L’Association américaine de psychologie a balayé les plaintes pour antisémitisme – rapport
Dans un rapport du Congrès, les courriels d’un important groupe de psychologues - qui montrent que ses responsables avaient raillé les inquiétudes qui étaient celles des Juifs après le 7-Octobre
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Luke Tress est le correspondant du Times of Israel à New York.

Selon un rapport du Congrès qui a été diffusé dans la journée de jeudi, les responsables et les membres de l’Association américaine de psychologie (APA) ont écarté et nié les préoccupations qui avaient pu être exprimées en lien avec l’antisémitisme. Ils ont refusé de reconnaître les Juifs comme groupe minoritaire et ils ont justifié les actes terroristes à l’encontre d’Israël.
L’Association américaine de psychologie (APA) est la principale organisation professionnelle des psychologues américains et elle compte plus de 190 000 membres.
L’association accrédite les psychologues et publie des travaux de recherche.
Des membres juifs de l’APA et les autorités fédérales ont dénoncé des cas d’antisémitisme au sein de l’association, ces dernières années.
Le rapport de 24 pages qui a été rendu public, dans la journée de jeudi, par la commission de l’Éducation de la Chambre des représentants, qui est dirigée par les républicains, a compris des communications internes du personnel, des responsables et des membres de l’APA.
L’étude a révélé qu’après le pogrom qui avait été perpétré par le Hamas en Israël le 7 octobre 2023, les responsables de l’organisation avaient consulté l’association à but non lucratif American Arab, Middle Eastern, and North African Psychological Association (AMENA-Psy) alors qu’ils rédigeaient un communiqué sur cette attaque meurtrière.
La déclaration de l’AMENA-Psy sur le 7-Octobre avait qualifié le massacre de « résistance » au génocide et elle avait indiqué que le groupe de psychologues faisait état de sa « totale solidarité » avec la « lutte décoloniale en faveur de la justice ».
L’AMENA-Psy avait fait savoir aux dirigeants de l’APA que le communiqué de l’association, à l’occasion du 7-Octobre, contenait un « langage problématique et raciste », un langage susceptible de « contrarier les membres de la région MENA », demandant notamment que l’expression « attaques terroristes » soit modifiée.
Le sigle MENA désigne la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.
L’AMENA-Psy avait également recommandé que la déclaration puisse faire référence à « la violence des deux camps » et à son « coût pour les Palestiniens, afin de contrebalancer l’accent mis sur Israël ».
Le communiqué transmis par l’APA à l’occasion du 7-Octobre ne qualifiait pas l’attaque d’acte terroriste.
L’APA avait également consulté l’AMENA-Psy au sujet des résolutions prises par l’association sur la question de l’antisémitisme – qualifiant cette association à but non lucratif « d’acteur dans la lutte contre l’antisémitisme », selon le rapport.
Le 12 octobre 2023, la présidente de l’APA de l’époque, Cynthia de las Fuentes, avait établi un lien entre l’attaque meurtrière qui avait été commise par le Hamas et le meurtre de George Floyd par la police américaine en 2020, selon le rapport de la Chambre des représentants.
« George Floyd est représentatif des Gazaouis », avait-elle écrit dans un courriel. « Les thèmes de la domination et de la soumission sont évidents dans les deux cas ».
Les responsables à la tête de l’APA avaient également entretenu des liens avec Lara Sheehi – une membre éminente de l’association qui est connue pour avoir diabolisé le sionisme et défendu le Hamas. Elle lui avait apporté son soutien.
Lorsqu’un employé de l’APA avait demandé à l’organisation de signer l’engagement de l’Anti-Defamation League (ADL) contre l’antisémitisme sur le lieu de travail, un membre du personnel chargé des droits de l’Homme, au sein de l’association, avait déconseillé de le faire, au motif que l’ADL avait critiqué Lara Sheehi.
Quelques mois plus tard, au mois de février 2024, Lara Sheehi avait envoyé un courriel à l’APA pour la mettre en garde contre une manifestation contre l’antisémitisme qui avait été organisée par des membres juifs de l’association, affirmant que ce mouvement de protestation serait un « cauchemar en termes de relations publiques ». Elle avait contesté le fait que les Juifs étaient le peuple autochtone d’Israël.
