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Explications

Netanyahu perd sa majorité, l’opposition cherche sa voie : quels scénarios ?

Les anti-Netanyahu détiennent 67 sièges sur 120, mais doivent faire de gros compromis pour former un gouvernement. Le Premier ministre pourrait mettre à profit leur division

Montage photo (de gauche à droite) : Le Premier ministre Benjamin Netanyahu ; le chef du parti Yashar, Gadi Eisenkot. (Crédits : Ohad Zwigenberg/AP ; Jack GUEZ/AFP)
Montage photo (de gauche à droite) : Le Premier ministre Benjamin Netanyahu ; le chef du parti Yashar, Gadi Eisenkot. (Crédits : Ohad Zwigenberg/AP ; Jack GUEZ/AFP)

Cinq jours après le vote des Israéliens, la question de savoir qui dirigera le prochain gouvernement du pays est loin d’être tranchée.

Les partis opposés au Premier ministre Benjamin Netanyahu ont remporté collectivement 67 des 120 sièges que compte la Knesset, contre 53 pour le bloc de droite et ultra-orthodoxe du chef du gouvernement. Cependant, de profondes divergences idéologiques et des promesses de campagne contradictoires laissent une fois de plus l’opposition sans les moyens immédiats de former un gouvernement alternatif.

Seuls 48 des sièges de l’opposition relèvent de partis à majorité juive, les 19 restants relevant de la Liste arabe unie et du parti Raam, à majorité arabe, dont la participation ou le soutien à un nouveau gouvernement demeure très controversé.

L’une des voies pour remplacer Netanyahu passe par un gouvernement minoritaire dirigé par le président de Yashar, Gadi Eisenkot — dont le parti a obtenu 21 sièges —, avec le soutien extérieur des partis arabes.

Une autre option consisterait pour Gadi Eisenkot à obtenir la coopération de parlementaires ultra-orthodoxes, dont certains ont fait part de leur déception suite à leur alliance avec Netanyahu.

Mais aucune de ces options n’offre de solution simple.

Tout gouvernement formé par les partis anti-Netanyahu exige en effet de ses dirigeants qu’ils transigent sur des promesses électorales fondamentales, qu’il s’agisse d’accepter une dépendance vis-à-vis des partis arabes ou de faire des concessions sur la conscription militaire des ultra-orthodoxes. Et même si un tel gouvernement voyait le jour, les fractures idéologiques entre les futurs partenaires et la dépendance envers un soutien extérieur au bloc pourraient rendre la gouvernance extrêmement difficile, exposant la coalition à un risque élevé d’effondrement.

De son côté, Netanyahu ne dispose d’aucun moyen clair pour rassembler une majorité qui lui soit propre. À huit sièges du seuil requis, il lui faudrait soit persuader des parlementaires de l’opposition de faire défection, soit conclure un improbable accord d’union avec ses rivaux.

Sa trajectoire la plus prometteuse, pour se maintenir au pouvoir, consisterait donc à attendre un échec de ses opposants à s’unir, ce qui rendrait nécessaire la tenue de nouvelles élections et l’espoir d’y décrocher une majorité parlementaire.

Comment l’opposition peut-elle former un gouvernement ?

Malgré leurs 67 sièges cumulés et l’obtention d’une majorité, les partis du camp anti-Netanyahu font face à des difficultés pour convertir cet avantage en un gouvernement fonctionnel.

Cette majorité donne déjà aux partis la capacité d’exercer une influence considérable au sein de la Knesset, où ils coordonneraient leurs efforts pour remplacer le président et prendre ainsi le contrôle de l’ordre du jour législatif, ce qui pourrait leur permettre de mettre au vote des projets de loi avant même la constitution d’un nouveau gouvernement.

Si un nombre suffisant de ces partis s’accordent pour recommander au président Isaac Herzog un candidat au poste de Premier ministre — très probablement le chef de Yashar, Gadi Eisenkot —, ce dernier devrait se voir confier la première possibilité de former un gouvernement.

Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar, aux côtés de membres de son parti au siège électoral du parti à Tel Aviv, après la fermeture des bureaux de vote et la publication des résultats des sondages à la sortie des urnes, le soir des élections législatives israéliennes, le 28 octobre 2026. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Cependant, les quatre partis d’opposition à majorité juive ne comptant que 48 sièges, tout gouvernement qu’ils établiraient prendrait vraisemblablement la forme d’une coalition minoritaire dépendante d’un soutien parlementaire extérieur.

Selon le droit israélien, un gouvernement n’a pas besoin de l’appui de 61 parlementaires pour entrer en fonction, à condition de remporter une majorité simple des suffrages exprimés lors d’un vote de confiance à la Knesset.

