient que peu ou pas d’expérience parlementaire ou politique. Le parti d’Eisenkot ferait alors son entrée à la Knesset avec un déficit d’expérience frappant par rapport à ses rivaux, dont les bancs regorgent de parlementaires chevronnés, d’anciens ministres et d’hommes politiques aguerris.
Sondages : Yashar s’est imposé comme l’un des deux principaux partis en lice, la plupart des projections le plaçant à égalité avec le Likud, voire légèrement en tête. Un sondage du Times of Israel/Zman Yisrael publié le 15 octobre lui attribuait 26 sièges, soit six de plus que le Likud, tandis qu’un sondage de la Treizième chaîne publié à peu près au même moment l’estimait à 20 sièges.
Ce que vous ne saviez peut-être pas : Le parti s’appelle Yashar, mais sur le bulletin de vote, il figure sous le nom de « Derech », qui signifie « voie » ou « chemin ». Le parti explique que ces lettres ont été choisies pour évoquer une « voie droite », synonyme de leadership, de responsabilité, de service et d’unité nationale.
Beyahad
Lettres figurant sur le bulletin de vote : רק
Ce que le parti met en avant : Beyahad, une alliance centriste dirigée par l’ancien Premier ministre Naftali Bennett et le chef de l’opposition Yaïr Lapid, a publié un programme électoral très complet abordant des thèmes allant du coût de la vie à la sécurité nationale.
Lors du lancement du parti en avril, Bennett, qui s’était retiré de la vie politique depuis 2022, a déclaré que « l’ère de la division est révolue », tandis que Lapid a appelé le centre politique à se rallier derrière Bennett, ancien dirigeant de la droite nationaliste religieuse, afin de former le prochain gouvernement.
Parmi ses propositions figurent la création d’une commission d’enquête nationale sur les événements du 7-Octobre ; l’incorporation des hommes ultra-orthodoxes dans l’armée et l’intégration de la communauté haredi dans la société israélienne ; la réforme de la doctrine de sécurité d’Israël ; faire de la reconstruction des communautés situées en première ligne une priorité nationale ; la réforme du marché du logement ; la refonte des monopoles pour stimuler la concurrence ; et le rétablissement des liens d’Israël avec la communauté juive mondiale.
Bien que déterminé à atteindre l’objectif commun de chasser le Likud, Beyahad a refusé de se rallier à Eisenkot ou de s’engager à soutenir le plus grand parti du bloc présumé anti-Netanyahu lors des négociations de coalition. À l’instar de la plupart des autres membres de l’ancien gouvernement Bennett-Lapid, Beyahad a exclu de renouveler son alliance avec le parti islamiste Raam.
Le parti est dirigé par Bennett, qui était auparavant à la tête des partis de droite HaBayit HaYehudi et Yamina, aujourd’hui dissous. En 2021, il a mis à profit les sept sièges de Yamina pour former un gouvernement de large coalition, à contre-courant des attentes, qui couvrait tout l’éventail politique et incluait Raam. Dans le cadre d’un accord de rotation, il a occupé le poste de Premier ministre pendant un an, puis a cédé sa place à Lapid, alors chef du parti centriste Yesh Atid, pour les derniers mois précédant les élections suivantes.
Bennett s’est présenté à son service de réserve quelques heures après le 7-Octobre, et a annoncé son retour en politique en avril 2025. Lapid, ancien chroniqueur et animateur d’un très populaire talk-show, est en politique depuis 2012, date à laquelle il a fondé Yesh Atid. Il a occupé le poste de ministre des Finances sous Netanyahu alors qu’il était un novice en politique, puis celui de ministre des Affaires étrangères sous Bennett. Il est chef de l’opposition depuis 2022.
Parmi les autres personnalités figurant sur la liste, on trouve Keren Terner, ancienne directrice générale des ministères des Finances et des Transports ; Merav Ben Ari, députée de Yesh Atid et cheffe de groupe de l’opposition ; ainsi que Liran Avisar Ben-Horin, ancienne directrice générale du ministère des Communications.
Sondages : Les sondages placent régulièrement Beyahad au troisième rang des partis israéliens, derrière Yashar, dirigé par Eisenkot, et le Likud de Netanyahu. Selon les derniers sondages, le parti devrait remporter entre 10 et 13 sièges.
Ce que vous ne saviez peut-être pas : Yonatan Shalev, un militant réserviste de 23 ans figurant en dixième position sur la liste de Beyahad, deviendrait le plus jeune député de l’histoire d’Israël s’il était élu.
Yisrael Beytenu
Lettres figurant sur le bulletin de vote : ל
Ce que le parti met en avant : Yisrael Beytenu est un parti laïc de droite, partisan d’une ligne dure, fondé en 1999 par Avigdor Liberman, toujours à sa tête. À l’origine, le parti s’appuyait sur une solide base d’immigrés originaires de l’ancienne Union soviétique. Au fil des ans, il a élargi son audience auprès des électeurs laïcs de droite et s’est de plus en plus défini par son opposition au pouvoir politique ultra-orthodoxe.
Son programme électoral pour 2026 allie une doctrine de sécurité musclée à un programme national résolument laïc. Yisrael Beytenu prône le service militaire universel, l’enseignement de matières obligatoires dans toutes les écoles publiques, le mariage et le divorce civils, ainsi que l’autorisation pour les collectivités locales de faire fonctionner les transports publics pendant Shabbat. Le parti réclame également la mise en place d’une commission d’enquête nationale sur les événements du 7-Octobre, l’adoption d’une constitution, un allègement de la réglementation et de la bureaucratie gouvernementale, un renforcement de la concurrence dans l’économie, ainsi que des mesures plus sévères contre le crime organisé.
En matière de sécurité, le parti prône une doctrine axée sur la victoire militaire décisive plutôt que sur l’endiguement.
Autrefois l’un des plus proches alliés politiques de Netanyahu, Liberman s’est depuis des années positionné comme l’un de ses adversaires les plus déterminés. À l’approche des élections de 2026, il a exclu de rejoindre un gouvernement dirigé par Netanyahu et a affirmé qu’il refuserait également de siéger aux côtés de Shas, de Yahadout HaTorah, du Raam ou de la Liste arabe unie. Il insiste, au contraire, sur une coalition composée exclusivement de ce qu’il appelle des partis sionistes. Il a toutefois déclaré qu’un Likud post-Netanyahu pourrait être un partenaire de coalition.
Liberman, qui a occupé par le passé les fonctions de ministre des Affaires étrangères et de ministre de la Défense sous Netanyahu, reste la figure dominante du parti, même si la liste présentée pour la 26ᵉ Knesset compte davantage de candidats religieux, traditionnels et séfarades que par le passé. En deuxième position sur la liste pour 2026 figure l’ancien maire de Beit Shean, Rafi Ben Shitrit, dont le fils, Shimon Alroy Ben Shitrit, a été tué en défendant la base de Nahal Oz le 7 octobre 2023.
La colonel (Rés.) Talia Lankri, ancienne directrice adjointe du Conseil de sécurité nationale (NSC), occupe la troisième place, suivie des députés chevronnés Oded Forer et Yulia Malinovsky. Sharon Sharabi, frère d’Eli Sharabi, otage libéré, et de Yossi Sharabi, otage assassiné, figure en sixième position sur la liste.
La dixième place de la liste revient à Dan Illouz, un député d’origine canadienne qui est le seul élu du Likud à avoir rejoint le bloc d’opposition.
Sondages : Le parti Yisrael Beytenu recueille actuellement entre huit et dix sièges dans les sondages, ce qui représente une progression par rapport aux six sièges qu’il avait remportés en 2022. Les deux principaux sondages publiés à la mi-octobre lui en attribuaient neuf.