De las Fuentes avait répondu : « Oui, merci, Lara, de nous avoir signalé cela. »
Des communications internes ont par ailleurs révélé que les dirigeants de l’APA avaient cherché à mettre l’antisémitisme dans le même sac que d’autres formes de discrimination ou à écarter les plaintes.
Lorsque la présidente de l’époque, de las Fuentes, avait demandé à sa prédécesseure, Thema Bryant, son avis sur un discours prononcé en 2024, cette dernière avait estimé que l’allocution « mentionnait l’antisémitisme à plusieurs reprises et l’islamophobie une seule fois ».
Bryant avait ajouté que le discours présentait la Shoah comme « l’un des actes les plus’ horribles » de l’Histoire, sans mentionner les milliers de personnes qui avaient été récemment tuées à Gaza, selon le rapport de la Chambre des représentants.
Au mois de mai 2025, lorsque le représentant américain Ritchie Torres avait envoyé une lettre à l’association concernant la problématique de l’antisémitisme, un responsable de l’APA avait dit que ce courrier était « très peu étayé sur le plan factuel ». Un ancien président de l’APA avait écrit : « Soupir ! » en l’annotant.
Au mois de juin 2025, après qu’un psychologue juif a écrit aux dirigeants de l’association, s’inquiétant de l’antisémitisme, la responsable de la diversité de l’APA, Maysa Akbar, avait, elle aussi, écrit à d’autres dirigeants de l’APA : « Soupir ! »
Quelques mois plus tard, lorsque l’ADL avait envoyé à l’association un questionnaire sur la haine antijuive, un directeur de la communication de l’APA avait déclaré que l’association ne devait pas y répondre « car il était trop biaisé ».
Le rapport indique qu’en 2024, l’APA avait refusé de recommander des psychologues spécialisés dans les traumatismes susceptibles d’assister à une projection à la Maison Blanche de « Screams Before Silence », un documentaire consacré aux violences sexuelles qui avaient été commises le 7-Octobre.
« Je crains que le fait de fournir des noms ne nous entraîne dans la dimension politique du film », avait commenté un responsable de l’APA. Un autre membre du personnel avait recommandé à l’APA de « refiler la demande » à une association de psychologues de Washington, DC.
Au début de l’année, des membres juifs de l’APA avaient présenté une résolution qui cherchait à créer une « association psychologique ethnique » juive, à l’instar des groupes existants pour d’autres membres issus de minorités tels que les psychologues arabes, asiatiques, amérindiens, latino-américains et afro-américains.
D’autres membres de l’APA s’étaient opposés à cette initiative, affirmant que les Juifs étaient blancs et qu’ils ne constituaient donc pas une minorité. L’un d’entre eux avait dit que « des personnes qui ont été intégrées de force dans la catégorie des Blancs et qui ont bénéficié du privilège blanc » cherchaient « à obtenir une place et une voix à la table des discussions aux côtés de personnes qui ont été historiquement marginalisées ».
Un membre d’une association représentant la minorité indienne avait estimé que les Juifs ne constituaient pas une « minorité ethnique sous-représentée, marginalisée et défavorisée », et que si les Juifs étaient reconnus, « cela ouvrirait la voie à la reconnaissance d’autres groupes religieux privilégiés à prédominance blanche ».
Un groupe interne de l’APA, dont la mission était de donner son avis sur les résolutions, avait rapporté que d’autres groupes identitaires avaient déclaré : « De nombreux Juifs (dont la majorité sont blancs) ne sont pas confrontés au même racisme, à la même suprématie blanche, à la même colonialité, ni à la même oppression systémique ou structurelle que les personnes de couleur ».
Au mois d’août dernier, l’APA a reporté un vote sur la reconnaissance du groupe juif pour la deuxième fois.
Le rapport de la Chambre des représentants comprend des détails sur les discussions internes menées sur les listes de diffusion de l’APA.
Après le 7-Octobre, un membre avait dit que les allégations qui laissaient entendre que le Hamas voulait exterminer les Juifs étaient « tout à fait hilarantes » et que l’attaque sanglante avait été « le seul signe de vie et de résistance » de la part des Palestiniens. Il avait partagé la charte du Hamas.
D’autres commentaires avaient fait référence à « l’humanité » dont avaient fait preuve les « combattants du Hamas », affirmant que le groupe terroriste « protégeait les civils » et qu’il méritait des « félicitations », et qualifiant Israël « d’État terroriste », selon le rapport de la Chambre des représentants.
L’APA n’a pas répondu à une demande de commentaire.
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