Israël a déjà eu des gouvernements minoritaires, par le passé, mais le fait d’en établir un dès le départ, en dehors donc du cas de perte de majorité en cours de mandat, serait totalement inédit.

1. Un gouvernement minoritaire appuyé par les partis arabes

L’une des options consisterait en une coalition minoritaire regroupant les quatre partis d’opposition à majorité juive, à laquelle pourraient s’associer les huit députés du parti Raam, avec l’appui extérieur des 11 sièges de la Liste arabe unie.

Le parti Raam a exprimé son intérêt à rejoindre une coalition, tandis que la Liste arabe unie a indiqué qu’elle apporterait son soutien de l’extérieur à un gouvernement du changement.

Mais même si les deux partis arabes demeurent en dehors de la coalition, un tel arrangement exigera des dirigeants de l’opposition, en particulier de Naftali Bennett et d’Avigdor Liberman, qu’ils reviennent sur leur promesse de campagne de ne pas former de gouvernement dépendant des partis arabes.

Durant la campagne, Gadi Eisenkot a fixé quatre conditions pour faire partie de son gouvernement : un engagement envers Israël en tant qu’État juif et démocratique et envers les valeurs de la Déclaration d’indépendance, l’acceptation du service militaire ou national obligatoire, ainsi que la reconnaissance du Hamas comme une organisation terroriste devant être détruite.

Un tel gouvernement risquerait également de provoquer des défections chez les parlementaires les plus ancrés à droite, notamment au sein d’Yisrael Beytenu ou de Yashar, qui pourraient refuser de soutenir un tel accord et choisir de rejoindre le bloc de Benyamin Netanyahu.

Le député de la Liste arabe unie, Ahmad Tibi (à gauche), prend la parole lors d’une conférence de presse à Haïfa, le 20 octobre 2026, et le président de la Liste arabe unie, Yousef Jabareen, au siège électoral du parti à Nazareth, dans le nord d’Israël, après la fermeture des bureaux de vote, le soir des élections, le 27 octobre 2026. (Sharon Leibel/Flash90)

Une solution possible consisterait en un accord formel de soutien sans participation, semblable aux dispositions appliquées dans des démocraties parlementaires comme le Canada ou le Royaume-Uni, dans le cadre duquel des partis extérieurs à la coalition s’engagent à soutenir le gouvernement lors des votes de confiance et des budgets, sans détenir de portefeuilles ministériels ni participer directement aux décisions gouvernementales.

Un tel accord pourrait rendre la coopération avec les partis arabes plus acceptable pour certains de leurs partenaires potentiels — mais cela pourrait ne pas suffire.

2. Un gouvernement minoritaire appuyé par les partis ultra-orthodoxes

Une autre possibilité consisterait à obtenir le soutien extérieur des partis ultra-orthodoxes, ou à tout le moins de YaHadout HaTorah, qui a été l’un des partenaires de coalition les plus fidèles de Netanyahu.

Par le passé, les partis ultra-orthodoxes n’étaient pas spécifiquement de droite, fonctionnant plutôt comme un bloc politique indépendant, travaillant avec des gouvernements issu de tout l’échiquier politique.

Mais les Haredim se sont progressivement ancrés à droite et sont considérés depuis ces dernières années comme de solides alliés du Likud.

Cependant, face à la déception née de l’incapacité de Netanyahu à faire voter une loi préservant l’exemption de service militaire des hommes ultra-orthodoxes, des personnalités de YaHadout HaTorah préconiseraient un retour à cette approche indépendante au lieu de rester aligné sur l’actuel Premier ministre.

Jeudi, des sources proches de YaHadout HaTorah ont fait savoir qu’elles étudiaient la possibilité de permettre à un gouvernement minoritaire mené par Eisenkot d’entrer en fonction et de se maintenir, en s’abstenant lors des votes parlementaires, sans avoir à rejoindre formellement la coalition.

Si les sept députés de YaHadout HaTorah s’abstiennent, le bloc Netanyahu se retrouvera avec 46 voix contre 48 pour l’opposition sioniste, ce qui pourrait permettre l’investiture d’un gouvernement dirigé par Eisenkot sans avoir à dépendre des partis arabes.

Le député Yaakov Asher, chef du parti Yahadout HaTorah, s’exprimant au siège électoral du parti dans la ville ultra-orthodoxe de Bnei Brak, le soir des élections, le 28 octobre 2026. (Crédit : Hilel Ben Or/Flash90)

Un tel scénario a un prix politique considérable : en effet, Eisenkot et ses possibles partenaires de coalition ont axé leur campagne sur la promesse de mettre un terme aux exemptions militaires des ultra-orthodoxes et de généraliser le service militaire obligatoire.