Ce que vous ne saviez peut-être pas : Liberman a démissionné de son poste de ministre de la Défense en 2018 pour protester contre la politique de Netanyahu à l’égard de Gaza, s’opposant à la fois aux transferts d’argent du Qatar vers le Hamas et à la politique générale d’assouplissement des conditions de vie à Gaza. Il s’agit là d’un des rares cas où un membre éminent d’un gouvernement dirigé par Netanyahu a renoncé à un pouvoir politique considérable sur la politique du Premier ministre vis-à-vis du Hamas.
Liste arabe unie
Lettres figurant sur le bulletin de vote : ודם
Présentation : La Liste arabe unie est une alliance de trois formations dirigées par des Arabes : le parti communiste Hadash, le parti laïc Taal et le parti nationaliste Balad. Ces partis divergent fortement sur plusieurs questions, mais chacun d’entre eux aurait du mal à franchir seul le seuil de 3,25 % nécessaire pour entrer à la Knesset.
Le parti est dirigé par Youssef Jabareen, chef du Hadash, qui a pris les rênes après l’annonce du départ imminent de la vie politique d’Ayman Odeh, dirigeant de longue date.
S’adressant à la commission centrale électorale (CCE) le mois dernier, Jabareen a déclaré que la Liste arabe unie était « le seul parti qui place au cœur de son programme politique » les questions de justice sociale, d’égalité « tant civique que nationale », et d’une « paix juste » avec un État palestinien aux côtés d’Israël.
Le programme du parti appelle à la fin de toutes les dépenses consacrées aux implantations de Cisjordanie et aux opérations militaires à Gaza, en Syrie et au Liban ; à « une éducation gratuite de la petite enfance jusqu’à l’université » ; à un quasi-doublement du salaire minimum ; à la nationalisation de vastes pans de l’économie ; à l’imposition de droits de douane de rétorsion à l’encontre des États-Unis ; et à un renforcement des investissements dans les affaires sociales et l’emploi dans le cadre d’une « lutte globale » contre le crime organisé au sein des communautés arabes.
Le parti tire l’essentiel de son soutien de la minorité arabe d’Israël, qui représente environ un cinquième de la population, et son score électoral dépend largement du taux de participation de cette communauté. Il compte toutefois des Juifs parmi ses partisans et quelques candidats juifs sur sa liste.
La plupart des partis sionistes étant réticents à compter sur le soutien des Arabes, et la Liste arabe unie elle-même opposée à rejoindre un gouvernement sioniste pour des raisons idéologiques, l’alliance ne cherche pas à intégrer la prochaine coalition.
Jabareen s’est toutefois engagé à offrir un « filet de sécurité » à toute coalition qui remplacerait le gouvernement actuel, à condition qu’elle accepte d’investir davantage dans les localités arabes, de mettre fin aux démolitions de maisons dans les communautés bédouines du sud et d’offrir « une véritable perspective politique à notre peuple palestinien ».
Jabareen est à la tête de la Liste arabe unie en tant que dirigeant de la plus grande de ses trois factions, Hadash – le Parti communiste israélien. Député de 2016 à 2021, Jabareen est un avocat spécialisé dans les droits de l’Homme, originaire d’Umm al-Fahm. Il a été formé à l’université de Georgetown et enseigne à l’université de Haïfa.
Derrière Jabareen, au sein de la Liste arabe unie, figure le député Ahmad Tibi, qui dirige Taal, acronyme en hébreu du Mouvement arabe pour le renouveau. Tibi siège à la Knesset depuis 1999 et a été conseiller du dirigeant de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Yasser Arafat.
La troisième place sur la Liste arabe unie revenait à l’origine à Sami Abou Shahadeh, qui a siégé à la Knesset de 2019 à 2022 et dirige la faction radicale de Balad.
Il s’est toutefois retiré de la course ce mois-ci, après que la Cour suprême eut indiqué qu’elle entérinerait la décision de la CCE de le disqualifier, au motif qu’il aurait soutenu la lutte armée contre l’État.
Sondages : La plupart des sondages indiquent que la Liste arabe unie remporterait huit ou neuf sièges à la Knesset. Lors des dernières élections, Hadash-Taal s’était présenté ensemble et avait remporté six sièges, tandis que Balad, qui était le seul en lice, n’avait pas franchi le seuil électoral.
Ce que vous ne saviez peut-être pas : Le premier dirigeant de Hadash fut Meïr Vilner, qui était le dernier signataire encore en vie de la Déclaration d’indépendance d’Israël de 1948 avant son décès en 2003, à l’âge de 84 ans.
Shas
Lettres figurant sur le bulletin de vote : שס
Ce que le parti met en avant : Le parti ultra-orthodoxe séfarade, proche allié du parti de Netanyahu, le Likud, s’est toujours efforcé, lors des campagnes électorales, de trouver un juste milieu entre sa liste électorale, entièrement composée de Haredim, et ses électeurs, dont beaucoup sont issus de milieux traditionnels, mais non haredim.
Pour ces élections, le parti tente de trouver le juste équilibre en adoptant une position modérée sur la question clé de l’incorporation des Haredim dans l’armée, au même titre que tous les autres Israéliens juifs. À la Knesset, le parti s’est fermement opposé aux initiatives visant à instaurer la conscription universelle, mais ses campagnes publicitaires et ses messages visent à démontrer son respect pour le service militaire comme pour l’étude de la Torah.
De plus, comme lors des campagnes précédentes, le parti se présente comme le gardien des valeurs juives traditionnelles et accuse l’opposition de « mettre en danger l’identité juive d’Israël ». Le parti s’oppose fermement au mariage civil, aux droits des personnes de la communauté LGBTQ+ et au judaïsme non orthodoxe. À l’instar du Likud, le parti n’a pas publié de programme électoral.
Shas se présente également depuis longtemps comme l’allié des électeurs pauvres et de la classe ouvrière, et prône des politiques de réduction des dépenses ainsi que des messages économiques populistes.
Aryeh Deri, chef de file de longue date du parti, est toujours à la tête de Shas, bien qu’une condamnation pour infractions fiscales, survenue plusieurs décennies après son incarcération pour d’autres crimes, l’ait empêché d’occuper un poste de ministre au sein du gouvernement sortant.
Par ailleurs, le parti compte deux nouveaux venus : l’un d’eux, Dror Amos, président du Conseil religieux de Haïfa et officier de réserve de Tsahal, incarne l’ouverture du parti au service militaire. L’autre nouveau candidat est Yosef Elnatanov, qui représente la communauté juive boukhariote d’Israël.
Sondages : Shas recueille entre sept et dix sièges dans les sondages, soit une baisse par rapport à ses onze sièges actuels. Il est censé faire partie du bloc de Netanyahu, mais Eisenkot s’est dit ouvert à un partenariat avec ce parti s’il accepte ses principes fondamentaux.
Ce que vous ne saviez peut-être pas : Le film de 2018 « The Unorthodox » s’inspire de l’histoire de la fondation de Shas dans les années 1980 et met en scène Shuli Rand, qui s’est fait connaître à l’international en 2004 dans « Ushpizin »
HaDemocratim
Lettres figurant sur le bulletin de vote : אמת
Ce que le parti met en avant : HaDemocratim a vu le jour en 2024 à la suite de la fusion entre le parti historique Avoda et le parti de gauche Meretz. Yaïr Golan, ancien député du Meretz et ancien chef d’état-major adjoint de Tsahal, a été élu à la tête du parti.
