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Zini rencontre la procureure générale et s’engage à respecter la loi dans le cadre de l’enquête sur l’ingérence étrangère

Selon des sources, cet entretien visait à apaiser les tensions liées à la colère suscitée par les agissements du chef du Shin Bet dans l'enquête ; des responsables fustigent le comportement "négligent" et "politique" de Zini

Le chef du Shin Bet, David Zini (à gauche), et la procureure générale Gali Baharav-Miara assistent à une cérémonie nationale à la mémoire des civils assassinés lors du massacre du 7-Octobre, marquant le troisième anniversaire de l'attaque du Hamas, au mont Herzl à Jérusalem, le 5 octobre 2026. (Olivier Fitoussi/POOL)
Le chef du Shin Bet, David Zini (à gauche), et la procureure générale Gali Baharav-Miara assistent à une cérémonie nationale à la mémoire des civils assassinés lors du massacre du 7-Octobre, marquant le troisième anniversaire de l'attaque du Hamas, au mont Herzl à Jérusalem, le 5 octobre 2026. (Olivier Fitoussi/POOL)

Le chef du Shin Bet, David Zini, et la procureure générale Gali Baharav-Miara se sont rencontrés mercredi. Durant cet entretien décrit par les médias israéliens comme une véritable tentative d’apaiser les tensions, Zini se serait engagé à agir dans le respect de la loi, affirmant qu’il n’enfreindrait plus les instructions de Baharav-Miara relatives à l’enquête en cours sur les allégations d’ingérence étrangère dans les élections du 27 octobre.

Cette rencontre s’est déroulée dans un contexte de colère généralisée à l’encontre de Zini de la part des responsables des forces de l’ordre et des dirigeants politiques de l’opposition, qui lui reprochent de ne pas avoir fourni de preuves suffisamment solides pour justifier son intention d’interroger plusieurs représentants politiques arabes dans le cadre de l’enquête.

Cet entretien fait suite à la rare réprimande publique adressée mardi par Baharav-Miara à Zini, après que celui-ci a refusé de lui remettre les éléments de preuve concernant trois des quatre responsables politiques arabes qu’il souhaite interroger. La procureure générale a ainsi assuré : « Il est inconcevable d’interroger des citoyens ou des élus sans éléments de preuve justifiant cette démarche. »

Zini, qui a été nommé à la tête de l’agence de sécurité intérieure israélienne l’année dernière par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, a indiqué avoir accepté ce poste par « loyauté à l’égard des dirigeants élus ». Netanyahu a soutenu, sans pour autant apporter de preuves, que le scrutin avait été « volé » sur fond d’une participation très élevée au sein des communautés arabes ; il a poussé Zini à enquêter sur plusieurs personnalités politiques arabes de premier plan, alléguant qu’elles auraient perçu des fonds étrangers avant le scrutin.

Les autorités électorales ont pour leur part assuré que le scrutin s’était déroulé dans les règles et que les résultats étaient valides. Mais mercredi, Netanyahu a de nouveau semé le doute sur ces résultats, alors même qu’ils avaient été entérinés et remis au président Isaac Herzog. Il a lancé une nouvelle salve contre les partis dirigés par des Arabes représentés à la Knesset, arguant que ces partis « soutiennent le terrorisme » et « cherchent à effacer l’identité juive d’Israël ».

Il a appelé à une enquête rapide sur les « sommes d’argent colossales » qui, dit-il, auraient été versées depuis l’étranger dans le but « d’influencer les résultats de l’élection ».

Une femme s’appête à voter dans un bureau de vote de la ville arabo-israélienne d’Umm al-Fahm, le 27 octobre 2026, jour des élections législatives israéliennes. (Ahmad Gharabli/AFP)

Les trois responsables que Zini souhaite interroger sont Mansour Abbas, président du parti Raam, Ahmad Tibi, chef de la faction Taal, et Sami Abou Shehadeh, à la tête du mouvement Balad. (Confronté à une interdiction prononcée par la Haute Cour suite à un article qu’il a publié au lendemain du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023 – un article que la procureure générale a estimé constituer un soutien à la lutte armée contre Israël -, le chef du parti Balad a retiré sa candidature à la Knesset début octobre.)

Le quatrième responsable politique, l’ancien chef de la Liste arabe unie Ayman Odeh, est quant à lui soupçonné d’avoir reçu plusieurs centaines de milliers de shekels en espèces provenant d’une source étrangère, d’après les médias israéliens, qui ont laissé entendre que les preuves récoltées étaient suffisantes pour justifier son interrogatoire. Odeh quittera la Knesset dès l’investiture de la nouvelle législature la semaine prochaine, et perdra ainsi son immunité parlementaire.

Selon la Treizième chaîne, mercredi, lors de sa rencontre avec Baharav-Miara, Zini a accepté de remettre toutes les preuves pertinentes au bureau de la procureure générale et de se conformer à ses instructions concernant l’enquête.

