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Herzog avertit Netanyahu des « conséquences graves » des violences des résidents d’implantations

Dans une lettre du 8 octobre, le président israélien dénonce une "honte morale" et met en garde contre les risques pour Israël et les Juifs d’une escalade en Cisjordanie

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le président israélien Isaac Herzog s’adresse aux médias lors d’une visite au site commémoratif du festival de musique Nova, à l’occasion du troisième anniversaire du massacre du 7 octobre 2023, près du kibboutz Reim, dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2026. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)
Le président israélien Isaac Herzog s’adresse aux médias lors d’une visite au site commémoratif du festival de musique Nova, à l’occasion du troisième anniversaire du massacre du 7 octobre 2023, près du kibboutz Reim, dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2026. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Le président Isaac Herzog a adressé le 8 octobre dernier une lettre d’avertissement au Premier ministre Benjamin Netanyahu et à d’autres hauts responsables, mettant en garde contre une « réalité hautement explosive et dangereuse » en Cisjordanie, et déplorant la « honte morale » que constituent les violences persistantes des habitants des implantations.

« Les commandants de Tsahal, les officiers de police et le personnel de l’agence de renseignement intérieur du Shin Bet dressent un tableau inquiétant, marqué par des moyens limités et un manque d’effectifs », a écrit Herzog à Netanyahu, au ministre de la Défense Israel Katz, au chef d’état-major de Tsahal, le général de corps d’armée Eyal Zamir, et à la procureure générale Gali Baharav-Miara, dans cette lettre consultée mercredi par le Times of Israel.

Herzog avertissait que les élections en Israël, aux États-Unis et au sein de l’Autorité palestinienne (AP), ces dernières ayant depuis été reportées, associées à la saison de la récolte des olives, « créent une situation hautement explosive et dangereuse ».

« Une grave flambée de violence sur le terrain risque d’entraîner des conséquences graves et de grande envergure, tant pour la sécurité d’Israël et son fonctionnement en tant qu’État souverain que pour la position internationale d’Israël, la diaspora juive, l’économie israélienne, et bien plus encore », avertissait Herzog, ajoutant que le fait que des Palestiniens innocents soient blessés constitue « une honte morale et une tache sur notre réputation ».

Herzog a rédigé cette lettre à la suite d’une visite effectuée le 30 septembre au quartier général de la division de Judée-Samarie.

Les violences commises par des habitants des implantations se sont fortement intensifiées ces derniers mois, avec des attaques et des actes de harcèlement quasi quotidiens, et peu d’auteurs poursuivis ou condamnés. Ces attaques, dont certaines ont visé des diplomates ou des journalistes, ont suscité une vague de condamnations internationales.

Dans sa lettre, Herzog estimait que les auteurs devaient être traités par les autorités comme des membres d’un groupe criminel organisé.

« Nous devons utiliser tous les moyens dont dispose l’État pour démanteler les organisations criminelles qui sévissent » sur le territoire, écrivait Herzog.

« Il n’y a pas de place pour cette anarchie dans un État souverain », avertissait-il.

Il appelait à l’élaboration d’un plan global pour lutter contre les auteurs de ces actes, comprenant un déploiement massif des forces de sécurité, des arrestations à grande échelle, des détentions administratives et le démantèlement de ces groupes.

« Sans une application visible de la loi et une véritable dissuasion, nous courons à la catastrophe », avait-il averti.

Le président appelait également à la mise en place d’une équipe interministérielle chargée de s’attaquer à ce phénomène, qui regrouperait des responsables des services sociaux, de l’éducation et des collectivités locales.

Il estimait que « compte tenu d’une certaine indulgence en matière d’arrestations et de libération des détenus », un dialogue devait être engagé avec la procureure générale, la police et le pouvoir judiciaire.

« La responsabilité qui nous incombe est une responsabilité nationale et d’État de la plus haute importance », avait-il souligné. « Nous ne devons pas la reporter pour des raisons sans fondement. »

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