Seul grand parti de gauche en lice pour les élections du 27 octobre, il propose aux électeurs un vaste programme de mesures progressistes. Il préconise notamment des initiatives diplomatiques pour résoudre les conflits régionaux et mettre fin aux cycles de violence, l’inscription des droits civils et sociaux dans les lois fondamentales, le transfert de fonds des budgets sectoriels vers les services sociaux, l’instauration du mariage civil, la réforme de l’éducation et la lutte contre la criminalité au sein de la société arabe.
HaDemocratim est également le seul des quatre partis dirigés par des Juifs au sein du bloc anti-Netanyahu dont le dirigeant s’est publiquement prononcé en faveur de l’intégration d’un parti arabe, en particulier Raam, dans une future coalition.
Son programme préconise une initiative diplomatique avec les Palestiniens, mais ne soutient pas explicitement la création d’un État palestinien, une caractéristique traditionnelle de la gauche israélienne.
Golan a été largement salué après s’être rendu en voiture sur les lieux du pogrom le 7-Octobre et avoir secouru plusieurs personnes. Ses critiques sans concession font de lui depuis longtemps une figure controversée au sein de l’opinion publique israélienne. Il a notamment été vivement critiqué après avoir accusé Israël de tuer des bébés à Gaza « par passe-temps », une déclaration sur laquelle il est ensuite revenu.
Parmi les autres personnalités de premier plan figure la députée chevronnée de gauche Naama Lazimi, numéro 2 du parti, qui a été une figure incontournable des manifestations anti-gouvernement pendant plusieurs années. Omri Ronen et Moshe Radman, néophytes en politique, ont mené des manifestations anti-gouvernement ces dernières années et occupent respectivement les septième et neuvième places sur la liste.
La liste comprend également le député Gilad Kariv, rabbin réformiste, en troisième position, suivi de la députée Efrat Rayten, de la militante libérale Yaya Fink et de l’ancienne députée du parti Meretz, Gaby Lasky. Somaya Bashir, militante arabe musulmane en faveur de la coexistence, et l’ancien général de l’armée de l’air Nimrod Sheffer occupent respectivement la dixième et la onzième place.
Sondages : Selon des sondages récents, le parti devrait remporter entre huit et dix sièges. Avoda détient actuellement quatre sièges, tandis que Meretz n’en a obtenu aucun lors du dernier scrutin car l’ex-chef d’Avoda, Merav Michaeli, avait refusé une fusion entre les deux partis – ce qui a notamment permis la victoire de Netanyahu en 2022.
Ce que vous ne saviez peut-être pas : Avoda a été le premier grand parti israélien à permettre à tous ses membres inscrits de voter pour sa liste à la Knesset lors de primaires internes. HaDemocratim a perpétué cette pratique et reste l’un des seuls partis israéliens à le faire (le Likud le fait également, mais pas pour l’ensemble de sa liste).
Yahadout HaTorah
Lettres figurant sur le bulletin de vote : ג
Ce que le parti met en avant : Yahadout HaTorah représente les Juifs ashkénazes ultra-orthodoxes et œuvre à trouver de l’argent pour financer la communauté sous la direction des conseils rabbiniques d’Agoudat Israel et de Degel HaTorah, les deux factions constitutives de Yahadout HaTorah, qui représentent des courants distincts du judaïsme haredi.
L’objectif principal du parti pour ces élections est de codifier l’exemption de facto de la communauté haredi du service militaire, après que la Haute Cour a jugé en juin 2024 que cette pratique, en vigueur depuis des décennies, n’avait aucun fondement juridique. Il n’a pas publié de programme électoral.
Yahadout HaTorah faisait partie du gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu, mais s’en est retiré en raison de l’incapacité de ce dernier à adopter une loi codifiant cette exemption et mettant fin à toutes les poursuites judiciaires à l’encontre des hommes haredim qui ne s’enrôlent pas.
Le député Yaakov Asher, nommé à la tête de Yahadout HaTorah avant les élections, a déclaré dans des interviews accordées aux médias ultra-orthodoxes que le parti ne soutiendrait aucun gouvernement qui n’adopterait pas de législation visant à autoriser les hommes haredim à ne pas servir dans l’armée.
Yahadout HaTorah s’oppose également aux transports publics et aux travaux d’infrastructure pendant Shabbat, ainsi qu’à l’introduction de matières laïques telles que l’anglais ou les mathématiques dans les écoles ultra-orthodoxes.
Axé principalement sur la société haredi, le parti n’exprime pas de positions définitives sur les questions régionales, notamment le conflit israélo-palestinien, et n’est pas considéré comme sioniste. Il ne dispose ni de site web officiel, ni de programme politique.
Chiffres clés : Asher siège à la Knesset sans interruption depuis 2016 et y avait déjà siégé de 2013 à 2015. Auparavant, il était maire de Bnei Brak, la plus grande ville haredi d’Israël.
Il dirige la faction Degel HaTorah de Yahadout HaTorah, qui représente les Juifs ashkénazes ultra-orthodoxes lituaniens, c’est-à-dire non hassidiques.
Asher est devenu chef de Degel HaTorah cette année, après que les rabbins Moshe Hillel Hirsch et Dov Lando, les guides spirituels de la faction, ont évincé le député de longue date Moshe Gafni, accusé d’être trop conciliant sur la question du service militaire.
Yitzhak Goldknopf, qui a précédemment dirigé Yahadout HaTorah et a démissionné de son poste de ministre du Logement en raison de la question du service militaire, occupe la deuxième place sur la liste des candidats de ce parti. Goldknopf dirige la faction hassidique du parti, Agoudat Israel, en tant qu’émissaire du rabbin Yaakov Aryeh Alter, chef de la secte hassidique Gur, la plus importante d’Israël. Les autres sectes hassidiques représentées par Yahadout HaTorah à la Knesset sortante sont Vizhnitz et Sanz.
Sondages : Yahadout HaTorah devrait remporter environ huit sièges. Il en détient actuellement sept – quatre pour Degel HaTorah et trois pour Agoudat Israel.
Ce que vous ne saviez peut-être pas : Agoudat Israel, fondée en 1912 en tant qu’union de rabbins européens opposés à l’assimilation, était représentée au Sejm polonais dans les années 1920 par le rabbin Yehuda Meïr Shapiro de Lublin, père du « Daf Yomi », dans le cadre duquel les Juifs du monde entier achèvent l’étude de l’intégralité du Talmud tous les sept ans et demi, à raison d’une page par jour.
Otzma Yehudit
Lettres figurant sur le bulletin de vote : ב
Ce que le parti met en avant : Otzma Yehudit est un parti d’extrême-droite dirigé par le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir. Il a joué un rôle clé au sein du gouvernement sortant, en défendant des positions intransigeantes concernant la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza, le programme de refonte judiciaire du gouvernement et le traitement des prisonniers palestiniens.
Ben Gvir lui-même a été une source majeure de polémique tout au long du mandat du gouvernement en raison de sa position intransigeante sur le conflit à Gaza et les négociations relatives aux otages, ainsi que pour des accusations de politisation des forces de police relevant de la compétence de son ministère. La Haute Cour de justice lui a ordonné à deux reprises de ne pas s’ingérer dans les décisions opérationnelles de la police, tandis que le tribunal de district de Jérusalem lui a enjoint à deux reprises d’approuver les promotions de policiers qu’il avait bloquées, vraisemblablement pour des raisons politiques.
Ce ministre provocateur a rejeté toute responsabilité dans la flambée de la criminalité au sein de la communauté arabe sous son mandat, tout en s’attribuant le mérite de la baisse du nombre de meurtres observée ces dernières semaines.
