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18 résidents d’implantation arrêtés après avoir agressé les forces de sécurité lors du démantèlement d’un avant-poste

Alors que les forces de l'ordre démantèlent Givat Ora Yisrael en Cisjordanie, des manifestants érigent des barricades et allument des feux sur les routes de la région

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des résidents d'implantation sur le toit d'un bâtiment lors d'une évacuation menée par les forces de sécurité à l'avant-poste de Givat Ora Yisrael, près de l'implantation de Rehelim, en Cisjordanie, le 2 novembre 2026. (Crédit : Flash90)
Des résidents d'implantation sur le toit d'un bâtiment lors d'une évacuation menée par les forces de sécurité à l'avant-poste de Givat Ora Yisrael, près de l'implantation de Rehelim, en Cisjordanie, le 2 novembre 2026. (Crédit : Flash90)

Lundi, les forces de sécurité israéliennes ont arrêté 18 résidents d’implantation qui ont attaqué des soldats lors de l’évacuation d’un avant-poste illégal dans le nord de la Cisjordanie, a indiqué l’armée.

Des dizaines d’agents de la police des frontières et de soldats de l’Administration civile se sont rendus à l’avant-poste de Givat Ora Yisrael, situé près de la ville palestinienne de Salfit, afin de le démolir.

Givat Ora Yisrael avait déjà été évacué par les autorités israéliennes par le passé.

Tsahal a déclaré que les soldats « avaient mené une nouvelle opération de mise en application de la loi contre plusieurs constructions illégales érigées dans une zone militaire interdite… où des civils israéliens se sont à plusieurs reprises livrés à des activités violentes et illégales ».

Aucun blessé n’a été signalé.

Des images montrent une pelleteuse en train de démolir une maison de l’avant-poste tandis que des résidents d’implantation se sont retranchés sur le toit. On y voit également une voiture détruite par une pelleteuse.

D’autres images montrent des incendies allumés dans la zone, apparemment par les résidents d’implantation.

Des émeutiers israéliens issus de l’avant-poste illégal « ont incendié des pneus et érigé des barrages routiers sur les axes principaux de la région afin d’entraver l’intervention des forces de l’ordre », selon l’armée.

« En conséquence, les routes et les axes principaux sont restés bloqués tout au long de la matinée, perturbant la vie quotidienne des habitants de la région et provoquant des barrages routiers et des embouteillages sur toutes les routes de la zone », a déclaré Tsahal, ajoutant que les forces « avaient levé les barrages routiers pour rétablir l’ordre dans la région ».

L’armée a indiqué que, lors de l’évacuation de l’avant-poste, des dizaines de résidents d’implantation « se sont livrés à des violences physiques et verbales à l’encontre des forces de sécurité, malgré les efforts de ces dernières pour éviter toute confrontation physique ».

Des agents de la police des frontières évacuant l’avant-poste de Givat Ora Yisrael, près de l’implantation de Rehelim, en Cisjordanie, le 2 novembre 2026. (Crédit : Flash90)

Les troupes ont interpellé au total 18 suspects « pour avoir agressé et entravé le travail des agents de sécurité », et ont saisi plusieurs véhicules appartenant aux émeutiers, a indiqué l’armée. Les suspects ont été remis à la police pour être interrogés.

« Des matériaux incendiaires, des armes d’assaut et du gaz lacrymogène ont été découverts dans l’un des véhicules », a ajouté Tsahal.

Selon des sources sécuritaires, cet avant-poste aurait servi de base aux résidents d’implantation extrémistes pour mener des attaques contre des villages palestiniens de la région.

L’avant-poste était situé dans la Zone B de la Cisjordanie, qui est censée être interdite d’accès aux résidents d’implantation.

Des agents de la police des frontières évacuant l’avant-poste illégal israélien de Givat Ora, près de l’implantation de Rehelim, en Cisjordanie, le 2 novembre 2026. (Crédit : Flash90)

Sous le gouvernement actuel, les résidents d’implantation extrémistes se sont sentis encouragés à établir des avant-postes illégaux non seulement dans la Zone C de la Cisjordanie, contrôlée par Israël, mais aussi dans les zones A et B, qui sont sous le contrôle administratif de l’Autorité palestinienne (AP).

Plus de 200 avant-postes illégaux ont été créés en Cisjordanie au cours du mandat de quatre ans du gouvernement sortant, dont beaucoup auraient été mis en place en coordination avec les autorités municipales des implantations, l’armée et d’autres organismes publics.

Un faible pourcentage de ces avant-postes est mis en place sans une telle coordination et ce sont souvent ces derniers qui font l’objet de mesures coercitives de la part de l’Administration civile, une agence quasi militaire relevant du ministère de la Défense et contrôlée par le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, l’architecte de l’expansion massive de la présence juive menée par le gouvernement.

Les habitants de ces avant-postes déclarent ouvertement vouloir chasser les Palestiniens de leurs terres dans les villages voisins. Cette initiative s’étend au-delà de la Zone C à toutes les autres parties de la Cisjordanie.

La semaine dernière, Israël a tenu des élections à la Knesset qui ont abouti à des résultats indécis : ni la coalition dirigée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, ni le bloc des partis cherchant à le renverser ne disposent d’une voie claire pour former un nouveau gouvernement.

Les violences commises par les résidents d’implantation à l’encontre des Palestiniens ont connu une forte recrudescence cette année et ont encore atteint un pic au cours des semaines précédant les élections.

Israël fait face à des critiques internationales croissantes concernant cette flambée de violence, que Netanyahu a minimisée en l’attribuant à un petit nombre de délinquants venus de l’extérieur de la Cisjordanie. Les détracteurs accusent le gouvernement de tolérer, voire d’encourager ces violences, qui ont entraîné le déplacement de dizaines de familles palestiniennes.

L’armée israélienne fait également l’objet de critiques croissantes, car ses soldats restent souvent passifs pendant les attaques, y participent activement ou ne poursuivent pas les responsables en justice.

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