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Netanyahu réclame un gouvernement « d’union nationale »

Dans un message adressé aux partis du "bloc du changement", le Premier ministre affirme que les partis arabes « veulent éliminer Israël » ; en réponse, le parti Yashar de Gadi Eisenkot l'accuse "d’hypocrisie"

Jeremy Sharon est le correspondant du Times of Israel chargé des affaires juridiques et des implantations.

Une capture d'écran d'une vidéo partagée par le Likud, le parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu, montre ce dernier s'exprimant dans une déclaration vidéo préenregistrée diffusée le 7 novembre 2026. (Capture d'écran)
Une capture d'écran d'une vidéo partagée par le Likud, le parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu, montre ce dernier s'exprimant dans une déclaration vidéo préenregistrée diffusée le 7 novembre 2026. (Capture d'écran)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a appelé samedi les partis du « bloc du changement » à former un gouvernement d’union nationale avec les partis de sa coalition sortante, les avertissant solennellement qu’un gouvernement formé avec les partis arabes, qu’il présente comme des « partisans du terrorisme », mènerait le pays à sa perte.

Tout en appelant à l’unité, Netanyahu a ajouté qu’un tel gouvernement devrait inclure tous ses alliés de la dernière coalition, c’est-à-dire les factions ultranationalistes HaTzionout HaDatit et Otzma Yehudit, ainsi que les partis ultra-orthodoxes, aux côtés du Likud.

Le Premier ministre n’a néanmoins pas précisé qui devait diriger un tel gouvernement.

Ces propos de Netanyahu interviennent alors que le président Isaac Herzog s’apprête à confier dimanche au député de son choix la mission de former un nouveau gouvernement. Il devrait donner la priorité au chef du parti Yashar, Gadi Eisenkot.

« Certaines personnes souhaitent faire prêter serment à un gouvernement à la hâte, dès la semaine prochaine, avec des partisans du terrorisme », a affirmé Netanyahu, dans une référence apparente à Eisenkot. « Ils veulent former un gouvernement en Israël avec ceux qui cherchent à éliminer l’État d’Israël », a poursuivi Netanyahu, évoquant les partis arabes.

Selon le Premier ministre, « un gouvernement soutenu par des partisans du Hamas ne combattra pas le Hamas » et ne défendra pas les soldats de l’armée israélienne déployés à Gaza et au Liban.

Netanyahu a également brandi le spectre d’une guerre civile en Israël, laissant entendre que les violentes émeutes qui ont secoué l’Europe ces dernières semaines – et qu’il a imputées aux « islamistes » – pourraient se répéter en Israël si un gouvernement soutenu par les partis arabes venait à être formé.

« Avec un tel gouvernement, Israël ne pourra tout simplement pas survivre », a estimé Netanyahu.

« J’appelle à la formation d’un gouvernement d’union nationale qui inclura tous les partis du camp national, ainsi que tous les partis sionistes qui souhaitent protéger notre pays, le seul et unique État du peuple juif », a-t-il poursuivi. « Un gouvernement d’union nationale qui éliminera définitivement la menace nucléaire iranienne, protégera Israël en tant qu’État juif, et rétablira notre unité. »

Cette vidéo est intervenue alors que certains membres du bloc anti-Netanyahu, un bloc de quatre partis dirigé par des Juifs et dont fait partie Eisenkot, ainsi que le parti ultra-orthodoxe Yahadout HaTorah, allié de longue date de Netanyahu, ont semblé indiquer qu’ils pourraient s’associer pour former un gouvernement qui détrônerait le Premier ministre sortant. Vendredi, le président du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a officiellement levé son opposition de longue date à un partenariat avec les partis ultra-orthodoxes, et il s’est déclaré prêt à accepter un « compromis douloureux » concernant le service militaire des jeunes hommes ultra-orthodoxes dans les rangs de l’armée israélienne ; Eisenkot, quant à lui, a maintenu sa position en faveur d’un service obligatoire pour cette communauté.

En réponse à la vidéo, le parti Yashar de Gadi Eisenkot a accusé le Premier ministre Benjamin Netanyahu « d’hypocrisie ». Il lui a notamment reproché d’avoir « divisé » la société israélienne et d’avoir sapé les précédents gouvernements d’union nationale qu’il avait lui-même mis en place.

Yashar a estimé que Netanyahu et le Likud pouvaient rompre leur alliance « avec les extrémistes » et rejoindre un gouvernement d’union nationale placé sous l’autorité d’Eisenkot si ces derniers étaient réellement intéressés par l’union.

« L’homme qui a divisé, déchiré et semé la discorde au sein de la société israélienne ne parle ‘d’unité’ que maintenant qu’il se rend compte que ses jours au pouvoir sont comptés », a fait savoir Yashar en réponse au message de Netanyahu.

« L’unité est une valeur importante pour Israël, mais Netanyahu a agi systématiquement et résolument contre elle — même pendant la guerre la plus difficile de notre histoire ».

La faction a ajouté que « le gouvernement d’urgence nationale que Gadi Eisenkot mettra en place ne comprendra que des députés de la Knesset qui soutiennent les quatre principes de Yashar, notamment la reconnaissance du Hamas comme organisation terroriste et l’engagement à détruire son pouvoir militaire et politique ».

Netanyahu avait affirmé dans son message, dans la soirée, qu’un gouvernement formé par Eisenkot avec le soutien des partis politiques arabes ne combattrait pas le Hamas.

« Si le Likud et ses alliés s’intéressent soudainement à ‘l’unité’ et à un gouvernement de large coalition, ils sont plus que bienvenus pour annoncer publiquement la dissolution de leur alliance avec les extrémistes, leur acceptation des quatre principes de Gadi Eisenkot et leur volonté de rejoindre un gouvernement dirigé par le Premier ministre Eisenkot », a conclu Yashar.

Eisenkot a établi quatre principes que les formations politiques qui intégreront sa coalition seront tenues d’accepter : la reconnaissance d’Israël en tant qu’État juif, démocratique, libéral et égalitaire ; l’adhésion aux valeurs de la Déclaration d’indépendance ; l’engagement à exiger un service militaire ou national pour tous les citoyens ; la reconnaissance du Hamas comme une organisation terroriste et de l’obligation de démanteler son pouvoir militaire et politique à Gaza.

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