Dans sa campagne électorale actuelle, Otzma Yehudit met en avant plusieurs de ses réalisations au cours des quatre dernières années, notamment : une loi qu’il a fait adopter par la Knesset imposant la peine de mort aux Palestiniens de Cisjordanie reconnus coupables d’avoir perpétré des attentats terroristes meurtriers ; une augmentation du nombre de policiers en service ; un élargissement des droits de prière des Juifs sur le mont du Temple ; une augmentation massive du nombre d’Israéliens autorisés à porter une arme à feu ; et un durcissement considérable des conditions de détention des prisonniers palestiniens.
Répondant aux questions du Times of Israel sur le service militaire des ultra-orthodoxes dans l’armée, le parti a déclaré qu’il préférait « encourager la participation, l’intégration communautaire et la collaboration » afin d’accroître le nombre de Haredim effectuant leur service militaire, « plutôt que de recourir à des sanctions ou à la coercition punitive ».
Bien qu’Otzma Yehudit ne dispose pas de programme officiel, le parti a publié plusieurs propositions distinctes, notamment en ce qui concerne le conflit à Gaza : il s’agit d’encourager l’émigration des Gazaouis hors de l’enclave et de leur offrir des incitations financières à cet effet. Le parti souhaite également encourager l’émigration des Palestiniens de Cisjordanie.
Otzma Yehudit soutiendrait aussi une clause de dérogation à la Haute Cour permettant à la Knesset de rejeter, à la majorité de 61 députés, une décision de la Haute Cour invalidant une loi jugée inconstitutionnelle.
Le parti est considéré comme un candidat probable pour rejoindre une coalition dirigée par le Likud, mais risque d’être écarté par ceux qui ne font pas partie du bloc dirigé par Netanyahu en raison de ses positions d’extrême-droite.
Chiffres clés :Après Ben Gvir, la numéro deux de la liste d’Otzma Yehudit est la députée provocatrice Tali Gotliv. Elle a récemment quitté le Likud après s’être fait connaître par ses éclats au sein des commissions de la Knesset et ses diatribes fréquentes à l’encontre des juges de la Haute Cour.
Sondages : Selon les derniers sondages, Otzma Yehudit devrait remporter entre sept et neuf sièges, ce qui représente une progression par rapport aux six sièges actuels du parti à la Knesset.
Ce que vous ne saviez peut-être pas : Tzahi Eliyahu, huitième sur la liste d’Otzma Yehudit, aurait un tatouage sur le bras représentant le logo de Kach, le parti interdit fondé par Meïr Kahane et classé organisation terroriste.
HaTzionout HaDatit – Zehut
Lettres figurant sur le bulletin de vote : ט
Ce que le parti met en avant :HaTzionout HaDatit, ancré au sein de la communauté nationaliste religieuse pro-implantations d’Israël, a constitué un pilier de l’aile ultra-nationaliste du gouvernement sortant, bien qu’il ait cédé aux pressions de la coalition et renoncé à s’opposer aux cessez-le-feu à Gaza ainsi qu’aux exemptions de service militaire accordées aux Haredim.
Dirigé par le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, le parti adopte des positions bellicistes concernant la guerre que mène Israël sur plusieurs fronts et s’est opposé à la suspension des combats à Gaza en échange d’accords de libération d’otages.
Alors qu’il s’était présenté sur une liste commune avec Otzma Yehudit en 2022, il s’est cette fois-ci allié à Zehut, dirigé par le libertarien conservateur Moshe Feiglin.
Smotrich a appelé Israël à annexer Gaza, la majeure partie de la Cisjordanie et le sud du Liban. Il occupe un poste ministériel au sein du ministère de la Défense, où il est chargé des affaires civiles en Cisjordanie, et a été le fer de lance d’une expansion sans précédent des implantations dans cette région ces dernières années. Il a appelé à plusieurs reprises au démantèlement de l’Autorité palestinienne (AP), qui gouverne les centres de population palestiniens en Cisjordanie.
Le parti s’est également positionné à l’extrême droite du débat sur la refonte judiciaire, en proposant une législation qui permettrait à la Knesset de passer outre le contrôle juridictionnel et de limiter les injonctions ainsi que le droit de présenter un recours devant la justice. Il entend maintenir cette ligne dans son programme électoral de 2026 .
Le parti se trouve dans une position délicate concernant le service militaire des ultra-orthodoxes. Il fait partie de la coalition de Netanyahu, qui a fait adopter une loi visant à consacrer les exemptions de conscription pour les étudiants des yeshivot. Toutefois, la base du parti provient du secteur nationaliste-religieux, profondément attaché à l’esprit du service militaire, et qui a subi de lourdes pertes au sein de ses communautés pendant la guerre de Gaza. Ces pertes alimentent le ressentiment à l’égard des exemptions accordées aux ultra-orthodoxes.
Smotrich siège à la Knesset depuis plus d’une dizaine d’années, après une carrière de militant d’extrême-droite. En 2005, il a été arrêté, mais non inculpé, pour avoir manifesté contre le plan de désengagement unilatéral de Gaza et pour possession de 700 litres d’essence. Depuis lors, il a gravi les échelons politiques, conservant ses opinions d’extrême-droite tout en étant perçu comme un peu moins radical que le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir.
Le numéro 2 de la liste est Feiglin, un ancien législateur du Likud très à droite qui a tenu un certain nombre de propos incendiaires sur Gaza, la Cisjordanie et les Arabes israéliens. Il a notamment affirmé que Gaza devrait être vidée de ses habitants et qualifié les bébés qui y vivent « d’ennemis ». Il a également plaidé en faveur de la reconstruction du Troisième Temple sur le mont du Temple à Jérusalem, où se trouvent actuellement la mosquée Al-Aqsa et le Dôme du Rocher. Il a par le passé recueilli des soutiens grâce à ses positions libertaires, notamment en faveur de la légalisation du cannabis.
Figurent également sur la liste la ministre des Implantations, Orit Strouk ; le député Simcha Rothman, l’un des architectes de la refonte judiciaire ; et le député Zvi Sokot, qui a été interrogé par la police pour avoir pénétré illégalement dans une base de Tsahal lors d’une émeute en 2024.
Sondages : Après avoir peiné à rassembler suffisamment de soutiens pour se maintenir à la Knesset, le parti a reçu un coup de pouce en s’alliant au mouvement de Feiglin et recueille désormais environ six ou sept sièges dans les sondages. Il en détient actuellement sept.
Ce que vous ne saviez peut-être pas : En 2013, alors qu’il était député du Likud, Feiglin a déclaré qu’il était favorable à la légalisation du cannabis, mais qu’il ne le consommait pas personnellement, car il prônait de « laisser le vaisseau de Dieu tel qu’il est ».
Raam — Liste arabe unie
Lettres figurant sur le bulletin de vote : עם
Ce que le parti met en avant : Raam est un parti islamique socialement conservateur qui s’efforce de plus en plus de se positionner comme une force politique pragmatique et modérée, soucieuse d’améliorer les conditions de vie des citoyens arabes. Son acronyme en hébreu, qui signifie « tonnerre », désigne la Liste arabe unifiée. Anciennement branche politique de la section sud du Mouvement islamique d’Israël, le parti a récemment cherché à prendre ses distances par rapport à ses dirigeants religieux et à élargir son audience au-delà de son électorat musulman traditionnel.
Entre 2015 et 2021, Raam a fait campagne aux côtés de Hadash-Taal et Balad au sein de diverses configurations de la Liste arabe unie, avant de s’en séparer à la veille des élections de 2021. Contrairement à ses anciens partenaires, Raam a placé la coopération avec les partis juifs et la participation à des coalitions gouvernementales au cœur de sa stratégie politique, estimant que les citoyens arabes peuvent obtenir davantage en exerçant leur influence depuis l’intérieur du gouvernement qu’en restant dans l’opposition.