La chaîne a précisé que l’objectif de cette rencontre était d’ « apaiser » les tensions qui existaient entre les deux responsables, et de s’assurer que le Shin Bet et le bureau de la procureure générale partagent la même ligne de conduite concernant l’enquête sur les allégations d’ingérence électorale.

De hauts responsables fustigent Zini pour son comportement « négligent » et « politique »

Au cœur de la polémique, des sources haut placées au sein des forces de l’ordre ont confié mercredi à la Treizième chaîne que le comportement de Zini depuis les élections « nous a fait reculer de 40 ans ».

« Zini donne des noms sans preuve, ressassant les arguments du Likud », a déclaré une source à la chaîne.

Des sources juridiques dont les propos ont été rapportés par la chaîne ont indiqué que les agissements de Zini suscitaient certaines inquiétudes quant à sa capacité à exercer efficacement ses fonctions. « S’il s’avère que ces déclarations sont infondées, on ne pourra pas simplement fermer les yeux », a fait savoir la chaîne, citant une source.

Le directeur du Shin Bet, David Zini, lors de Yom HaZikaron, au cimetière militaire du mont Herzl, à Jérusalem, le 21 avril 2026. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash 90)

Des sources ont également affirmé que le conseiller juridique du Shin Bet avait été « totalement mis à l’écart » lors de l’enquête menée par Zini sur les élus arabes, dans un contexte de pressions présumées de la part de Netanyahu. Elles ont ajouté qu’une « forte pression était exercée sur Zini » pour qu’il licencie le conseiller juridique de l’agence de sécurité.

D’autres hauts responsables des forces de l’ordre ont déclaré à la chaîne N12 que Zini tentait délibérément de gagner du temps et ne menait aucune enquête sérieuse sur les élus arabes pour des raisons politiques.

« Zini cherche à gagner du temps afin de créer un récit. C’est pour cette raison qu’il ne transmet pas les pièces disponibles à la police pour qu’elle puisse à son tour ouvrir une enquête », a expliqué un haut responsable.

Le Shin Bet, selon l’un des responsables, « fait preuve de négligence et ment. À ce stade, il compromet de facto l’enquête par son manque de professionnalisme et son entêtement. Si ses agents s’en tenaient à leur mission, nous aurions pu avancer depuis longtemps. »

« Lorsque l’on ouvre une enquête sur des responsables publics, il faut obtenir des autorisations officielles, même si les premiers suspects sont leurs collaborateurs », a fait valoir un responsable. « Sans ces autorisations, la police et le Shin Bet deviennent un instrument au service du gouvernement, qui s’en sert pour mener des assassinats politiques. »

Une autre source a déclaré à Ynet que Zini « ne comprend pas quel est son rôle, ce qu’est la loi, ni quelle est sa relation avec la loi », ajoutant avoir « du mal à croire » que le chef du Shin Bet se comporte ainsi.

Une source, soulignant l’incapacité de Zini à fournir des preuves, a qualifié sa conduite de « sorte de pêche aux informations ».

« Pour interroger un député de la Knesset, il faut plus que des spéculations », a indiqué un haut responsable à Ynet.

« L’enquête était viciée avant même d’avoir commencé », a affirmé une autre source au journal Haaretz.

De gauche à droite : Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le président Isaac Herzog et le chef de l’agence de sécurité intérieure, David Zini, assistant à une cérémonie rendant hommage aux agents du Shin Bet qui se sont distingués, à la résidence présidentielle, à Jérusalem, le 17 septembre 2026. (Crédit : Maayan Toaf/Bureau de la presse gouvernementale)

Mercredi, Yoram Cohen, ancien directeur du Shin Bet et nouveau député du parti Yashar, a également critiqué le comportement de Zini. Il a affirmé qu’un éventuel futur gouvernement d’opposition se pencherait sur les décisions prises par Zini dans le cadre des élections avant de décider s’il devait être maintenu à son poste.

« Nous évaluerons ses actions, nous examinerons les éléments disponibles et nous évaluerons les justifications de ses actes », a déclaré Cohen, numéro deux du parti centriste derrière le principal candidat de l’opposition, Gadi Eisenkot, dans une interview accordée à la chaîne N12.

Selon Cohen, Zini fait preuve d’un manque de professionnalisme. Le chef du Shin Bet, a-t-il estimé, subit l’influence de Netanyahu, qui l’a nommé à ce poste.

Cohen a par ailleurs reconnu que l’enquête en elle-même n’était pas illégitime et s’est dit « convaincu que le Shin Bet avait reçu des informations faisant état de versements d’argent à certaines personnes, ce qui doit faire l’objet d’une enquête ».

Cohen a en outre rappelé que les hauts responsables des agences de sécurité israéliennes devaient « donner l’alerte » si les chefs des services de sécurité leur demandaient d’accomplir des actes qui pourraient s’avérer illégaux, notamment en lien avec les élections et les changements de gouvernement ultérieurs.

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