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Trump : les États-Unis ont lancé des frappes « mineures » contre l’Iran, visant « un petit dispositif antiaérien »

Les médias iraniens font état de deux missiles ayant frappé l'île de Qeshm ; l'armée iranienne se dit désormais « plus forte » qu'au début de la guerre

Cette photo diffusée par la Marine américaine le 13 septembre 2026 montre un F/A-18 Super Hornet, rattaché à l'escadron de chasse d'attaque (VFA) 102, atterrissant à bord du porte-avions de classe Nimitz USS George Washington (CVN 73) le 13 septembre 2026. (Crédit : Bureau d'information de la Marine/AFP)
Cette photo diffusée par la Marine américaine le 13 septembre 2026 montre un F/A-18 Super Hornet, rattaché à l'escadron de chasse d'attaque (VFA) 102, atterrissant à bord du porte-avions de classe Nimitz USS George Washington (CVN 73) le 13 septembre 2026. (Crédit : Bureau d'information de la Marine/AFP)

Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que l’armée américaine avait mené des frappes limitées contre l’Iran, ciblant un système de défense aérienne.

Les médias iraniens ont fait état de deux missiles ayant frappé l’île de Qeshm.

Selon l’agence de presse officielle IRNA, des témoins locaux ont rapporté que deux projectiles avaient frappé la zone de Suza, sur l’île de Qeshm, dans le sud de l’Iran, après qu’un bruit d’avion a été entendu au-dessus de l’île.

Lors d’un échange avec des journalistes, Trump a décrit cette intervention militaire comme « mineure ».

« Nous avons détruit… Ils avaient mis en place un petit dispositif antiaérien et nous l’avons détruit en une quinzaine de minutes, peut-être cinq », a expliqué Trump aux journalistes peu après son arrivée à West Palm Beach, en Floride, dans la soirée de vendredi.

Si Trump n’a pas donné plus de détails sur les cibles, des responsables américains ont indiqué que la majorité des systèmes de défense antiaérienne iraniens avaient été détruits ou gravement endommagés par les bombardements israéliens de juin 2025 et au début de l’actuel conflit.

Le président américain Donald Trump s’adresse aux journalistes après son arrivée à bord d’Air Force One, à l’aéroport international Donald J. Trump de West Palm Beach, en Floride, le 6 novembre 2026. (AP Photo/Jacquelyn Martin)

Les autorités américaines ont estimé que l’Iran tenterait, à terme, de reconstruire et de renforcer ses systèmes de défense aérienne et autres infrastructures militaires.

Selon un article qui a été publié vendredi dans The Telegraph, l’Iran mène actuellement des négociations avec la Russie en vue d’un accord portant sur le système de défense aérienne S-400, une batterie de missiles sol-air à moyenne portée qui a déjà fait ses preuves contre des avions de chasse et des drones dans le cadre de la guerre entre l’Ukraine et la Russie.

L’article cite un responsable iranien qui a déclaré que la République islamique était « optimiste » quant à la possible autorisation de cette transaction par le dirigeant russe Vladimir Poutine.

Ce responsable a précisé que lorsque Mohsen Rezaei avait rencontré Poutine au Kremlin, la semaine dernière, il avait transmis un message du guide suprême Mojtaba Khamenei, dont la demande principale était que la Russie fasse parvenir des armes à l’Iran.

L’armée iranienne affirme être désormais « plus forte » qu’au début de la guerre

Samedi, dans le sillage des frappes qui ont visé l’île de Qeshm, le porte-parole de l’armée iranienne, Mohammad Akraminia, a affirmé que les forces iraniennes étaient désormais plus fortes et plus confiantes, a rapporté l’agence de presse officielle IRNA.

« Aujourd’hui, les forces armées de la République islamique… grâce à l’expérience acquise lors de la confrontation directe avec les États-Unis et le régime israélien, sont en état d’alerte renforcé et sont plus fortes qu’elles ne l’étaient au début de la guerre », a-t-il affirmé.

De jeunes garçons, pour certains vêtus d’uniformes de camouflage et coiffés de bérets verts, se tiennent devant des caricatures du président américain Donald Trump lors du rassemblement annuel commémorant l’anniversaire de la prise d’otages à l’ambassade américaine de 1979, devant l’ancienne ambassade à Téhéran, en Iran, le 4 novembre 2026. (AP Photo/Vahid Salemi)

« Elles sont désormais animées d’une motivation, d’un engagement et d’une assurance accrus », a-t-il ajouté.

« Sur ordre du guide suprême, la riposte des forces armées sera immédiate, massive et sans limites territoriales », a-t-il précisé, faisant écho aux déclarations formulées ces dernières semaines par de hauts responsables iraniens.

Le Qatar présente de nouvelles propositions aux responsables iraniens

Dans un contexte marqué par les frappes américaines et les menaces de Téhéran, deux responsables gouvernementaux du Moyen-Orient ont fait savoir vendredi que l’Iran examinait actuellement les propositions présentées par le Qatar, médiateur en chef, visant à aplanir les divergences avec les États-Unis concernant le programme nucléaire de Téhéran.

Mais l’un des responsables a souligné que les Iraniens, du moins pour l’instant, restaient réticents à entamer des négociations avec l’administration Trump concernant leurs activités nucléaires, tant que les États-Unis n’auraient pas accepté les quelque conditions essentielles que l’Iran exige de voir figurer dans tout accord de cessez-le-feu.

Les divergences avec l’Iran au sujet de son programme nucléaire restent la question la plus épineuse ; Trump insiste pour qu’elle fasse partie intégrante de tout accord visant à mettre fin à cette guerre qui dure depuis plus de huit mois.