Dirigé par Mansour Abbas depuis longtemps, le parti a renforcé ce principe et tenté de se doter d’un rayonnement plus large en rompant ses liens officiels avec le Conseil de la Choura du Mouvement islamique, qui exerçait auparavant une influence considérable sur ses décisions, et en recrutant l’ancien député de Yesh Atid Yoav Segalovitz, un sioniste juif et ancien haut responsable de la police, en deuxième position sur sa liste.
Bien que Raam n’ait pas publié de programme officiel, le parti a diffusé une brochure de campagne en arabe dans laquelle il identifie trois objectifs centraux : renverser le gouvernement actuel, contribuer à la mise en place d’un gouvernement alternatif au sein duquel Raam disposerait d’une influence et d’une représentation réelles, et empêcher l’extrême-droite de revenir au pouvoir pour quatre années supplémentaires.
Sur le plan politique, le parti donne la priorité à la lutte contre la criminalité violente et le crime organisé au sein des communautés arabes, à l’augmentation des investissements publics dans les municipalités arabes, à l’amélioration des infrastructures et des opportunités d’emploi, ainsi qu’à la résolution des problèmes de logement et d’urbanisme qui perdurent depuis longtemps.
Ses propositions comprennent la mise en œuvre d’un plan national de plusieurs milliards de shekels pour lutter contre la criminalité et la violence, l’élargissement des programmes de développement économique destinés aux communautés arabes, l’augmentation des financements accordés aux collectivités locales arabes, l’assouplissement des restrictions en matière d’urbanisme et de construction et le raccordement d’un plus grand nombre de foyers au réseau électrique. Raam milite également pour la reconnaissance des villages bédouins non reconnus du Néguev, où les litiges relatifs à la propriété foncière et aux démolitions de logements constituent des enjeux politiques majeurs.
Raam s’oppose également à la Loi sur l’État-nation de 2018, qui a consacré l’identité d’Israël en tant qu’État-nation du peuple juif, ainsi qu’à la loi dite « Kaminitz », qui a alourdi les sanctions en cas de construction illégale et a touché de manière disproportionnée les communautés arabes. Fidèle à ses racines religieuses, le parti a traditionnellement adopté des positions conservatrices sur les droits des personnes de la communauté LGBTQ+, votant notamment contre la loi interdisant les thérapies de conversion en 2020.
C’est sa volonté de coopérer avec les partis sionistes qui distingue Raam de ses anciens partenaires de la Liste arabe unie. En 2021, il est devenu le premier parti arabe indépendant depuis des décennies à rejoindre une coalition gouvernementale israélienne, intégrant le gouvernement idéologiquement hétérogène dirigé par Naftali Bennett et Yaïr Lapid.
Néanmoins, la plupart des partis se sont engagés à ne pas former de coalition avec Raam cette fois-ci, certains promettant même de ne pas compter sur son soutien en dehors de la coalition, ce qui réduit ses chances de revenir au gouvernement.
Originaire de la ville de Maghar, dans le nord du pays, Abbas est dentiste. Il est entré à la Knesset en 2019 et est depuis devenu l’une des figures les plus en vue de la politique arabe israélienne. Il s’est fait le champion d’une approche pragmatique axée sur l’obtention de financements publics et de changements politiques en faveur des communautés arabes.
La nouvelle recrue la plus remarquable du parti est Segalovitz, qui a précédemment dirigé la division des enquêtes et du renseignement de la police israélienne et mis en place l’unité d’enquête Lahav 433.
Sous le gouvernement Bennett-Lapid, Segalovitz a lancé une initiative nationale pour lutter contre la criminalité organisée au sein des communautés arabes, un sujet qui préoccupe grandement les électeurs de Raam.
Parmi les autres figures de proue du parti figurent le député chevronné Walid Taha, ancien enseignant et fervent défenseur des communautés arabes, ainsi que la députée Iman Khatib-Yasin, qui est devenue en 2020 la première femme portant le hijab à être élue à la Knesset.
Sondages : Malgré ses efforts pour élargir son audience, Raam recueille généralement entre quatre et six sièges dans les sondages à l’approche des élections du 27 octobre, un score comparable aux cinq sièges qu’il avait remportés en 2022.
Ce que vous ne saviez peut-être pas : Avant de rejoindre le gouvernement Bennett-Lapid en 2021, Abbas avait mené des négociations avec Netanyahu en vue d’intégrer une coalition dirigée par le Likud, mais ces efforts avaient été contrecarrés par l’opposition de Smotrich.
HaMilouimnikim – Parti économique
Lettres figurant sur le bulletin de vote : די
Ce que le parti met en avant : Issue d’une alliance de dernière minute entre le parti de centre-droit HaMilouimnikim, dirigé par l’ancien ministre des Communications et commandant de bataillon de réserve Yoaz Hendel, et le Nouveau Parti économique de l’économiste Yaron Zelekha. Elle fait campagne en faveur du service national universel, de réformes économiques et de la formation d’un large gouvernement sioniste.
Ce partenariat a été conclu à peine deux jours avant la date limite du 8 septembre pour le dépôt des listes, après l’échec de l’alliance éphémère entre Hendel et l’ancien député de Kakhol Lavan, Chili Tropper, lorsque ce dernier a rejoint le parti Yashar de Gadi Eisenkot.
Faisant partie du « Troisième Bloc », qui regroupe des partis de centre-droit cherchant à combler le fossé entre le Likud de Netanyahu et les partis d’opposition sionistes, le parti se positionne comme un faiseur de rois potentiel, prônant un gouvernement sans factions haredim ni arabes.
Hendel n’a pas exclu de siéger aux côtés de Netanyahu, mais insiste sur le fait qu’il ne soutiendra pas une coalition restreinte dirigée par Netanyahu qui dépendrait des partis haredim, même si cela implique la tenue d’une nouvelle élection.
Comme son nom l’indique, le parti se préoccupe principalement des réservistes de Tsahal, de leurs familles et des volontaires civils, et réclame un service militaire ou national universel pour les citoyens haredim et arabes. De manière controversée, Hendel a proposé de subordonner le droit de vote et l’éligibilité à une fonction élective à l’accomplissement du service militaire ou national.
Zelekha, ancien fonctionnaire du ministère des Finances, a déjà fondé des partis axés sur l’économie, mais aucun n’a réussi à entrer à la Knesset. Il s’engage à « lutter contre les magnats et le coût de la vie ».
Dans le cadre de son programme le parti prône également une réforme judiciaire fondée sur un large consensus plutôt que sur une législation unilatérale.
Hendel, ancien commando naval de Tsahal, collaborateur de Netanyahu et ministre, est en tête de la liste, suivi de Zelekha, qui a occupé le poste de contrôleur général des comptes au ministère des Finances de 2003 à 2007. En troisième position figure l’ancienne députée du parti Avoda, Einat Wilf, éminente défenseuse d’Israël et auteure, qui a renoncé à la candidature indépendante de son propre parti, Oz, pour rejoindre l’alliance la veille de la date limite de dépôt des listes.
Sondages : Le parti oscille autour du seuil électoral de 3,25 %, et plusieurs sondages récents indiquent qu’il pourrait se glisser de justesse à la Knesset. Le sondage de Zman Yisrael du 15 octobre le plaçait juste au-dessus du seuil, avec quatre sièges, tandis qu’un sondage antérieur lui en attribuait jusqu’à cinq.
Ce que vous ne saviez peut-être pas : Lors de l’attaque du 7-Octobre, Hendel, alors âgé de 48 ans, s’est vu signifier par son ancienne unité de commandos navals, Shayetet 13, qu’il était trop âgé pour reprendre le combat. Il a dit à son épouse qu’il avait quand même été mobilisé – un mensonge, a-t-il admis par la suite – et s’est rendu dans le sud. Il a ensuite commandé quelque 200 réservistes et mis sur pied le bataillon Beeri de Tsahal.
