Le journaliste arabe placé en détention est Abed Abou Shahadeh
La police accuse ce cousin du chef du parti Balad, Sami Abou Shahadeh, d'avoir entretenu des contacts avec un agent étranger
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Le tribunal de Tel Aviv a levé mercredi l’embargo qui avait été imposé sur l’affaire du journaliste arabe arrêté dans la nuit ; la cour a par ailleurs ordonné son maintien en détention provisoire pour quatre jours supplémentaires, jusqu’à dimanche – au lieu des huit jours initialement demandés par la police.
Ce journaliste est Abed Abou Shahadeh, cousin du chef du parti Balad, Sami Abou Shahadeh.
Il est accusé d’avoir entretenu des contacts avec un agent étranger. Ses proches ont déclaré qu’une quinzaine d’agents de sécurité avaient fait irruption chez lui à Jaffa dans la nuit, puis l’avaient arrêté sans lui donner aucune raison. L’enquête est menée conjointement par la police et le Shin Bet.
Abed Abou Shahadeh anime le podcast phare du site d’information Arab48, Al-Midan. Auparavant, il siégeait au conseil municipal de Tel Aviv-Jaffa pour le compte de Yafa, une alliance municipale des partis Balad et Hadash, deux formations chapeautées par des Arabes qui se sont également présentées sur une même liste aux élections de la Knesset.
Selon ses avocats, l’ « agent étranger » en question serait l’ancien député et dirigeant du Balad, Azmi Bishara, qui a fui Israël en 2007, soupçonné d’avoir aidé le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah lors de la guerre du Liban de l’année précédente.
Abou Shahadeh s’est rendu à Doha il y a plus d’une semaine, afin d’interviewer Bishara pour Arab48, en amont des élections législatives israéliennes du 27 octobre.
La défense du journaliste fait valoir que Bishara n’est pas à proprement parler un « agent étranger » au sens de la loi, ajoutant que, pour autant, le contenu de cette rencontre est public, et ce depuis un certain temps, et qu’il n’impliquait aucun complot contre la sécurité israélienne. Abou Shahadeh avait précédemment interviewé Bishara sans rencontrer le moindre problème juridique.
Un représentant de la police présent au tribunal de Tel Aviv a refusé de préciser si Bishara était l’agent étranger présumé ou si le podcast était à l’origine de l’arrestation, renvoyant la cour à un dossier confidentiel remis par les enquêteurs.
La juge Shelly Kotin a noté qu’Abou Shahadeh ne détenait pas de carte du Service de presse du gouvernement et qu’il s’était présenté, lors de son interrogatoire, comme un consultant politique.
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