San Francisco : Scott Wiener remporte le siège de Nancy Pelosi aux élections de mi-mandat
L'ancien vice-président du Caucus juif de Californie s'apprête à devenir le premier représentant ouvertement gay de la ville ; lui et sa rivale Connie Chan, soutenue par Pelosi, ont accusé Israël de génocide
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JTA — Le sénateur démocrate Scott Wiener a annoncé mercredi sa victoire dans la course aux élections de mi-mandat, succédant ainsi à sa rivale démocrate, la représentante américaine Nancy Pelosi, élue de San Francisco depuis 1987.
Mercredi, un score de 55,5 % des voix était enregistré pour Wiener contre 44,5 % pour son adversaire, la conseillère municipale de San Francisco Connie Chan, qui a reconnu sa défaite, alors que 57 % des bulletins avaient été dépouillés.
Nancy Pelosi avait fait savoir en novembre dernier qu’elle ne se représenterait pas. En mai, elle avait apporté son soutien à Connie Chan.
« C’est avec humilité que je m’engage à perpétuer le précieux héritage de ce siège », a écrit Scott Wiener dans un message publié sur le réseau social X, rendant hommage à Nancy Pelosi, l’ancienne présidente de la Chambre des représentants.
« La présidente Pelosi est venue au Congrès pour lutter contre le sida alors que nombreux étaient ceux qui préféraient fermer les yeux. Elle n’a jamais cessé de se battre pour notre ville et notre pays. Madame la Présidente, merci », a-t-il ajouté.
Wiener, qui est homosexuel, a décrit sa victoire comme « historique » ; il est devenu le premier représentant de San Francisco et de l’ensemble de la Californie du Nord ouvertement LGBTQ.
Dans son discours de victoire, Wiener a principalement évoqué des thèmes tels que l’accès à un logement abordable, la couverture médicale universelle et les énergies propres.
« Le jour du scrutin, les électeurs de tout le pays ont accordé un pouvoir considérable aux démocrates au Congrès. Cette confiance qu’ils nous ont témoignée pour prendre des mesures ambitieuses afin de réduire le coût de la vie, de mettre fin à des guerres sans fin, de demander des comptes à Trump et à ses acolytes pour leur corruption, et de contrôler la menace que représente l’intelligence artificielle m’inspire profondément », a-t-il écrit.
La déclaration de Wiener n’a pas mentionné Israël, mais l’État juif a été au cœur des débats pendant la campagne. Les deux candidats ont accusé Israël d’avoir commis un génocide contre les Palestiniens de Gaza au cours des trois dernières années.
Sur la question d’Israël, Chan se présente comme plus à gauche que Wiener. Wiener, qui se définit lui-même comme un « Juif de gauche », s’oppose à la vente d’armes offensives à un gouvernement israélien qui ne s’engage pas en faveur de la paix, mais soutient toutefois la fourniture de systèmes défensifs. Chan s’est quant à elle prononcée en faveur d’un embargo total sur les armes, estimant que les réfugiés palestiniens devaient être autorisés à retourner dans certaines zones situées en Israël.
Lors d’un débat en janvier, Wiener avait dans un premier temps refusé de répondre à la question de savoir s’il estimait qu’Israël avait commis un génocide à Gaza, avant de revenir sur sa position quelques jours plus tard.
Son accusation avait déclenché une vague de réactions négatives de la part des principales institutions juives, lui coûtant son poste de dirigeant du Caucus juif de l’Assemblée régionale. Il s’est également heurté au fil des ans à des Juifs anti-sionistes : il avait notamment expliqué, en 2024, que le groupe anti-sioniste Jewish Voice for Peace avait pour but de « fournir une justification symbolique à ceux qui tiennent des propos antisémites ».
Wiener avait été pris à partie par des manifestants qui critiquaient ses positions sur Israël et Gaza pendant la Trans March de San Francisco, en juin. Les manifestants, avait-il raconté, l’avaient poussé à quitter l’événement, une confrontation qu’il avait qualifiée d’« antisémite ».
Certains Juifs de la région avaient exhorté leur communauté à le soutenir. Arthur Slepian et Jan Reicher, respectivement président actuel et ancien président du Jewish Community Relations Council de la région de la Baie de San Francisco, avaient déclaré dans une tribune publiée dans J, The Jewish News of Northern California que Wiener « n’avait pas renoncé à son engagement en faveur de la sécurité, de l’éducation ou de la sécurité physique des institutions des Juifs ». À leurs yeux, Chan représentait à ce moment-là une menace bien plus grave, ses partisans « ayant porté atteinte à la sécurité des Juifs » et « aspirant à la destruction pure et simple d’Israël ».
Wiener a bénéficié du soutien de J Street, le groupe de défense libéral pro-israélien, dont la branche financière indépendante, le J Street Action Fund, a lancé une campagne publicitaire de 60 000 dollars en sa faveur lors des primaires.
Chan, pour sa part, avait reçu le soutien du JVP et de la section de la région de la Baie de San Francisco d’IfNotNow, un autre groupe juif de gauche. Elle avait également obtenu l’appui de Nancy Pelosi, pourtant connue pour ses positions politiques plus modérées et son soutien de longue date à Israël.
Le Times of Israel a contribué à la rédaction de cet article.
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