Amkha Yisrael
Lettres figurant sur le bulletin de vote : ך
Ce que le parti met en avant : Fondé en août 2026 par l’ancien général de Tsahal Ofer Winter, le parti de droite Amkha Yisrael se positionne comme une alternative pour les électeurs conservateurs désabusés par la classe politique au lendemain du 7-Octobre, en promettant une politique de sécurité plus agressive, une plus grande responsabilisation des dirigeants politiques et la fin des exemptions de service militaire pour les hommes ultra-orthodoxes.
Winter s’est engagé à obtenir une victoire militaire décisive sur les ennemis d’Israël, à encourager l’émigration « volontaire » des Palestiniens de la bande de Gaza, à s’opposer à la création d’un État palestinien et à réformer le système judiciaire. Le programme du parti préconise également l’extension du service militaire aux Haredim, l’intégration des Israéliens arabes qui soutiennent l’État, ainsi que la lutte contre le crime organisé.
L’une de ses principales promesses de campagne est de refuser de rejoindre tout gouvernement qui n’adopterait pas une loi obligeant tous les Israéliens en âge d’être appelés, y compris les hommes ultra-orthodoxes, à se présenter au service militaire – une exigence qui le met en désaccord avec les partenaires haredim de la coalition Netanyahu.
Le parti a proposé la création d’une commission spéciale chargée d’enquêter sur les défaillances liées aux événements du 7-Octobre, plutôt qu’une commission d’État, dont la direction serait choisie par la Knesset et au sein de laquelle les familles des victimes et les anciens otages joueraient un rôle. Winter a imputé la responsabilité de la catastrophe tant à la coalition qu’à l’opposition, affirmant qu’Israël a besoin de nouveaux dirigeants qui ne soient pas entachés par les défaillances ayant précédé les attaques.
Malgré ses vives critiques à l’égard du gouvernement actuel, Winter a insisté à plusieurs reprises sur le fait qu’il ne recommanderait que Netanyahu pour former le prochain gouvernement et qu’il ne rejoindrait pas une coalition dirigée par l’opposition. Cette position reflète une contradiction fondamentale dans la campagne du parti : celui-ci promet de remplacer l’establishment politique responsable des événements du 7-Octobre tout en soutenant le maintien au poste de Premier ministre de l’homme qui dirigeait le pays au moment de l’attaque.
Le fondateur et chef du parti, Ofer Winter, est un ancien général de brigade de Tsahal qui a commandé la brigade Givati pendant la guerre de Gaza de 2014. Nationaliste religieux connu pour ses opinions sans détours, Winter a été démobilisé en 2024 après avoir été écarté à plusieurs reprises lors des promotions. Il a suscité la polémique pendant la guerre de 2014 en décrivant la campagne contre le Hamas en termes religieux dans une lettre adressée à ses officiers.
Le numéro 2 de la liste du parti est Yoseph Haddad, un éminent militant arabe chrétien pro-Israël, candidat du parti au ministère israélien de la Diplomatie publique, fermé par le gouvernement quelques semaines après le 7-Octobre. Parmi les autres candidats figurent l’ancienne journaliste de la Treizième chaîne, Netali Shem Tov, Laly Derai, dont le fils, le soldat Saadia Derai, a été tué au combat à Gaza et qui est devenue une ardente défenseuse du service militaire universel, ainsi que l’ancienne adjointe au maire de Jérusalem, Fleur Hassan-Nahoum.
Sondages : Alors qu’il recueillait initialement environ six sièges selon les sondages après son lancement, Amkha Yisrael n’a cessé de perdre du terrain et oscille désormais autour ou en dessous du seuil électoral de 3,25 %, ce qui remet en question ses chances d’entrer à la Knesset.
Ce recul de la popularité du parti intervient dans le contexte d’une campagne agressive menée par le Likud de Netanyahu et ses alliés de droite pour faire pression sur Winter afin qu’il se retire, par crainte que son parti ne détourne des voix des formations de droite établies, et que, s’il ne franchit pas le seuil électoral, il ne gaspille des voix qui pourraient autrement aider le bloc dirigé par Netanyahu à obtenir une majorité parlementaire.
Winter a rejeté les appels à se retirer de la course, accusant Netanyahu et ses alliés de saper le camp de droite même qu’ils prétendent protéger.
Ce que vous ne saviez peut-être pas : De 2018 à 2020, Winter a occupé le poste de secrétaire militaire du ministre de la Défense, au service d’Avigdor Liberman, de Benjamin Netanyahu, de Naftali Bennett et de Benny Gantz. Ses liens avec Netanyahu se seraient poursuivis après le 7-Octobre, lorsque le Premier ministre a secrètement sollicité ses conseils sur la guerre à Gaza.
Les outsiders
HaTzibur HaHaredi (« Le public haredi ») [זך] — Dirigé par Moti Leitner, adjoint au maire de Beit Shemesh, ce parti ultra-orthodoxe récemment formé a pour objectifs de lutter contre la pauvreté, d’introduire des matières laïques fondamentales dans les écoles haredim et d’intégrer les ultra-orthodoxes sur le marché du travail. À la différence des partis haredim établis, qui se sont farouchement opposés à la conscription, HaTzibur HaHaredi préconise d’obliger les personnes qui n’étudient pas à temps plein dans une yeshiva à effectuer un service militaire ou d’autres formes de service national, tout en préservant les dérogations accordées aux érudits de la Torah dévoués.
Fait historique pour un parti ultra-orthodoxe, celui-ci a inclus deux femmes parmi ses quatre principaux candidats : la Dr. Nechumi Yaffe, ancienne conseillère pour les affaires haredim auprès du NSC, et Ziva Glantz, entrepreneure sociale et défenseure de la réforme de l’éducation, respectivement en troisième et quatrième position sur la liste.
Bien que ses résultats dans les sondages soient bien inférieurs au seuil électoral de 3,25 %, le parti a attiré l’attention en tant que challenger potentiel de l’establishment haredi. Il s’est toutefois heurté à l’opposition du Likud et de ses alliés, qui craignent que le parti ne détourne des voix au détriment des partis ultra-orthodoxes Shas et Yahadout HaTorah.
Yisrael Rishona (« Israël d’abord ») [י] est un nouveau parti de droite fondé par l’ancienne députée du Likud Sharren Haskel, auquel s’est joint Ale Yarok (« Feuille verte »), un parti de longue date qui milite en faveur de la légalisation du cannabis et qui n’a jamais siégé à la Knesset. Le parti prône une politique de sécurité intransigeante, s’oppose à toute concession territoriale et est favorable à l’annulation des Accords d’Oslo. Il préconise d’accorder les prestations sociales uniquement aux personnes ayant effectué leur service militaire ou civil. Sur le plan économique, il se situe très à droite et prône une forte baisse des impôts, une réduction du nombre de ministères, la suppression des obstacles bureaucratiques et la légalisation du cannabis.
Noam Le’Yisrael (« Sérénité pour Israël ») [ני] — Noam Le’Yisrael a été fondé en 2019 sous le nom de Noam par des disciples du rabbin Zvi Tau, doyen de la yeshiva Har Hamor de Jérusalem, dans le but déclaré de « protéger les valeurs familiales » contre l’homosexualité, le féminisme et d’autres manifestations de « la folie progressiste ».
Ce parti ouvertement homophobe et misogyne avait précédemment fait campagne au sein d’une liste commune avec HaTzionout HaDatit et Otzma Yehudit, qui avait remporté 14 sièges, dont un pour le chef de Noam, Avi Maoz. Ce dernier est devenu vice-ministre au sein du cabinet du Premier ministre, mais a démissionné de ce poste en 2025, invoquant l’enlisement de son projet de Directorat national de l’identité juive.
