À Bagdad, le premier musée juif d’Irak accueille un public croissant
Le musée Shamash expose divers documents et photographies et attire un nombre croissant de visiteurs irakiens et étrangers
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Des dizaines de visiteurs ont commencé à découvrir le premier musée juif d’Irak, récemment inauguré à Bagdad où cette communauté a connu une histoire prospère avant de décliner en raison essentiellement du terrible pogrom de Farhoud survenu en 1941.
Le musée Shamash a ouvert ses portes en octobre dans la célèbre rue al-Rachid du centre de la capitale. « Il s’agit du seul musée d’Irak consacré à la communauté juive », a indiqué à l’AFP Ammar Tamimi, membre du comité administratif chargé de la gestion des biens des Juifs d’Irak.
La communauté juive d’Irak était jadis l’une des plus importantes et influentes du Moyen-Orient. Aujourd’hui, les derniers Juifs, à peine quelques dizaines, vivent dans la discrétion, notamment dans la région du Kurdistan par crainte de stigmatisation.
Le musée, doté d’une imposante porte d’entrée en bois surmontée de chandeliers et de motifs géométriques en verre coloré, expose divers documents et photographies.
Il attire un nombre croissant de visiteurs irakiens et étrangers.
Aux murs sont accrochés des portraits de personnalités juives, parmi lesquelles Sassoon Eskell (1860-1932), premier ministre des Finances de l’Irak, et le médecin Dhafer Fouad Eliyahu (1960-2021), qui prodiguait ses soins gratuitement.
Le bâtiment abritant le musée était à l’origine une école, fondée en 1928 grâce au financement de Yaacoub Shlomo Shamash, un Juif irakien, qui dispensait un enseignement en anglais à des élèves de diverses confessions.
Dans les années 1970, l’école avait été confisquée par l’État et était devenue un établissement public, jusqu’à ce qu’une « décision de justice la restitue à la communauté » juive en 1992, selon Tamimi.
Depuis que l’Irak connaît une relative stabilité, après des décennies de guerres, des représentants de la communauté, avec à leur tête Khalida Fouad Eliyahu, 63 ans, sœur du médecin défunt, ont entrepris de faire revivre plusieurs sites, dont celui de Shamash.
« Il est important de se souvenir de l’histoire des Juifs irakiens et de leur civilisation », dit Ramzi al-Saadi, un visiteur.
Cet homme de 74 ans dit se rappeler de ses voisins juifs à Bagdad, « des gens bons et simples ».
Les racines des Juifs d’Irak remontent à 2 600 ans. Dans les années 1940, la minorité comptait environ 135 000 âmes. Aujourd’hui, on estime qu’il ne reste plus que cinq ou six personnes âgées de confession juive en Irak.
Leur émigration a commencé avec les conflits au Moyen-Orient : en juin 1941, plus de cent personnes ont été tuées dans des attaques de foules, dans ce qui a été baptisé le « pogrom de Farhoud ».
Compte tenu de l’antisémitisme et du pogrom de Farhoud de 1941, la majeure partie de la population juive a émigré vers Israël au moment de la création de l’État juif.
Aujourd’hui, en Irak subsistent une cinquantaine de synagogues et d’autres sites de la communauté. Tombés en décrépitude, ils sont parfois occupés et transformés en entrepôts.
la Communauté du Times of Israël !