S’assurer la coopération de YaHadout HaTorah, et éventuellement du Shas, exigerait donc probablement des concessions sur ce point, ce qui torpillerait une promesse électorale de toute première importance tout en maintenant le gouvernement sous la dépendance de formations dont les intérêts sont contraires à son programme.

3. Un gouvernement minoritaire dirigé par Liberman

Bien qu’Eisenkot conduise le parti le plus important au sein du camp anti-Netanyahu, les partis d’opposition doivent encore s’accorder sur un candidat à la fonction de Premier ministre, Bennett et Liberman nourrissant tous deux des ambitions pour ce poste.

Le faucon Avigdor Liberman pourrait se révéler le principal obstacle à la constitution d’un gouvernement contraint de s’appuyer sur les partis arabes, ayant répété avant et après le scrutin qu’il ne reviendrait jamais sur sa promesse d’exclure tout exécutif dépendant de ces formations.

Ses alternatives demeurent toutefois limitées, dans la mesure où il a par ailleurs exclu de travailler sous l’autorité de Netanyahu et érigé son opposition frontale aux partis ultra-orthodoxes — en particulier sur la question du service militaire — en pierre angulaire de son positionnement politique.

Ce vétéran de la vie politique, ancien ministre de la Défense et des Finances, pourrait chercher à faire valoir ses sept sièges pour exiger un rôle de premier plan au sein d’un exécutif alternatif, voire le poste de Premier ministre, en échange de son acceptation d’une dépendance envers les partis arabes ou ultra-orthodoxes.

Bien que la taille relativement modeste de son parti rende cette exigence ardue à négocier, des précédents existent : Bennett est en effet devenu Premier ministre en 2021 avec six sièges seulement, à l’issue d’un scrutin tout aussi fragmenté.

Avigdor Liberman, chef d’Yisrael Beytenu, au siège électoral du parti à Tel Aviv, le soir des élections, le 27 octobre 2026. (Crédit : Tal Gal/Flash90)

En définitive, qu’Eisenkot, Liberman ou Bennett prenne la tête de l’opposition, la formation du gouvernement exigera des compromis sur les promesses de campagne. Et même en cas de succès, la dépendance du gouvernement vis-à-vis d’appuis extérieurs et les fractures idéologiques entre partenaires le rendront vulnérable, offrant potentiellement à Netanyahu une nouvelle opportunité de revenir aux affaires.

Comment Netanyahu pourrait-il rester au pouvoir ?

Pour Netanyahu, l’arithmétique parlementaire s’avère nettement moins favorable. Avec 53 sièges seulement, son bloc accuse un déficit de huit voix par rapport à la majorité, et aucun des partis élus sur la promesse de le remplacer ne semble disposé à transiger.

Netanyahu pourrait plaider qu’en tant que chef du parti le plus important de la Knesset (27 sièges), c’est à lui que revient de former un gouvernement. Néanmoins, dans la mesure où il a perdu sa majorité et faute de perspective claire pour bâtir une nouvelle coalition, il est peu probable qu’Isaac Herzog lui fasse cette faveur.

Toutefois, le Premier ministre sortant dispose encore de plusieurs solutions pour garder le pouvoir, à commencer par une impasse politique qui mènerait à de nouvelles élections, le ralliement de députés de l’opposition ou la conclusion d’un accord d’union nationale avec ses rivaux.

1. Un gouvernement d’union nationale

Une des possibilités réside dans la formation d’un gouvernement d’union nationale réunissant Netanyahu et un ou plusieurs chefs de l’opposition, potentiellement dans le cadre d’un accord de rotation à la tête du gouvernement.

Herzog, qui a fait part de son intérêt pour un gouvernement d’union afin d’éviter de convoquer de nouvelles élections, pourrait encourager un tel accord.

Il pourrait en être de même pour le président américain Donald Trump, dont l’administration serait lassée de composer avec les alliés d’extrême droite de Netanyahu, qui pourraient être écartés dans le cadre d’un accord de rotation de ce type.

Mais convaincre l’un des leaders de l’opposition de rejoindre un gouvernement dirigé par Netanyahu exigerait de revenir sur une promesse centrale de campagne, perspective qui, du moins pour l’instant, semble vraiment peu probable.

Eisenkot, qui a répété à maintes reprises qu’il refusait de travailler avec Netanyahu, même dans un gouvernement de rotation, semble peu susceptible d’accepter.

Ayant bâti sa campagne autour d’une alternative honnête et digne de confiance à Netanyahu, le chef de Yashar risquerait de perdre toute crédibilité auprès des électeurs et potentiellement de mettre fin à sa carrière politique s’il revenait sur cette promesse.

Il gardera sans aucun doute à l’esprit l’accord de rotation conclu en 2020 par Benny Gantz avec Netanyahu, qui s’est effondré avant que Gantz ne puisse prendre la tête du gouvernement.