Parmi les nouveaux visages figurant cette année sur la liste indépendante du parti figurent l’ancien maire de Kiryat Arba, Shlomo Libman, dont le fils Elyakim a été tué lors du festival Nova le 7-Octobre, et Yiska Haïmov, une responsable locale en Cisjordanie qui est la sœur du chef du Shin Bet, David Zini.
HaPiratim (Les Pirates) [צף] — Dirigé par Ohad Yaakov Shem Tov, militant politique et universitaire, le parti axe son programme sur la liberté individuelle, l’accès à l’information, la transparence gouvernementale et la démocratie participative. Il propose un accès gratuit à Internet, la suppression du seuil électoral et un système de « dynamocratie » dans lequel les membres peuvent voter directement sur les décisions du gouvernement ou déléguer leur vote – et retirer cette délégation à tout moment. Le parti appelle également à une réforme des lois sur la propriété intellectuelle, à la protection de la vie privée et de la liberté d’expression, à la légalisation du cannabis, ainsi qu’à la promotion de la protection de l’environnement et de la paix.
Tzomet Beit Yisrael ( « Carrefour-Maison d’Israël ») [בי] — Le parti Tzomet, de droite et de longue date, qui a siégé à la Knesset dans les années 1980 et 1990, mais qui n’a jamais réussi à y entrer depuis, a fusionné avec le nouveau parti Beit Yisrael, formé par l’ancien député (Kakhol Lavan puis Likud) Gadi Yevarkan, qui dirige la liste commune. Le parti se présente comme un mouvement de droite à vocation sociale et agricole, destiné aux habitants des zones périphériques socio-économiques du pays, ainsi qu’aux Israéliens d’origine éthiopienne et indienne. Plusieurs alliés de Netanyahu auraient été en pourparlers pour rejoindre le parti, mais cette initiative a échoué après que l’un d’entre eux, Amir Avivi, a obtenu une place réservée sur la liste du Likud.
Shema (« Écoute ») [נף] — Fondé par Naftali Goldman, né au Royaume-Uni et seul candidat du parti inscrit auprès de la CCE, Shema n’a pas publié de programme électoral actualisé pour 2026. Son dernier programme, publié avant les élections de mars 2020, prône le service militaire obligatoire pour tous les hommes juifs ainsi que la création d’une « unité de combat spirituelle » dont les soldats auraient pour mission d’étudier la Torah et de prier pour l’unité et la sécurité d’Israël. Le parti s’engage également à interdire « le soutien politique à l’homosexualité » et à punir les personnes qui trompent leur conjoint.
HaKahal ( « Le Public ») [רץ] — Parti ultra-orthodoxe dont les candidats ont été sélectionnés par la société haredi, HaKahal promet d’accroître la transparence et la responsabilité des législateurs ultra-orthodoxes et de veiller à ce que les représentants « travaillent pour le peuple, et non l’inverse ». Shlomo Elbaum, conseiller municipal de Bnei Brak, est à la tête de la liste électorale du parti pour la Knesset, composée exclusivement d’hommes ashkénazes et séfarades.
Ani VeAta (« Toi et moi ») [פה] — Fondé en 2017 par Alon Giladi, Ani VeAta se définit comme un parti socio-libéral, démocratique et sioniste, et promet une transition du néolibéralisme vers le socio-libéralisme. Le parti fait campagne sur un programme de « véritable justice sociale » comprenant notamment la mise en place d’une économie sociale de marché, une réforme du processus de privatisation et la protection totale des libertés d’enseignement et d’expression. Le parti pourrait bénéficier d’un coup de pouce inattendu grâce à l’adoption des lettres figurant sur les bulletins de vote précédemment utilisées par Yesh Atid.
Les membres de HaTikun (« La Réparation ») [נקי] portent des masques blancs vierges lors de leurs campagnes afin de mettre en avant leur message selon lequel la politique doit être professionnelle, et non personnelle. Le programme du parti s’engage en faveur d’une réforme électorale en profondeur, comprenant notamment la création de circonscriptions parlementaires et l’organisation de référendums sur les questions nationales clés. Il prône une gouvernance technocratique, dans laquelle le Premier ministre et les ministres seraient choisis en fonction de leurs qualifications et de leur expérience plutôt que de leur appartenance politique.
Tkuma (« Renaissance ») [ק] — À ne pas confondre avec le parti du même nom qui a évolué vers HaTzionout HaDatit, Tkuma est un nouveau parti fondé par Elkana Federman, qui était responsable de la sécurité au festival Nova lors du 7 octobre 2023. Federman a déclaré vouloir « empêcher un nouveau 7-Octobre » en démantelant les Accords d’Oslo des années 1990 entre Israël et l’AP, ainsi que l’AP elle-même. Il a poursuivi en justice l’ancien chef du Shin Bet, Ronen Bar, affirmant que ce dernier n’avait pas donné suite aux renseignements qu’il avait reçus avant l’assaut sanglant du Hamas.
Kol HaNashim (« Toutes les femmes ») [קה] — Ce parti féministe, dirigé par Amir Israel Shadmi, se décrit comme un mouvement social pour celles et ceux qui soutiennent l’égalité des droits pour les femmes. Il cherche à représenter toutes les femmes en Israël, indépendamment de leur religion, de leur origine ethnique ou de leur orientation sexuelle. Parmi ses objectifs figurent une représentation paritaire au sein du gouvernement, des organismes publics et du secteur privé, une protection renforcée en matière de fertilité, de grossesse et de maternité, ainsi que l’égalité dans les domaines du travail, de l’éducation, de la culture, de la santé et des médias. Il réclame également des espaces publics plus sûrs, de meilleurs transports en commun, une lutte plus vigoureuse contre la violence et le harcèlement, un soutien à l’indépendance économique des femmes ainsi que la liberté pour chaque femme de pratiquer ou non une religion.
Brit Olam LeGeulat Yisrael ( « Alliance éternelle pour la rédemption d’Israël ») [ז] est dirigé par Ofer Lifshitz et présente une liste de 11 candidats, juifs et arabes. Une grande partie du programme du parti repose sur l’interprétation de passages bibliques. Il affirme qu’il abolira le Grand Rabbinat et créera à sa place une constitution fondée sur les Dix Commandements et la Torah. Le parti s’engage à abroger les accords de privatisation et à renationaliser les institutions publiques afin de garantir « la fin de l’asservissement de la majorité par une poignée de riches ». Brit Olam prône également une démocratie directe inspirée du modèle suisse, des politiques de discrimination positive en faveur des femmes et des groupes minoritaires, ainsi que la mise en place d’une commission d’enquête nationale sur l’attaque du 7-Octobre.
Gahat – HaGush HaTanakhi (« Le Bloc biblique ») [יק] — Fondé en 2019 par Avi Lipkin, le parti Gahat se décrit comme un « parti de la civilisation occidentale judéo-chrétienne ». Il s’oppose à la solution à deux États et considère les Accords d’Oslo comme un « désastre total ». Le parti, qui n’a pas mis à jour son programme officiel depuis 2022, met l’accent sur l’importance de l’immigration juive et chrétienne en Israël et affirme qu’il trouverait une solution pour permettre aux conjoints chrétiens et aux membres de la famille des Juifs d’immigrer en Israël en vertu de la Loi du retour.