Les deux responsables n’étaient pas autorisés à s’exprimer publiquement sur ces négociations délicates et se sont exprimés sous couvert d’anonymat.

Cette image satellite fournie par Maxar Technologies et prise le 14 février 2025 montre les nouveaux réacteurs de Bushehr en cours de construction, à 1 200 kilomètres au sud de Téhéran. (Crédit : Image satellite ©2021 Maxar Technologies/AFP)

La Maison Blanche n’a pas souhaité commenter les propositions présentées par le Qatar concernant le programme nucléaire iranien. Trump a cependant déclaré vendredi, lors d’un échange avec des journalistes, que les discussions entre les médiateurs et l’Iran se poursuivaient.

« Nous sommes en pourparlers avec l’Iran. Nous le sommes depuis un certain temps », a précisé Trump, qui insiste sur le fait que l’armée américaine maîtrise toujours le conflit, face à un Iran affaibli.

Pourtant, Téhéran réclame aux États-Unis plusieurs concessions, que Trump a refusées par le passé. Parmi les principales exigences que l’Iran estime indispensables avant toute reprise des négociations sur le nucléaire figurent la levée du blocus américain sur les ports iraniens, la levée des sanctions, le déblocage des avoirs gelés, le versement d’indemnités pour les dommages de guerre et la fin des hostilités dans toute la région, y incluant les opérations israéliennes au Liban.

Une femme brandit un drapeau religieux rouge devant une banderole sur laquelle figurent des personnes tenant des pancartes appelant à l’assassinat du président américain Donald Trump, lors d’un rassemblement pro-gouvernemental dans le centre de Téhéran, en Iran, le 3 novembre 2026. (AP Photo/Vahid Salemi)

Selon des responsables régionaux, les médiateurs et l’Iran ont examiné un éventuel accord intermédiaire qui permettrait d’ouvrir la voie à la poursuite des négociations sur le programme nucléaire de Téhéran.

Cette proposition, qui a été récemment présentée aux deux parties par les médiateurs qataris, prévoit la mise en œuvre de mesures de confiance sur une période de deux jours, ont-ils expliqué.

Ces mesures comprennent la levée du blocus américain et le déblocage d’une partie des milliards de dollars de fonds iraniens gelés qui avaient été saisis au fil des ans dans le cadre d’une stratégie américaine visant à isoler l’Iran du fait de son programme nucléaire. En contrepartie, Téhéran autoriserait les inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à accéder à ses sites bombardés par les États-Unis et Israël, ont précisé ces responsables.

Le deuxième jour, l’Iran rouvrirait le détroit d’Ormuz, conformément à un accord modifié conclu entre l’Iran et Oman sur cette voie navigable,un accord qui n’a pas encore été approuvé par les États-Unis, ont fait savoir ces responsables. Ce mécanisme aurait un caractère temporaire, jusqu’à ce qu’un accord permanent soit trouvé sur le détroit en coopération avec d’autres pays du Golfe, ont-ils poursuivi.

Une fois ces mesures mises en œuvre, les États-Unis et l’Iran entameraient des négociations approfondies sur les stocks d’uranium hautement enrichi de l’Iran et sur d’autres éléments de son programme, ont déclaré ces responsables.

L’Iran soutient depuis longtemps que son programme nucléaire est pacifique. Toutefois, selon l’AIEA, l’Iran dispose de 440,9 kilogrammes d’uranium enrichi à un taux de pureté pouvant atteindre 60 %, très proche, d’un point de vue technique, des taux de qualité militaire de 90 %. L’uranium enrichi à de tels niveaux n’a aucune application civile dans le domaine de l’énergie.

Les initiatives diplomatiques régionales s’intensifient après les élections américaines

Ces derniers jours, les dirigeants des pays du golfe Persique et d’ailleurs se sont livrés à une intense série d’échanges téléphoniques diplomatiques, dans le but d’apaiser les tensions dans la région.

Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, s’est entretenu vendredi avec son homologue qatari, le cheikh Saoud bin Abdulrahman Al Thani, au sujet de l’évolution de la situation, a indiqué le gouvernement qatari.

Le président américain Donald Trump et le secrétaire à la Défense Pete Hegseth lors d’une table ronde organisée dans la Salle Est de la Maison Blanche, le 21 octobre 2026, à Washington. (AP Photo/Alex Brandon)

Le gouvernement qatari a fait part de cet échange téléphonique entre les responsables de la défense des deux pays après avoir confirmé, plus tôt vendredi, que Donald Trump et l’émir du Qatar s’étaient entretenus lors d’un appel distinct pour évoquer les mesures susceptibles de désamorcer les tensions.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a également tenu vendredi plusieurs conversations téléphoniques avec ses homologues irakiens et tunisiens, pour discuter des tensions dans la région. Selon l’agence de presse irakienne, Araghchi et le ministre irakien des Affaires étrangères, Fuad Hussein, ont abordé la position de Téhéran concernant la reprise des négociations avec les États-Unis.

Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, qui s’est entretenu à deux reprises par téléphone avec Araghchi cette semaine, a indiqué vendredi dans un message publié sur le réseau social X qu’il était essentiel que les deux parties fassent preuve de « souplesse » afin de mettre en place les « solutions de compromis » indispensables pour empêcher la région de sombrer dans une nouvelle vague de tensions.

Le chef de la diplomatie égyptienne a aussi échangé par téléphone avec son homologue émirati, Abdullah Bin Zayed Al Nahyan, sur l’importance des négociations politiques dans la prévention d’une nouvelle confrontation militaire qui serait susceptible d’alimenter la violence et la destruction, selon un communiqué du ministère égyptien des Affaires étrangères.

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