Israël révoque l’ETA de Lander après sa détention pendant la récolte des olives
La PIBA invoque un “changement de circonstances” pour annuler les visas du candidat démocrate juif au Congrès et de plusieurs rabbins militants
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JTA — Israël a révoqué les autorisations de voyage de plusieurs rabbins américains, de militants et de Brad Lander, un homme politique juif new-yorkais, à la suite de leur participation, la semaine dernière, à la récolte des olives aux côtés de Palestiniens en Cisjordanie.
Des courriels de l’Autorité de la population, de l’immigration et des frontières (PIBA) du ministère de l’Intérieur, transmis à la Jewish Telegraphic Agency, indiquaient aux destinataires que leurs autorisations de voyage électroniques avaient été « révoquées » en raison d’un « changement de circonstances dans leur dossier ». Aucune autre raison n’a été fournie.
Un porte-parole de Lander, candidat démocrate au Congrès dont la détention par Israël la semaine dernière a suscité un tollé international, a confirmé à la JTA que son autorisation électronique de voyage (ETA) avait été révoquée à la suite de cette détention.
Il a ajouté que Lander « avait l’intention d’essayer de la récupérer » afin de se joindre à une délégation du Congrès prévue en février 2027 avec le lobby sioniste libéral J Street. Lander devrait largement remporter son élection la semaine prochaine, sa circonscription étant majoritairement démocrate.
Dans un commentaire plus long publié mardi dans le magazine de gauche Jewish Currents, Lander a qualifié les actions d’Israël de « mesquines » et de « petit pas dans cette infrastructure bien plus vaste d’occupation et de nettoyage ethnique ».
Les voyageurs travaillaient dans une oliveraie palestinienne située près d’une implantation lorsqu’ils ont été interpellés par les autorités israéliennes. T’ruah, une organisation rabbinique de défense des droits de l’Homme, ainsi que les autres groupes juifs participants, ont déclaré qu’ils étaient sur place pour aider les agriculteurs palestiniens à récolter des olives auxquelles ceux-ci n’avaient plus pu accéder depuis trois ans, depuis le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, qui avait déclenché une guerre.
La rabbin Jill Jacobs, directrice générale de T’ruah, a déclaré à la JTA qu’elle estimait que « plus de la moitié » des quelque 60 Juifs interpellés la semaine dernière avaient vu leur ETA révoquée en l’espace de quelques jours. Certains ont reçu cette notification alors qu’ils se trouvaient encore en Israël, alors même qu’ils avaient été autorisés à quitter le pays sans incident.
« Cela semble assez aléatoire », a-t-elle ajouté.
Jacobs a précisé que ce nombre comprenait des rabbins réformés, conservateurs et reconstructionnistes, ainsi que des militants juifs progressistes. Selon un autre participant, le groupe venu participer à la récolte des olives comptait également des Israéliens ayant grandi dans des implantations de Cisjordanie et d’autres ayant perdu des proches lors du 7-Octobre.
Les visiteurs étrangers doivent être titulaires d’une ETA pour entrer en Israël. Ce document est généralement obtenu par les touristes, les bénévoles et les voyageurs d’affaires pour des séjours de courte durée. La procédure de demande est habituellement rapide : il suffit de payer une somme modique en ligne, et les demandes sont généralement approuvées en quelques heures.
Il est très inhabituel pour Israël, qui autorise pratiquement toute personne pouvant prouver son patrimoine juif à devenir citoyen, de prendre des mesures pour restreindre les déplacements des Juifs de la Diaspora. Le gouvernement a toutefois durci sa politique au cours de l’année écoulée concernant les ETA pour les visiteurs qui manifestent en Cisjordanie, a déclaré Jacobs. Ce week-end, Israël a refusé l’entrée à la rabbine Alissa Wise, une Américaine qui dirige le groupe de gauche « Rabbis for Ceasefire » (Rabbins pour le cessez-le-feu), a-t-elle indiqué au Religion News Service.
Jacobs a déclaré que les mesures prises par Israël à l’encontre des membres du clergé juif américain du groupe la préoccupaient particulièrement, compte tenu des attaques de la droite contre les mouvements juifs libéraux dans le pays.
« Ils disent : ‘En fait, nous ne voulons que des Juifs qui partagent certaines positions politiques’. Ce ne sera pas un lieu sûr pour tous les Juifs », a déclaré Jacobs.
« Ils disent : ‘En réalité, nous nous moquons de la communauté juive américaine traditionnelle’. »
Les représentants de la PIBA, l’autorité chargée de traiter les ETA, n’ont pas répondu à la demande de commentaires de la JTA, alors que le pays organisait une élection nationale, jour férié, mardi.
La rabbin Marisa James, de la congrégation Beit Simhat Torah à New York, a fait partie des membres du clergé dont l’ETA a été révoquée à la suite de leur détention. James a indiqué à la JTA qu’elle avait reçu la notification dimanche à l’aéroport, alors qu’elle s’apprêtait à quitter Israël.
« C’est tellement triste pour moi », a déclaré James. Son ETA était valable jusqu’en mars 2027. Pour les Juifs qui se rendaient en Israël par le passé, a-t-elle ajouté, « il n’y a jamais vraiment eu de test politique décisif ».
James a vécu à Jérusalem pendant cinq ans, travaillant pour une partie de cette période pour Encounter, un groupe progressiste qui organise des visites de la Cisjordanie pour les Juifs américains. Lors de ses nombreux passages dans cette région, a-t-elle déclaré, elle n’avait jamais rencontré de résistance de la part de Tsahal jusqu’à la récolte de la semaine dernière.
Elle a expliqué que l’armée s’était présentée sur le site de la récolte pour refouler les militants. Les soldats ont retenu James et ses collègues militants internationaux pendant plusieurs heures, bien que Lander ait été rapidement relâché.
Un communiqué publié en début de semaine par un service gouvernemental indiquait qu’Israël avait expulsé du pays onze titulaires de visa, dont des Américains, à la suite d’affrontements avec Tsahal lors d’une autre manifestation à Hébron.
Les Juifs dont l’ETA a été révoquée ont le droit de déposer une nouvelle demande d’autorisation – ils ignorent toutefois ce que pourra être l’issue de cette démarche. Jacobs s’est dite « optimiste » quant à la possibilité qu’un nouveau gouvernement israélien accorde des autorisations au groupe s’il venait à présenter une nouvelle demande.
« J’espère qu’il y aura un gouvernement qui se soucie véritablement de ses relations avec les Juifs de la Diaspora », a-t-elle déclaré.
Juste avant que son ETA ne soit révoquée, James encourageait les Israéliens arrivant à l’aéroport à voter. Israël ne dispose pas de vote par correspondance, et de nombreux Israéliens supposent que les dizaines de milliers de citoyens arrivés ces derniers jours ont été motivés par leur opposition au gouvernement actuel.
James espère, elle aussi, qu’un nouveau gouvernement israélien se montrera plus accueillant envers les visiteurs juifs progressistes qui, selon elle, tentent de lutter pour un avenir meilleur pour le pays.
« Nous nous sentons profondément attachés à ce lieu et profondément investis dans son avenir », a-t-elle déclaré.
« J’ai toujours grandi en pensant : ‘C’est ce qu’ils veulent, n’est-ce pas ?’ »
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