Betach – Bitahon Hevrati (« Bien sûr – Sécurité sociale ») [ז] n’a pas mis à jour son programme depuis 2019, date à laquelle il s’était engagé à se concentrer sur les « questions socio-économiques », notamment la baisse des impôts, la promotion de la concurrence et la réduction du coût de la vie. Le fondateur du parti, Semion Grafman, condamné pour blanchiment d’argent et personnalité d’Internet, a déclaré lors d’une interview en septembre qu’il accordait la priorité à la lutte contre la dépendance en Israël, qui, selon lui, s’est aggravée depuis le 7-Octobre, en particulier chez les soldats et les réservistes.
Orot HaShachar (« Lumière de l’aube ») [בקר] — Fondé par deux étudiants de l’université Reichman au lendemain du 7-Octobre, Orot HaShachar se positionne à droite du Likud sur l’échiquier politique. Son programme axé sur la sécurité promet une « annulation progressive » des Accords d’Oslo et s’engage à reprendre tous les territoires cédés par le gouvernement depuis la création de l’État, ainsi qu’à répondre à toutes les attaques perpétrées par des individus contre des soldats et des civils par une « force disproportionnée ». Le parti soutient la conscription militaire universelle et promet de sévir contre la criminalité en imposant des peines minimales d’emprisonnement pour une série d’infractions, notamment l’incendie volontaire, la corruption et le blocage illégal de la circulation lors de manifestations.
Tzeva Shachor – Magen Olam HaTorah (« La couleur noire – Le bouclier du monde de la Torah ») [נר] est un parti ultra-orthodoxe à thème unique, opposé à la conscription des Haredim au sein de Tsahal. Dans un communiqué publié en septembre, le parti a déclaré que son seul objectif était « d’empêcher toute persécution religieuse dans le cadre des ordonnances de conscription ». Il a précisé que la seule option qu’il accepterait serait un retour au statu quo en vigueur jusqu’en 2024, lequel accordait une exemption générale de la conscription aux hommes ultra-orthodoxes. La liste du parti est composée de rabbins et d’éducateurs haredim issus d’institutions qui ont été à l’avant-garde de la lutte contre la conscription.
Seder Hadash (« Nouvel Ordre ») [קך] prône une réforme du système électoral, notamment la création de douze circonscriptions parlementaires et le retour à l’élection directe du Premier ministre. Il s’engage également à renforcer l’indépendance du système judiciaire et à rédiger une constitution qui sera soumise à un référendum public. Selon le parti, l’objectif est « d’établir un cadre commun et clair capable de servir le pays même lorsque le gouvernement et les camps politiques changent ».
Bitahon Ishi (« Sécurité personnelle ») [נץ] présente une liste de six candidats dirigée par l’ancien journaliste de langue géorgienne Michael Topchiashvili. Le parti n’a pas publié son programme en ligne, mais Topchiashvili a déclaré à The Petek le 3 octobre qu’il se concentrait « exclusivement » sur la sécurité personnelle, la lutte contre la criminalité et l’imposition de peines de prison plus sévères aux criminels, notamment des peines minimales obligatoires pour les meurtriers, les violeurs et autres criminels dangereux. Le parti soutient également le maintien du « statu quo » en matière de relations entre la religion et l’État, mais rendrait obligatoire le service militaire pour tous les hommes haredim, à l’exception des étudiants en yeshiva « véritablement exceptionnels ».
HaShutafut LeKulam (« Partenariat pour tous ») [ד] — Cette liste à majorité arabe, menée par Talal al-Qrinawi, habitant de Rahat (à ne pas confondre avec le maire de la ville bédouine, qui porte un nom similaire), n’a pas publié de programme électoral. Elle ne dispose pas non plus de comptes sur les réseaux sociaux. Cependant, Qrinawi a déclaré dans une interview qu’il souhaitait apporter un changement au sein de la société arabe et traduire en justice les « extrémistes » ayant causé du tort aux Arabes et démoli des habitations au sein de la communauté.
Eitan Shvili, militant pour la santé mentale, s’est présenté à la Knesset vêtu d’une robe et d’une couronne afin d’enregistrer Sharshar LeAhava VeAchdut HaAm (« Une chaîne d’amour et d’unité du peuple ») [צדק] auprès de la CCE. Lors de conférences de presse et d’interviews, Shvili a présenté le programme de son parti comme étant axé sur les personnes souffrant de syndrome de stress post-traumatique, les survivants de la Shoah et les enfants. Il affirme que Sharshar LeAhava renforcera les services et les traitements proposés aux Israéliens souffrant de trouble de stress post-traumatique (TSPT) ainsi qu’aux anciens combattants blessés, et garantira l’égalité des chances pour tous les enfants, notamment en luttant contre le harcèlement scolaire.
Beyachad Natzliach (« Ensemble, on réussira » en hébreu) [בד] — Un nouveau parti promouvant la coopération judéo-arabe, dirigé par l’homme d’affaires Avi Shaked, magnat des paris en ligne et membre de longue date du parti Avoda, qui s’est présenté sans succès à plusieurs reprises à la tête de ce dernier et qui fut l’un des auteurs de l’Initiative de Genève pour la paix avec les Palestiniens. Tous les autres candidats du parti sont arabes. Le parti prône une solution à deux États avec les Palestiniens, l’abrogation de la loi sur le service militaire obligatoire et la transformation de Tsahal en une « petite armée, intelligente et professionnelle ». Il appelle également à la « justice économique », à la lutte contre le racisme et à la lutte contre la criminalité au sein de la communauté arabe par le biais d’une « application réelle de la loi, de la coopération et non de la peur ».
Gan Eden (« Jardin d’Éden ») [ה] — Un nouveau parti dirigé par Yeshua Ben David qui promet un « avenir de paix, de justice et d’harmonie ». Il propose un programme global d’allègement de la dette, une éducation gratuite de 0 à 18 ans, la suppression des taxes annuelles d’immatriculation des véhicules, ainsi que la mise en place d’un revenu de base pour les citoyens, sans toutefois préciser les sources de financement de ces mesures. Le parti préconise également un mécanisme de contrôle civil des actions du gouvernement, la lutte contre la corruption dans la fonction publique, l’accélération des procédures judiciaires, un programme national de guérison « post-traumatique », le dialogue interreligieux, ainsi que la lutte contre le terrorisme tout en préservant la moralité en temps de guerre, et la création d’un ministère de la paix et de la réconciliation.
Mishpat Tzedek (« Jugement équitable ») [קץ] — Dirigé par Larissa Amir, l’épouse du terroriste Yigal Amir, assassin d’Yitzhak Rabin, le programme de Mishpat Tzedek réclame des changements significatifs au sein du système judiciaire afin de lutter contre les condamnations injustifiées pour crimes graves. Le parti s’oppose également à la création d’un État palestinien, prône l’extension des implantations et annonce la mise en place d’une commission d’enquête sur les Accords d’Oslo. La mère d’Yigal Amir, Geula Amir, occupe la deuxième place sur la liste du parti.
***Kakhol Lavan : Le 19 octobre, soit huit jours seulement avant les élections, Benny Gantz, le chef de file de Kakhol Lavan, ancien ministre de la Défense et chef d’état-major de Tsahal, a annoncé que le parti se retirait de la course, car des sondages menés pendant des mois avaient montré qu’il ne parviendrait pas à franchir le seuil électoral. Ce parti centriste a mené une campagne axée sur l’unité nationale, prônant une large coalition sioniste transcendant les clivages politiques israéliens. À la grande frustration d’une grande partie de l’opposition, Gantz a refusé d’écarter la possibilité de rejoindre un gouvernement dirigé par Netanyahu, avec lequel il avait déjà servi au sein de deux gouvernements d’union nationale. Autrefois principal rival de Netanyahu, Gantz a vu sa popularité politique décliner face à la concurrence de son ancien adjoint Eisenkot, dont le nouveau parti Yashar a attiré plusieurs figures de proue ayant quitté Kakhol Lavan.
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