D’un strict point de vue réaliste, les circonstances les plus susceptibles de modifier ce calcul seraient une crise sécuritaire majeure, en particulier une nouvelle guerre avec l’Iran, laquelle pourrait faire pression sur les partis rivaux pour qu’ils mettent de côté leurs différends au nom de l’unité nationale, comme l’ont fait Gantz et Eisenkot à la suite du pogrom du Hamas du 7 octobre 2023.

Des informations parues avant les élections affirment que Netanyahu a fait pression sur le chef d’État-major de Tsahal, Eyal Zamir, ainsi que sur Trump, pour qu’ils se disent favorables à une action militaire contre l’Iran, ce qu’il dément.

Des critiques se sont demandé si ces prétendues pressions de Netanyahu en faveur d’une reprise des actions militaires étaient motivées par des considérations politiques, compte tenu notamment des avantages d’une prolongation de son mandat ou d’un report des élections et, désormais, après le scrutin, d’un retard dans la formation d’un gouvernement.

2. De nouvelles élections

La manière la plus simple, pour Netanyahu, pour garder le pouvoir est sans doute la tenue d’un nouveau scrutin, jusqu’à la date duquel il serait Premier ministre par intérim.

Netanyahu et ses alliés ont déjà tenté de contester la légitimité du vote de mardi en formulant des accusations non étayées de fraude électorale et en affirmant que l’élection avait été « volée », ce qui n’est pas sans rappeler la tentative de Trump pour renverser sa défaite électorale de 2020.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, chef du Likud, saluant depuis le quartier général électoral du Likud, à Jérusalem, après les élections, dans la nuit du 28 octobre 2026. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Les autorités enquêtent sur des soupçons d’ingérences étrangères avant les élections mais la commission électorale centrale a d’ores et déjà rejeté comme infondées les accusations de fraude réelle lors du scrutin.

Netanyahu pourrait ne pas avoir besoin d’inverser les résultats pour tenter une nouvelle fois sa chance dans les urnes.

Compte tenu des profondes divisions au sein de l’opposition, il pourrait simplement attendre que ses rivaux échouent à former un gouvernement, ce qui déclencherait de nouvelles élections jusqu’à la date desquelles il resterait Premier ministre par intérim.

Un nouveau scrutin profiterait très certainement à Netanyahu.

Le taux de participation exceptionnellement élevé lors du scrutin de mardi, en particulier parmi les électeurs arabes, ainsi que les quelque 70 000 Israéliens venus de l’étranger pour voter, seraient des variables difficiles à reproduire.

Et les partisans de l’opposition, déçus par l’incapacité de leurs représentants à capitaliser sur leur majorité parlementaire, pourraient également les punir dans les urnes.

Cependant, la capacité de Netanyahu à remporter huit sièges supplémentaires pour atteindre le seuil des 61, lors d’un tel scrutin, est loin d’être garantie.

3. Persuader des parlementaires de l’opposition de faire dissidence

L’autre moyen, pour Netanyahu, de former un gouvernement avec la réalité parlementaire du moment serait de convaincre des parlementaires de l’opposition de rejoindre son camp.

Cette stratégie n’a rien de nouveau pour le Premier ministre, qui a contribué à faire tomber le gouvernement Bennett-Lapid en 2022 en exploitant les divisions au sein de sa fragile coalition, notamment par les défections des députés de Yamina, Idit Silman et Amichai Chikli, qui ont ensuite rejoint le Likud.

Netanyahu et ses alliés auraient tenté d’identifier les parlementaires vulnérables au sein de l’opposition, en particulier parmi les partis d’Eisenkot, Bennett et Liberman.

Le chef de Yashar, Gadi Eisenkot (au centre), accompagné du dirigeant de Bayit Tzioni, Chili Tropper (deuxième à partir de la droite), et des candidats Shira Shapira, Elyasaf Peretz et Shlomi Yehiav, sur une photo publiée le 6 septembre 2026, suite à une fusion politique. (Crédit : Yahav Trodler/Yashar)

Les divisions idéologiques au sein de l’opposition pourraient créer des opportunités pour Netanyahu, en particulier si Eisenkot tente de former un gouvernement minoritaire dépendant des partis arabes.

Des parlementaires plus à droite de Yashar ou d’Yisrael Beytenu pourraient rechigner face à un tel arrangement et peut-être faire dissidence vers le bloc de Netanyahnu.

Mais contrairement à la dernière fois, une ou deux défections ne suffiront pas : Netanyahu doit trouver huit parlementaires pour s’assurer une majorité parlementaire, une entreprise hautement improbable encore compliquée par les règles israéliennes régissant les défections parlementaires.

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